Nature, raison, moralité dans Spinoza et Rousseau
André Charrak
C’est d’abord à travers la discussion, par Pufendorf, du chapitre XVI du
Tractatus theologico-politicus que Rousseau connaît Spinoza, même si une connaissance
plus directe et plus large paraît vraisemblable. Il convient donc de comparer les théories
de l’état de nature et du droit naturel proposées par Spinoza et Rousseau, qui présentent
l’originalité commune de ne pas postuler dès le départ l’usage de la raison. La genèse
des relations morales, chez les deux auteurs, rencontre alors des problèmes similaires
et confère un même rôle à la pitié avant d’envisager sa généralisation rationnelle. À
terme, il s’agit pour Rousseau de proposer le modèle d’un homme conforme à la nature,
selon une méthode qui trouvait sa place (provisoire) dans l’Ethique.
It is first through the discussion, by Pufendorf, of Tractatus theologicopoliticus, chapter XVI, that Rousseau knows Spinoza, even if a more direct and wider
knowledge seems to be probable. It might be advisable to compare the theories of state
of nature and natural right proposed by Spinoza and Rousseau, who are both original
in the fact that they don’t postulate from the outset the use of reason. The genesis of
moral relations, in both authors, encounters similar problems and confers to pity the
same part before considering its rational generalisation. Actually, Rousseau wants to
set up the model of a man accordant with nature, following a method which had a
(provisional) place in Ethic.
• ÉTAT DE NATURE ET DROIT NATUREL
• LE PROGRÈS DES AFFECTIONS MORALES
• NATURE ET MODÈLE