Devenir
Médecine & Hygiène

I.S.B.N.sans
108 pages

p. 107 à 108
doi: en cours

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Volume 13 2001/1

2001 Devenir

A propos de l’unité familiale

Hélène Brunschwig
Dans le numéro de Devenir, 2000, nËš 2, vous avez publié un article tout à fait passionnant de Paul Barrows, par son apport original et fouillé sur l’importance du père, dans ses différentes facettes, dans le développement du bébé. Mais il se termine sur une phrase qui me paraît injuste: Comme l’ont noté Fivaz et ses collègues à propos de leurs travaux sur la triadification «il est probable que c’est à cause des multiples variables impliquées dans l’interaction père-mère-bébé, que l’unité familiale n’a pas été étudiée comme un tout.»
Je m’inscris avec force contre cette assertion. Depuis les années 50 les thérapeutes familiaux se battent pour que l’on étudie les familles comme un tout, au risque parfois d’oublier l’individu….
Alice Doumic-Girard et Pierre Mâle ont élaboré la thérapie mère-bébé dans les années 60, en y incluant le père aussi souvent que possible et ont cherché à comprendre les interactions complexes de cette situation. Serge Lebovici, hélas récemment disparu, a tenu aussi le plus grand compte des relations père-mère-bébé.
Notre cher Winnicott ne disait-il pas, il y a des décennies: «Je ne connais pas de nourrissons mais des nourrissons-environnement.» Dans un livre récemment paru: «La crainte de l’effondrement et autres situations cliniques», il fait mentir ceux qui lui ont reproché de ne parler du père que comme soutien de la mère. Dans un article magistral: «Objets de l’usage d’un objet», il analyse le père à la fois comme substitut maternel et aussi comme «permettant l’usage de son image comme calque pour l’intégration de l’identité du bébé». Dans l’article: «Traumatisme, culpablité, régression», Winnicott montre comment la mère a pu atteindre la «préoccupation maternelle primaire», grâce à sa relation avec l’homme qui lui «a prêté momentanément son self féminin».
Depuis Freud, beaucoup de chercheurs ont essayé de comprendre la famille comme un tout, tandis que d’autres ne considéraient que l’individu ou le couple mère-bébé. Ces courants se rejoignent fort heureusement grâce aux recherches notamment de D. Stern, B. Cramer, T.B. Brazelton, M. Lamour, B. Golse, de la revue Devenir, grâce à l’impulsion des Guedeney. Les travaux sur la «triadification» père-mère-bébé sont en train de prendre une place universelle, mais il n’est pas vrai de dire que cela n’existait pas avant, au moins sporadiquement, et il n’est pas vrai de dire que l’on n’a jamais considéré la famille comme un tout. Ceci dit, merci à la revue Devenir pour tout ce qu’elle nous apporte d’éléments nouveaux de reflexion, venant de tous les pays.
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