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La Revue des Sciences de Gestion

2010/5-6 (n°245-246)



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La Stratégie, « l’art de faire face à son destin », selon la formule de Peter Ferdinand Drucker, est aussi l’un des mots du vocabulaire militaire qui s’est le plus banalisé dans tous les domaines de la vie, économique, politique, sociale… Ne fut-elle pas aussi un élément important de la carte du Tendre, lorsque les femmes étaient une conquête qu’on se devait de mériter ?

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Mais pour élaborer une stratégie, y compris amoureuse, il faut avoir un but, autre que le gain immédiat. Nombre de stratèges en politique ou en économie ne sont au mieux que des tacticiens. On pourrait y inclure le gestionnaire ou le manageur qui, bien souvent, le « nez dans le guidon », comme on le dit de manière populaire, n’aspire à rien d’autre ou n’a été formé, ce qui est plus grave, à rien d’autre.

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Or, il y a dans la gestion d’une organisation, que ce soit l’Etat, l’entreprise ou les différentes formes d’organisation que l’esprit humain génère pour faire émerger de la connaissance, produire des biens ou des services, assurer une cohésion sociale, urbaine ou communautaire au sens le plus générique du terme, une véritable obligation de penser en terme de stratégie et de mettre en application une réflexion à long terme.

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Nous militons, autant que ce mot puisse être signe d’un engagement fort, dans le domaine de la recherche et de sa publication, et cela depuis l’origine de cette revue, pour que « quelles que soient ses fonctions, un Cadre de Direction, a fortiori un chef d'entreprise, (…) s'il n'a de ces problèmes qu'une vue partielle ; -limitée à son champ de responsabilité, … ne peut jouer pleinement son rôle car… l'action doit être solidaire, intégrée et coordonnée dans un plan d'ensemble… » [1]   Editorial du n° 1 de direction et gestion des entreprises,... [1] .

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Prenons garde toutefois à ne pas nous confondre avec ceux qui pensent que l’Etat ou la puissance publique, incarné dans des services ou des autorités locales ou particulières, est réduit pour être « moderne », à copier, disons singer, les pratiques managériales des sociétés de capitaux.

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Il faut vraiment ne rien avoir compris à la richesse du mot « management » qui « désigne tout ce qui est nécessaire pour mener à bien une affaire qu’elle soit, petite ou grande, indépendante ou non ». Ce terme « englobe donc toutes les fonctions de direction : l'administration au sens de Fayol, l'organisation, le fonctionnement, les prévisions, etc. […] », comme le souligne l’excellent traducteur de l’ouvrage fondateur de Peter Drucker « The Practice of Management » [2]   La Pratique de la Direction des Entreprises, Bibliothèque... [2] .

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Cette ignorance se combine souvent chez les « dirigeants politiques » et manageurs improvisés ou élus, avec cette croyance que l’asservissement de l’Etat aux intérêts privés et son dépérissement sont signes de croissance. Les faits, toujours têtus, viennent cruellement de leur prouver leur erreur et l’inanité de leurs idéologies économiques ! Il faudra qu’un jour, ils s’en aperçoivent !

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Ce dernier numéro de 2010 paraît au début de l’année suivante, par suite de retards, bien involontaires, dûs à des difficultés de joindre, pour ajuster avec eux leurs contributions, certains de nos auteurs en Tunisie. Les évènements qui secouent leur pays en sont la cause.

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Pour présenter les thèmes que propose ce numéro, les trois dossiers, comme il y a 45 ans, à notre création, s’inscrivent dans « une perspective globale, non seulement (des) problèmes de l'entreprise, mais également, (des) méthodes permettant de les résoudre. »

Une stratégie de diffusion

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Toutefois, cette constante ne doit pas cacher que nous veillons aussi à ce que nos publications soient le plus largement accessibles par toutes les techniques et sur tous les sites pour bien illustrer notre place de « 1re revue francophone de management ». Ce numéro l’illustre une fois de plus, par la variété des auteurs et des sujets que nous avons choisis.

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Par ailleurs, la liste des revues, publiée par l’AERES [3]   AERES : Agence d’évaluation de l’enseignement supérieur... [3]  en « Economie et Gestion », le 16 juin 2010 [4]   http://www.aeres-evaluation.fr/content/download/1... [4] , a consacré l’internationalisation des publications retenues. Cette ouverture que nous ne pouvons que saluer, permet aux chercheurs de voir la juste reconnaissance de leurs travaux qui se situent bien dans le monde multiculturel contemporain. L’histoire qui se déroule devant nous, en témoigne assez. Cette liste n’est plus limitée aux étoiles pâlissantes d’un monde figé par la culture étriquée et partielle de certains gourous dépassés, souvent issus des mêmes origines que ceux qui rejetèrent jadis les remarquables travaux d’Henri Fayol.

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Si nous avons intégré la liste en question en 2010 [5]   Page 31. [5] , lors de sa refonte fondamentale, nous nous inscrivons naturellement dans cette autre constante de collaboration avec tout ce qui compte dans la diffusion internationale de la recherche et de la pensée francophones en rejoignant l’A.R.S.C. Association des Revues Scientifiques et Culturelles (voir page 12).

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L’année 2011 qui a commencé inaugure également notre partenariat de diffusion avec CAIRN, la référence pour tout ce qui est sciences humaines et sociales au sens le plus large :

http://www.cairn.info/revue-des-sciences-de-gestion.htm

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est désormais un adresse incontournable pour tous ceux qui veulent consulter nos publications depuis 2005.

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Notre blog qui est ouvert à tous déjà, compte plus de mille chercheurs et universitaires qui reçoivent régulièrement les informations grâce à la libre (et gratuite) adhésion aux « Amis de La RSG » : http://larsg.over-blog.com.

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Les offres de postes, appels à communication et informations sur les publications, les ouvrages et les revues amies, sont une constante de nos numéros depuis plusieurs années. Notre rubrique « Info » s’est toujours donnée pour vocation de présenter des informations choisies et commentées qui nous paraissent dignes d’intérêt. Cela est d’autant plus manifeste qu’elle ne répond pas à des critères commerciaux de commanditaires de publicité comme chez nombre de nos confrères. Elle ne répond pas non plus aux impératifs du buzz, devenu le nouveau et fallacieux critère de l’information pour beaucoup (page 49).

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Remercions enfin et particulièrement Jean-Louis Chambon, Président de la Fédération Nationale des Cadres Dirigeants (FNCD) et du Prix Turgot, auquel nous sommes également associé, de nous apporter ses sagaces et éclairantes chroniques bibliographiques (page 59).

Trois dossiers thématiques

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La « gestion de la connaissance », titre du premier dossier de ce numéro s’inscrit dans cette économie du savoir que nous entendons analyser. Elle nécessite que les choix managériaux et les dispositifs de formation comme le développe Corinne Baujard, s’inscrivent dans une stratégie globale qui fait du droit et de l’ingénierie juridique, une nouvelle approche managériale décryptée par Boualem Aliouat car nous sommes depuis longtemps, persuadés que le droit est une partie prenante de la gestion. Gérer la connaissance, c’est aussi parer au risque de la surinformation que les nouvelles technologies comme Internet font courir aux décideurs ou chercher à contrôler l’information pour un Conseil d’administration. Les articles qui continuent ce dossier s’en font l’écho.

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Cinq études choisies illustrent, sans l’épuiser non pas « les », car nous ne croyons toujours pas contrairement à Alain Minc et à ses sectateurs à l’univocité, mais bien « Des… méthodes de gouvernance » qui constituent le deuxième chapitre de ce numéro 245-246. Le choix de la diversité des origines des auteurs et des sujets traités montre qu’il existe bien un autre management plus respectueux des hommes, des cultures et des organisations et donc plus efficace. Entreprises familiales, administrateurs indépendants des entreprises françaises, contrôle des implantations bancaires à l’étranger, analyse du changement micro-économique, ou gouvernement d’entreprises franco-camerounaises sont développés ici.

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« Approches normatives et gouvernance », titre du troisième dossier, s’inscrit enfin, dans cette logique de la stratégie ouvrant sur le contrôle et l’organisation. La finance ou les finances d’entreprise et les méthodes de comptabilisation dans les sociétés françaises sont disséquées par des auteurs canadiens, français et tunisiens permettant une approche ouverte et complémentaire de cette question. Les comparaisons de ces applications normatives tant aux PME, ce qui pose toujours problème, qu’aux entreprises du continent africain au nord comme dans la partie sub-saharienne, étoffent la culture nécessaire pour « étendre son horizon au-delà des frontières », comme le souhaitait en 1965, le créateur de la revue.

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On parle tant de mondialisation et l’on oublie aussi que dans mondialisation, il y a « monde » et que cela ne peut se borner à quelques zones géographiques. L’innovation, l’économie de la connaissance et le développement « soutenable » s’inscrivent dans cette logique que nous promouvons ici, car « l’intelligence du monde », comme le rappelait Jean-Paul Fitoussi [6]   http://www.idies.org/index.php?post/Lintelligence... [6] , « est une valeur en soi ! ».

Notes

[*]

Sun Tzu, L’Art de la Guerre, traduction du RP Amiot (sj) 1772.

[1]

Editorial du n° 1 de direction et gestion des entreprises, mars-avril 1965.

[2]

La Pratique de la Direction des Entreprises, Bibliothèque du management- 1969, Note du traducteur.

[3]

AERES : Agence d’évaluation de l’enseignement supérieur et de la recherche française.

[4]

http://www.aeres-evaluation.fr/content/download/14116/232839/file/ 100616_ListeEcoGestion.pdf.

[5]

Page 31.

[6]

http://www.idies.org/index.php?post/Lintelligence-du-monde-est-une-valeur-en-soi.

Résumé

Français

La Stratégie, « l’art de faire face à son destin », selon la formule de Peter Ferdinand Drucker, est aussi l’un des mots du vocabulaire militaire qui s’est le plus banalisé dans tous les domaines de la vie, économique, politique, sociale... Nombre de stratèges en politique ou en économie ne sont au mieux que des tacticiens. On pourrait y inclure le gestionnaire ou le manageur qui n’aspire à rien d’autre ou n’a été formé, ce qui est plus grave, à rien d’autre. Mais pour élaborer une stratégie, il faut avoir un but, autre que le gain immédiat. Nous militons, autant que ce mot de stratégie puisse être signe d’un engagement fort, dans le domaine de la recherche et de sa publication, et cela depuis l’origine de cette revue. Toutefois, cette constante ne doit pas cacher que nous veillons à ce que nos publications soient le plus largement accessibles par toutes les techniques et sur tous les sites pour bien illustrer notre place de « 1re revue francophone de management ». L’année 2011 qui a commencé, inaugure également notre partenariat de diffusion avec CAIRN, la référence belge pour tout ce qui est sciences humaines et sociales au sens le plus large http://www.cairn.info/revue-des-sciences-de-gestion.htm est désormais une adresse incontournable pour tous ceux qui veulent consulter nos publications depuis 2005. Ce numéro l’illustre une fois de plus, par la variété des auteurs et des sujets que nous avons choisis qui s’articule autour de trois dossiers thématiques : « gestion de la connaissance », « Des méthodes de gouvernance » et « Approches normatives et gouvernance » s’inscrivent dans cette logique de stratégie que nous promouvons ici, car « l’intelligence du monde », comme le rappelait Jean-Paul Fitoussi, « est une valeur en soi ! ».

English

The true value of a general resides in his strategy and not in his courage” Strategy, “the art of facing up to one’s destiny”, according to the words of Peter Ferdinand Drucker, is additionally a military term which has become the most widespread in all walks of life, whether in economics, politics, society, etc. Many political or economic strategists are in fact, at best, merely tacticians. We could include in this managers or leaders who aspire for nothing more or who have never been trained, which is more serious, for anything more. But, to elaborate a strategy, it is necessary to have a goal, other than merely immediate gain. We are actively working, insofar as this strategic manner can be a sign of a firm commitment, in the area of research and its publication, and we have been doing so since the very beginnings of this journal. However, this constant should not hide the fact that we are constantly overseeing that our publications are as widely accessible as possible via all technologies and across all sites so as to illustrate our position as the “number 1 French language management journal”. The year 2011 which is already underway, additionally inaugurates our distribution with CAIRN, the Belgian reference for social sciences and humanities in the widest sense http://www.cairn.info/revue-des-sciences-de-gestion.htm and which is now an essential calling point for all those who want to consult our publications dating back to 2005. This edition once more illustrates, through the variety of contributors and subjects selected which are focussed around three major themes : “management of knowledge”, “Methods of governance” and “Normative and governance approaches” which form part of this strategy which we promote, as “global intelligence”, as reiterated Jean-Paul Fitoussi, “is a key value in itself !

Español

El valor de un general reside en su estrategia y no en su valentía.” La Estrategia, “el arte de hacer frente a su destino”, según la fórmula de Peter Ferdinand Drucker, es también uno de los términos del vocabulario militar que más se ha banalizado en todos los ámbitos de la vida, económica, política, social... Muchos estrategas en política o en economía solo son, en el mejor de los casos, tácticos. Podríamos incluir aquí al gestor o al directivo que no aspira a nada o, lo que es más grave, no ha sido formado para nada más. Pero, para elaborar una estrategia, hay que tener un objetivo aparte del beneficio inmediato. Nosotros actuamos, en la medida en que este término de ‘estrategia’ pueda ser signo de un fuerte compromiso, en el campo de la investigación y de su publicación, y así viene siendo desde el principio de esta revista. No obstante, esta tendencia invariable no debe ocultar el hecho de que siempre procuramos que a nuestras publicaciones se pueda acceder lo más ampliamente posible a través de todas las técnicas y de todos los sitios web, para ilustrar el puesto que ocupamos de “1era revista francófona de gestión”. Este año 2011 que acaba de empezar inaugura también nuestro convenio de colaboración en materia de difusión con CAIRN, la referencia belga para todo lo relacionado con las ciencias humanas y sociales en el sentido más amplio ; http://www.cairn.info/ revue-des-sciences-de-gestion.htm es a partir de ahora una dirección ineludible para todos aquellos que deseen consultar nuestras publicaciones desde el año 2005. Este número lo demuestra una vez más, a través de la variedad de autores y temas que hemos elegido, y el cual se articula en torno a tres dossieres temáticos : “gestión del conocimiento”, “Métodos de gobernanza” y “Enfoques normativos y gobernanza” se inscriben dentro de esta lógica de estrategia que aquí fomentamos, porque “la inteligencia del mundo”, como lo recordaba Jean-Paul Fitoussi, “¡es un valor en sí mismo !

Plan de l'article

  1. Une stratégie de diffusion
  2. Trois dossiers thématiques

Pour citer cet article

Naszályi Philippe, « « La valeur d'un général réside dans sa stratégie et non dans son courage . » », La Revue des Sciences de Gestion 5/ 2010 (n°245-246), p. 1-2
URL : www.cairn.info/revue-des-sciences-de-gestion-2010-5-page-1.htm.
DOI : -


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