« La philosophie entre Logique et Musique.
Sextus Empiricus et la diaphônia » (Discussion de quelques arguments de Jonathan Barnes)
Anne Gabrièle WERSINGER
Cette contribution à une histoire des relations entre la philosophie, la
logique et la musique montre que la diaphônia possède un rôle central dans le Pyrrhonisme en dépit des objections de ceux qui ont tenté d’amoindrir son importance pour
dire qu’elle n’a pas de portée philosophique et qu’elle se réduit à un adjuvant psycho-logique. Une telle réduction s’accompagne d’une occultation de la richesse des acceptions du mot diaphônia, notamment de son sens musical tel qu’on le rencontre dans
l’ouvrage de Sextus Empiricus, Contre les Musiciens. Or, le paradigme musical de la
diaphônia se révèle plus pertinent que le paradigme logique pour rendre compte du
fonctionnement de la « physique suspensive ».
This contribution to a history of the intercourse between philosophy,
logic and music shows that diaphônia plays a central part in Pyrrhonism, in spite of
those who, believing that it has no philosophical function, reduce its impact to a mere
psychological influence. Such a reducing understanding of the word diaphônia happens
to overlook part of its real meaning, especially its musical significance, noticeable in
Sextus Empiricus’ book Against the Musicians. And yet the musical approach of diaphônia shows itself more relevant than the logical model usually followed, in the task
of elucidating the process of « suspensive physics ».
• I. INTRODUCTION
• I I . LES QUATRE THÈSES DE J . BARNES
• I I I . LA RÉDUCTION DE LA DIAPHÔNIA
• IV. LA DIAPHÔNIA AU SENS DE DISSONANCE MUSICALE
• V. ANALYSE ÉPISTÉMOLOGIQUE