2003
Revue de Métaphysique et de Morale
Les « relations of ideas »
Une matrice du synthétique « a priori » ?
Ronan De calan
ENSLSH de Lyon.
On défend ici l’hypothèse selon laquelle les relations d’idées humiennes
ont pu servir de matrice à la constitution d’un a priori phénoménologique, en un sens
particulier : conçues d’abord comme relations internes, elles ont dû être partiellement
arrachées à un modèle représentationnel hérité de Brentano et insérées dans un dispositif
ontologique, s’exprimant alors selon une modalité qui est celle du rapport d’essence.
One suggests the possibility that Hume’s relations of ideas must have
constituted the basis of the phenomenological synthetic a priori, in a specific sense : first
considered as internal relations, they must have been partially snatched out of the
representational context – a legacy of Franz Brentano –, beeing then expressed in terms
of ontological structures, relations of essences.
Lorsqu’on considère les bouleversements théoriques qui accompagnent la
naissance de la phénoménologie, on évoque constamment la réinvention de
l’
a priori. Or, réinventer l’
a priori suppose au moins trois choses : soit qu’on
en modifie les critères (en l’espèce
nécessité et universalité qui caractérisent
une connaissance absolument indépendante de toute expérience chez Kant), soit
qu’on en élargisse le domaine (précisément, ce qui est irréductible à l’expérience), soit qu’on en conteste les principes suprêmes (la non-contradiction pour
l’analyticité, la sortie du concept,
aus dem Begriff, autrement dit, les limites du
concept pour le jugement synthétique – puisque cette banalité fait en réalité
tout le mystère de la
Critique : quand l’analyticité se joue seule au niveau du
concept, plus exactement, de l’inclusion du prédicat dans le concept du sujet,
le synthétique n’en ressortit plus simplement). Par où passe donc cette prétendue
réinvention de l’
a priori, initiée par le mouvement phénoménologique ? Nul
doute qu’elle doive se manifester dans le troisième terme, celui des principes,
faute de quoi c’est la notion même d’
a priori qu’il faudrait remettre en cause.
C’est pourquoi, armé des résultats récents, on pourrait être tenté de répondre
en une phrase sibylline : la phénoménologie correspond autant à une refonte de
l’analyticité, imposée par la mathématique moderne et conduite au moyen de
critères introduits par Bolzano, qu’à une réforme du synthétique
a priori. Et ce
dernier, puisqu’on raisonne ici en historien de la philosophie, se situe bien plus
du côté des relations d’idées
(relations of ideas) humiennes que du synthétique
au sens de Kant. On laissera ici de côté le problème de l’analyticité
[1] pour
considérer ce que l’analogie avec les relations d’idées peut nous apprendre, et
du synthétique, et de la phénoménologie.
D’abord, que nous dit Husserl lui-même de cette analogie ? Dans une longue
remarque de la seconde édition de la cinquième Recherche logique, au § 27,
remarque consacrée à une critique du modèle psychologique de l’expérience
interne et à une démonstration de son incapacité à satisfaire aux exigences d’une
théorie pure de la connaissance, Husserl nous fait la confidence suivante :
Quant au principe, on ne va pas ainsi au-delà de Hume, qui reconnaît sans doute l’a
priori sous la forme des relations of ideas, mais qui, en même temps, distingue si
peu, dans le principe, l’expérience interne de l’idéation, qu’en nominaliste il réduit
cette dernière à la constatation de faits contingents [2].
On peut en tirer trois remarques.
- D’abord, selon Husserl, les relations d’idées constitueraient la matrice de
l’a priori, d’un a priori qui aurait son fondement, non dans une expérience
interne, mais dans une idéation, autrement dit, dans une intuition d’essence :
une intuition des rapports d’essence. C’est dans la substitution d’un modèle des
rapports d’essence à un modèle des relations internes aux vécus – et dans la
requalification des voies d’accès à ces relations – que résiderait donc l’a priori
phénoménologique.
- Cette idéation ou cette intuition d’essence n’est pas une perception interne
actuelle et elle exclut tout modèle psychologique. Par quoi il faut comprendre
qu’elle ne ressortit ni aux vécus, ni aux représentations : la relation ne s’établit
ni entre des vécus pris pour eux-mêmes, ni entre de simples contenus de représentations – une fois admis, selon un dispositif brentanien, que les phénomènes
psychiques ont tous un objet immanent ou un contenu. Cette intuition se place
certes d’abord sur le terrain des contenus perceptifs et sur la base des intuitions
internes, mais oriente son regard sur les composantes propres, réelles ou intentionnelles, de vécus perçus et plus spécifiquement, on l’a vu, sur les rapports
d’essence (donc, a priori) qui s’y rattachent. Que l’a priori soit affaire de
contenu et de relations internes au contenu, c’est ce qui éloignerait radicalement
Husserl de la conception formelle de l’a priori chez Kant. Qu’il ne soit plus
simplement affaire de contenu de représentations, mais de rapports d’essence,
voilà qui éloigne en revanche Husserl de Brentano, au premier chef.
- Enfin, Hume, en désignant l’a priori au moyen des relations d’idées, tombe
dans le même mouvement dans le psychologisme puisqu’il ne distingue pas
formellement l’idéation de l’expérience interne. Ce que Husserl expliquera plus
simplement par la suite, en annonçant que les idées – ideas – de l’empirisme
conduisent à qualifier de représentation tout contenu de conscience : avoir une
représentation, c’est vivre un contenu. Autrement dit, et Husserl le saisit très
bien, l’analyse humienne ne s’inscrirait pas dans un dispositif intentionnel de
type brentanien. Plus simplement, les idées humiennes n’auraient au fond pas
de contenu, seraient de purs vécus et, à ce titre, tout ce que la tradition brentanienne rapporte au titre de représentation n’aurait chez Hume que le statut
d’expérience. Les relations entre ces idées resteraient donc d’ordre purement
psychologique, n’outrepassant jamais ce seuil critique qui signale la genèse de
la phénoménologie.
Mais que faut-il entendre par relation d’idées ? Par relation d’idées, on entend,
en un sens plus général et superficiel, les principes associants ou les principes de
liaison entre les différentes pensées ou idées de l’esprit, qu’il s’agisse de leur
enchaînement « naturel » ou de sa forme arbitraire qui relève de la faculté d’invention. Par ailleurs, on sait que les relations d’idées s’opposent aux connaissances
pour lesquelles il y a matter of fact, aux connaissances de fait. L’intérêt principal
du modèle humien des relations d’idées réside probablement dans sa référence à
la science newtonienne : c’est une science des effets. Cette science néglige les
déterminations, les identifications des causes ultimes des phénomènes, en elles-mêmes inintelligibles (il s’agit chez Newton des causes ultimes de l’attraction et
de la gravitation) et se contente de l’expression mathématique du rapport des
effets, jugée satisfaisante. Chez Hume, on peut penser l’association des idées sans
forger d’hypothèses quant aux qualités originelles de la nature humaine ou quant
à ses facultés, en se contentant d’identifier et de déterminer le rapport des effets
que produit l’impression primitive et les tendances principales d’association. Ce
n’est pas tant le principe que le champ de ces relations qui intéresse Hume : la
qualité par laquelle deux idées sont liées dans l’imagination.
Ces idées-effets sont en outre, cela est bien visible, définies rigoureusement
en dehors d’un dispositif représentationnel, qu’il prenne une forme classique,
cartésienne (la question de la réalité objective des idées, par opposition à leur
réalité formelle), ou moderne, brentanienne (la définition de l’intentionnalité
des phénomènes psychiques, autrement dit, de leur objectivité immanente).
Comme on l’a déjà noté, ces idées n’ont donc pas de contenu : on peut les
définir à bon droit comme des vécus ou des expériences internes tirées d’impressions, comme le fait Husserl.
Enfin, les relations qui s’établissent entre ces idées-effets sont, comme on va
le voir, définies à un premier niveau, comme des relations internes : ce sont des
relations non médiatisées, tirées de la nature même de leurs termes donc internes
aux vécus définis et pris en compte.
Passer d’une science des effets à une refonte de l’
a priori suppose une série
de glissements qui signalent la nature du raisonnement phénoménologique. On
ne peut en suivre tous les moments : pour cela, il faudrait plus qu’un livre. C’est
la raison pour laquelle on s’en tiendra ici à deux exemples éminents, deux études
humiennes. La première tiendra lieu d’étape dans la constitution de l’
a priori
phénoménologique, étape essentielle, puisqu’il s’agit tout simplement du catalyseur de la réception continentale de l’empirisme anglais, étape, mais contre-exemple également, qui permet de saisir par contraste ce que la phénoménologie
apporte de véritablement neuf au regard de l’empirisme : il s’agit de la seconde
Étude humienne de Meinong consacrée à la « théorie de la relation », parue en
1882
[3]. Dans ce texte à inscrire dans l’orthodoxie brentanienne, Meinong constate
l’impossibilité d’admettre les relations philosophiques telles que définies par
Hume dans
le dispositif intentionnel qu’inaugure la nouvelle psychologie empirique. Ce faisant, il exclut d’emblée les relations internes du domaine de la
psychologie, au bénéfice d’une ontologie formelle. La seconde étude humienne,
proprement phénoménologique, clôt en réalité une époque, celle des
Recherches
logiques de Husserl. En effet, dans un article de 1911, intitulé « La conception
kantienne du problème humien
[4] », Reinach, probablement le disciple de Husserl
le plus prometteur, mort trop jeune au front, présente en réalité de façon assez
systématique le
point de vue phénoménologique sur le problème humien. Ce
court texte répond pour nous à un manque : l’absence d’une étude proprement
husserlienne sur les relations d’idées. Reinach y redéfinit l’
a priori phénoménologique en constatant la nécessité de penser les rapports d’essence en deçà
du registre typiquement brentanien des représentations et de leurs objets immanents ou contenus. La phénoménologie inaugurerait alors la sortie définitive
d’une pensée postcartésienne de la représentation, et l’entrée dans un nouveau
régime de l’intentionnalité.
Rendre compte de la doctrine humienne des relations d’idées (car une telle
doctrine existe), lui rendre droit, suppose deux choses : d’abord, que l’on casse
le privilège, la préséance traditionnellement accordée aux relations naturelles
sur les relations dites philosophiques, ensuite, que l’on saisisse la véritable
nature de ces relations, leur nature interne
[5]. La tradition veut en effet que chez
Hume, les principes de liaison ou principes d’association aient d’abord pour
tâche de définir le ressort immédiat, « naturel », de l’enchaînement des idées,
qu’il faut regarder comme une tendance, « une force douce, qui d’ordinaire
l’emporte ». À ces principes naturels s’associeraient des circonstances particulières, ou des
cas dont découleraient toutes les relations philosophiques. Comme
l’indique Hume lui-même, « c’est seulement en philosophie qu’on l’étend [le
terme « relation »] pour signifier n’importe quel sujet particulier de comparaison, sans principe de connexion
[6] ». Le concept philosophique de relation apparaît avoir une extension plus grande que l’acception commune. Par ailleurs, si
l’on considère les « qualités naturelles » ou tendances qui conduisent l’esprit
d’une idée à une autre, elles sont au nombre de trois : la ressemblance, la
contiguïté, la relation de cause à effet. Quand la contiguïté et la relation de
cause à effet imposent quelque chose comme un
matter of fact, une connaissance
de fait, la ressemblance apparaît, elle, comme un principe naturel d’association
des idées dans l’imagination. Or, la ressemblance est définie comme la première
relation philosophique. Bien plus, elle est une constante de toute relation d’idées.
La ressemblance, c’est la transitivité : plus exactement, l’impossibilité de s’en
tenir au simple.
Il va sans dire que, dans le cours de notre pensée et le mouvement constant de nos
idées, notre imagination se porte aisément d’une idée à une autre qui lui ressemble,
et que cette qualité, à elle seule, constitue pour l’imagination une association et un
lien suffisant. [I, I, 4 [7].]
On découvre ici la manière dont Hume parvient à dissocier une détermination
purement relationnelle de l’hypothèse d’une cause ultime, métaphysique. Derrière la tendance à associer deux idées, on ne saurait chercher de cause prochaine
(une force physique, psychophysique ou psychologique). On sait juste qu’il est
des circonstances favorables à la relation et d’autres qui ne le sont pas. Par
exemple :
Lorsqu’une qualité devient très générale et qu’elle est commune à un grand nombre
d’idées individuelles, elle ne mène pas directement l’esprit à l’une d’entre elles mais,
en présentant d’un coup un choix trop vaste, elle empêche par là même l’imagination
de se fixer sur un seul objet. [I, I, 5 [8].]
Chaque transition, qu’elle soit naturelle ou artificielle, déterminée ou non par
les impressions ou par la faculté d’invention, a toujours le motif initial de la
ressemblance. Ce motif se particularise dans les diverses relations philosophiques : la relation d’espace et de temps, la quantité, la qualité, la contrariété,
la relation de cause à effet (on suspendra notre verdict concernant cette dernière
relation pour y revenir). Force est cependant de constater que toute relation
d’idées n’est qu’un cas particulier de ressemblance. Une ressemblance elle-même n’est qu’un effet ou un phénomène, en elle-même, elle ne produit rien.
Mais qu’est-ce qui différencie fondamentalement la relation philosophique de
la relation naturelle ? C’est précisément son caractère interne, opposé au caractère purement adventice des relations naturelles, qui supposent toujours une
force douce, une médiation. Une ressemblance – une relation philosophique,
donc – est constituée intégralement à partir de ses propres termes. Elle n’a
besoin d’aucun intermédiaire : ce qui, chez Hume, permet tout simplement
d’effacer toute théorie des abstracta ou des universaux. C’est ce que relève
magistralement le commentateur Ralph W. Church :
Une relation philosophique est une question d’identité qualitative; elle consiste en
une identité qualitative répétée en au moins deux occurrences. Ce qui signifie qu’une
relation philosophique est purement interne ou intrinsèque aux termes qui la constituent exhaustivement. C’est la raison pour laquelle il n’y a rien dans la relation
philosophique qui pourrait exister entre ses termes et constituer un lien grâce auquel
ils seraient associés. La ressemblance qui est épuisée dans les termes d’une relation
philosophique est intégralement à rapporter à ces termes eux-mêmes ; elle est intrinsèque et non adventice à eux. On ne peut dire cela des relations naturelles. L’activité
ou la force douce en vertu de laquelle la relation philosophique est aussi une relation
naturelle (et sans laquelle elle n’est rien d’autre que la relation philosophique qu’elle
est de fait) est adventice aux termes de la relation qu’elle contribue à constituer. Ainsi,
le principe associant de la relation naturelle, c’est-à-dire la force d’association, est
extrinsèque aux termes, alors que l’identité qualitative, distribuée dans au moins deux
cas, qui épuise la relation philosophique, est purement interne ou intrinsèque à ses
termes [9].
Les relations d’idées ne peuvent être définies comme internes, intrinsèques à
leurs termes, qu’une fois les idées arrachées à un régime représentationnel : là
réside la grande innovation de Hume, là réside le renouveau d’un empirisme qui rompt tout lien avec la problématique cartésienne et lockéenne des idées.
Les idées humiennes ne seront pas, quoi qu’on en dise, des représentations
[10].
C’est ce qui n’a pas échappé à Meinong.
Comment se déploie alors la critique de Meinong ? Meinong, en bon élève
de Brentano, peu porté encore à la sédition, joue Locke contre Hume. Il table,
bien sûr, sur la définition des phénomènes psychiques hérités de Brentano, en
particulier cette caractéristique précise, tirée de la scolastique médiévale, qu’il
appelle la présence intentionnelle ou mentale : rapport à un contenu, direction
vers un objet, ou objectivité immanente. Ce qu’autorise la psychologie brentanienne, c’est un traitement indépendant du contenu de la représentation, appréhendé comme un objet et doté d’une in-existence intentionnelle. Mais c’est
également une distinction de l’acte et de son contenu. Et en l’espèce, cette
distinction est cruciale.
En effet, la distinction qui inaugure la psychologie empirique brentanienne
condamne d’emblée tout le système humien des relations philosophiques.
Celles-ci ne peuvent être définies comme intrinsèques à leurs termes que pour
autant qu’elles sont envisagées comme vécus, que l’on ne dissocie pas le phénomène psychique lui-même de son contenu. Meinong se fait, dans son étude
humienne, le bras armé du dispositif intentionnel contre l’empirisme humien,
plus spécifiquement contre la doctrine des relations internes. À ce titre, il est
le premier à déceler la préséance des relations philosophiques sur les relations
naturelles :
Dans la mesure, au contraire, où l’on ne peut constater une exclusion des relations
philosophiques par les relations naturelles, et bien plus, puisque chaque cas de relation naturelle présente également un cas de relation philosophique, on peut tout de
même parler d’une forme de subordination des relations naturelles aux relations
philosophiques [11].
La seconde condition essentielle à la constitution d’un dispositif des relations
internes – et Meinong l’a très bien saisie – tient à la simplicité des idées. Qu’une
identité qualitative soit découverte ou vécue, qu’il y ait donc, en quelque sorte,
deux occurrences d’un même vécu, ne veut pas dire pour autant qu’on ait à comparer, comme le fait Locke, l’une et l’autre idée pour en extraire des notions
communes, ce qui imposerait d’emblée un terme intermédiaire. L’idée, prise pour
elle-même, ne sera pas analysée : c’est la condition nécessaire à la limitation de
la prolifération des abstracta. Meinong réagit alors très vivement, en montrant
que le dispositif brentanien, le dispositif intentionnel, rend indéfendable la thèse
d’une simplicité irréductible des idées, prises comme représentations.
Pour établir qu’il peut bien y avoir une ressemblance sans correspondance entre un
ensemble de déterminations communes, Hume présente la classe des idées simples
qui devrait être grevée d’une contradiction une fois adopté le point de vue auquel il
s’oppose. Toutes les idées simples, pense-t-il, se ressemblent en ce qu’elles sont
simples; mais précisément cette simplicité exclut toute composition, par conséquent
elle exclut l’existence d’une telle condition selon laquelle les idées simples pourraient
s’accorder entre elles. Toutefois, on constate aisément que ce point de vue tient à
l’origine à une confusion entre représentation et objet de la représentation. Par idée
simple, on peut bien penser une idée avec un objet simple, et non pas une idée qui
aurait l’attribut simplicité dans son contenu. Une idée simple n’est pas l’idée « simple ». Une fois admis que le bleu serait, comme Hume le pense, une idée simple, le
caractère de simplicité s’imposerait certainement aussi peu que celui d’idée. C’est
tout autre chose, de se représenter un objet et de se représenter une représentation qui
a pour objet [Objekte] le premier objet désigné [Gegenstand] ; cela ne revient pas au
même, que je pense au centaure ou à l’idée du centaure. À cette dernière considération
psychologique appartient la qualification d’un objet de représentation comme simple;
la représentation « idée simple », comme l’établit la juxtaposition de deux termes de
signification différente, n’est pas à compter au nombre des idées simples. La contradiction invoquée par Hume ne saurait donc résister [12].
Une fois détruit le prétendu privilège épistémique des idées simples, on peut
revenir sur les relations qui s’établissent bien entre les contenus de représentation.
Elles ne sauraient être définies comme internes. Plus simplement dit, les relations
sont des cas de comparaison (mise en rapport), comme l’indiquait Locke lui-même, et non des cas de ressemblance. On dispose ici d’emblée de l’archéologie
de la notion de contenu fondé, qui apparaîtra dans une critique de la notion de
« qualité de forme » élaborée par Ehrenfels. Une relation, comme contenu fondé,
suppose des fondements qui sont à définir eux-mêmes comme contenus de représentation, mais elle suppose également une activité
(Tätigkeit). Une relation est
donc le résultat d’une comparaison considérée comme la principale activité de
mise en relation
(eine Tätigkeit des « in Relation setzen »). Que cette activité ait
déjà à intégrer quelque chose comme un jugement, ou tout au moins un jugement
représenté, constitue un problème sur lequel on ne peut revenir ici
[13].
La classification humienne doit donc être compensée par une bipartition. La
première classe de relation (classe primaire) est définie comme idéelle ou a
priori. Elle inclut les relations de comparaison et de compatibilité. C’est à partir
d’elles qu’on définit l’autre classe de relation. Ces premières relations sont
idéelles ou a priori, dans la mesure où l’objet auquel elles s’appliquent est
indifférent : le statut des fondements est inessentiel, ils peuvent être réellement
ou provisoirement, ou ne pas être du tout, comme les objets mathématiques. À
cette première classe, on associe quatre modes qui sont de simples particularisations de ces relations de comparaison et de compatibilité : relation de temps
et de lieu, de quantité et de qualité. La seconde classe de relation inclut les
relations de causalité et d’identité qui, elles, sont a posteriori, réelles, objectives.
Elles apparaissent comme des cas particuliers des premières, en tant qu’elles
ont cette fois pour arrière-plan des déterminations ou des fondements particuliers. Elles sont en effet le fruit de l’association de déterminations conceptuelles
à des données intuitives, issues de la perception. La causalité, par exemple, est
une union particulière de ces relations de comparaison et de compatibilité, ayant
des fondements empiriques. On ne peut penser la causalité sans un domaine
relevant du matter of fact, de l’expérience concrète.
Cette nouvelle classification implique un remaniement assez important de l’
a
priori, dans le sens d’un renforcement de son caractère
formel. Meinong résume
lui-même le problème en deux mots : « Le terme pur se rapporte ici aux relations, et non à leur fondement
[14]. » Mais selon lui, une confusion subsiste,
imputable à l’héritage kantien lui-même : on a toujours supposé que des jugements
a priori présupposaient des représentations d’un tel type. En réalité, des
jugements présupposent des relations pures établies entre contenus de représentation. Meinong désolidarise donc l’apriorité de tout rapport à un contenu. Les
contenus de représentation n’auront pas à être définis comme
a priori, puisque
seule la relation l’est. L’apriorité ne se constitue, en quelque sorte, qu’au niveau
des contenus
fondés sur les relations, des contenus qui sont les résultats de
mises en relation. Mais ces contenus sont eux-mêmes purement
formels. Le
jugement s’applique à de tels contenus selon les modalités brentaniennes classiques : tout jugement présuppose une représentation qui lui donne son contenu.
On maintient alors la partition analytique-synthétique, en insistant sur le fait
que l’analyticité couvre la partie la moins importante de la connaissance
a
priori, celle que Locke rapportait lui-même aux propositions frivoles.
Mais le plus ennuyeux est bien là : il tient essentiellement au fait que dans
l’étude, le synthétique a priori obéit au fond au même type de légalité que
l’analytique. Le synthétique recouvrira tout ce qui, dans la comparaison entre
deux contenus, ne relève pas de l’égalité stricte, autrement dit, de l’identité :
tout ce qui n’autorise pas une inclusion d’un contenu dans l’autre, ou un recouvrement total. On perd même l’extériorité au concept qui définissait le rapport
synthétique chez Kant. Nul doute alors que les objets théoriques ne fondent
plus qu’une ontologie analytique.
Si Meinong contourne bien l’erreur « nominaliste » de Hume, incapable de
donner un statut précis aux relations d’idées (si ce sont des idées complexes, leur
modalité de constitution est introuvable, puisqu’on ne raisonne pas en régime
représentationnel et que c’est l’impression qui joue en dernier ressort; si ce ne
sont pas des idées, que sont-elles alors ? des mots ?), c’est qu’il se maintient dans
le champ de la psychologie, en particulier de la psychologie brentanienne, psychologie qu’il répudiera lui-même très vite. Sa conception de l’a priori s’en
ressent, qui s’inscrit dans des cadres si formels qu’elle va jusqu’à appauvrir la
définition même formelle de la synthèse fournie par Kant. C’est plus dans les
alternatives qu’elle construit que dans les solutions proposées que réside l’originalité de son étude. À ce titre, elle reste un écrit préphénoménologique.
Quand le travail de Meinong est préphénoménologique, celui de Reinach
évoque à peu près la clôture d’un cycle, celui des
Recherches logiques. L’article
de 1911 sur la conception kantienne du problème humien correspond à une des
périodes d’activité théorique les plus intenses de Reinach et les plus liées à
l’acquis des
Recherches : la même année, Reinach rédige successivement « Les
règles suprêmes du syllogisme chez Kant » et un long article fort connu sur
« La théorie du jugement négatif ». Il entame également une série de cours sur
la logique et la théorie de la connaissance qui constitueront la matière de son
« Introduction à la philosophie », véritable discours de la méthode pour la
constitution d’une phénoménologie réaliste
[15]. On peut dire que l’assise de sa
propre phénoménologie, en particulier la doctrine des
états de chose, est déjà
systématiquement établie. Cette doctrine permet, comme on va le voir, le dernier
décrochage par rapport à la définition brentanienne de l’intentionnalité. En elle
est contenue également la matrice de l’
a priori phénoménologique.
Reinach conteste dans son article deux thèses kantiennes sur le problème
humien. Selon la première, Hume aurait déjà soulevé le problème de la possibilité de jugements synthétiques a priori dans sa définition de la relation de
causalité. La seconde thèse établit que Hume aurait considéré les propositions
mathématiques comme analytiques. Reinach s’attaque d’abord à la seconde
thèse, en rabattant le problème du statut des énoncés mathématiques sur celui
de la prétendue analyticité des relations d’idées. Ce faisant, il s’engage d’emblée
sur les traces de Husserl. Sa démarche est la suivante : interroger d’abord les
critères de l’a priori, puis les principes de l’analyticité chez Kant, avant de voir
en quelle mesure on peut parler d’a priori et d’analyticité concernant les relations d’idées chez Hume.
Reinach revient donc sur les critères mêmes de l’a priori, la stricte universalité
(non comparative) et la nécessité objective. La nécessité objective, tout d’abord,
n’a rien à voir avec une contrainte subjective. Car la nécessité objective peut
s’imposer comme une évidence subjective. Il faut donc procéder méthodiquement.
Soit le jugement : « trois est plus grand que deux ». La nécessité d’un tel
jugement peut bien s’imposer subjectivement : « j’en suis sûr ». Par ailleurs,
c’est seulement lorsque j’essaye de penser trois comme égal à deux ou comme
plus petit que deux que je reconnais que cela est impossible, que je reconnais
que trois est bien plus grand que deux. La nécessité objective est donc tirée
d’une tentative vouée à l’échec de présenter un état de chose contraire. Je conçois
la nécessité de cet état de chose comme l’un de ses moments immanents. Ce
qui n’est pas le cas de tous les états de chose. Qu’un objet se trouve près d’un
autre, je peux bien me représenter ces deux objets éloignés l’un de l’autre sans
pour autant considérer ce second état de chose comme impossible et le premier
comme nécessaire. D’où vient donc la nécessité ? Elle tient au fait qu’il appartient à l’essence de trois et de deux, que trois soit plus grand que deux. Seul
ce rapport d’essence permet de saisir le premier critère de l’a priori, la nécessité
objective, tout comme il permet de comprendre le second, l’universalité non
comparative. Les critères formels de l’a priori fournis par Kant sont ici rigoureusement établis en fonction d’une base matérielle, le rapport d’essence.
L’apriorité ne s’applique plus aux jugements, mais aux états de choses jugés,
aux corrélats objectifs du jugement. Le support matériel de l’a priori, c’est le
rapport d’essence, selon lequel la relation est découverte dans la nature des
sujets (plus grand est découvert dans la nature de 3 et de 2). Et la nature de ce
rapport, Reinach va la chercher dans le modèle des relations of ideas.
Nous voyons ainsi que l’universalité et la nécessité se laissent ramener à un même
plan : elles ne sont à l’Å“uvre que dans un cas précis, savoir lorsque le prédicat se
fonde sur l’essence du sujet. Kant lui-même ne parle pas de ce rapport d’essence. Il
se contente de reconnaître l’universalité et la nécessité comme critères de l’a priori.
Certes, il insiste sur le fait qu’il s’agit bien d’une universalité stricte – non comparative
– et d’une nécessité objective – non d’une contrainte subjective. Mais il ne se demande
pas où toutes deux ont leur siège, dans le connaître lui-même ou dans l’état de chose
connu, ou encore ailleurs, et il ne se pose pas plus la question de savoir si elles se
laissent ou non ramener à autre chose. Aussi le concept de rapport d’essence lui est-il
personnellement étranger, alors qu’est défini par là objectivement ce qu’il a en vue
dans les considérations introductives de la Critique sous le terme a priori [16].
Une fois établi le support matériel de l’apriorité, reste à savoir de quelle légalité
on parle. S’agit-il ici d’une quelconque analyticité, ou celle-ci s’est-elle d’emblée dissoute dans une légalité synthétique-matérielle ? C’est bien ce qu’il paraît
au premier abord : à l’étude humienne de confirmer ce verdict.
Les critères de l’analyticité chez Kant sont les suivants : est analytique un
jugement dans lequel la liaison du prédicat au sujet est pensée par identité et
pour lequel la négation du prédicat rend le jugement contradictoire. Le principe
suprême de l’analyticité est donc la non-contradiction. Reinach commence alors
par rapporter les critères de l’analyticité au sens de Kant aux relations d’idées
chez Hume, pour montrer que la contradiction fonctionne ici différemment et
que ce sens de la contradiction chez Hume est l’indice d’une légalité synthétique.
Les relations d’idées, tout d’abord, ne sont pas dépendantes des données sensibles, comme peuvent l’être d’autres liaisons naturelles rattachées aux choses de
fait. Les propositions tirées de ces relations sont telles que leur négation est impossible. On fonctionne, semble-t-il, à plein dans le régime de l’analyticité kantienne.
Cependant, on peut d’emblée élever deux objections majeures : les relations
d’idées n’ont rien à voir avec les concepts kantiens, et l’être déterminé du prédicat
dans la nature de l’idée n’a rien à voir avec l’inclusion du prédicat dans le concept
du sujet chez Kant.
Considérons par exemple la relation de ressemblance : dans la proposition
« le rouge et l’orange se ressemblent [sind ähnlich] », on énonce, selon Hume,
une relation d’idée. La ressemblance se fonde ici – à la différence, par exemple,
de l’éloignement, qui correspond à une chose de fait – sur la nature du rouge
et de l’orange. De plus, le contraire de cette relation est impossible. Enfin, sa
connaissance ne dépend pas de l’expérience, de la simple représentation des
deux couleurs. Reinach montre très clairement comment les relations internes
définies par Hume sont soustraites au régime des représentations. Il arrache
donc la relation d’idée au socle représentationnel défendu pied à pied par
Meinong (et en tire de son côté des conséquences dont la contrepartie ontologique est très lourde : on notera qu’il parle ici le lexique de la nature ou de
l’essence). S’ensuit-il alors que la relation soit analytique ? La ressemblance
est-elle réellement contenue dans les concepts de rouge et d’orange ? Cela est
tout à fait absurde. Dans le cas des relations d’idées, le prédicat (r) est conditionné par les idées comparées. À travers la simple représentation des idées,
nous reconnaissons la relation interne qui les lie. On a là un modèle étranger
à la relation analytique : c’est bien le modèle de l’a priori matériel phénoménologique.
Mais allons plus loin, et considérons le second critère de l’analyticité. Outre
l’inclusion du prédicat dans le concept du sujet, on avait relevé également cette
particularité, selon laquelle la négation du prédicat rend le jugement lui-même
contradictoire. Que le contraire d’une relation d’idées soit impossible, c’est ce
qu’a toujours soutenu Hume. S’agit-il pour autant de la même contradiction ?
Kant pense à la contradiction logique qui s’instaure entre deux propositions
prédicatives : l’être-b de A et le non-être-b de A. Dans le cas du jugement
analytique kantien, la contradiction est inhérente à un seul et même état de
chose. L’analyticité n’est rien qu’une reformulation du principe de non-contra-diction : un A qui est b ne peut être non-b. Cette contradiction logique n’a rien
à voir avec la contrariété propre aux relations d’idées. À la place de deux
propositions prédicatives opposées, la contrariété s’instaure ici entre une relation
et deux idées simples. Que le rouge et l’orange soient dissemblables – ceci
contient une contradiction. La contradiction correspond bien plutôt dans ce cas
à une incompatibilité entre le prédicat et le sujet. L’hypothèse d’une dissemblance du rouge et de l’orange est incompatible – et non contradictoire – avec
la nature du rouge et de l’orange. On dispose ainsi d’un second critère de l’a
priori phénoménologique matériel : dans la compatibilité ou l’incompatibilité
d’une relation avec des contenus.
ainsi, nous avons prouvé dans les détails ce qu’un simple regard porté sur l’exemple
proposé par Hume de la ressemblance de deux couleurs devait suffire à établir : Hume
n’a jamais affirmé que le prédicat de la relation d’idées fût contenu d’une façon ou
d’une autre dans le concept du sujet, ni que sa négation impliquât une contradiction
logique. Ses propositions sur les relations d’idées ne sont pas analytiques, et il ne
subsiste pas la moindre raison valable de supposer qu’il les aurait tenues pour telles [17].
Dans un tel contexte, la relation causale peut-elle être interprétée comme une
relation d’idées, autrement dit, pourrait-elle être utile dans la définition des
critères du synthétique a priori ? Si tel était le cas, explique Reinach, l’effet
devrait être découvert dans la cause. Mais j’aurai beau observer un objet aussi
longtemps que possible, je ne pourrai découvrir en lui de lien causal avec un
autre objet. L’inférence causale n’est pas immédiate, tout simplement parce
qu’il ne s’agit pas d’un rapport d’essence. Bien plus, lorsque nous sont donnés
la cause et l’effet, il nous est impossible de reconnaître, à partir de leur seule
nature, le lien causal, alors que nous est donnée, immédiatement avec l’idée de
la nature même du rouge et de l’orange, la ressemblance qui se fonde sur ces
couleurs. Enfin, la nécessité du lien causal, prise au sens matériel, est radicalement distincte de la nécessité modale tirée du rapport d’essence : qu’une cause
produise nécessairement un effet donné, et le même effet dans les mêmes
circonstances, n’indique pas que le lien causal puisse être nécessairement tiré
de l’existence de l’objet cause, que le lien soit en lui-même nécessaire. La
relation causale fait apparaître la nécessité dans la succession. La relation essentielle la fait apparaître dans l’être. La distinction s’impose d’elle-même lorsqu’on conçoit la possibilité de considérer un effet indépendamment de sa cause :
le mouvement d’une boule de billard indépendamment du choc. En revanche,
l’idée de la ressemblance du rouge et de l’orange ne peut être séparée d’une
quelconque façon de l’idée du rouge et de l’idée de l’orange. La relation de
causalité ne relève donc pas du synthétique a priori, ni sous une forme
humienne, ni sous sa forme kantienne, mais bien du matter of fact.
À la différence de Meinong qui tire les relations d’idées vers une légalité de
type analytique ou dérivée d’une rapport analytique, la relecture reinachienne
de Hume conduit au contraire à éclairer la nature de l’a priori phénoménologique. L’a priori synthétique matériel n’obéit pas au même type de légalité que
l’a priori analytique. Il a les caractéristiques du rapport d’essence : c’est-à-dire
d’une relation interne, fondée sur la nature des sujets, dont la négation est
incompatible avec cette même nature. Cette légalité est dégagée au prix d’un
bouleversement du statut même des relations d’idées. Une fois détachées de
leur ancrage représentationnel, les relations d’idées ne sauraient être utilisées
comme des concepts psychologiques. C’est la leçon, éminemment antibrentanienne, à tirer de l’analyse reinachienne dont la contrepartie ontologique est,
comme on peut le voir à présent, très lourde. Que l’intentionnalité telle que
définie par Husserl ne ressortisse plus à l’analyse des représentations, ne cède
plus pour partie, comme chez Brentano, au modèle représentationnel, signifie
donc que les qualités ou modalités descriptives de la phénoménologie sont à
rapporter à un autre domaine, qui n’est certainement pas, à nos yeux en tous
les cas, celui des choses mêmes mais bien celui des essences. Le second prix
à payer, d’ordre plus technique celui-là, se résume au fond à la dissolution de
l’analyticité au sens de Kant, qui fait donc appel à une redéfinition. Mais c’est
une autre histoire.
[1]
Les travaux de Jocelyn BENOIST ont fait le point sur le problème. Voir en particulier « L’héritage de Bolzano : l’analytique formel », dans
Phénoménologie, sémantique, ontologie, PUF, 1997,
p. 51-81, et
L’A priori
conceptuel, Vrin, 1999.
[2]
HUSSERL,
Recherches logiques, V, §. 27, trad. PUF, p. 248.
[3]
MEINONG, « Hume-Studien II : Zur Relationstheorie »,
Gesamtausgabe (GA) II, Graz, 1971,
p. 3-183.
[4]
REINACH, « Kants Auffassung des Humeschen Problems »,
Sämtliche Werke (SW), Munich,
Philosophia, 1989, p. 67-93.
[5]
Pour l’un comme pour l’autre point, on s’appuiera en particulier sur l’étude de Ralph
W. CHURCH : « Hume’s Theory of Philosophical Relations », dans
The Philosophical Review, 4,
1941, et repris dans
David Hume : Critical Assessments, I, art. 19, p. 241-252.
[6]
HUME,
A Treatise of Human Nature, éd. D. F. et Mary Norton, I, I, 5, p. 14; trad., GF, p. 57.
[7]
HUME, p. 13, trad., p. 54.
[8]
HUME, p. 15, trad., p. 58.
[9]
R. W. CHURCH, art. cit., p. 245.
[10]
C’est pourtant toute l’ambiguïté dans laquelle s’installe la lecture allemande de Hume dès
la traduction de Theodor Lipps, qui ne fait pas la distinction entre l’
idea humienne et le lexique
de la
Vorstellung, de la représentation.
[11]
MEINONG, GA II, p. 28.
[12]
MEINONG, GA II, p. 76-77.
[13]
Il semble en tous les cas que les
Études humiennes se maintiennent dans une complète
orthodoxie brentanienne, et ne fassent pas d’emblée signe vers l’
opus magnum de Meinong,
Über
Annahmen.
[14]
MEINONG, GA II, p. 155.
[15]
Pour les articles cités, voir dans l’édition des
Å“uvres complètes,
Sämtliche Werke, München,
Philosophia, 1989 : « Die obersten Regeln der Vernunftschlüsse bei Kant » (p. 51-65), « Kants
Auffassung des Humeschen Problems » (p. 67-93), « Zur theorie des negativen Urteils » (p. 95-140).
[16]
« Kants Auffassung... », SW, p. 70.
[17]
REINACH, SW, p. 82.