L’être, l’étant, le néant.
Heidegger et la différence ontologique à la lumière de l’interprétation de Marion
Franz-Emmanuel Schürch
Cet article a pour but d’interroger la différence ontologique telle que l’a
conçue Martin Heidegger, mais en se servant comme fil conducteur de l’interprétation
proposée par Jean-Luc Marion dans Réduction et donation. Cette interprétation exprime,
malgré son caractère critique, mais avec une clarté sans pareille – sans doute à cause
même de son caractère critique –, une intelligence de cette différence devenue paradigmatique dans les études heideggériennes, à savoir que l’être, dans sa différence par
rapport à l’étant, se réduit, en tant que rien, à la négation de cet étant. Je souhaiterais
montrer au contraire que l’être, tout en se trouvant plus attaché à l’étant qu’on le pense,
est plus loin que l’on croit du néant qui néanmoins le définit.
My aim in this article is to investigate Martin Heidegger’s conception of
the ontological difference, but to do so by first paying attention to Jean-Luc Marion’s
interpretation of this difference in Reduction and Givenness. Despite its critical character,
this interpretation expresses, somehow with incomparable clarity, an understanding of the
difference that has become paradigmatic in the Heidegger studies. This understanding,
that would I like to contest, leads to a conception of being as what, in its difference from
beings, as no-thing, is reduced to the simple negation of beings. To the contrary, I would
like to show that being, more closely attached to beings than some would like to believe,
is also farther than we generaly think from the nothing that nonetheless defines it.
• LA DIFFÉRENCE ONTOLOGIQUE :
À DEUX OU TROIS TEMPS ?
• L’ÊTRE ET LE NÉANT :
TENSION DANS LA DIFFÉRENCE