Les occasionnalismes en France à l’âge classique.
Le « cas » arnaldien
Delphine Kolesnik
À l’instar du « dualisme », de l’« harmonie préétablie » et du « parallélisme », l’« occasionnalisme » est souvent présenté comme une doctrine unifiée reportant
toute puissance ou toute causalité en Dieu en en destituant du même coup les créatures.
Cependant, des différences notables apparaissent entre les auteurs traditionnellement
rangés sous cette bannière. Comment distinguer alors ceux qui se contentent d’utiliser
des arguments répertoriés comme « occasionnalistes » et ceux qui manifestent une adhésion positive à cette doctrine ? Le cas d’Arnauld est à cet égard exemplaire. Car il
mobilise des arguments occasionnalistes ponctuels afin de prémunir la théorie cartésienne des rapports de l’âme et du corps de ses mauvaises interprétations possibles.
Peut-on alors le considérer comme partiellement occasionnaliste ou doit-on conclure à
un occasionnalisme stratégique et intéressé ?
Like « dualism », « preestablished harmony » and « parallelism »,
« occasionnalism » is often put up as a unified doctrine assigning all power or causality
to God and relieving all creatures of it. Yet notable differences separate the authors who
are usually regarded as occasionnalists. Then how can we distinguish the ones who only
use arguments regarded as occasionnalist ones, and those who join this doctrine ? In
this respect, the case of Arnauld is a pattern. Because he uses punctual occasionnalist
arguments in order to caution Descartes against the malicious interpretations of the
theory of mind and body’s distinction.