L’aphasie de Kant ?
(... et si l’être de la loi morale n’était que littérature...)
Michèle Cohen-halimi
La définition kantienne du Gewissen associe deux schèmes interprétatifs
anciens, celui de la voix et celui du tribunal, pour produire une invention dont le présent
article essaie de mesurer la portée en même temps qu’il fait de cette réélaboration
critique un vecteur de lecture des interprétations contemporaines. De manière presque
inaperçue, c’est-à-dire sous l’apparence d’un héritage passivement transmis, Kant nous
lègue un des problèmes les plus difficiles pour la philosophie pratique, celui de conférer
du sens à la conscience morale.
The kantian definition of Gewissen establishes a link between two lines
of interpretation, one which draws on the simile of voice and the other on the metaphor
of court. Through discussions of contemporary commentators, this article shows that the
kantian definition deeply transforms the notion of Gewissen. In very discrete manner, in
the guise of inheritance, Kant bequeathes us one of the most difficult problem of moral
philosophy that is how to give meaning to moral consciousness.