Revue de métaphysique et de morale
P.U.F.

I.S.B.N.9782130527015
144 pages

p. 501 à 509
doi: en cours

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n° 36 2002/4

2002 Revue de Métaphysique et de Morale

Pour introduire à l’intrinsèque

Frédéric Ferro
Pour introduire à l’article de Lewis et Langton sur la définition des propriétés intrinsèques, il faut rappeler que les propriétés intrinsèques diffèrent d’autres notions comme les propriétés essentielles, les propriétés monadiques, les propriétés catégoriques, les propriétés qualitatives. Les propriétés intrinsèques sont définies selon David Lewis à partir de la notion plus primitive de propriété « naturelle », ce qu’il a continué à modifier jusqu’à des textes plus récents. To introduce the article by Lewis and Langton on the definition of intrinsic properties, it is necessary to show how intrinsic properties differ from other notions such as essential properties, monadic properties, categorical properties and qualitative properties. Intrinsic properties are defined by David Lewis on the basis of the more primitive notion of « natural properties », and he continued to develop this definition in more recent texts.
Prenons par exemple cette clef dans ma poche. Elle présente plusieurs propriétés et certaines ne dépendent que d’elle-même, non de son environnement ou de toute autre chose distincte d’elle. Appelons propriétés intrinsèques les propriétés qu’elle exemplifie seulement par elle-même, comme la forme de ses dents, sa masse ou sa matière. La figure est sans doute une propriété intrinsèque pour tout objet suffisamment rigide comme une clef de métal. Elle a aussi des propriétés extrinsèques comme celle d’être dans une poche, celle d’avoir une certaine pesanteur en raison de l’attraction terrestre, celle d’être mentionnée dans cette phrase ou bien celle d’ouvrir la porte du bureau (ou toute porte avec serrure similaire). Cette dernière propriété extrinsèque d’ouvrir cette porte, ou toute serrure avec les mêmes barillets, est particulière. Elle dépend bien de la forme de la clef, c’est-à-dire que tout changement dans les propriétés de cette base intrinsèque ferait varier ces propriétés extrinsèques. En effet, la figure de la clef est condition du fait qu’elle puisse mouvoir la serrure. Si la clef est déformée, une propriété intrinsèque est modifiée et elle ne peut plus ouvrir ce type de porte. À l’inverse, si la serrure était changée, la clef perdrait ce que les amis des qualités occultes appelleraient sa « vertu apéritive » vis-à-vis de cette porte sans perdre aucune propriété intrinsèque.
Un double de clef est une copie qui peut accomplir la même fonction que la première. Cette fonction est la seule propriété pertinente pour notre usage des doubles et un double peut très bien différer de l’original par certaines propriétés intrinsèques. La copie peut par exemple être composée d’une autre matière ou bien avoir une rainure infinitésimale qui ne gêne pas son fonctionnement. Appelons au contraire double intrinsèque de la clef une autre clef qui aurait exactement la totalité des mêmes propriétés intrinsèques et non pas seulement une approximation satisfaisante. Si le principe leibnizien d’identité des indiscernables (entendu en son sens habituel qui ne prend en compte que les propriétés qualitatives) est vrai, un tel double intrinsèque de la clef est impossible et les doubles concrets sont toujours imparfaits, ne dupliquant que quelques propriétés et non la totalité des propriétés intrinsèques.
Cet exemple simple devrait montrer que le concept de « propriété intrinsèque » mérite éclaircissement et que par cette clef, nous sommes déjà entrés dans un labyrinthe de la métaphysique contemporaine : comment définir de façon claire les propriétés intrinsèques en général ? L’article de Rae Langton et David Lewis, « Defining “Intrinsic” » dont la traduction suit est déjà un locus classicus de ce problème de définition et devrait en montrer la complexité [1].
La propriété d’être intrinsèque est une propriété de propriété. Pour tout objet qui possède une propriété intrinsèque, on peut déterminer le caractère intrinsèque de manière locale (la propriété est-elle intrinsèque à cet objet ?) ou de manière globale (la propriété de cet objet est-elle intrinsèque à tout objet qui la possède ?). La définition générale de l’intrinsécalité que recherche Lewis est globale et doit donc valoir dans tous les cas où la propriété est exemplifiée comme telle.
L’opposition des propriétés intrinsèques et des propriétés extrinsèques se retrouve dès l’ontologie formelle pour définir ce qui caractérise l’objet et ce qui lui est extérieur. La propriété intrinsèque, intuitivement, est celle que l’objet a par lui-même et qu’il a même si tout ce qui n’est pas lui était altéré. D’emblée, le problème est d’éviter la circularité puisque ce qui est hors de l’objet suppose de définir la nature intrinsèque de l’objet ou ce que l’extérieur est en soi. En fait, il n’y a là rien de très intuitif et de nombreuses propriétés peuvent faire l’objet de débat (ainsi la propriété d’être conscient). Il importe donc d’en donner une définition précise pour servir de base à de nombreux autres problèmes. Le problème des propriétés intrinsèques se retrouve non seulement comme problème de la métaphysique mais même comme un élément constitutif de la métaphysique réaliste qui toujours cherche à connaître la réalité intrinsèque des choses indépendamment de la relation au sujet connaissant [2].
La distinction se retrouve dans tous les domaines de la philosophie. Dans la philosophie des valeurs, la question est de savoir par exemple ce que serait un bien intrinsèque ou bien quelle est la relation entre la beauté d’un objet et ses propriétés intrinsèques. C’est en fait en ce dernier cas qu’est apparu le concept de « survenance » ou dépendance fonctionnelle. Pour G.E. Moore, les prédicats de valeurs comme « bon » ne sont pas intrinsèques à l’objet (ce serait une réduction « naturaliste » des prédicats axiologiques) mais dépendent de la nature intrinsèque de l’objet [3]. De même, le concept de survenance sur les propriétés intrinsèques a été appliqué par Jaegwon Kim en philosophie de l’esprit pour le rapport entre propriétés psychologiques et propriétés physiques pour étudier un modèle hypothétique plus faible que la réduction matérialiste [4].
Les propriétés intrinsèques sont également importantes pour examiner la question du changement. Socrate a un changement intrinsèque réel au moment où il perd un membre ou lorsqu’il meurt. Xanthippe, en revanche, n’a qu’un changement de relations à l’instant où elle perd son mari et devient veuve. Geach oppose ainsi un changement intrinsèque au changement seulement « cambridgien » qui ne dépend que de propriétés extrinsèques [5]. Lewis généralise ce problème temporel aux possibilités et à l’identité des individus à travers les mondes. Pour Lewis, un objet ne peut pas être identique à un objet dans un autre monde mais ils peuvent avoir des propriétés approchantes, très similaires (ce seront des « contreparties » ou « homologues »), voire des doubles intrinsèques partageant toutes les mêmes propriétés intrinsèques quelle que soit la différence des propriétés extrinsèques en chaque monde [6]. La détermination des propriétés intrinsèques est donc décisive pour l’identité.
 
PROBLÈME DE VOCABULAIRE : DISTINGUOS
 
 
On commencera par distinguer l’opposition entre intrinsèque et extrinsèque et d’autres paires de concepts avec lesquels des confusions sont possibles.
a) Propriétés essentielles / accidentelles.
Une propriété intrinsèque est une propriété que la chose a par elle-même et qu’elle peut en droit posséder indépendamment de tout ce qui a lieu hors d’elle-même. Pour prendre une définition commode et qui se sert de la modalité, la propriété essentielle d’une chose est une propriété que la chose ne peut pas ne pas avoir si elle existe. De fait, les propriétés essentielles sont peut-être quelque chose de plus restreint que toutes les propriétés nécessaires comme la propriété disjonctive d’« être P ou non-P », qui est vraie de tout objet. Une propriété essentielle serait une propriété nécessaire à certaines sortes d’objets seulement. Une propriété inessentielle est aussi appelée une propriété accidentelle. Une propriété accidentelle peut être transitoire dans le temps ou contingente du point de vue modal.
Si on suit la définition de Lewis et qu’une propriété essentielle est la propriété que toutes les contreparties d’un individu partagent, l’essentialité dépend de la définition de la relation de contrepartie et pourrait donc être vague. Les propriétés intrinsèques d’un individu seraient donc une sous-classe des propriétés des contreparties qui ne comprendraient parmi les contreparties que les doubles intrinsèques. Ainsi la notion de duplication et d’intrinsécalité s’inter-définissent mais sont différentes de celle de propriété essentielle.
Une propriété accidentelle peut être intrinsèque. Ainsi on admet toujours que la forme d’un objet est une propriété intrinsèque, elle peut aussi varier suivant le temps. La clef peut fondre ou s’user et perdre sa forme. Callias assis n’a plus la même figure que Callias debout [7]. À l’inverse, si on admet, à la suite de Kripke [8], le principe d’essentialité de l’origine, Socrate n’aurait pas pu être le même individu et naître d’un autre Å“uf que celui dont il est sorti. En ce cas, « être issu d’un Å“uf avec telles et telles caractéristiques » est une propriété extrinsèque mais aussi une propriété essentielle.
En résumé, les propriétés accidentelles peuvent être intrinsèques et les propriétés essentielles peuvent être extrinsèques. L’essentialité n’est ni une condition nécessaire ni une condition suffisante de l’intrinsécalité [9].
b) Propriétés monadiques / relationnelles.
On amalgame souvent les propriétés relationnelles avec les propriétés extrinsèques, recoupant ainsi une distinction métaphysique par une distinction syntaxique [10]. Cela présente plusieurs difficultés puisque toute propriété peut être comprise comme relation unaire (ou expression d’un prédicat polyadique). Une propriété peut sembler monadique et être en fait extrinsèque, comme « être veuf ». Une propriété peut être relationnelle et être intrinsèque. La relation d’aimer quelqu’un n’est pas extrinsèque dans le cas narcissique de la réflexivité de la relation. Une relation entre les parties d’un tout à cette totalité sont intrinsèques à ce tout.
Si Hume a tort et qu’il peut y avoir une relation causale intrinsèque entre ses termes, alors c’est aussi une exception. De manière générale, on peut avoir besoin de définir la notion de relation interne et il n’est donc pas possible de résorber l’extrinsécalité sous la relation. Les idéalistes britanniques monistes ou le monadisme ont considéré que toutes les relations étaient internes et à l’opposé, Gilbert Ryle a pu poser le principe d’une impossibilité des relations internes [11]. La question ne doit donc pas être tranchée par la définition si elle peut servir à plusieurs usages.
c) Propriétés catégoriques / dispositionnelles.
Une autre distinction d’apparence syntaxique est celle qui a été faite entre propriété catégorique et propriété hypothétique. La propriété catégorique serait celle qui est exprimée par une prédication catégorique. Ainsi dans la physique classique, la masse est une propriété catégorique. La propriété catégorique s’oppose à la propriété dispositionnelle qui indique la tendance à réagir dans certaines circonstances, même si elle n’est jamais actualisée. Ainsi la solubilité est une disposition : la propriété pour un objet d’être dissous s’il est plongé dans l’eau. Il serait possible d’identifier les propriétés intrinsèques aux propriétés catégoriques ou de dire que les dispositions dépendent d’un constituant extrinsèque qui est les lois de la nature. Ce serait là une thèse et non une définition neutre. En effet, certains admettront que les propriétés dispositionnelles « surviennent » sur les propriétés catégoriques ou sont intrinsèques à l’objet sans se réduire aux propriétés catégoriques. L’analyse du concept d’intrinsécalité ne doit pas prédéterminer cette question et elle peut donc se distinguer en droit de la catégoricité.
d) Propriétés qualitatives / non qualitatives et propriétés « intérieures ».
Moore considérait que les propriétés intrinsèques étaient plus larges que ce qu’il appelait la nature intrinsèque d’un objet. Les propriétés intrinsèques de la clef comprennent en effet la propriété d’être identique à cette clef. En ce cas, le double intrinsèque de la clef ne peut pas contenir cette propriété d’identité, il est similaire et indiscernable de l’original mais non identique. Pour Moore, le double intrinsèque ne partage donc que la nature intrinsèque et non pas toutes les propriétés. Le principe leibnizien d’identité des indiscernables n’est pas vrai pour les natures intrinsèques mais il est vrai pour les propriétés intrinsèques. Il précise que la nature intrinsèque ne se limite pas aux propriétés qualitatives puisque on y inclut des quantités, degré et intensité. Toute différence qualitative est bien une différence de nature intrinsèque mais une différence d’intensité peut être une différence de nature sans être une différence de qualité [12].
Ce dernier point peut présenter un problème. La taille est-elle intrinsèque ? Intuitivement, l’objet peut garder la même taille si tout le reste de l’univers augmentait et donc la taille serait indépendante de la variation. Épistémologiquement, si du moins les lois de la nature ont pu changer en même temps, il pourrait être impossible de déterminer si l’objet a varié ou si c’est tout le reste de l’univers. Les étalons de mesure donnent des propriétés extrinsèques de relation à d’autres objets du monde.
Si on laisse de côté le problème des propriétés quantitatives, la nature intrinsèque est avant tout composée des qualités intrinsèques. La théorie selon laquelle les propriétés intrinsèques sont plus larges que ces qualités intrinsèques peut être appelée conception des propriétés « intérieures [13] ». Deux doubles intrinsèques n’ont pas les mêmes propriétés intérieures puisqu’ils n’ont pas la même identité. Moore aurait ajouté que des propriétés méréologiques comme le fait d’avoir telle ou telle partie est aussi une propriété « intérieure ». Rae Langton appelle ces propriétés qui renvoient non à une qualité mais à un particulier des propriétés « impures [14] ». Puisqu’elle renvoie à un ceci singulier (l’identité de cet objet ou de cette partie qu’il intègre), David Lewis l’appelle aussi propriété « haeccéitistique ». Ainsi, « avoir le nez camus » est qualitatif mais « être Socrate » ou « avoir le nez de Socrate comme partie propre » sont des propriétés impures ou haeccéitistiques.
Le problème devient plus complexe si on admet aussi qu’une propriété haecéitistique ne « survient » pas sur la totalité des propriétés qualitatives de l’individu. Lewis appelle cette thèse « haeccéitisme [15] ». La définition de Langton et Lewis restera neutre sur l’haeccéitisme en écartant ce cas particulier mais Lewis lui est opposé.
 
L’ÉVOLUTION DE DAVID LEWIS ET LES PROPRIÉTÉS NATURELLES
 
 
La définition générale de l’intrinsèque doit donc être suffisamment précise pour déterminer les cas problématiques mais en même temps ne pas décider de thèses qui confondraient ces différentes notions. Lewis avait posé le besoin de définir les propriétés intrinsèques par les qualités ou nature intrinsèques que des doubles intrinsèques peuvent partager, y compris dans des mondes possibles différents. Sa définition est donc plus large que celle de Jaegwon Kim qui se restreint à des « répliques » physiques dans le même monde ou du moins à un monde ayant les mêmes lois de la nature. Pour Lewis, au contraire, les lois peuvent varier et ne font que survenir sur les événements d’un monde possible [16].
La thèse principale de Lewis est que les propriétés intrinsèques ne diffèrent jamais entre des doubles intrinsèques. Cela n’est pas encore une définition puisque c’est circulaire mais c’est une étape de clarification du concept qui ne va pas sans quelque paradoxe. Ainsi, le fait pour une clef d’être un double d’une autre est une propriété intrinsèque. Au contraire, la propriété d’être identique à cette clef n’est pas une propriété intrinsèque. Lewis refuse l’identité des indiscernables et les doubles intrinsèques ne sont pas identiques.
Parmi toutes les propriétés abondantes qui sont tous les ensembles auxquels les individus actuels ou possibles peuvent appartenir, comment délimiter les propriétés intrinsèques ? Lewis considère que la notion primitive doit être celle de « propriété naturelle ». Il n’est pas certain que nous sachions quelles sont les propriétés naturelles mais nous savons du moins quel rôle elles doivent jouer et ce qu’elles ne doivent pas être. Une propriété naturelle doit se comprendre comme un universel délimité selon les articulations des objets, selon les similitudes objectives et non par position d’une propriété arbitraire ou artificielle qui réorganise et charcute la réalité [17]. Le prédicat « vreu » de Goodman qui signifie vert dans une tranche temporelle et bleu dans une autre tranche temporelle serait un exemple de classe artificielle dont les membres peuvent ne pas être très proches dans les relations de ressemblance. De même, une propriété disjonctive comme « être un cube ou être un non-cube accompagné d’un cube » est un bon exemple pour Lewis d’une propriété non naturelle même si les membres de la disjonction « être un cube » ou « être un non-cube accompagné d’un cube » étaient des propriétés naturelles [18]. Mais des propriétés familières peuvent également s’avérer des propriétés non naturelles. Ainsi la propriété d’un agrégat comme « être un rocher [19] » peut s’analyser comme une propriété extrinsèque : la négation de la propriété disjonctive de ne pas être de pierre ou d’être une partie non détachée d’un objet de pierre. De plus, Lewis admet que la naturalité fait l’objet de degrés et donc que certaines propriétés peuvent être plus ou moins naturelles. Une propriété disjonctive est particulièrement non naturelle si elle est moins naturelle que tous les membres de la disjonction.
L’un des problèmes principaux des définitions de Lewis est de devoir reposer sur cette primitive de la naturalité. Certains ont pu considérer que la naturalité était trop ad hoc ou bien laissait trop de vague [20]. Lewis rétorque que la notion ne peut pas être évitée et que cela constitue donc toute la précision dont le sujet est susceptible. Lewis a pu préciser certains points de son analyse sur quelques points [21]. Il propose une autre stratégie plus économique que celle de la définition de Langton et Lewis. Au lieu de suivre plusieurs étapes et de distinguer des propriétés intrinsèques de base et des propriétés intrinsèques tout court, Lewis considère qu’il est possible de simplifier la définition en ajoutant des critères. Ainsi dans ce texte ultérieur, la propriété P sera intrinsèque si et seulement si :
  1. P est indépendante de la propriété d’être accompagné.
  2. (P et la propriété d’être accompagné) n’est pas plus naturel que P.
  3. (P et la propriété d’être solitaire) n’est pas plus naturel que P.
  4. (non-P et la propriété d’être accompagné) n’est pas plus naturel que non-P.
  5. (non-P et la propriété d’être solitaire) n’est pas plus naturel que non-P.
On garde ainsi la propriété naturelle comme base mais on n’aurait pas besoin d’exclure toutes les propriétés disjonctives pour en réadmettre d’autres au final : le criblage peut se faire en une seule étape. Cette étude de clarification conceptuelle témoigne de l’intérêt et de la vitalité des programmes contemporains de métaphysique. Loin de récapituler des positions classiques, la métaphysique peut donc montrer des présupposés, élucider des fondements ou ouvrir des possibilités encore inédites [22].
 
NOTES
 
[1]Comme l’indique le Symposium consacré à cet article dans le numéro récent de Philosophy and Phenomenological Research 63,2001, p. 347-403.
[2]C’est en ces termes de propriétés intrinsèques que Hilary Putnam pose le problème du réalisme métaphysique. Il renoue ainsi avec la tradition de Suarez qui distingue les dénominations extrinsèques réelles, fondées sur des dispositions des choses, et les dénominations extrinsèques comme êtres de raison (par exemple, « être observé »). Leibniz exclut les dénominations extrinsèques réelles. Cf. Gino RONCAGLIA, « Denominatio Intrinseca/Extrinseca », in Hans BURKHARDT et Barry SMITH (dir.), Handbook of Metaphysics and Ontology, I, Munich, Philosophia Verlag, 1991, p. 208-209. Cf. aussi la définition dans ARNAULD et NICOLE, Logique de Port-Royal, I, 2.
[3]G.E. MOORE, « The conception of intrinsic value », in Philosophical Studies, Londres, Routledge, 1922, p. 256-275 (tr. fr. dans G.E. MOORE, Principia Ethica, Paris, PUF, 1998, p. 307-328). L’intérêt des sense data pour Moore est au contraire de partir d’une propriété intrinsèque dans la qualité seconde.
[4]Cf. Jaegwon KIM, Supervenience and Mind, Cambridge University Press, 1993, notamment p. 175-193. En français, on peut consulter Roger POUIVET, « Survenances », Critique 575,1995, p. 227-249.
[5]P.T. GEACH, God and the Soul, Londres, Routledge, 1969.
[6]Voir notamment « Counterpart Theory and Quantified Modal Logic » dans David Lewis, Philosophical Papers, volume I, Oxford University Press, 1983, p. 26-46 et On the Plurality of Worlds, Oxford, Blackwell, 1986, p. 198-209.
[7]C’est là ce que Lewis appelait le « Problème des accidents intrinsèques » et dont il se servait pour justifier la théorie « perdurantiste » des parties temporelles : ce n’est pas le même objet qui est assis ou debout mais deux parties d’une fusion de tranches temporelles. Cf. D. LEWIS, On the Plurality of Worlds, Oxford, Blackwell, 1986, p. 202-204.
[8]Saül KRIPKE, La Logique des noms propres, Paris, Minuit, 1982.
[9]I. Lloyd HUMBERSTONE, « Intrinsic/Extrinsic », Synthese 108,1996, p. 206; Stephen YABLO, « Intrinsicness », Philosophical Topics 26,1999, p. 479-505.
[10]Selon les termes de J.M. DUNN, « Relevant Predication 2 : Intrinsic Properties and Internal Relations », Philosophical Studies 60,1990, p. 178.
[11]R. RORTY, « Relations : Internal and External », in P. EDWARDS (éd.), The Encylopedia of Philosophy, Macmillan Publishing, volume 7, p. 125-133.
[12]MOORE, op. cit., p. 325 de la traduction, ligne 1 : supprimer la négation « ne... pas ».
[13]I. Lloyd HUMBERSTONE, « Intrinsic/Extrinsic », p. 238-249, qui renvoie à MOORE et à J.M. DUNN, « Relevant Predication 1 : The Formal Theory », Journal of Philosophical Logic 16, 1987, p. 347-481 et « Relevant Predication 2 : Intrinsic Properties and Internal Relations », Philosophical Studies 60,1990, p. 177-206. Le terme est une convention qui présente certaines ambiguïtés puisque Kim parle de « propriétés internes » alors qu’il ne défend pas une conception des propriétés intérieures et que Moore ou Dunn parlent au contraire de « propriétés intrinsèques ».
[14]HUMBERSTONE, « Intrinsic/Extrinsic », p. 241.
[15]On the Plurality of Worlds, p. 220-248.
[16]C’est la théorie humienne de la régularité revue par Frank Ramsey. Cf. D. LEWIS, Counterfactuals, Oxford, Blackwell, 1973,1986, p. 72-77.
[17]David LEWIS, « New Work for a Theory of Universals », Australasian Journal of Philosophy 61,1983, p. 343-377 (repris dans Papers in Metaphysics and Epistemology, p. 8-55). Ces propriétés artificielles sont « gerrymandered », selon la métaphore politique américaine de la réorganisation de circonscriptions inutilement compliquées pour garantir l’intérêt électoral d’un parti. Le mot viendrait du gouverneur Gerry du Massachusetts et de la forme de « salamandre » qu’il aurait donnée à certaines circonscriptions.
[18]Rae LANGTON et David LEWIS, « Marshall and Parsons on “Intrinsic” », Philosophy and Phenomenological Research 63,2001, p. 353-5.
[19]Objection de Théodore SIDER, « Maximality and Intrinsic Properties », Philosophy and Phenomenological Research 63,2001, p. 357-64.
[20]Ainsi Stephen YABLO dans son article « Intrinsicness », Philosophical Topics 26,1999, p. 479-505.
[21]David LEWIS, « Redefining “Intrinsic” », Philosophy and Phenomenological Research 63, 2001, p. 381-398.
[22]On trouvera une bibliographie très utile du problème de la définition des propriétés intrinsèques dans l’article de Brian WEATHERSON, « Intrinsic vs. Extrinsic Properties », in Edward ZALTA (ed.), Stanford Encyclopedia of Philosophy, (cf. http ://plato.stanford.edu/entries/intrinsicextrinsic/).
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Cf. Jaegwon KIM, Supervenience and Mind, Cambridge Universi...
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[5]
P.T. GEACH, God and the Soul, Londres, Routledge, 1969. Suite de la note...
[6]
Voir notamment « Counterpart Theory and Quantified Modal Lo...
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C’est là ce que Lewis appelait le « Problème des accidents ...
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[8]
Saül KRIPKE, La Logique des noms propres, Paris, Minuit, 19...
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[9]
I. Lloyd HUMBERSTONE, « Intrinsic/Extrinsic », Synthese 108...
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[10]
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[11]
R. RORTY, « Relations : Internal and External », in P. EDWA...
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[12]
MOORE, op. cit., p. 325 de la traduction, ligne 1 : supprim...
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[13]
I. Lloyd HUMBERSTONE, « Intrinsic/Extrinsic », p. 238-249, ...
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[14]
HUMBERSTONE, « Intrinsic/Extrinsic », p. 241. Suite de la note...
[15]
On the Plurality of Worlds, p. 220-248. Suite de la note...
[16]
C’est la théorie humienne de la régularité revue par Frank ...
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