Revue de métaphysique et de morale
P.U.F.

I.S.B.N.9782130544616
184 pages

p. 217 à 233
doi: en cours

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n° 42 2004/2

L’« argument de l’illusion » et la philosophie cartésienne des idées

Kim Sang ONG-VAN-CUNG
Dans Le Langage de la perception, Austin critique la conception habituelle de la perception qui pose que nous ne percevons pas directement les objets, mais des sense data, nos idées, ou des impressions sensibles. Il souligne, contre Descartes, que nos sens sont muets et il montre que le but de l’argument de l’illusion est de rendre réelles les entités intermédiaires. Dans cet article, j’examine les analyses du bâton qui paraît cassé dans l’eau dans les Sixièmes Réponses pour montrer en quoi elles diffèrent de celles fournies par Austin et je montre que dans la philosophie cartésienne des idées, traiter la perception comme un acte mental n’implique pas de considérer les représentations comme des objets qui sont perçus. Grâce à la notion arnaldienne de « réflexion virtuelle », je présente une conception cartésienne de la réalité objective des idées qui ne pose pas d’« êtres représentatifs » dans la perception. Et c’est à la lumière de la mémoire de soi que j’interroge la radicalité de la conception austinienne de la perception. In Sense and Sensibilia, Austin give a critical analysis of the usual conception of perception which states that we do not perceive directly material objects but sense data, ideas, or impressions. He underlines, against Descartes, that our senses are dumb and point out that the aim of the argument of sensory illusion is to posit some sort of intermediary entities. In this paper, I focus on the cartesian example of the stick which seems broken in water in Sixth Responses to show if there are any differences between his statements and Austin’s about what is really perceived. I emphasize that considering that perception is a mental act does not implicate that the representations are the perceived objects. With the notion of « virtual reflexion » used by Arnauld in his Des vraies et des fausses idées, to explain the objective reality of ideas in Descartes’ thought, I expose a cartesian philosophy of ideas which does not posit representative beings, and I examine under this light the radical austinian conception of perception.
• LANGAGE ORDINAIRE ET PERCEPTION
• AUSTIN ET L’ARGUMENT DE L’ILLUSION
• L’IDÉE ET L’OBJET


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