Revue de métaphysique et de morale
P.U.F.

I.S.B.N.9782130550402
152 pages

p. 109 à 125
doi: 10.3917/rmm.051.0109

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n° 45 2005/1

La liberté et l’ordre public : Diderot et la bonté des lois

Florent Guenard
Pour Diderot, il est illusoire de croire que l’on peut rationaliser le droit pénal, comme Beccaria le suggère, et proportionner les peines aux délits selon une échelle nécessaire. L’arbitraire du juge est pour Diderot moins un obstacle pour la justice qu’une condition de possibilité. Cette critique adressée au juriste italien semble pourtant ne pas s’accorder avec le rôle qu’il attribue au législateur : élaborer un code de lois pleinement rationnel, qui fasse abstraction de la diversité des coutumes et des opinions. La contradiction n’est qu’apparente : les deux propositions s’accordent, plus encore s’éclairent mutuellement. Elles se rejoignent dans une commune dénonciation du despotisme qui se cache derrière toute dévalorisation de la délibération. Diderot doesn’t agree with Beccaria : he thinks it’s impossible to consider criminal law as a complete rational system, which makes the punishment fit the crime in accordance with a necessary scale. According to him, the judge’s decision is a condition for justice and not an impediment. However, these critics do not seem to be in accordance with the function he attributes to the legislator, who must write a code without considering the diversity of customs and opinons. But there is no contradiction between these two conceptions, which complement one another. They both denounce despotism which lies behind the deliberation’s depreciation.
• LA LOI, LA COUTUME, LA NATURE
• LES DÉLITS ET LES PEINES : LA QUESTION DE L’ARBITRAIRE
• CLASSER, JUGER, PUNIR


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