La réception cousinienne de la philosophie esthétique de Kant
Contribution à une histoire de la philosophie française au XIXe siècle
Christian Helmreich
La Critique de la faculté de juger esthétique reçoit dans la lecture
cousinienne, si déterminante pour la philosophie française du XIXe siècle, une place
ambivalente. Cousin s’appuie sur les analyses de Kant pour établir solidement l’universalité et l’autonomie du jugement du beau, mais semble évacuer ensuite l’ensemble
de ces analyses pour proposer in fine une philosophie du beau qui se situe fermement
dans la tradition néoplatonicienne. Si Cousin (et un certain nombre de philosophes qui
s’inscrivent dans son sillage) se contente de prélever certains arguments ou certains
motifs qui l’intéressent dans le texte kantien, sans tenir compte de l’ensemble du dispositif
mis en place par Kant, cela tient non seulement aux conditions de sa réception, mais
encore au fait que Cousin « lit » la Critique de la faculté de juger comme une théorie
du beau. Le principal défaut de l’ouvrage kantien, dès lors, est de nier l’existence
objective de ce qui, dans cette perspective, aurait dû constituer le sujet et le centre du
livre, à savoir le beau.
Kants Kritik der ästhetischen Urteilskraft erhält bei Victor Cousin,
dessen Sichtweise für die französiche Philosophie der zwei ersten Drittel des 19. Jahrhunderts ausschlaggebend ist, eine überaus ambivalente Behandlung. Zwar stützt sich
Cousin in seinen Vorlesungen aus dem Jahr 1818 auf Kants Analysen, um etwa den
Universalitätsanspruch und die Autonomie des Schönen abzusichern. Diese Gedanken
gehen dann allerdings in Cousins Texten eine problematische Allianz mit neuplatonischen Versatzstücken ein, die die begrifflichen Differenzierungen Kants letztendlich unterspülen. Dieser Umgang mit der Kantschen Theorie hängt einerseits von den konkreten
Rezeptionsbedingungen ab (erst 1846 lag eine Übersetzung der dritten Kritik vor), liegt
andererseits aber insbesondere daran, daß Cousin (und viele seiner Nachfolger) von der
Philosophie eine Wissenschaft des Schönen einforderten, – eine Wissenschaft, deren
Möglichkeit von Kant in der Kritik der Urteilskraft eben negiert wurde.
• L’INTROUVABLE CRITIQUE DE LA FACULTÉ DE JUGER
• THÈMES KANTIENS CHEZ VICTOR COUSIN
• L’IMPROBABLE SYNTHÈSE COUSINIENNE
• COUSIN : LA SCIENCE DU BEAU CONTRE L’ESTHÉTIQUE