Revue de métaphysique et de morale
P.U.F.

I.S.B.N.9782130544616
184 pages

p. 175 à 192
doi: 10.3917/rmm.042.0175

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n° 42 2004/2

2004 Revue de Métaphysique et de Morale

Texte, contexte et intention illocutoire de l’auteur.

Les enjeux du programme méthodologique de Quentin Skinner

Claude Gautier Université Picardie Jules-Verne CURAPP-UMR CNRS-6054 Amiens
Comment la critique de Q. Skinner adressée aux historiens essentialistes et contextualistes de la pensée politique lui permet-elle de justifier, à partir d’une certaine lecture de J. L. Austin, le recours à ce qu’il appelle l’« intention illocutoire » de l’auteur. La mise au jour d’une telle intention devant permettre de décrire positivement l’ensemble des relations existant entre un texte et son contexte. De quel contexte s’agit-il ? Le critère de l’intention permet-il, valablement, de se substituer au critère de la convention chez Austin ? A few aspects of the skinnerian criticism of the classical approaches in history of political ideas, essentialism vs contextualism, shows us the ways by which the author of The Foundation of Modern Political Thought (1978) justifies many uses of the writer’s illocutionary intentions. To interpret correctly the different meanings of a text, we need to be able to characterize such intentions. In so doing, Q. Skinner proposes us an orientated lecture of the austinian theory of illocutionary acts and, finally, gives a specific conception of what he calls a « context ». A new kind of context to understand the actual relationships between text and its context. Does such a « context » overcome the classical difficulties encountered by the essentialist and contextualist ways ?
Avec J. G. A. Pocock [1], Quentin Skinner est le penseur politique qui a le plus profondément renouvelé la méthode historique de lecture des Å“uvres politiques du passé. Dans les nombreux articles qu’il a publiés à la fin des années 60 et pendant les années 70 dans les grandes revues d’histoire de la pensée et de philosophie anglo-saxonnes, Skinner a progressivement tracé les contours d’un programme de recherches qui construit sa légitimité à partir d’une critique radicale des erreurs habituellement commises par les approches classiques en ce domaine. L’ouvrage qui lui fut consacré, édité en 1988 par son ami James Tully [2], reprend quelques-uns de ces articles et contient, également, des points de vue critiques [3]. Il permet aussi de mieux comprendre l’usage inattendu fait par Skinner de résultats de la philosophie du langage.
La lecture par Skinner des traditions historiennes d’interprétation des Å“uvres du passé se concentre en effet sur la manière de qualifier et de rendre compte des relations qui existent entre un texte et son contexte. Il se trouve que dans la plupart des cas, l’approche historique conduit à les ignorer, à rabattre l’un des termes sur l’autre et, ce faisant, à rendre parfaitement inconsistante toute idée de telles relations. Dès lors, l’interprétation se réduit à une herméneutique close sur elle-même ou à une contextualisation exclusive. Deux approches qui ne permettent pas, selon Skinner, de reconnaître toute l’importance de ces relations pour le travail d’interprétation des Å“uvres ; qui interdisent donc d’inventer des ressources méthodologiques susceptibles de surmonter les apories inévitablement liées à de tels partis pris.
C’est dans ce contexte particulier – qualifier de manière positive et méthodologiquement féconde ces relations entre texte et contexte sans tomber dans l’illusion idéaliste d’une Å“uvre sui generis, ou dans celle, réaliste, d’un contextualisme autosuffisant – que Skinner a recours à certains résultats de la philosophie du langage ordinaire. La recherche d’une définition opératoire de ces relations, l’élaboration d’instruments d’analyse qui permettent de les resituer dans la configuration large et complexe du texte et son contexte, empruntent pour beaucoup, chez Skinner, à cette philosophie. C’est, en effet, à partir d’un travail d’explicitation analogique sur la nature des « actes » d’écriture que Skinner entend, d’une part, justifier ses emprunts à la philosophie austinienne [4] des énoncés performatifs et, d’autre part, ouvrir la voie à l’établissement de règles générales d’interprétation des textes du passé.
Dans ce contexte précis, le recours à Austin est de type instrumental. Outre qu’il ne constitue pas véritablement une lecture de sa philosophie générale, Skinner en fait plutôt un usage qui, inévitablement, produit des déplacements et des distorsions lesquels, au regard de la philosophie originelle, peuvent être lus, rétrospectivement, comme des mésinterprétations ou des erreurs. Ils peuvent, également, être compris comme des adaptations, des ajustements, dès lors que l’on prend en compte les raisons de ces usages ou de ces recours. C’est peut-être là ce qui fait la fécondité d’une pensée : autoriser des usages et des appropriations qui, par principe, déforment tout en donnant les raisons de ces déformations.
Aussi ne s’agira-t-il pas de dire que Skinner s’est trompé dans sa lecture d’Austin, ce qui n’est pas un point très intéressant. Il s’agira, plutôt, de montrer comment la formulation de la question qu’il pose pour étudier les conditions de « félicité » des « actes d’écriture » le conduit à privilégier, en partant de certains éléments de la théorie austinienne des énoncés illocutoires, un critère d’interprétation qui est celui de l’intention, critère qui n’est pas retenu par Austin dans ses Conférences de 1955 [5].
Il importe donc de revenir sur le contexte à l’intérieur duquel Skinner pose son programme de recherche ; il sera alors possible de comprendre de quelle manière et pour quelles raisons il a recours à Austin pour poser certains des principes de sa méthode de lecture des textes du passé; on pourra, enfin, chercher à voir si les résultats obtenus sont à la hauteur des espérances et si l’« extension [6] » proposée par Skinner concernant la valeur illocutoire des énoncés performatifs permet d’envisager de manière non aporétique la question des liens entre texte et contexte [7].
 
ESSENTIALISME ET CONTEXTUALISME L’IMPOSSIBLE DESCRIPTION DES « LIAISONS » ENTRE TEXTE ET CONTEXTE
 
 
Dans Meaning and Context, Skinner propose tout d’abord de styliser deux manières de faire de l’histoire des idées en politique. Cette stylisation se construit autour d’un problème à résoudre et, pour des raisons différentes, ces manières d’écrire l’histoire n’y parviennent pas.
L’essentialisme d’un côté (1988, p. 29,30 s.), le contextualisme de l’autre (1988, p. 56 s.) assignent des objectifs à leur entreprise qui, tout en déterminant des réponses discutables sur ce qu’est un texte, sur la manière de l’interpréter, rendent impossible la prise en compte effective de ce qui doit demeurer au cÅ“ur de tout travail d’interprétation proprement historique d’une Å“uvre : les relations entre l’objet retenu et son extérieur.
D’une certaine manière, ce qui fait problème et donne pertinence au point de vue critique de Skinner est ceci que l’on ne peut prétendre comprendre les textes du passé sans admettre, au même titre que pour l’étude sociologique d’une action, qu’ils ne contiennent pas la totalité des éléments qui permettent d’en élucider le sens. Issus le plus souvent de découpages immédiats ou spontanés d’objets, les textes étudiés ne sont probablement pas à considérer comme tels. Skinner propose ainsi de transposer à l’étude des textes ce qu’Austin revendiquait alors pour l’étude des affirmations – statements : « La vérité ou la fausseté d’une affirmation ne dépend pas de la seule signification des mots, mais de l’acte précis et des circonstances précises dans lesquelles il est effectué [8]. » À supposer que l’entreprise historienne se fixe pour but exclusif de restituer les valeurs de vérité des énoncés contenus dans les textes étudiés, elle ne pourrait le faire en considérant son objet isolément, hors de tout rapport avec un contexte. C’est à partir de cette position que Skinner va conduire la critique des approches essentialiste et contextualiste.
L’essentialisme se repère à différents niveaux. Le premier porte sur les fins de l’enquête historique. Il existerait des questions « pérennes », « universelles [9] »; plus encore, il y aurait des maximes atemporelles de la prudence, susceptibles elles aussi d’une « application universelle [10] ». L’investigation historienne, ici, se justifie par son contraire : il n’est question de retrouver que ce qui échappe à la particularité des circonstances et à la singularité d’une époque; de ne retenir que ce qui est permanent.
Cette négation de l’effectivité et du caractère consistant du temps passé se retrouve à un second niveau et implique la fabrication de toute une série de fictions ou, pour reprendre le terme de Skinner, de « mythologies [11] ». Au principe de construction de ces dernières, qui ont en commun d’être portées par des formes de projection du lecteur dans les énoncés et les textes à interpréter, se trouve une croyance. Il serait, en effet, possible d’étudier simplement ce qu’un auteur donné a dit [12] sans que soit même posée la question d’une confusion toujours probable entre ce qui est dit par l’auteur d’un texte et ce que nous supposons qu’il a bien pu dire [13]. Admettre une telle distinction revient à prendre au sérieux ce qui fait la différence entre la position du lecteur et l’objet qu’il interprète. L’expérience du lecteur prédispose, en quelque sorte, à une forme de sensibilité, un sens pratique de lecture, qui autorise des rapprochements, des formulations et donne sens à ce qui est familier [14]. Il est difficile d’occulter cela que nos attentes déterminent aussi ce qu’un auteur est susceptible d’avoir dit et, par voie de conséquence, ce qu’un auteur ou un agent a dit ou fait [15].
La croyance, qui est à l’origine de toutes les mythologies à partir desquelles se déclinent les types principaux d’anachronisme et de reconstruction systématique des « pensées », repose sur cette affirmation projective selon laquelle ce que nous comprenons serait toujours ce qui est. Elle occulte la distinction méthodologiquement féconde entre modèle de compréhension de l’objet et réalité du modèle. L’essentialisme du point de vue consiste alors à refuser, implicitement ou explicitement, la distinction nécessaire entre l’usage méthodologique des modèles d’interprétation et leur identification ontologique [16].
Pour ne retenir qu’un seul exemple, classique et presque paradigmatique, le glissement de l’affirmation selon laquelle J. Locke est un des fondateurs de l’école empirique libérale de la philosophie politique moderne à celle voyant en celui-ci un théoricien libéral de la politique [17]. Glissement irrecevable selon Skinner [18] : Locke, par ses positions politiques, n’a jamais eu l’intention de fonder le libéralisme politique comme école, pas plus que la définition du libéralisme en politique ne fut son but théorique principal. Commettre de telles erreurs revient tout simplement à procéder par abstraction, c’est-à-dire à ne pas distinguer ce qui relève d’une construction méthodologique par laquelle proposer des généalogies pertinentes d’un côté et, de l’autre, restituer par le souci d’une étude historique en contexte ce qu’ont pu être les significations – meanings – des énoncés ou des revendications – claims – contenus dans les textes politiques de J. Locke. Si la première démarche conserve tout son intérêt, elle ne peut prétendre, à strictement parler, être une histoire des idées politiques. Par anticipation – prolepsis –, elle projette dans les textes ou les Å“uvres un ensemble de préjugés [19] qui ne sont pas nécessairement dépourvus de pertinence mais qui, en l’espèce, sont parfaitement illégitimes dès lors qu’il s’agit de restituer ce qui appartient aux meanings des textes étudiés [20]. Un tel glissement n’est possible que parce que le texte ou l’ensemble des textes ainsi étudiés est coupé de tout contexte. Pour paradoxal que cela puisse être, l’entreprise de Macpherson est donc à situer du côté des lectures essentialistes des Å“uvres [21].
Les approches essentialistes, lorsqu’elles prétendent faire Å“uvre d’histoire de la pensée, revendiquent, sous des formes différentes mais avec des effets méthodologiques convergents, l’autonomie des textes, ignorant les conditions dans lesquelles ils ont pu être produits, rejetant, parfois pour des raisons intéressantes, jusqu’à l’idée d’une différence possible entre projet politique de l’auteur et l’Å“uvre dans son empiricité [22]. Ce qui doit être lu est ce qui est donné dans la lettre du texte : ce serait donc à partir d’une abstraction pure, l’idée d’un texte parfaitement clos sur lui-même, qu’il serait possible d’élucider, par le jeu infini et infiniment reconduit d’une herméneutique textuelle autosuffisante, l’ensemble des significations exprimées dans et par le texte [23]. Qu’en est-il, désormais, de l’autre point de vue, « contextualiste » ?
Contre le point de vue essentialiste, le contextualisme reconnaît que les productions textuelles peuvent constituer autant de « réponses » à des situations plus immédiates [24]. Pour cette raison, l’étude des circonstances à partir desquelles se construisent ces réponses est un élément indispensable à l’étude historique. Le contexte s’étend alors à tout ce qui permet de comprendre la nature de la société dans laquelle l’auteur se trouve, écrit, parle et tente de persuader. Skinner rappelle alors qu’une telle « lecture contextuelle [25] » fait progressivement consensus autour de ce principe méthodologique selon lequel il importe de décrire les conditions historiques de « production » des textes eux-mêmes [26].
Cette méthode repose sur le principe d’une insuffisance ontologique du texte qui ne contient pas, et ne peut pas contenir, l’ensemble des facteurs permettant d’élucider les significations dont il est porteur. Plus encore, le versant radical de ce contextualisme permet de comprendre que c’est en termes de relations causales et de descriptions d’effets ou de résultats que l’on doit entreprendre d’étudier les rapports entre texte et contexte [27]. La conclusion est fort explicite : « It is clear that the independent life of ideas in history must be correspondingly in danger [28]. » Ce qui se trouve contesté est exactement ce que revendiquait l’approche essentialiste, savoir l’autosuffisance du texte dans l’économie générale des significations qu’il convient d’élucider. La méthode contextuelle paraît devoir diluer l’existence même du texte comme objet pertinent d’analyse au profit du contexte.
À cela Skinner objecte, de manière classique, en reconduisant l’analogie acte de communication/idée, qu’il convient de ne pas confondre cause et raison [29]. Si l’étude du contexte d’action permet de décrire l’ensemble des conditions qui rendent possible cette dernière, s’il existe un contexte pertinent d’explication de l’action, la connaissance de ces causes est-elle pour autant équivalente à la compréhension de l’action elle-même ? Si le texte peut être considéré comme une action d’un genre particulier, du moins un acte particulier de communication, Skinner fait alors valoir pour l’étude historique de celui-ci, tout comme pour celle, sociologique, d’une action, la nécessité de prendre en compte ce qui relève des « motifs » et des « intentions » de l’auteur. C’est à partir de ces derniers, seulement, qu’il est possible de comprendre et de proposer des descriptions pertinentes et non réductrices des relations entre texte et contexte. C’est à partir du caractère intentionnel de l’acte d’écriture qu’il serait possible de restituer, sans a priori, ce qui est au cÅ“ur de l’interprétation des significations portées par les textes étudiés : des liaisons effectives entre texte et contexte.
Les deux approches, essentialiste et contextualiste, ont ceci de commun qu’elles engagent activement une rupture entre texte et contexte là où il conviendrait de faire valoir les relations qui les unissent; à ce titre, elles manquent également leur objet. D’un côté, en effet, l’autonomisation du texte par le recours à une herméneutique close réduit à néant l’effectivité du contexte qui, par un effet d’abstraction, se trouve coupé de tout rapport aux idées. Dans ce cas, le contexte est à comprendre, au mieux, comme ce qui relève de l’anecdote et intervient sur le mode exclusif de l’illustration. De l’autre côté, et symétriquement, la seule considération du contexte subordonne l’existence et la pertinence des significations et des idées étudiées à cela qu’elles sont causées par un contexte. L’abstraction joue ici dans l’autre sens et le texte, le plus souvent, vient illustrer ce qui est donné par l’étude du contexte. Ni le texte ni le contexte ne paraissent considérés comme les vecteurs liés d’une configuration complexe, parfois instable, mais toujours signifiante, dont l’historien doit rendre compte sans poser de manière a priori de rapports de détermination.
Tel est l’enjeu de la reconstruction méthodologique visée par Skinner : proposer un mode de description des relations complexes existant entre idées et contextes tout en refusant de céder aux formes diverses des abstractions réductrices. Il envisage de le faire à partir d’une lecture des « meanings » d’un texte donné qui justifierait la prise en compte d’une intention de son auteur. Seule la saisie d’une telle intention autorise, à ses yeux, l’appréciation non réductrice des rapports entre texte et contexte. Par ce moyen, donc, il serait possible de rendre au texte et, plus largement, aux idées, leur indépendance, tout en faisant valoir les liaisons qu’elles entretiennent avec les contextes d’énonciation ou d’argumentation qui leur donnent sens.
 
INTENTIONS LE CONTEXTE DES CONVENTIONS ARGUMENTATIVES
 
 
La tâche fixée par ce nouveau programme méthodologique consiste, en partie tout au moins, à décrire les liaisons qui existent entre l’écriture que l’on doit pouvoir envisager, par analogie, comme un « speech-act », et ses conditions de « félicité [30] ». Étudier le contexte pertinent à partir duquel comprendre un texte d’auteur du passé revient alors à restituer l’ensemble des conditions et des circonstances dans lesquelles l’écriture, posée comme un acte, manifeste toute sa « force [31] » illocutoire.
Dans ce but, Skinner discute le statut des actes illocutoires [32]. L’analyse austinienne [33] des conditions de validité des performatifs doit être étendue, et le rôle attribué au respect des « conventions » considéré à partir de l’importance qu’il convient de donner à l’« intention [34] » de l’acteur ou de l’auteur. Prendre au sérieux un tel statut suppose alors que l’on réfléchisse à la nature des intentions qui accompagnent nécessairement l’accomplissement de ces actes [35]. La lecture des textes du passé, tout comme l’interprétation des actes de langage, exige le recouvrement des « intentions illocutoires » sans lesquelles l’action ou le texte, comme ensemble de significations, ne sauraient être correctement interprétés : « To perform an illocutionary act will always be equivalent to speaking (or writing) with a certain intended illocutionary force [36]. »
La réinscription de l’intention de l’auteur, en tant que détermination positive de l’acte d’écrire, au cÅ“ur du travail de l’historien, suppose toutefois la mise à distance d’un certain nombre de critiques. Les traditions déjà évoquées (supra) montrent, en effet, qu’une telle étude peut être réputée impossible en cela que l’intention est une cause toujours reliée de manière contingente au résultat de l’action ou de l’écriture [37]. Ou, dans le meilleur des cas, et en admettant que l’intention se trouve accomplie dans le texte, qu’expliquer de manière exhaustive ce dernier reviendrait, ipso facto, à recouvrir l’intention dont il s’agit [38]. Saisir une telle intention ne nécessiterait donc aucune étude particulière. Skinner affirme pourtant que dans ce dernier cas, le point de vue d’analyse ne permet pas de comprendre [39] les « meanings [40] ».
Pour cela, il importe de reprendre la distinction désormais classique entre intention « de faire x » et intention « en faisant x [41] ». Chaque action accomplie suppose une intention antécédente qui peut revêtir le statut d’une cause et dont on ne peut jamais, à proprement parler, être sûr de recouvrer l’étendue. Mais chaque action suppose également une intention concomitante qui se manifeste en cours d’accomplissement. C’est cette dernière intention qui doit être saisie si l’on veut correctement décrire l’action particulière qu’est l’écriture d’un texte [42]. S’appuyant sur J. L. Austin [43], Skinner affirme donc : « It has been classically demonstrated, however, by J. -L. Austin, that the understanding of statements presupposes a grasp not merely of the meaning of the given utterance, but also of what Austin labelled its intended illocutionary force [44]. » Comprendre ce qu’un auteur a voulu dire en disant ce qu’il écrit suppose la description de la force illocutoire d’une intention qui lui est toujours [45] reliée [46]. L’étude du contexte social, utile voire indispensable quand il s’agit d’expliquer un texte, ne fournit cependant aucun moyen pour saisir cette force qui fait de l’écrit un acte.
Partant de l’exemple topique du policier et du patineur [47] emprunté à P. F. Strawson [48], Skinner montre qu’une description pertinente des significations imputables à l’action de l’agent qui affirme « The ice over there is very thin » revient à restituer sa valeur d’acte illocutoire, c’est-à-dire à comprendre ce que le policier signifie en posant cet énoncé [49]. Envisager la question du sens « nonnatural [50] » de la signification de l’énoncé prononcé par le policier revient [51] dès lors à interroger ses intentions au moment où il accomplit cette action. Tout agent qui accomplit une action est susceptible d’être conduit par des intentions différentes [52], certaines étant plus importantes que d’autres. Comprendre que le policier, par l’énoncé « The ice over there is very thin », pose un avertissement et met en garde le patineur, c’est tenter de recouvrir son intention « première [53] ». Affirmant, avec P. F. Strawson, qu’Austin aurait donné une définition trop restrictive des conventions à partir desquelles étudier les conditions de succès d’un acte illocutoire, il retient, également, le point de vue de H. P. Grice qui, à propos des « non natural » significations, affirme l’identité des critères permettant de juger des intentions associées à un acte. L’étude de la valeur illocutoire des actes de langage peut ainsi être légitimement étendue à tout un ensemble d’actions non linguistiques. Vient alors la première assomption majeure à partir de laquelle Skinner construit sa position méthodologique : recouvrer la force illocutoire d’une action donnée c’est, eo ipso, recouvrer les intentions de l’agent qui agit de telle manière [54].
Dans ce cadre méthodologique, il serait alors possible d’élaborer un point de vue d’analyse qui permettrait de décrire les « meanings » d’un texte tout en maintenant positivement la distinction entre explication par le contexte et compréhension par les intentions. Pour ce faire, Skinner part de trois définitions possibles du « meaning »; des définitions qui engagent le travail d’interprétation dans des voies différentes. La première (M1) est stricte et limite celui-ci à l’explication du sens des mots et des expressions spécifiques [55] d’un texte ou d’une Å“uvre. La deuxième (M2) prend en compte l’interaction entre texte et lecteur et pose la question des significations revêtues par un texte ou une Å“uvre pour le – un ? – lecteur [56] hic et nunc. Enfin, la troisième (M3), retenue comme définition du travail d’interprétation historique des textes, est ainsi désignée : « What does the writer mean by what he says in this work [57] ? » M3 renvoie donc à la compréhension de l’intention de l’auteur en écrivant. L’auteur, au moyen de ce qu’il dit, cherche à signifier quelque chose; comprendre le texte suppose que l’on recouvre, par une description pertinente de cette signification, ce que l’auteur a voulu dire en disant ce qu’il a écrit.
L’intention ne peut donc pas être décrite à partir de M1. Admettre M3, c’est, méthodologiquement, reprendre le travail d’interprétation du texte en posant que ce dont il est fait – les formes rhétoriques, les dispositifs syntaxiques, les agencements linguistiques et sémantiques, etc. – ne permet pas, à lui seul, de restituer la manière (« a particular way [58] ») ou le moyen (« a means ») particuliers empruntés pour signifier l’intention qui accompagne l’acte d’écriture. Passer de M1 à M3 revient à reconnaître que ce qui est envisagé comme contenu strict de signification ne peut être correctement décrit, y compris du point de vue de M1, sans tenir compte de la manière de signifier. La raison principale en est qu’une manière porte toujours, c’est la seconde des assomptions majeures de Skinner, la trace d’une intention de dire.
On comprend donc que le texte ne peut pas être retenu comme l’unité pertinente délimitant l’objet à interpréter ; il doit être étendu à un contexte par le moyen duquel rendre possibles les descriptions de ces manières sans lesquelles aucune intention de signifier ne peut être correctement recouvrée. Parce que l’intention qui porte l’acte d’écrire ne se trouve pas nécessairement contenue dans ce qui est écrit [59], il faut avoir à disposition autre chose; autre chose que le texte ne permet pas à lui seul de connaître [60].
Puisqu’il est toujours possible de qualifier l’intention de l’auteur d’un texte, il importe maintenant d’évoquer brièvement les règles qui permettent au travail d’interprétation de l’identifier et d’en faire des descriptions adéquates. Ce travail trouve sa légitimité méthodologique dans le souci de reconstruire la configuration du texte et de ses contextes, c’est-à-dire l’ensemble des liaisons qui les unissent sans que, pour autant, l’un ou l’autre de ses termes ne soit posé comme inessentiel. L’étude spécifique [61] des « intentions illocutoires [62] » vise principalement la description des « particular ways [63] », des manières de signifier par l’écriture; des manières qui enveloppent la trace d’une intention de faire.
Une telle description a recours à la comparaison car c’est par la recension exhaustive et minutieuse des ressemblances et des différences que l’on peut identifier la singularité d’une manière de prendre position en écrivant. Cet inventaire des ressemblances et des différences forme donc la trame du contexte ainsi retenu par Skinner. Deux règles [64] principales organisent ce travail. D’une part, recenser les conventions argumentatives [65] qui, au moment où l’auteur écrit, caractérisent les manières de « prendre position », les manières de traiter certains thèmes [66] proches voire analogues à ceux abordés par l’auteur étudié. D’autre part, proposer des descriptions aussi précises que possible du monde mental et des croyances de l’auteur [67]. Par la première de ces règles, il s’agit de tester la plausibilité des intentions imputées par l’historien à l’auteur étudié; par la seconde, de rendre compte des relations qui existent nécessairement entre notre propension à imputer des intentions et notre connaissance de leurs croyances. Locke, par exemple, n’avait pas l’intention en écrivant le Second Traité de défendre la rationalité d’une accumulation illimitée du capital [68]. Cela peut se montrer empiriquement en faisant la description précise de ses croyances, du moins en reconstruisant l’univers de toutes les croyances possibles au moment où il rédige le Second Traité.
La manière d’écrire d’un auteur est donc repérable comme telle parce qu’elle s’inscrit dans un contexte de conventions par l’intermédiaire desquelles s’expriment ou peuvent s’exprimer des engagements, des positions, c’est-à-dire des actes toujours liés à des intentions. En effet, et telle est bien la troisième assomption majeure à partir de laquelle Skinner définit son point de vue, « whatever intentions a given writer may have, they must be conventional intentions in the strong sens that they must be recognizable as intentions to uphold some particular position in argument, to contribute in a particular way to the treatment of some particular theme, and so on [69] ». La manière peut donc être envisagée comme un choix, comme le résultat d’une décision délibérée qui, parce que telle, manifeste toujours une intention.
Comprendre le contexte comme ensemble de conventions argumentatives, c’est donc établir la série des choix possibles disponibles à un moment donné du temps et à partir desquels l’auteur construit sa propre manière d’écrire. Le contexte, si nécessaire à la restitution d’une part des intentions illocutoires de l’auteur, est donc fait de conventions argumentatives, rhétoriques et linguistiques ; de conventions qui enveloppent par principe selon Skinner un type d’intention, c’est-à-dire des forces illocutoires associées à des positions et des prises de position. Ce contexte est interne au monde des pratiques langagières. Pour paraphraser P. Bourdieu [70], il reste inclus dans le champ de production des énoncés linguistiques et ne fait pas de lien immédiat ni explicite avec d’autres formes de pratiques sociales susceptibles de fonder ou d’éclairer la performativité des actes d’écriture ainsi étudiés.
Ce résultat est parfaitement cohérent avec les présupposés méthodologiques de Skinner puisque sa critique du contextualisme social (I) le conduit, en principe tout au moins, à renoncer à tout ce qui ne relève pas de la stricte détermination par le langage et ses usages.
 
INTERPRÉTATION ET EXPLICATION LES LIMITES DU « CONTEXTE »
 
 
Ce programme de recherche a profondément renouvelé les études d’histoire des idées politiques [71] depuis une trentaine d’années. Il n’est pas sûr que la rigueur et la précision de ses attendus méthodologiques aient toujours pu être respectées. Il n’empêche, la fécondité et l’extrême diversité des résultats sont là pour dire toute la force novatrice de cette manière d’écrire l’histoire.
À s’en tenir au propos plus étroit des présupposés de la démarche, les positions de Skinner n’ont pas manqué, cependant, de rencontrer des objections et des critiques plus ou moins radicales. Ce n’est pas ici le lieu d’en faire la recension. L’une d’elles mérite toutefois d’être retenue qui porte plus exactement sur les assomptions majeures ci-dessus évoquées et à partir desquelles Skinner justifie les équivalences posées entre intention, force illocutoire et conventions argumentatives.
Keith Graham [72] discute, entre autres choses, la légitimité de l’affirmation selon laquelle comprendre les « meanings » c’est se rendre capable de caractériser « what their authors were doing in writing them [73] ». Il n’est pas sûr, en effet, que la re-description « illocutoire » d’une séquence d’action, ou d’un énoncé, puisse être équivalente à une explication du comportement de celui qui accomplit l’action ou de celui qui pose l’affirmation. Résumant son propos, Graham affirme ainsi que pour Skinner, « the recovery of illocutionary force is seen as a necessary step in understanding behavior [...] as a mode of explanation [74]... ».
La question est alors de savoir ce que nous faisons lorsque nous décrivons la force illocutoire d’un énoncé [75]. Reprenant l’exemple de Strawson commenté par Q. Skinner [76], K. Graham se propose d’interroger la portée du changement de fonction d’un énoncé quand il décrit successivement une proposition sous la forme d’un acte locutoire (a) [77], puis sous la forme d’un acte illocutoire (b) [78]. Ce changement n’équivaut pas pour lui à une explication ; il consiste uniquement dans une requalification du statut de l’énoncé en une catégorie appropriée susceptible d’indiquer ce qui est à expliquer : « The move is essentially descriptive, or more accurately redescriptive [79]. » La re-description n’est donc jamais qu’une description et ce à quoi elle donne accès ne relève pas, de manière évidente, d’un ordre d’explication des comportements. De telles re-descriptions sont au mieux des explications d’énoncés : « Skinner’s account has therefore to be modified in one respect : recovery of illocutionary force is a mode of explanation of utterance, not of behavior [80]. »
La portée de l’inférence skinnérienne peut être encore discutée sur un autre plan. Pour être valide, le passage de la description à l’explication d’un énoncé par recouvrement de l’intention suppose encore que cette dernière soit toujours associée de manière certaine à la force illocutoire qui l’enveloppe [81]. À ce titre, Skinner suppose, le plus souvent, que l’on peut toujours identifier ce que fait un locuteur en énonçant une affirmation avec ce qu’il entend faire; en un mot, l’inférence repose sur l’identification, voire la confusion méthodologiquement nécessaire, entre « force illocutoire » et « l’intention d’une force illocutoire ».
L’analogie, très explicitement revendiquée par Skinner entre acte de langage et action, cesserait ici d’être effective. Par principe, en effet, la compréhension de n’importe quelle action exige de tenir compte de la distinction entre « faire x » et « tenter de faire x ». L’extension inaugurale (supra) par laquelle Skinner, suivant Strawson dans sa critique des « conventions » chez Austin, unifiait les critères permettant de décrire les conditions de succès des formes illocutoires [82] paraît avoir pour corollaire une restriction portant, cette fois-ci, sur la nature des liaisons possibles entre force illocutoire et intention.
Une restriction que rejette explicitement J. L. Austin qui affirme : « Nos trois classes [83] nous obligent, puisqu’il s’agit d’actes, à tenir compte de ces malheurs auxquels tout acte est exposé. Il nous faut être prêt, systématiquement, à distinguer entre “l’acte de faire x”, c’est-à-dire d’accomplir x, et “l’acte de tenter de faire x”; entre avertir, par exemple, et tenter d’avertir [84]. » Il est plus prudent d’imaginer que, pour un ensemble de raisons hétérogènes, dont l’étude ressortit à un contexte plus large, celui qui pose une affirmation douée d’une force illocutoire particulière peut échouer à la manifester. Ainsi, pour reprendre l’exemple du policier et du patineur, le premier peut échouer à mettre en garde le second parce que son audience est stupide, parce que cette dernière est faite d’étrangers qui ne comprennent pas la langue, etc.; parce que les circonstances dans lesquelles il tente de matérialiser son intention sont telles que l’on peut s’attendre à ce que personne ne parvienne à la comprendre comme une mise en garde, etc.
Il convient d’ajouter que, pour Graham [85], certaines actions, qu’Austin range parmi les illocutoires, peuvent être accomplies de manière non intentionnelle. Même s’il s’agit de cas marginaux, peu susceptibles de remettre en cause la théorie générale de Skinner portant sur les liens entre actes illocutoires, conventions et intentions, il n’en reste pas moins que leur possibilité peut conduire à réduire la force de certaines de ses interprétations ou la portée de certaines de ses critiques. Reprenant l’exemple de Locke, Graham montre ainsi que si l’on accepte l’idée d’actions non intentionnelles, alors l’interprétation de Macpherson – les Deux Traités proposent une justification du caractère rationnel de l’accumulation illimitée du capital – peut être recevable. Elle l’est au motif qu’il se peut « that the text had this force whether Locke intended it to or not [86] ».
L’ensemble de ces restrictions permet à Graham de conclure en proposant une relativisation assez stricte de la généralité du modèle explicatif skinnérien. La description des énoncés linguistiques en actes illocutoires ne permet pas de répondre aux questions du type « pourquoi [87] ». Seules l’identification de ce qui est « à expliquer » et l’élucidation des questions du type « comment » paraissent devoir relever d’une interprétation historique légitime d’un texte. Tout simplement parce que la recherche des « causes » excède largement ce qu’autorise la pure description des énoncés, et donc le type de contexte retenu par Skinner.
La saisie de l’intention telle qu’elle est proposée par Skinner, quand elle est possible, autorise donc des re-descriptions qui ne sont pas des explications. Elles précisent, sans aucun doute, la nature des questions auxquelles il conviendrait de répondre pour passer de la description à l’explication. Le problème est déplacé; il n’est pas vraiment résolu.
Ce programme de recherches justifie des descriptions empiriquement rigoureuses de « contextes » argumentatifs ; il montre comment la manière et les innovations d’un auteur peuvent être comprises comme autant de choix, comme autant de manifestations explicites d’« intentions illocutoires ».
Cependant, sur un plan plus général, on ne peut s’empêcher de demander ce qu’apporte au juste la mise en évidence de telles cohérences entre des intentions illocutoires données et les actes d’écriture qu’elles impliquent. Les contextualistes n’affirmaient-ils pas que seule l’intention accomplie avec succès pouvait faire l’objet d’une investigation, laquelle ne se distinguait pas du travail d’interprétation lui-même ? On doit rappeler, également, que chez Austin, l’impératif de communication fait toujours partie des conditions de réalisation de l’acte de langage et que, ce faisant, l’intention se manifeste toujours dans le fait de manifester l’acte.
Dès lors, le critère de l’intention ne peut pas véritablement se substituer à celui de l’étude des « conventions » au moyen de laquelle expliquer pourquoi un acte illocutoire explicite a réussi ou échoué. Plus encore, la priorité donnée à l’étude de ces conventions n’interdit pas, loin s’en faut, de rendre compte de l’existence de tentatives échouées d’actes de langage sans pour autant avoir à s’exposer aux difficultés liées à l’interprétation des relations entre intentions et échecs, intentions « non réalisées » (?) et actions, etc.
La stylisation des cohérences entre intentions et contextes d’argumentation, qui reste la tache prioritaire de l’historien des idées en politique dans le programme de recherche de Quentin Skinner, ne parvient pas, sauf à s’exposer aux critiques qu’il énonce lui-même, à reconstruire les relations entre « description » et « explication ». La restitution du contexte demeure donc interne à la sphère linguistique de production des énoncés scripturaires et manque, au moins en partie, l’identification des causes – sociales ?, sociologiques ? – qui donnent efficacité aux intentions illocutoires ainsi décrites.
L’un des intérêts de l’analyse austinienne des « conventions » est de poser clairement l’existence de ce point de rencontre, même si son franchissement – du linguistique au sociologique et/ou au politique – ne l’intéresse pas directement [88]. En radicalisant l’opposition entre les types essentialiste et contextualiste d’interprétation des textes du passé, Skinner exhume avec conviction l’existence d’un niveau intermédiaire de contexte pour donner corps au critère de l’intention illocutoire. Rien ne permet cependant de comprendre vraiment sur quoi repose, dans un temps et un lieu donnés, ce qui fait l’efficace d’une telle intention. Pour ce faire, il faudrait étendre suffisamment le contexte pour poser la question du pourquoi, c’est-à-dire revenir à des causes sociales.
 
NOTES
 
[1]Auteur que nous n’évoquerons pas ici mais qui est connu tardivement en France avec son immense travail sur la diffusion outre-Manche et outre-Atlantique du républicanisme italien. J. G. A. POCOCK, The Machiavellian Moment – Florentine Political Thought and the Atlantic Republican Tradition, Princeton, Princeton University Press, 1995.
[2]J. TULLY (éd.), Meaning & Context – Quentin Skinner and his Critics, Princeton University Press, Princeton, New Jersey, 1988.
[3]La méthodologie skinnérienne y est, par exemple, fermement remise en cause par J. V. FEMIA, « An historicist critique of “revisionist” methods for studying the history of ideas », dans J. TULLY (éd), Meaning & Context..., p. 157-160.
[4]J. L. AUSTIN, How to do Things With Words, Oxford, The Clarendon Press, 1962, trad. G. Lane, Quand dire, c’est faire, Paris, Éd. du Seuil, 1970; rééd. Paris, Éd. du Seuil, « Points-Essais », 1991.
[5]J. L. AUSTIN, op. cit., p. 47 s.
[6]« But it is also arguable [...] that Austin’s own discussion of illocutionary force needs to be extended... » (Q. SKINNER, Meaning & Context..., p. 62, je souligne); voir également « Conventions and the understanding of speech-acts », Philosophical Quarterly, 20,1970, p. 118-138.
[7]Les références sont principalement issues de Meaning & Context qui propose une présentation du programme de Skinner (p. 29-132) ; des points de vue critiques (p. 135-228) et, pour finir, les réponses et réexamens de Skinner (p. 231 s.) [abrégé : M.C. pour toutes les références au texte de Skinner lui-même].
[8]J. L. AUSTIN, op. cit., Onzième Conférence, p. 144.
[9]Les « timeless questions and answers » (M.C., p. 30).
[10]M.C., ibid.
[11]M.C., p. 32,34 s.; sur l’énumération et la définition des « mythologies » résultant de cette négation du caractère historique des objets de l’investigation portant sur les idées en politique, voir p. 36 s. sur le mythe de la cohérence et de la « constitution » des doctrines ; p. 44 s. sur la prolepsis et le parochialisme, etc.
[12]« what a given classic writer has said » (M.C., p. 31; souligné par l’auteur).
[13]« own expectations about what he must have been saying » (ibid.).
[14]« we are set to perceive details in a certain way » (ibid.). La lecture des textes du passé fait jouer des principes analogiques par le moyen desquels relier ce qui est différent à ce qui nous est connu, familier.
[15]Skinner construit toute la pertinence de sa position critique sur l’homologie – sinon l’analogie – des problèmes que rencontrent l’historien à propos d’un texte et le sociologue à propos d’une action. On se reportera sur ce point au chapitre IV : « “Social meaning” and the explanation of social action », M.C., p. 79 s.
[16]Je n’évoquerai pas ici, comme étant indirectement liés au propos principal, les exemples commentés par Skinner pour illustrer chacune de ces productions mythologiques. L’essentiel du chapitre II, « Meaning and understanding in the history of ideas », y est consacré (M.C., p. 36-56). Relèvent de l’approche dite « essentialiste » toutes les formes d’histoire qui entendent reconstruire l’évolution et la morphologie d’une « doctrine » ou d’un « ensemble d’idées » dans le temps; celles qui entendent fonder le caractère systématique et cohérent d’une pensée ou d’une Å“uvre dans des biographies intellectuelles. Dans la plupart des cas, indique Skinner, il s’agit de « doctrines », de « systèmes » construits par les historiens, lesquels finissent par être hypostasiés et véritablement « constitués » en réalités autonomes, en « mythes ». D’une certaine manière, la pensée d’un auteur ainsi étudiée finit par revêtir les airs d’un système clos sur lui-même, cohérent que l’écrivain n’a, en fait, jamais atteint ni même jamais souhaité atteindre. Il y a bien, dans ce genre d’entreprise, un mouvement d’abstraction qui vise à projeter une forme de cohérence et de systématicité sur des Å“uvres dont la description empirique n’autorise pas, du moins a priori, de telles réductions.
[17]C’est bien sûr à C. B. Macpherson qu’il est ici fait allusion (C. B. MACPHERSON, The Political Theory of Possessive Individualism, Oxford, Oxford University Press, 1962).
[18]M.C., p. 78.
[19]Les « preconcieved paradigms » et les « misunderstanding statements » (M.C., p. 48-49). Skinner fait probablement référence, ici, à la conception durkheimienne de la « prénotion », telle qu’elle est définie dans les Règles de la méthode sociologique (1895 ; 11e éd. 1953), p. 17 s. Skinner renvoie explicitement à Durkheim, à propos de la causalité sociale (M.C., p. 82).
[20]Car, à défaut d’indiquer positivement ce que fut l’intention de l’auteur, on peut montrer, selon Skinner, ce qu’elle ne pouvait pas être ou que certaines intentions imputées, ici par Macpherson, sont impossibles ; voir le détail de la démonstration en M.C., p. 46,47-48.
[21]De la même manière, on pourrait montrer que toutes les fois qu’un historien de la pensée, à propos d’un texte, propose une critique qui vise à justifier que l’auteur dont on parle aurait échoué à énoncer correctement, c’est-à-dire, le plus souvent, sous une forme cohérente, une doctrine, celui-là s’expose aux effets réducteurs liées à la méconnaissance du ou des contextes, en un mot à l’abstraction. Il est parfaitement contestable de reprocher à un auteur d’avoir échoué dans la formulation d’une argumentation tant que l’on n’a pas explicitement prouvé que telle était bien l’intention de l’auteur.
[22]Se pose, bien sûr, la question soulevée en son temps par L. Strauss à propos des « stratégies d’écritures » et de la nécessaire prise en compte d’un contexte particulièrement aigu de persécution (1952; trad. : La Persécution et l’art d’écrire, 1989, p. 55-74) qui suppose, à titre de principe méthodologique, que soit faite la différence entre ce qui apparaît, dans le texte, comme dépourvu de consistance, et ce que l’on sait de l’auteur; qui revendique l’existence d’un texte caché, intentionnellement recouvert et destiné à des lecteurs « attentifs » et « sages » qui, seuls, parviendront à débusquer le sens véritable par-delà les apparences d’un texte manifeste. Outre les obstacles logiques auxquels se heurte une telle thèse – les censeurs, à défaut d’être des destinataires inventifs, n’en sont pas moins des lecteurs attentifs susceptibles eux aussi de retrouver le vrai texte, etc. –, cette conception pose également un redoutable problème dans la pratique qui est celui de savoir quand doit-on pratiquer la double lecture et quand doit-on la cesser. Il n’est pas sûr que l’argument utilitaire de la « productivité » de la lecture soit d’un maniement bien commode; M.C., p. 42-43.
[23]L’ensemble de ces restrictions vaut également pour les démarches historiennes qui, à défaut de retenir un texte ou une Å“uvre précis, se lancent dans la reconstruction diachronique d’un concept ou ensemble d’« idées »; M.C., p. 54-55.
[24]« recognizing [...] that our ideas constitute “a response to more immediate circumstances” » (M.C., p. 57; souligné par l’auteur).
[25]« contextual reading » (ibid.); Skinner reprend ici la formule à F. W. BATESON, « The functions of criticism », Essays in Criticism (3), 1953, p. 19.
[26]M.C., p. 57-58. Le vocabulaire et les formulations y sont particulièrement explicites qui évoquent la nécessaire description des « social and political conditions », celle des « historical conditions which “produced” the texts themselves » (ibid.; je souligne).
[27]Skinner prend pour exemple l’étude classique de I. KRAMNICK concernant Bolingbroke, Bolingbroke and his Circle ; The Politics of Nostalgia in the Age of Walpole, Cambridge, Mass., Harvard University Press, 1968; tout particulièrement le chapitre III : « Bolingbroke and the New Angland », p. 56-83. Il en schématise l’argument ramenant l’explication à ceci : la « politique de la nostalgie » de Bolingbroke s’expliquerait par son enthousiasme pour l’organisation traditionnelle d’une société en train de disparaître.
[28]M.C., p. 58.
[29]M.C., p. 59 s.
[30]J.-L. AUSTIN, op. cit., Deuxième Conférence, p. 48.
[31]La traduction française de référence, pour les Conférences de 1955, rend « illocutionary force » par « valeur » illocutoire (voir Introduction du traducteur, p. 19 s.) ; P. Bourdieu, dans son commentaire de 1982, Ce que parler veut dire. L’économie des échanges linguistiques (Paris, Fayard), propose une traduction littérale et probablement plus sociologique de cette expression rendue par « force » illocutoire. Il manifeste ainsi plus explicitement l’existence d’un rapport social qui donne toute sa force à l’énoncé purement linguistique et qui réfère à un type de « contexte » qui s’en distingue tout en s’y rapportant, celui de l’« ordre des choses » qui est aussi l’« ordre social du monde »; un ordre qui autorise la parole dans sa prétention à faire.
[32]M.C., p. 259 s.
[33]J. L. AUSTIN, op. cit., Deuxième Conférence, p. 48 s.
[34]Sur ce point, Skinner renvoie très clairement à la discussion qu’en propose P. F. STRAWSON, « Intention and convention in speech-acts », Logico-Linguistic Papers, Londres, 1971, p. 149-169.
[35]« the kind of intentions that have to go into their successful performance » (M.C., p. 262).
[36]Ibid.
[37]« a motive or an intention, it is said, is itself a cause, in the sens that it is antecedent to and contingently connected with the resulting action » (M.C., p. 60; souligné par l’auteur). Ainsi, dans le contextualisme, la distinction motif-intention n’est pas pertinente et, à tout bien considérer, l’intention n’est jamais qu’une cause antécédente dont la liaison productive avec le texte est contingente. À ce titre, elle est, le plus souvent, insaisissable ; un peu plus loin : « They (motives and intentions) are “private entities to which no one can gain access” » (M.C., p. 71). Skinner renvoie très explicitement – 59-n.185,60-n.189 – à D. DAVIDSON, « Actions, reasons, and causes », Journal of Philosophy, 60,1963, p. 685-700; A. J. AYER, « Man as a subject for science », dans P. LASLETT et W. G. RUNCIMAN (éd.), Philosophy, Politics and Society, 3rd series, 1967, p. 6-24 ; sur ce dernier, voir également M.C., p. 88-89.
[38]« The reason, it is said, why the critic should not attempt to pay any special attention to these factors is simply that they are “inside” the work itself, not separate from it, and thus need no separate consideration » (M.C., p. 72).
[39]M.C., p. 61.
[40]L’« intention illocutoire » « is in fact relevant to understanding “the meaning” of a given writer’s works » (M.C., p. 75).
[41]« between an intention to do x which may never successfully issue in an action [...] and an intention in doing x, which not merely presupposes the occurrence of the relevant action, but is logically connected with it... » (M.C., p. 60; souligné par l’auteur). Pour une autre formulation presque identique : « But to speak of a writer’s intentions may be [...] to refer to and describe an actual work in a certain way (as embodying a particular intention in x-ing) » (M.C., p. 73).
[42]M.C., p. 61,76,259-261.
[43]Voir, entre autres, les développements en M.C., p. 83 s., 261 s.
[44]Ibid. Autre formulation analogue en M.C., p. 74, par exemple.
[45]Il n’est pas sans intérêt de constater que la plupart des exemples retenus pour justifier l’importance de ce point de vue de lecture – Machiavel (p. 61-62), Locke (p. 62-63) – illustrent la manifestation de cette force illocutoire sur le mode quasi exclusif de la rupture entre texte et « contexte ».
[46]Q. Skinner utilise le verbe « to co-ordinate » – « a force co-ordinate with the meaning of the utterance itself... » – qui renvoie aussi à l’idée de « mettre au même rang ». En ce sens, le travail d’interprétation du texte relève tout autant de l’éclaircissement des significations que de la description de la force illocutoire, laquelle s’en distingue tout en s’y rapportant. On peut lire un peu plus loin : « amongst the interpreter’s tasks must be the recovery of the writer’s intentions in writing what he writes » (M.C., p. 76; souligné par l’auteur). Sur ce point, voir également Q. SKIN-NER, « Conventions and the understanding of speech-acts », où est discuté et critiqué le point de vue de L. J. COHEN, « Do illocutionary forces exist ? », Philosophical Quarterly, 14,1964, p. 118-137.
[47]« “Social meaning” and the explanation of social action », M.C., p. 79 s.
[48]P. F. STRAWSON, « Intention and convention in speech-acts ».
[49]« to understand what the policeman (non-naturally) meant by performing his given (linguistic) action » (M.C., p. 84).
[50]Sur les « non-naturally meanings », voir H. P. GRICE, « Meaning », Philosophical Quarterly, 66,1957, p. 377-388 ; « Utterer’s meaning and intentions », Philosophical Review, 78,1969, p. 147-177.
[51]« seems to be equivalent to » (M.C., p. 84).
[52]La théorie d’Austin ne permettrait pas, selon Skinner, d’envisager la relation entre intention et action autrement que sous la forme d’une « simple correspondance » (M.C., p. 84 s.).
[53]« the agent’s primary intention » (ibid.; souligné par l’auteur).
[54]M.C., p. 85.
[55]« What do the words mean [...] in this work ? » (M.C., p. 70).
[56]« What does this work mean to me ? » (ibid.).
[57]Ibid.
[58]M.C., p. 76.
[59]Sauf à retomber dans la critique de ceux qui réduisent la légitimité d’une telle étude au motif que seule l’intention accomplie avec « succès » dans le texte étudié peut faire l’objet d’une investigation et ne nécessite pas d’étude différenciée : « if a writer “has carried out his intentions successfully, the work itself should show what he was trying to do” » (M.C., p. 72). Skinner cite I. C. HUNGERLAND, « The concept of intention in art criticism », Journal of Philosophy, 52,1955, p. 73.
[60]« the recovery of a writer’s (illocutionary) intentions must be treated as a necessary condition of being able to interpret the meaning3 of his works » (M.C., p. 77).
[61]« their recovery (the writer’s illocutionary intentions) does require a separate form of study, which it will in fact be essential to undertake if the critic’s aim is to understand “the meaning” of the writer’s corresponding works » (M.C., p. 75).
[62]M.C., p. 74; 75-76.
[63]« to be able to characterize a work in such a way, in terms of its intended illocutionary force, is equivalent to understanding what the writer may have meant by writing in that particular way » (M.C., p. 76; je souligne).
[64]Chapitre III : « Motives, intentions and interpretation », M.C., p. 77-78.
[65]Car la reconnaissance des intentions, quelle qu’en soit la nature, est toujours reconnaissance d’une intention « conventionnelle » – « conventional intentions » – en ceci qu’il s’agit toujours de défendre une position particulière par le moyen d’arguments particuliers (ibid.).
[66]M.C., p. 77.
[67]Le « mental world » et les « empirical beliefs » (M.C., p. 78).
[68]Pour reprendre les présupposés interprétatifs de Macpherson, déjà cité.
[69]M.C., p. 77; souligné par l’auteur.
[70]P. BOURDIEU, Ce que parler veut dire; entre autres, voir l’Introduction à la première partie, p. 13-21.
[71]Outre les travaux de Skinner, ceux de son école, et avec des nuances parfois importantes, on peut aussi évoquer ceux de J. Pocock, P. Pettit, R. Tuck...
[72]K. GRAHAM, « How do illocutionary descriptions explain ? », dans J. TULLY (éd.), Meaning & Context..., p. 147-155.
[73]Ibid., p. 148; je souligne.
[74]Ibid., p. 148-149 ; je souligne.
[75]« what is going on when the illocutionary force of an utterance is recovered ? » (ibid., p. 149).
[76]Ibid., p. 149 s.
[77]« X issued the utterance U (Jones said “The ice over there is very thin”) » (ibid.).
[78]« X performed the illocutionary act I (Jones warned) » (ibid.).
[79]Ibid., p. 150; je souligne.
[80]Ibid., p. 151; je souligne.
[81]« intention and illocution were indissolubly linked in the way Skinner’s analysis requires » (ibid.; je souligne).
[82]Les actes de langage comme les autres; voir K. GRAHAM, p. 148.
[83]Il s’agit des « locutoires », « illocutoires » et « perlocutoires » (J. L. AUSTIN, op. cit., Huitième Conférence, p. 115).
[84]J. L. AUSTIN, op. cit., p. 117; je souligne.
[85]K. GRAHAM, p. 153 s.
[86]Ibid., p. 153.
[87]« if illocution is to have explanatory value it must answer a “why” question, and it is that assumption which I think must be rejected » et, un peu plus loin, « it is surely as an explanation-what that illocutionary description comes into its own... » (ibid., p. 154-155).
[88]P. BOURDIEU, Ce que parler veut dire, p. 111 s.
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Ibid. Suite de la note...
[37]
« a motive or an intention, it is said, is itself a cause, ...
[suite] Suite de la note...
[38]
« The reason, it is said, why the critic should not attempt...
[suite] Suite de la note...
[39]
M.C., p. 61. Suite de la note...
[40]
L’« intention illocutoire » « is in fact relevant to unders...
[suite] Suite de la note...
[41]
« between an intention to do x which may never successfully...
[suite] Suite de la note...
[42]
M.C., p. 61,76,259-261. Suite de la note...
[43]
Voir, entre autres, les développements en M.C., p. 83 s., 2...
[suite] Suite de la note...
[44]
Ibid. Autre formulation analogue en M.C., p. 74, par exempl...
[suite] Suite de la note...
[45]
Il n’est pas sans intérêt de constater que la plupart des e...
[suite] Suite de la note...
[46]
Q. Skinner utilise le verbe « to co-ordinate » – « a force ...
[suite] Suite de la note...
[47]
« “Social meaning” and the explanation of social action », ...
[suite] Suite de la note...
[48]
P. F. STRAWSON, « Intention and convention in speech-acts »...
[suite] Suite de la note...
[49]
« to understand what the policeman (non-naturally) meant by...
[suite] Suite de la note...
[50]
Sur les « non-naturally meanings », voir H. P. GRICE, « Mea...
[suite] Suite de la note...
[51]
« seems to be equivalent to » (M.C., p. 84). Suite de la note...
[52]
La théorie d’Austin ne permettrait pas, selon Skinner, d’en...
[suite] Suite de la note...
[53]
« the agent’s primary intention » (ibid.; souligné par l’au...
[suite] Suite de la note...
[54]
M.C., p. 85. Suite de la note...
[55]
« What do the words mean [...] in this work ? » (M.C., p. 7...
[suite] Suite de la note...
[56]
« What does this work mean to me ? » (ibid.). Suite de la note...
[57]
Ibid. Suite de la note...
[58]
M.C., p. 76. Suite de la note...
[59]
Sauf à retomber dans la critique de ceux qui réduisent la l...
[suite] Suite de la note...
[60]
« the recovery of a writer’s (illocutionary) intentions mus...
[suite] Suite de la note...
[61]
« their recovery (the writer’s illocutionary intentions) do...
[suite] Suite de la note...
[62]
M.C., p. 74; 75-76. Suite de la note...
[63]
« to be able to characterize a work in such a way, in terms...
[suite] Suite de la note...
[64]
Chapitre III : « Motives, intentions and interpretation », ...
[suite] Suite de la note...
[65]
Car la reconnaissance des intentions, quelle qu’en soit la ...
[suite] Suite de la note...
[66]
M.C., p. 77. Suite de la note...
[67]
Le « mental world » et les « empirical beliefs » (M.C., p. ...
[suite] Suite de la note...
[68]
Pour reprendre les présupposés interprétatifs de Macpherson...
[suite] Suite de la note...
[69]
M.C., p. 77; souligné par l’auteur. Suite de la note...
[70]
P. BOURDIEU, Ce que parler veut dire; entre autres, voir l’...
[suite] Suite de la note...
[71]
Outre les travaux de Skinner, ceux de son école, et avec de...
[suite] Suite de la note...
[72]
K. GRAHAM, « How do illocutionary descriptions explain ? »,...
[suite] Suite de la note...
[73]
Ibid., p. 148; je souligne. Suite de la note...
[74]
Ibid., p. 148-149 ; je souligne. Suite de la note...
[75]
« what is going on when the illocutionary force of an utter...
[suite] Suite de la note...
[76]
Ibid., p. 149 s. Suite de la note...
[77]
« X issued the utterance U (Jones said “The ice over there ...
[suite] Suite de la note...
[78]
« X performed the illocutionary act I (Jones warned) » (ibi...
[suite] Suite de la note...
[79]
Ibid., p. 150; je souligne. Suite de la note...
[80]
Ibid., p. 151; je souligne. Suite de la note...
[81]
« intention and illocution were indissolubly linked in the ...
[suite] Suite de la note...
[82]
Les actes de langage comme les autres; voir K. GRAHAM, p. 1...
[suite] Suite de la note...
[83]
Il s’agit des « locutoires », « illocutoires » et « perlocu...
[suite] Suite de la note...
[84]
J. L. AUSTIN, op. cit., p. 117; je souligne. Suite de la note...
[85]
K. GRAHAM, p. 153 s. Suite de la note...
[86]
Ibid., p. 153. Suite de la note...
[87]
« if illocution is to have explanatory value it must answer...
[suite] Suite de la note...
[88]
P. BOURDIEU, Ce que parler veut dire, p. 111 s. Suite de la note...