L’éducation, question première
Denis Kambouchner
Partant du constat de faiblesse de la philosophie de l’éducation, on
s’interroge sur les conditions dans lesquelles l’éducation, objet majeur de la philosophie
antique, peut aujourd’hui se retrouver pourvue d’un statut aussi marginal. On évoque
successivement les transferts de compétence, la complexification de l’état des choses, la
surcharge rhétorique de la discussion et une traditionnelle ambivalence de la philosophie
à l’égard de l’enfance comme de l’enseignement. On désigne néanmoins ici pour le
travail philosophique trois chantiers dont l’importance rend à la limite futile la question
de savoir si une nouvelle philosophie de l’éducation pourra ou non être construite.
Considering the philosophy of education in its present state of weakness,
the first part of this paper examines in what circumstances this major object of the
ancient philosophical tradition may have been relegated in such a marginal status. One
must mention here the recent transfers of competence, the complication of every pertaining question, the debate’s rhetorical overcharge and the usual ambivalence of philosophical thought concerning childhood as well as teaching. In a second part, one points
out three tasks of very high importance, the urgency of which makes the question : « is
a new philosophy of education feasible ? » definitely irrelevant.
• ÉLOIGNEMENT ET COMPLICATION
• LES DEUX RHÉTORIQUES
• LE FANTASME DE L’ANCILLAIRE
• TROIS CHANTIERS
• UN PROBLÈME D’IDENTITÉ