2001
Devenir
In memoriam Ramesh ‘Channi’ Kumar
Professeur de psychiatrie périnatale 1938-2000
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Channi Kumar était professeur de psychiatrie périnatale, à l’Institut de Psychiatrie à Londres. Il était le premier à remplir ce poste, ce qui prouve qu’il était un véritable innovateur dans son domaine de travail. Channi avait eu la capacité de reconnaître que la maladie mentale survenant après la grossesse était intimement liée à la relation de la mère avec son enfant. Il n’avait pas seulement repéré que l’état d’esprit de la mère est profondément modifiée par le fait de l’existence de l’enfant, mais aussi que l’expérience vécue par l’enfant est profondément affectée par l’état mental de sa mère. L’une des conséquences les plus importantes de cette conviction fut le travail de Channi pour développer les hospitalisations conjointes des mères mentalement très troublées et de leurs bébés. Ces dernières années, son service n’est pas seulement devenu le lieu d’une clinique remarquable, et un havre de sécurité et de soins pour les femmes en post-partum, mais à travers ses efforts incessants, l’unité mère-enfant au Bethléem & Maudsley Hospital s’est accrue pour permettre le recueil de données, base de l’élaboration d’un meilleur traitement. Dans le cadre de son travail, Channi s’est occupé courageusement des questions cliniques les plus difficiles : il avait une profonde compassion pour les femmes dans la détresse la plus extrême, qui avaient, par exemple, tué leur enfant, et il entrait infatigablement dans les débats légaux sur les liens entre maladie mentale maternelle et la responsabilité. Il y a vraiment beaucoup de mères qui ont trouvé avec Channi une réponse empathique et réaliste pour faire face à ces circonstances tragiques.
L’engagement de Channi pour donner à la pratique clinique une base expérimentale solide n’était nulle part plus évident que dans son travail pour la Société Marcé. Là encore, son enthousiasme le conduisit, avec des collègues, à fonder cette société internationale, dont il a tenu la présidence de 1984 à 1986. Sous la direction de Channi, la société est devenue une force considérable de mise en commun du travail des cliniciens et des chercheurs provenant de diverses origines : sage-femmes, obstétriciens, psychologues, travailleurs sociaux et de la santé mentale, pédiatres, ainsi que ses collègues psychiatres. La saveur de ce mélange multidisciplinaire se perçoit dans les livres qu’il a édités avec Ian Brockington, « La Maternité et la santé mentale ». Au fil des ans, et dans une large mesure du fait des efforts de Channi, la Société Marcé a eu un impact substantiel sur la pratique clinique usuelle pour les mères et les enfants, particulièrement dans le contexte des soins de santé primaires.
Si connu qu’il soit devenu, Channi n’a jamais perdu son génie pour rentrer en contact avec les gens de tous bords. Sa voix, décrite lors de son investiture professionnelle comme étant « de velours », véhiculait un intérêt passionné pour tous ceux auxquels il s’adressait, d’où qu’ils viennent. Je me souviens clairement de ma première rencontre avec lui, quand j’étais une mère « sans emploi » de deux jeunes enfants, tentant désespérément de reprendre pied dans le monde du travail. Alors que je venais, de mon point de vue, de nulle part, je fus ébahie et profondément touchée de la chaleur de son accueil comme nouveau membre de la Société Marcé, et j’ai rencontré de nombreuses personnes qui ont eu la même impression qu’il avait été présent pour eux professionnellement au moment où elles en avaient le plus besoin.
Ces dernières années, Channi fut de plus en plus fasciné par la question de la diversité culturelle dans les pratiques de puériculture et par leur impact possible sur le développement. Il avait coordonné un groupe de collègues de divers pays du monde, conduisant avec énergie le rassemblement de données concernant le soin quotidien des bébés dans différentes sociétés. Il était extrêmement désireux que ce travail continue, comme c’était le cas pour d’autres champs de recherches et d’entreprises cliniques. L’affection et le respect que Channi a glanés de ses amis et de ses collègues fera que ce travail continuera, sans aucun doute, mais sa générosité, sa créativité et sa bonne volonté vont nous manquer cruellement.
Professeur Lynne Murray, chercheuse.
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Traduit de l’anglais par A. Guedeney, et tiré de la Lettre de l’
Association for Infant Mental Health ( AIMH-UK)
Newsletter, volume 2, 2, octobre 2000, p. 12.