Échelle de la nature et division des mouvements chez Aristote et les stoïciens
Thomas Bénatouïl
Pour montrer que la physique stoïcienne ne se réduit pas à une théologie
abstraite mais donne lieu à une analyse précise des phénomènes naturels, on examine
la division des mouvements qui fonde l’échelle stoïcienne de la nature. Contre l’interprétation de D. Hahm, on soutient d’abord que le mouvement « du fait de (dia) soi » ne
définit pas le premier degré de l’échelle mais désigne, pour chaque type d’être, le
mouvement qui découle de sa nature. On compare ensuite les conceptions aristotélicienne
et stoïcienne de l’automotricité, dont les principes sont très proches mais qui s’inscrivent
dans des approches divergentes de la Nature : alors qu’Aristote cherche à identifier
l’origine et les causes des mouvements naturels, les stoïciens proposent plutôt une
typologie des mouvements observables.
The stoic scala naturae was based, among other things, on a division
of natural movements, which this paper studies in order to understand the way in which
stoicism approached Nature and its empirical diversity. First, I argue against David
Hahm’s interpretation that movement « through » (dia) oneself is not on a par with the
other natural movements : far from being specific to stones or elements, it designates
the movement which is specifically produced by the nature of a thing or being. The
aristotelian and stoic analysis of self-movement are then shown to share their basic
principles but to lead to diverging approaches of Nature : whereas Aristotle looks for
the origin and causes of natural movements, the Stoics offer a taxonomy of visible
movements.
• LE PROBLÈME DU MOUVEMENT ΔΙ᾽ ΑΥΤΩΝ
• LES MOUVEMENTS CAUSÉS DE L’EXTÉRIEUR
CHEZ ARISTOTE ET CHEZ LES STOÏCIENS
• LA NATURE DES ÊTRES INANIMÉS
• SE MOUVOIR SOI-MÊME
• LE STATUT DES PLANTES
• LES DIVERGENCES MÉTHODOLOGIQUES
D’ARISTOTE ET DES STOÏCIENS