Revue de métaphysique et de morale
P.U.F.

I.S.B.N.9782130540977
160 pages

p. 513 à 528
doi: 10.3917/rmm.034.0513

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n° 40 2003/4

Conscience-morale et certitude de soi dans les Principes de la philosophie du droit de Hegel

Antoine Grandjean
La section des Principes de la philosophie du droit concernant « Le Bien et la conscience-morale » développe la dialectique de la subjectivité morale au sens strict. Il s’agit du procès par lequel le point de vue moral subjectif, dès lors qu’il se porte à l’absolu, conduit à l’impossibilité pour la conscience morale formelle de délivrer un critère réel de l’action, de sorte que Hegel déplace le Mal de son lieu traditionnel (le libre arbitre) pour en faire l’un des possibles de la conscience morale elle-même. Trois points sont en outre à noter : 1. la fécondité maintenue, pour une part, de la moralité subjective, qui ne s’épuise pas dans le subjectivisme moral ; 2. l’originalité de ce passage au sein du corpus hégélien : la contradiction ne travaille pas ici la dualité de la conscience (Phénoménologie de l’esprit) ou de l’idée du bien (Science de la logique) et du monde, mais une opposition interne à la volonté, entre sa subjectivité immédiate et son essence abstraite; 3. le rapport Hegel-Kant qui se joue ici, car si la réception du kantisme par Fichte peut faire office de confirmation historique de la dialectique de la conscience morale, c’est au prix de deux déplacements décisifs, l’un opéré par Fichte, l’autre par Hegel lui-même. The section of Hegel’s (Elements of the) Philosophy of Right devoted to « Good and Moral Consciousness » delineates the dialectic of moral subjectivity in the strict sense of the word, that is to say the process whereby the subjective moral point of view, when converted into an absolute, prevents formal moral consciousness from producing an actual criterion for action, which prompts Hegel to remove Evil from its traditional realm (free-will), thus turning it into one of the possibilities of moral consciousness itself. Three points are worthy of especial attention : 1. The uninjured pregnancy, to some extent, of subjective morality which is not exhausted by moral subjectivism. 2. The originality of the said passage within Hegel’s body of work : contradiction has less to do here with the duality between consciousness (Phenomenology of Spirit) or idea of Good (Science of Logic) and the world, than with an internal opposition between will’s immediate subjectivity and its abstract essence. 3. Hegel’s stand on Kant’s moral philosophy : indeed, if Fichte’s reception of Kant’s writings may act as a historical confirmation of the dialectic of moral consciousness, it is only due to two decisive shifts, which may be ascribed, respectively, to Fichte and Hegel himself.
L’IDÉE DE BIEN SOUS LA FORME DU RAPPORT (§ 129-132)
LA DIALECTIQUE DE LA CONSCIENCE-MORALE : DE LA VOLONTÉ SUBJECTIVE À LA CERTITUDE DE SOI (§ 133-138)
• DE LA CERTITUDE DE SOI À L’INCERTITUDE DU BIEN ET DU MAL (§ 139)
• UNE CONFIRMATION DE LA DIALECTIQUE DE LA CONSCIENCE-MORALE ? LA RÉCEPTION HISTORIQUE DU KANTISME CHEZ FICHTE


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