De l’utile
Denise Souche-dagues
Dans la notion de l’utile, qui a marqué la pensée du XVIIIe siècle, Hegel
a vu un aboutissement de l’Aufklärung. – Laissant de côté toute référence à l’« utilitarisme », on tente ici de ressaisir l’émergence de l’utile dans la Phénoménologie de
l’Esprit, principalement dans le Combat des Lumières contre la foi; on montre que la
pensée de l’utile fonctionne, dans l’avancée vers le Concept (comme unité de l’en-soi
et du pour-soi), à la fois comme une impasse et comme une sorte d’image pour la
réconciliation ultime de l’en-soi et du pour-soi. Pour que l’Esprit brise l’opposition du
singulier et de l’universel, il faut en effet que la conscience s’arrache du domaine des
étants (où le pour-soi s’oppose au pour-l’autre), et qu’elle se réalise dans sa vérité de
conscience de soi, comme Savoir.
Das Nützliche stellt in der Geschichte eine Versöhnung der Erde und
des Himmels dar, welche aber nur von dem Dasein des Begriffs abhängt. Sein Ort ist
der eines natürlichen Bewusstseins. Seine Wahrheit wird daher durch das Ganze der
Gestalten des Bewusstseins realisiert, d.i. durch die Erfahrung des Geistes als der Einheit
des An-sich und des Für-sichseins ; diese Einheit ist das absolute Wissen selbst.