La liberté et l’ordre public : Diderot et la bonté des lois
Florent Guenard
Pour Diderot, il est illusoire de croire que l’on peut rationaliser le droit
pénal, comme Beccaria le suggère, et proportionner les peines aux délits selon une
échelle nécessaire. L’arbitraire du juge est pour Diderot moins un obstacle pour la
justice qu’une condition de possibilité. Cette critique adressée au juriste italien semble
pourtant ne pas s’accorder avec le rôle qu’il attribue au législateur : élaborer un code
de lois pleinement rationnel, qui fasse abstraction de la diversité des coutumes et des
opinions. La contradiction n’est qu’apparente : les deux propositions s’accordent, plus
encore s’éclairent mutuellement. Elles se rejoignent dans une commune dénonciation du
despotisme qui se cache derrière toute dévalorisation de la délibération.
Diderot doesn’t agree with Beccaria : he thinks it’s impossible to
consider criminal law as a complete rational system, which makes the punishment fit
the crime in accordance with a necessary scale. According to him, the judge’s decision
is a condition for justice and not an impediment. However, these critics do not seem to
be in accordance with the function he attributes to the legislator, who must write a code
without considering the diversity of customs and opinons. But there is no contradiction
between these two conceptions, which complement one another. They both denounce
despotism which lies behind the deliberation’s depreciation.
• LA LOI, LA COUTUME, LA NATURE
• LES DÉLITS ET LES PEINES :
LA QUESTION DE L’ARBITRAIRE
• CLASSER, JUGER, PUNIR