Revue de métaphysique et de morale
P.U.F.

I.S.B.N.9782130572954
140 pages

p. 263 à 285
doi: 10.3917/rmm.092.0263

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n° 62 2009/2

Actologie, géologie et spatialité de l’image dans Les Disciples à Saïs.

Étude sur la représentation chez Novalis

Augustin Dumont
L’objet de cet article consiste à interroger le traitement que subit le concept de « représentation » dans cette phase cruciale de la modernité que constituent l’idéalisme fichtéen et sa réception romantique, en particulier dans le travail de Novalis. La crise que subit la représentation chez Fichte va de pair avec la promotion d’un type de réflexivité inédit, dont Novalis hérite tout en en décalant, par un jeu de miroir déformant, les conséquences méthodologiques voulues par son maître. Le biais proposé consiste en une lecture suivie de Die Lehrlinge zu Saïs, le « roman de la nature » de Novalis. On verra comment, investiguant l’espace, le Disciple s’éduque à la représentation, c’est-à-dire à l’image et à son intransitivité essentielle, à laquelle le langage lui-même le conduit, sans que la réflexivité de l’apprentissage ne soit sacrifiée un seul instant. Le but est de montrer de quelle manière la philosophie transcendantale, pour Novalis, loin de se muer en un irrationalisme complaisant, doit, pour faire valoir sa « scientificité », thématiser pour lui-même l’acte singulier de son invention. This paper aims at questioning the use of the concept of « representation » in a crucial phase of Modernity, characterised by both Fichtean Idealism and German Romanticism, as found in Novalis’work in particular. The crisis endured by the concept of representation in the Fichtean philosophy goes hand in hand with the increased status granted to a new kind of reflexivity which Novalis inherits, but not without altering at once its Fichtean methodological consequences by sort of a warping mirror effect. This article investigates and reads Die Lehrlinge zu Saïs, Novalis’« novel of nature ». Exploring space, the disciple brings himself up to produce representations or images, whose essential intransitiveness is given by language itself, preserving in this way the reflexivity of learning. According to Novalis, the underlying poetic work of the transcendental philosophy must not lead to irrationalism but promotes and guarantees on the contrary its « scientificity » by recognizing the creative and singular nature of its construction.
• INTRODUCTION
• I. INVESTIR L’ESPACE POUR DÉCHIFFRER LES ÉCRITURES DU MONDE
• I I. LA FIGURE
• III. ÂGE D’OR ET AFFECTIVITÉ
• IV. GÉOLOGIE DE LA REPRÉSENTATION
• V. LES VOYAGEURS ET LA QUÊTE DE L’IMAGE
• CONCLUSION


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