2002
Revue de Métaphysique et de Morale
Victor Basch : l’esthétique entre la France et l’Allemagne
Céline Trautmann-waller
Université de Paris VIII
Le parcours de Victor Basch, germaniste d’origine allemande d’abord
professeur de littérature étrangère à la fin du XIXe siècle puis d’esthétique dans les années
1920-1930, illustre tout particulièrement l’importance des transferts franco-allemands
qui ont présidé à l’institutionnalisation de l’esthétique en France. Parti de la nécessité
d’établir la réflexion sur l’art sur des bases non normatives, Basch devint un introducteur
privilégié de l’esthétique psychologique allemande en France.
En suivant le cheminement de Basch, cet article veut montrer autant la place essentielle qu’a occupée à travers lui l’esthétique allemande dans le contexte français, que
les limites de ses analyses des processus « sympathiques » permettant, selon lui, autant
la création que la jouissance artistique ou le travail du chercheur en esthétique. Malgré
l’insistance sur l’expérimentation ces analyses finissent par cantonner le beau dans une
sphère idéale et déterminèrent ainsi les réticences de Basch face aux analyses sociologiques de l’art et sa participation à un discours dualiste sur l’Allemagne.
Der Weg von Victor Basch, ein französischer Germanist deutschen
Ursprungs der zuerst am Ende des 19. Jahrhunderts fremde Literaturen lehrte und dann,
in den 20er und 30er Jahren, Professor für Ästhetik war, veranschaulicht besonders
deutlich die Rolle der deutsch-französischen Kulturtransfers, die die Institutionalisierung
der Ästhetik in Frankreich begleiteten. Von der Notwendigkeit ausgegangen, die moderne
Ästhetik auf einer nicht normativen Basis aufzubauen, wurde Basch ein privilegierter
Einführer der deutschen psychologischen Ästhetik in Frankreich.
Indem er der Entwicklung von Baschs Denken folgt, will dieser Artikel sowohl die
wesentliche Stellung die er, und durch ihn die deutsche Ästhetik, im französischen Kontext
hatten, zeigen, als auch die Grenzen seiner Analysen der auf Sympathie begründeten
Prozesse, die künstlerisches Schaffen und Genuß und die Untersuchungen des Ästhetikers
ermöglichen würden, und die bei ihm, trotz der Umwege über die Experimentierung, zu
einer Begrenzung des Schönen in einer idealen Sphäre führen und somit seine Reserven
gegenüber den soziologischen Analysen der Kunst und seine Beteiligung an einem dualistischen Diskurs über Deutschland bestimmten.
Lorsqu’en 1910 le germaniste Charles Andler chercha à faire connaître au
public français les principales évolutions de la philosophie allemande au
XIXe siècle, c’est à un autre germaniste, Victor Basch, qui avait soutenu récemment une thèse sur la Critique du jugement de Kant, qu’il demanda de traiter
des théories esthétiques. Ce travail donna lieu à un véritable panorama de
l’esthétique allemande au XIXe siècle dont Basch suivait les dernières évolutions
avec précision et enthousiasme. Si parmi les théories esthétiques allemandes de
cette époque sa préférence allait à la psychologie plutôt qu’à la sociologie et,
au sein de la première, à la psychologie subjective (Einfühlung) plutôt qu’à la
psychologie objective expérimentale, cela ne l’empêcha pas de devenir dès ce
moment un introducteur privilégié en France de l’ensemble des théories esthétiques allemandes depuis Kant et Schiller, auxquels il avait consacré ses thèses,
jusqu’aux travaux les plus récents.
Le parcours de Basch, d’abord professeur de littératures étrangères à Rennes
puis d’esthétique à la Sorbonne, fait ainsi apparaître aussi bien les fondements
méthodologiques allemands de l’esthétique moderne comme discipline universitaire en France que l’institutionnalisation progressive de la discipline autour
de quelques débats principaux qui en structurèrent le champ. Basch voulut, en
important en France la « science de l’art » (Kunstwissenschaft), distancier
l’esthétique aussi bien de l’histoire de l’art que de la philosophie spéculative.
Il participa tout aussi activement aux débats entre une vision individualiste et
une vision sociologique de l’art, débats tout à fait déterminants dans le contexte
français de l’époque. S’il disait que l’une des tensions qui déterminèrent sa
pensée était celle entre les besoins sociaux et l’aspiration au Beau, entre la
collectivité et le génie individuel, cette tension se reflète bien en tout cas dans
sa vie, partagée entre l’engagement politique et la réflexion sur l’art. Lui qui
voyait dans l’art une force de réconciliation, ne parvint pourtant jamais véritablement à surmonter cette opposition, contribuant ainsi sans doute à une vision
dualiste de l’Allemagne à l’époque des deux guerres mondiales. Si sa défense
de l’art ainsi que de la science allemande fut d’abord destinée, au moment de
la Première Guerre mondiale, à contrer les discours globalisants sur la barbarie
allemande comme ceux de son maître Émile Boutroux, ses réflexions tournèrent
en une sorte d’opposition tragique entre une bonne Allemagne, incarnée notamment par l’art allemand, et une mauvaise Allemagne, selon une dichotomie qui
pouvait parfois faire obstacle aux analyses. Cette dichotomie rejoignait sa vision
de l’art comme consolation et apaisement, qui l’empêcha parfois de percevoir
l’intérêt de certaines analyses du fait artistique : les analyses sociologiques qui
l’auraient obligé à dépasser l’opposition entre art et société, les analyses ethnologiques qui l’aurait obligé à tenir compte des fonctions sociales de l’art
autres que l’apaisement. C’est cette vision classique de l’art qui explique aussi
sans doute son absence de goût pour l’art moderne, souvent plus agressif, moins
sentimental, émotionnel ou lyrique.
L’histoire du Deuxième Congrès d’esthétique et de science de l’art qui se
déroula à Paris en 1937 permet de percevoir à la fois la place essentielle que
Basch occupa dans le contexte français et le léger décalage qui existait désormais
entre lui et une nouvelle génération de l’esthétique aussi bien française qu’allemande ou anglo-saxonne. S’il met en évidence la dimension européenne des
débats esthétiques, ce congrès, qui fut organisé en annexe du Neuvième Congrès
de philosophie et qui comportait une part très importante de contributions françaises, offre en même temps un tableau de la discipline en France et de sa
situation à l’intérieur du champ académique où elle apparaît comme très dépendante de la philosophie. Si le terme de « science de l’art », importé d’Allemagne
par Basch, incarnait une certaine volonté de distanciation par rapport à la philosophie, on pourrait sans doute dire qu’il était aussi comme la marque d’un
certain bouillonnement théorique autour de la question de l’art, tandis que sa
disparition après la guerre est peut-être le signe d’une certaine clôture du débat
par rapport aux années 1920-1930.
DES LITTÉRATURES ÉTRANGÈRES À L’ESTHÉTIQUE :
LE PARCOURS FRANCO - ALLEMAND DE BASCH
Né en 1863 à Pest, Victor Basch arriva en France avec ses parents vers 1866
[1].
Son père, Raphaël Basch, était né à Prague dans une famille juive de médecins
et de rabbins. Il avait fait ses études à Vienne et aurait participé aux journées
révolutionnaires de 1848 avant de devenir correspondant à Paris de la
Neue
Freie Presse, prestigieux quotidien libéral autrichien. La scolarité de Victor
Basch fut donc française et le mena d’une école primaire juive au lycée Condorcet puis à la Sorbonne où il prépara une licence de philosophie, tout en fréquentant les milieux artistiques du cabaret
Le Chat noir. Il fut reçu quatrième
à l’agrégation de langues vivantes en 1884 et se vit nommé dès 1885 maître de
conférences de langue et de littérature allemandes à Nancy. La même année, il
se maria à Budapest et obtint sa naturalisation française. En 1887, il s’installa
avec sa famille à Rennes où il avait obtenu un poste en langue et littérature
allemandes, transformé en 1897 en poste de littératures étrangères. Les années
passées à Rennes, où se déroula en 1899 le procès en révision de Dreyfus,
marquèrent le début de l’engagement politique de Basch qui participa à la
création d’une section locale de la Ligue des droits de l’homme et s’investit
dans le mouvement des Universités populaires.
Œuvrant de manière générale comme médiateur intellectuel entre la France
et l’Allemagne, essayant de faire connaître en France les dernières évolutions
de la vie intellectuelle allemande qu’il suivait de près
[2], Basch se spécialise
toutefois très nettement dès cette époque dans le domaine de l’esthétique. En
1897 il soutient ses deux thèses consacrées à l’esthétique allemande du
XVIII
e siècle. Dans sa thèse sur la
Critique du jugement de Kant, que son élève
Valentin Feldman considère comme « l’
Å“uvre initiale de l’esthétique française
contemporaine »
[3], Basch s’attache à « étudier l’esthétique de Kant dans son
développement historique »
[4]. Il cherche à montrer comment Kant a opéré une
conciliation entre deux courants qui l’ont précédé, l’un, incarné par Leibniz et
Baumgarten, considérant le sentiment artistique comme opération intellectuelle,
l’autre, incarné par Burke, comme sentiment de plaisir ou de peine. Selon
Basch, la synthèse opérée par Kant a ensuite ouvert la voie à de nouvelles
thèses et antithèses, comme on peut le voir dans les oppositions entre l’idéalisme de Schiller, de Schelling ou de Hegel et le réalisme formaliste de Johann
Friedrich Herbart et de Robert von Zimmermann ou le sensualisme contemporain de Gustav Theodor Fechner. Dans sa thèse complémentaire concernant le
Traité sur la poésie naïve et sentimentale de Schiller, Basch retrace le cadre
biographique de la confrontation de Schiller avec la
Critique du jugement de
Kant
[5]. La méthode consiste cette fois-ci, comme il le dit lui-même, à critiquer
Schiller, accusé d’être trop a-prioritique et normatif en esthétique. L’ouvrage
se conclut par une option en faveur de l’esthétique de Herder, qui a précisément
pour caractéristique d’être non normative. La conclusion de ce travail est que
la méthode de l’esthétique doit être « psychologique, historique, comparative,
classificatrice et enfin génétique »
[6]. Basch dira lui-même plus tard de ses deux
thèses qu’elles ont davantage constitué l’amorce d’une réflexion personnelle
sur l’esthétique qu’un travail académique, ce qu’on n’a pas manqué de lui
reprocher : « Je m’étais servi de la
Critique du jugement comme d’un tremplin
pour m’élancer dans la carrière de la recherche personnelle. C’était une faute
dont on m’a accusé à juste titre et dont je m’accuse moi-même »
[7]. C’est en
tout cas en s’appuyant sur cette réflexion personnelle que Basch va poursuivre
ses recherches en esthétique, s’engageant dans la découverte des travaux les
plus récents.
En 1907, Basch est élu supppléant dans les fonctions de chargé de cours de
langue et de littérature allemandes à la Sorbonne, en partie grâce au soutien de
Charles Andler
[8]. Si bien des choses semblent devoir réunir Basch et Andler,
qui est lui aussi germaniste, philosophe et socialiste, des désaccords dans l’analyse de la situation allemande et le caractère apparemment difficile de Basch
font que leur véritable collaboration se limite à une série de leçons organisées
par Andler durant l’hiver 1910-1911 à l’EPHE. Dans la préface de l’ouvrage
tiré de ces conférences,
Philosophie allemande au XIXe siècle, Andler définit
cette synthèse comme un travail marqué par la sympathie, selon une attitude
qui correspond tout à fait à celle qui préside au travail de Basch au tournant du
siècle
[9]. Dans sa partie consacrée aux « grands courants de l’esthétique allemande contemporaine », ce dernier entend, dit-il, décrire « les grandes orientations dans la naissance d’une psychologie esthétique et d’une esthétique expérimentale », puisque « après avoir été, avec Kant, une logique, la science du
Beau a été, tour à tour ou simultanément, une métaphysique idéaliste avec
Schiller, Schelling, Hegel, Schopenhauer et F. Th. Vischer [...] ; une métaphysique réaliste ou formaliste avec Herbart et les esthéticiens herbartiens, Zimmermann, Volkmann, Nahlowsky; une psychologie sentimentaliste avec Kirchmann et Horvicz; et enfin une psychologie empirique, eudémoniste et
expérimentale avec Fechner, dont la
Vorschule der Ästhetik, 1876, constitue par
l’influence qu’elle a exercée et les travaux qu’elle a suscités comme le pendant
de l’
Å“uvre de Vischer »
[10]. Basch sonde les voies où s’est engagée, dans le
dernier tiers du XIX
e siècle, la spéculation esthétique en Allemagne : il évoque
longuement le travail de Gustav Theodor Fechner, créateur de l’esthétique expérimentale, dont le mérite essentiel a été selon lui de partir des sensations et non
du Beau idéal, ce qui à terme doit permettre de trouver « des lois esthétiques
analogues aux lois physiques et aux lois psychologiques »
[11].
Tracer à partir de là un tableau de l’esthétique allemande contemporaine n’est
pas une tâche facile selon Basch. Il essaie cependant de dégager quelques
groupes. Il y a d’abord celui des chercheurs rassemblés autour du laboratoire
de psychologie de Wilhelm Wundt à Leipzig, qui joue un rôle très important
dans l’évolution de la psychologie expérimentale, notamment en esthétique. Il
évoque ensuite trois Å“uvres qui sont selon lui pour leur temps ce que l’Esthétique de Friedrich Theodor Vischer et la Propédeutique de Gustav Theodor
Fechner furent pour le leur : l’Esthétique de Theodor Lipps (1903,1906), le
Système de l’Esthétique de Johannes Volkelt (1905) et l’ouvrage de Max Dessoir,
Ästhetik und allgemeine Kunstwissenschaft (1906). À ce groupe vient s’ajouter,
enfin, celui des représentants de la science de l’art (Kunstwissenschaft) avec
des travaux esthétiques liés à l’ethnologie et aux analyses sociales, tels que ceux
de l’ethnologue Ernst Grosse, de l’architecte Gottfried Semper, de l’historien
de l’art August Schmarsow, ou encore les recherches menées par Wilhelm
Wundt dans le domaine de la psychologie des peuples. La méthode objective
ne s’épuisant pas selon Basch dans l’expérimentation psychologique, la science
de l’art correspond donc à une autre façon d’envisager le problème esthétique
de manière objective, en cherchant à savoir ce qu’est l’art non comme création
subjective mais comme fait objectif, indépendamment du créateur et du spectateur, et en envisageant l’art comme une technique qu’il convient d’étudier par
l’observation et l’histoire selon une méthode évolutive, génétique, comparée et
sociologique.
Si Basch considère qu’il est nécessaire d’envisager l’art autrement que comme
un problème du jugement et du sentiment du Beau et s’il est prêt à accepter
que la méthode purement psychologique a ses limites, son texte se termine
cependant sur une tentative de limiter la place des enquêtes sociologiques,
ethnologiques et économiques dans « l’intelligence de la création et de la jouissance esthétique ». Basch est soucieux de rappeler que toute
Å“uvre d’art « reste
une
Å“uvre purement individuelle »
[12]. Il espère en tout cas avoir pu, grâce à ce
panorama, « montrer au lecteur combien la philosophie du Beau, que l’on a
accoutumé de considérer, en France, comme une discipline surannée et morte,
est, tout au moins en Allemagne, vivante, quelle valeureuse équipe de chercheurs
elle suscite, quelle riche moisson de doctrines elle recueille et comment, loin
de s’enfermer dans des spéculations désuètes et des méthodes vieillies, elle a
su mettre à son service des disciplines aussi “modernes” que la psychologie
expérimentale, l’anthropologie, l’ethnographie, l’ethnologie et la sociologie »
[13].
On comprend combien Basch salue la psychologie expérimentale parce
qu’elle permet de séparer l’esthétique de la philosophie spéculative, mais, bien
qu’il ait ensuite développé l’expérimentation dans ses cours d’esthétique, il
considère plus tard qu’on se fait de « grandes illusions » sur la portée de cette
science. Dès ce texte de 1912, il opte plutôt pour l’introspection (
Einfühlung)
développée par Johannes Volkelt et Theodor Lipps et qui est selon lui le concept
qui domine toute la spéculation esthétique. Il tente de le traduire en français :
« ce phénomène d’autoprojection, d’effusion, d’infusion – ce serait là le terme
le plus adéquat, s’il ne prêtait à une équivoque risible – ou comme j’ai proposé
de l’appeler, de sympathie symbolique »
[14]. Cette préférence pour l’
Einfühlung,
justifiée une fois de plus par une référence à Herder, incarnation inégalée de la
« sympathie symbolique », devient de plus en plus nette au fil des ans.
LA PREMIÈRE CHAIRE D’ESTHÉTIQUE EN FRANCE :
BASCH ET LA « SCIENCE DE L’ART »
Après 1918, la politique prend de plus en plus de place dans les activités de
Basch. Il continue comme avant 1914 de prendre la défense de l’Allemagne,
s’insurgeant contre le Traité de Versailles qu’il condamne lourdement. Le scandale que peut soulever un tel discours apparaît lorsque Basch est accusé de tenir
des propos subversifs en amphithéâtre et que le vice-recteur de l’Académie de
Paris l’invite à s’abstenir de considérations personnelles déplacées dans ses
cours. Ce serait à cause de cet événement que l’Université aurait autorisé Basch
en 1921 à substituer à ses cours de littérature allemande un nouvel enseignement
sur l’esthétique et la science de l’art, faisant de lui le premier universitaire à
enseigner l’esthétique comme discipline spécifique dans une université française.
Dans les années 1920 et 1930, l’enseignement et les recherches de Basch
sont donc consacrés entièrement à l’esthétique et son travail universitaire se
confond dès lors avec l’évolution de l’esthétique française à une époque où
l’histoire de l’art continue à s’autonomiser par rapport à l’histoire et où les
chaires d’histoire de l’art se multiplient, faisant éclater d’ailleurs les cadres
habituels et émerger des spécialités nouvelles
[15]. Tel est le cas de la « science
de l’art » que, selon un modèle germanique, Basch enseigne à la Sorbonne
depuis 1921 ou de l’« esthétique expérimentale », selon le nom de la chaire
créée ensuite pour lui en 1928.
À la Sorbonne, Basch entretient des rapports amicaux avec Henri Focillon
qui occupe la chaire d’histoire de l’art depuis 1924, et qu’il évoque avec émotion
au début de ses
Essais d’esthétique, de philosophie et de littérature. Focillon,
plus historien d’art que Basch, tente de saisir dans sa « stylistique fondamentale » la « vie des formes » dans des domaines aussi différents que la sculpture
romane ou l’art bouddhique. C’est cependant surtout en Gabriel Séailles, philosophe spécialiste d’esthétique, qui après un long séjour dans le laboratoire de
Wundt à Leipzig, rédige une thèse sur le génie dans l’art, que Basch trouve une
sorte de double, comme le montre le discours qu’il tient à sa mort
[16]. Chez tous
deux, une réflexion théorique sur l’art, fondée sur des sources avant tout allemandes, est associée à un combat politique pour les droits de l’homme, la
démocratie et le socialisme. Gabriel Séailles n’est pas le seul spécialiste d’esthétique à venir de la philosophie. C’est aussi le cas pour Charles Lalo, Étienne
Souriau ou encore Raymond Bayer, principal disciple de Basch qui rédigea sous
sa direction une thèse sur l’esthétique de la grâce (1934). Comme Séailles et
Basch, Charles Lalo, qui succède à ce dernier sur la chaire d’esthétique de la
Sorbonne, est fortement influencé par l’esthétique allemande. Il a commencé
sa carrière par une thèse sur l’esthétique expérimentale contemporaine consacrée
en grande partie aux théoriciens allemands (1908). Critiquant toutefois par la
suite l’atomisme psychologique, accusé d’ignorer le phénomène esthétique
comme « fait social », il se lance en disciple de Durkheim dans une réflexion
théorique sur l’art et la vie sociale et, au-delà, sur les rapports de l’art et de la
vie. Cette insistance sur la dimension sociale de l’art, héritée entre autres
d’Auguste Comte dont il édita une partie de l’
œuvre, et sa critique acerbe des
théories attribuant une valeur morale à l’art, en font un des principaux opposants
de Basch dans les débats français de l’époque sur la nature de l’art.
C’est donc en tant que représentant d’une discipline nouvelle que Basch prend
la plume au début des années 1920 en cherchant à légitimer cette science de
l’art aux allures germaniques qu’il commence à enseigner : « Je crois qu’il est
possible d’affirmer que, plus encore dans le domaine de l’étude de l’art que
dans celui de l’esthétique proprement dite, c’est-à-dire dans l’étude du spectateur
et du contemplateur, l’esthétique contemporaine a apporté des méthodes et des
objets de recherches nouveaux. Pour les désigner d’un mot, je dirai qu’elle a
l’ambition de constituer à côté de l’histoire de l’art une science nouvelle qu’elle
a appelée Science de l’Art,
Kunstwissenschaft,
Art science »
[17]. Reprenant la
polémique initiée en Allemagne entre autres par Max Dessoir, professeur de
philosophie et d’esthétique à Berlin depuis 1897, fondateur en 1906 de la revue
Zeitschrift für Ästhetik und allgemeine Kunstwissenschaft et en 1909 de la
société du même nom, Basch considère que la science de l’art s’oppose à la
pratique des « historiens de l’art de la stricte observance », uniquement préoccupés d’inventaires, de recherches chronologiques et de critique des sources
[18].
À la différence de ces derniers, la science de l’art cherche en effet aussi à
comprendre le « fonctionnement » de la création et de la jouissance artistiques.
Par rapport à la signification que Basch lui donnait en 1912, le terme prend
donc une extension nouvelle, plus proche d’ailleurs du sens qu’il possède dans
le contexte allemand, et désigne à présent l’ensemble des recherches sur l’art.
Basch divise ainsi cette nouvelle science en six grandes parties : l’artiste et la
nature de l’art en général, l’évolution des arts, le système des arts, les lois de
l’art, la technique de l’art, l’étude individuelle d’un artiste et d’une
Å“uvre d’art
particulière.
C’est le caractère programmatique du texte qui explique en partie que Basch
définisse à présent plus nettement ses propres orientations. Il affirme tout
d’abord la nécessité de mettre l’accent sur les sensations, et explique que, la
psychologie physiologique étant la première science auxiliaire de l’esthétique,
« dans un grand nombre d’Universités allemandes et américaines, ont été organisés des laboratoires d’esthétique [et si] l’Université de Paris ne possède pas
encore de laboratoire esthétique [...] elle songe à en édifier un et, en attendant,
le professeur supplée par des moyens de fortune aux instruments qui lui manquent et étudie expérimentalement, avec un grand nombre de sujets, les phénomènes esthétiques de la vue et de l’ouïe »
[19]. Françoise Basch cite dans son livre
des témoignages sur les méthodes expérimentales de Basch, qui fredonnait
volontiers des extraits d’une symphonie de Beethoven ou d’un opéra de Wagner
en cours avant d’obtenir un piano, demandait aux grands magasins des échantillons de soie pour étudier l’harmonie des couleurs ou exigeait des étudiants
qu’ils notent leurs impressions après l’audition de tel ou tel morceau
[20].
Dans sa confrontation avec les méthodes ethnographiques, ethnologiques et
sociologiques de Gottfried Semper, Karl Bücher et Ernst Grosse, Basch renoue
avec son opposition à Taine, auquel il reproche depuis longtemps déjà son
« déterminisme »
[21], et il montre certaines réticences vis-à-vis de la sociologie
de l’art. Valentin Feldman, tout en reconnaissant un mérite essentiel à Basch,
a mis en relief les options prises par ce dernier, en le classant, en matière
d’esthétique, dans « l’idéalisme romantique »
[22]. Il a retracé la polémique entre
les sociologues Émile Durkheim et Charles Lalo, d’un côté, et les individualistes
Théodule Ribot, Victor Basch et Henri Berr, de l’autre : « L’explication socio-logique de l’art a rencontré des résistances. De toutes les formes par lesquelles
se manifeste la vie humaine, l’activité artistique est celle où le génie individuel
s’épanouit avec le plus de liberté. Le goût, le sentir, l’originalité du goût et du
sentir, autant de données subjectives, irréductibles à toute socialisation. L’artiste,
c’est l’initiateur qui dit non à son milieu, refuse les normes admises. Telle est
la thèse que M. Basch a soutenue contre Durkheim »
[23].
Dans un autre article paru également en 1921, « Le maître-problème de
l’esthétique », Basch revient sur la distinction entre esthétique normative et
esthétique descriptive. De ce texte, on peut retenir surtout l’insistance renouvelée
sur l’introspection et le rôle essentiel du contemplateur. Il y développe une
théorie de l’« élan sympathique » comme «
Å“uvre d’amour »
[24] qu’il faut faire
remonter à Theodor Lipps et à sa théorie de la sympathie esthétique, forme
dernière et suprême de l’introspection. On trouve là les fondements méthodologiques sur lesquels Basch s’engage de plus en plus dans ses biographies
d’artistes. Le livre que Basch consacra en 1928 au Titien est ainsi présenté
comme le prolongement d’un voyage à Venise, d’un éblouissement
[25]. Sa biographie de Schumann poursuit sa confrontation avec un romantisme allemand
qui semble le fasciner autant qu’il le repousse
[26]. La comparaison de cette
biographie avec le livre du germaniste Robert Pitrou,
La vie intérieure de
Schumann, paru un an auparavant (1925), permet toutefois de mettre en valeur
les qualités du travail de Basch. Pitrou n’évoque pas les critiques musicales de
Schumann, soigneusement analysés par Basch, et là où ce dernier trace, à l’aide
des derniers travaux psychologiques, le portrait détaillé de la vie intérieure et
de la sensibilité artistique de Schumann, Pitrou file pendant un chapitre entier
une métaphore végétale censée décrire la naissance du génie.
Depuis la Première Guerre mondiale, dont Basch disait, en faisant allusion
à une tentative de suicide, qu’elle « faillit lui coûter la vie et la raison », l’attachement à la France et l’attachement à l’Allemagne devinrent de plus en plus
difficiles à concilier, le livrant à une série de conflits intérieurs et à la vindicte
des ennemis de l’Allemagne ou du pacifisme. La situation politique radicalisée,
dans une Europe des nationalismes et des faschismes commençants, fit de ses
activités dans le cadre de la Ligue des droits de l’homme un combat difficile,
parfois désespéré. Tout ceci n’est peut-être pas étranger à un certain repli sur
l’art, vécu comme un refuge, même s’il lui accordait évidemment aussi une
dimension utopique. C’est ce qui ressort très nettement de son discours d’ouverture du Deuxième Congrès international d’esthétique et de science de l’art,
présidé par lui en 1937.
LE DEUXIÈME CONGRÈS INTERNATIONAL D’ESTHÉTIQUE
ET DE SCIENCE DE L’ART
Si des Congrès internationaux d’histoire de l’art se tenaient régulièrement
depuis 1863 (Vienne), la consécration de la « science de l’art », ainsi que de
Basch comme représentant de cette discipline, fut réalisée par le Deuxième
Congrès international d’esthétique et de science de l’art, organisé en août 1937
à Paris sous la présidence de Basch. Comme Basch le souhaitait et le réclamait
depuis longtemps, ce congrès, dont les présidents d’honneur étaient Henri Bergson, Paul Claudel et Paul Valéry, associait philosophes, historiens d’art, critiques
et artistes. Les principaux axes du congrès étaient : l’esthétique générale, la
psychologie, la sociologie et la culture, l’histoire et la critique, la science de
l’art, les techniques et, enfin, l’art contemporain. Ce qui n’est pas visible dans
les deux volumes parus la même année et qui comportent les résumés des
interventions, c’est que ce congrès constituait le prolongement des Congrès
d’esthétique et de science de l’art (
Kongresse für Ästhetik und allgemeine Kunstwissenschaft) initiés par Dessoir en 1913, poursuivis après la guerre en Allemagne à partir de 1924, et dont la continuation fut entravée par l’arrivée au
pouvoir du parti nazi en 1933
[27]. Dans le trentième volume de la
Zeitschrift für
Ästhetik und allgemeine Kunstwissenschaft (1936), le congrès parisien était bien
annoncé comme le prolongement des congrès allemands, mais seul le premier
de ceux-ci, qui avait eu lieu à Berlin en 1913, ayant été considéré comme
véritablement international, les organisateurs du colloque parisien avaient choisi
de qualifier le leur de « Deuxième Congrès ».
De manière significative, ce congrès fut conçu en étroite association avec le
Neuvième Congrès international de philosophie, Raymond Bayer ayant été un
des organisateurs principaux des deux colloques. Cela fait apparaître aussi combien la science de l’art, avec son cortège d’expérimentations psychologiques,
de sociologie et d’ethnologie, ne pouvait apparaître comme viable qu’en se
rattachant à une autre discipline, reine, la philosophie. Mais on pourrait tout
aussi bien dire que c’est précisément dans le domaine de l’esthétique que se
joua de manière privilégiée le rapport entre philosophie, sociologie, ethnologie
et psychologie, voire psychanalyse. Il est vrai que l’esthétique semble avoir
profité durant ces années, avec l’influence des Å“uvres de Schopenhauer, Nietzsche, Heidegger et de la phénoménologie, d’une conjoncture exceptionnelle de
l’art en philosophie.
Dans son discours liminaire, Basch insistait surtout, quant à lui, sur la
réconciliation opérée par l’art : « La sphère de la Beauté de la nature et de l’art
[...] est la sphère de la
réconciliation – de la réconciliation entre le monde de
la sensibilité et le monde de l’entendement, de la réconciliation de ces deux
mondes avec celui de l’action, de la réconciliation entre l’individuel et le
social, de la réconciliation enfin entre les hommes et les peuples »
[28]. Cette
insistance sur la réconciliation me semble indiquer combien, à travers son
élaboration de la science de l’art comme «
Å“uvre d’amour », Basch recherchait un pendant apaisant aux désespoirs causés par la situation politique :
« [...] tout cela est représentation, forme, apparence, fiction. Mais une fiction
qui est comme le rachat de ce qui subsiste encore d’animal dans l’humain,
comme le refuge vers lequel tendent les âmes blessées par le rude contact de
la vie [...] »
[29].
Ce discours d’introduction paraît assez décalé par rapport à l’ensemble des
contributions, qui font apparaître de nouveaux courants dans l’analyse de
l’art, comme la phénoménologie, le pragmatisme, la psychanalyse. L’art
moderne, avec une contribution de Paul Éluard sur Picasso, Ernst et Dali ou
de Rolf de Maré sur l’évolution du ballet, semble, en outre, devenir un
partenaire dans les discussions sur l’art. Toutes ces interventions montrent
donc un Basch quelque peu dépassé par les événements. Ses accents pacifistes
se heurtent au discours racial d’un historien de l’art allemand comme
A.-E. Brinckmann, qui choisit de parler des caractères nationaux dans l’histoire
de l’art européen et dont la contribution se termine sur une sorte d’apothéose
de l’art germanique de l’avenir. Des analyses phénoménologiques, représentées
ici entre autres par Roman Ingarden, Basch ne semble pratiquement pas avoir
pris connaissance, tandis que les théories vitalistes et mystiques de l’art vont
bien au-delà de ses propres développements extatiques sur l’art, toujours accompagnés d’une volonté rationnelle. Certes, une figure comme celle de l’Autrichien
Emil Reich, professeur d’esthétique à Vienne depuis 1904, premier socialiste
titulaire d’une chaire dans le monde germanique, très engagé dans l’équivalent
allemand du mouvement des Universités populaires, et qui choisit de parler lors
de ce congrès de l’affrontement entre la morale et l’art, fait un peu penser à
Basch. Quant aux élèves de ce dernier, ils s’engagent dans des voies assez
différentes. Raymond Bayer prend parti, avec une conférence sur quelques
particularités du jugement de goût, pour un « réalisme opératoire », défendant
une conception réaliste et objectiviste de l’esthétique proche de Basch – qui
défend la psychologie expérimentale –, mais étrangère à son idéalisme. Quant
à Valentin Feldman, il choisit de traiter un sujet trop souvent négligé selon lui
et pour lequel Basch ne devait guère avoir d’affinités particulières : les structures formelles de la laideur. Dans son livre paru l’année précédente, Feldman
avait déjà assez clairement montré, tout en rendant hommage à Basch, son goût
pour des théories qui, comme celles de Charles Lalo, cherchaient à dépasser
un certain formalisme pour combiner la psychologie avec la dimension sociale
de l’art.
Avec des figures comme Roger Caillois, futur fondateur du Collège de socio-logie, et Pierre Francastel, qui deviendra en 1948 le premier titulaire de la chaire
de sociologie de l’art de l’EPHE, le champ français voit par ailleurs émerger
un discours sociologique sur l’art moins radical, moins provocateur mais sans
doute aussi théoriquement moins ambitieux que celui de Lalo. Ce dernier fonde,
au début des années 1950, avec Étienne Souriau et Raymond Bayer, la Revue
d’esthétique qui sera un des organes principaux de l’esthétique française de
l’après-guerre, dans laquelle le souvenir de cet « épisode allemand » de l’esthétique française, dont la figure de Basch permet de montrer le rôle fondateur,
tend à s’estomper.
Ce n’est pas un hasard, pourrait-on dire pour conclure, qu’un germaniste
d’origine allemande ait joué un rôle essentiel dans la fondation de l’esthétique
française moderne puisque cette dernière est traversée de références à l’esthétique allemande aussi bien classique que moderne. Le cas de Basch peut être
considéré comme révélateur, symptomatique des transferts culturels francoallemands qui permirent l’établissement d’une esthétique française moderne
dans une tension entre philosophie, psychologie et sociologie. C’est très probablement pour marquer une certaine autonomie par rapport à la philosophie –
l’esthétique risquant toujours d’être vue comme une sous-catégorie de cette
dernière –, que Basch choisit de traduire de l’allemand le terme de science de
l’art, qui a plus ou moins disparu depuis du vocabulaire français. Tout en
démarquant également les recherches sur le fait artistique de l’histoire de l’art,
ce terme exprimait bien l’exigence et la revendication de scientificité dans
l’analyse des processus physiologiques et psychologiques en jeu dans l’art. Cette
revendication de scientificité joua un rôle beaucoup moins important par la suite,
ce qui explique aussi sans doute qu’on ait associé, dès les années 1930, dans
la dénomination de bien des chaires, l’esthétique et l’histoire de l’art, renvoyant
à une sorte de complémentarité entre réflexion théorique sur l’art et étude des
formes artistiques dans le temps, entre philosophie et histoire, sans insister sur
les questions méthodologiques soulevées par les nombreuses innovations du
XIXe siècle. Il n’est pas sûr d’ailleurs que les débats, assez violents dans le
contexte allemand, entre Kunstwissenschaft et Kunstgeschichte, dus peut-être à
une confrontation aiguë avec l’historisme, aient jamais pu être transposables au
contexte français. Ce dernier semble effectivement structuré bien plus par des
débats hérités du positivisme comtien ou des travaux de Taine qui, dans le cas
de Basch, se combinent toutefois avec les précédents.
[1]
Pour toutes les données biographiques concernant Basch, voir le livre de sa petite-fille
F. BASCH,
Victor Basch ou la passion de la justice, Paris, 1994.
[2]
Voir par exemple V. BASCH,
Wilhelm Scherer et la philologie allemande, Paris/Nancy, 1889;
Le mouvement intellectuel en Allemagne depuis 1870, Conférence de M. Victor Basch, extrait du
Bulletin de la Société normande de géographie, 1887.
[3]
V. FELDMAN,
L’esthétique française contemporaine, Paris, 1936, p. 12.
[4]
V. BASCH,
Essai critique sur l’Esthétique de Kant, Paris, 1896, p. I.
[5]
V. BASCH,
De poesi ingenua ac, quae dicitur, sentimentali Schillerius quid senserit, Paris,
1897; publiée sous le titre
La poétique de Schiller, Paris, 1902.
[6]
Ibid., p. 289.
[7]
V. BASCH, « Le maître-problème de l’esthétique », in
Revue philosophique, 1921, ici in
Essais
d’esthétique, de philosophie et de littérature, Paris, 1934, p. 36.
[8]
Voir à ce sujet
Correspondance entre Charles Andler et Lucien Herr 1891-1926, éd. établie
par Antoinette Blum, Paris, 1992, p. 69.
[9]
Charles ANDLER
et al.,
Philosophie allemande au XIXe siècle, Paris, 1912.
[15]
Voir notamment M.-C. GENET-DELACROIX, « L’enseignement supérieur de l’histoire de l’art
(1863-1940) », in
Le personnel de l’enseignement supérieur en France aux XIXe et XXe siècles,
Paris, 1985.
[16]
V. BASCH,
Gabriel Séailles, extrait des
Cahiers des Droits de l’Homme, 19,1922.
[17]
V. BASCH, « L’esthétique et la science de l’art », in
L’Esprit nouveau, 15 octobre 1920, repris
dans
Essais d’esthétique, de philosophie et de littérature,
op. cit., p. 16.
[18]
Charles ANDLER
et al.,
Philosophie allemande au XIXe siècle,
op. cit., p. 122.
[19]
V. BASCH, « L’esthétique et la science de l’art »,
op. cit., p. 14.
[20]
F. BASCH,
Victor Basch ou la passion de la justice,
op. cit., p. 193.
[21]
V. BASCH,
Wilhelm Scherer et la philologie allemande,
op. cit., p. 44.
[22]
V. FELDMAN,
L’esthétique française contemporaine,
op. cit., p. 192.
[23]
En note, Feldman se réfère ici à une discussion entre Basch, Durkheim et Sorel à la Société
française de philosophie. Cf. V. FELDMAN,
op. cit., note 1, p. 53.
[24]
V. BASCH, « L’esthétique et la science de l’art »,
op. cit., p. 30
[25]
V. BASCH,
Titien, Paris, 1928.
[26]
V. BASCH,
Schumann, Paris, 1926, et
La vie douloureuse de Schumann, Paris, 1928.
[27]
Voir les souvenirs de M. DESSOIR,
Buch der Erinnerung, Stuttgart, 1946.
[28]
Deuxième Congrès international d’esthétique et de science de l’art, 2 vol., Paris, 1937,
p. LXI-LXII.
[29]
Ibid., p. LXIII.