Revue de métaphysique et de morale
P.U.F.

I.S.B.N.9782130553724
204 pages

p. 461 à 487
doi: 10.3917/rmm.054.0461

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n° 48 2005/4

Les origines des preuves stoïciennes de l’existence de dieu

David Sedley
Le chapitre 4 du premier livre des Mémorables de Xénophon était quasiment un texte canonique pour la théologie des premiers stoïciens : il contient la première version de « la preuve par la providence » (the Argument from Design) et constitue un témoignage capital et négligé concernant la théologie de Socrate. Les idées qui y sont exposées ne dérivent en effet pas de Diogène d’Apollonie, dont le rôle dans l’histoire de la pensée téléologique a été largement surestimé. Je défends la thèse que le texte du Contre les savants IX, 88-110 de Sextus Empiricus constitue un témoignage unique qui permet de comprendre comment les premiers stoïciens se sont efforcés d’extraire une preuve rigoureuse de l’existence de dieu du chapitre de Xénophon ainsi que du Timée de Platon (29b-30b), et comment ils ont ensuite corrigé leurs syllogismes pour les soustraire aux réfutations parodiques (parabolai) d’Alexinus. On peut ainsi observer la manière dont les stoïciens ont forgé leurs armes théologiques à partir de la tradition dont ils prétendaient être les héritiers. A virtually scriptural text for early Stoic theology was Xenophon, Memorabilia 1.4. It contains the earliest known specimen of the Argument from Design and is an invaluable and under-appreciated source on Socrates’ theology, and its ideas should not, as they often have been, be assumed to be derived from anyone else, least of all from Diogenes of Apollonia, whose contribution to the history of teleological thought has been greatly exaggerated. In Sextus Empiricus, Adversus Mathematicos 9.88-110 we have, I argue, a uniquely revealing source : it shows the first generation of Stoics vying to extract the best formal theological argument from that Xenophon chapter ; similarly extracting a formal theological argument from Plato, Timaeus 29b-30b; and adjusting the resultant syllogisms so as to minimize their vulnerability to the parodic attacks (parabolai) of their contemporary critic Alexinus. The upshot is a unique opportunity to watch the early Stoics at work, forging their own arsenal from the classical tradition whose heirs they considered themselves to be.


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