Déviance et Société
Médecine & Hygiène

I.S.B.N.sans
132 pages

p. 331 à 360
doi: en cours

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Volume 31 2007/3

Violence, alcool, cannabis et dépression chez les adolescents français

Hugues Lagrange Stéphane Legleye
L’augmentation des violences parmi les jeunes en France au cours de la fin des années 1990 s’opère parallèlement à une augmentation de la consommation des drogues illicites et notamment du cannabis. Nombre de chercheurs pensent qu’il y a entre le développement des violences et l’abus de psychotropes comme le cannabis non seulement une concomitance temporelle mais aussi un lien dont l’interprétation est complexe. Pour les uns, le mal-être adolescent penche du côté de la dépression et pour d’autres du côté d’une attitude compulsive et d’une sociabilité intense, sans exclure qu’une forte impulsivité ou la recherche de sensations ne soit le masque d’une expression dépressive. Deux grandes enquêtes en population générale, ESCAPAD (enquête sur la santé et les comportements lors de l’appel de préparation à la défense) et ESPAD 1999 (European School Survey on Alcohol and Other Drugs), permettent de reformuler l’idée d’un lien entre un mal-être à connotation dépressive et les conduites délinquantes ou violentes en suggérant d’envisager de lier ces dernières à des signes anxieux plutôt que dépressifs et donc de les envisager comme une manière de surmonter les frustrations et pas seulement un mal-être.Mots-clés : ADOLESCENT, ENQUÊTE EN POPULATION GÉNÉRALE, VIOLENCE, SUBSTANCES PSYCHOACTIVES, SANTÉ MENTALE. The development of interpersonal violence from young people, mostly boys, in France during the years 1990 is remarkable. This increase is parallel with the increase of illicit drugs consumption like cannabis. Attention given to public health issues drove to question this extension of precocious or excessive drug consumptions and to link these consumptions with adolescent’s psychological discomfort, of which violence and properties offences testify equally. Number of researchers think that, between the spread of violence and drug consumption, there is not only a temporal concomitance but also a link. But researchers are divided on the interpretation of this link. Several researchers consider that this «mal-être» is associated with depression, others think that it expresses a compulsion for action closer to extraversion. We attempt to answer these questions through two wide surveys ESCAPAD (Survey on health and drug consumption among 18 year old people in France) and ESPAD 1999 (European School Survey Project on Alcohol and Other Drugs). The hypothesis of a link between a depressive mood and delinquent or violent conducts must be elaborated to understand the nature of youth interpersonal violence at the turn of the 21st century. It is necessary to envision violence as an element of a deliberate conduct aiming to overcome anxiety and frustration.Keywords : ADOLESCENT, GENERAL POPULATION SURVEY, VIOLENCE, DRUGS, MEN - TAL HEALTH. Die Entwicklung interpersonaler Gewalt bei zumeist männlichen Jugendlichen in den 1990er Jahren in Frankreich war von einem parallelen Anstieg des Konsums illegaler Drogen, insbesondere Cannabis, begleitet. Einiger Forscher und Forscherinnen gehen davon aus, dass es sich hierbei nicht nur um eine zeitlich parallele Entwicklung handelt, sondern dass zwischen beiden eine Beziehung besteht, deren Interpretation allerdings komplex ist. Einige meinen, dass das Unbehagen in der Adoleszenz eher mit Depression verbunden ist, während andere davon ausgehen, dass es eher zu einem extrovertierten Ausagieren beiträgt, das dahinter liegende Depressionen verdeckt. Zwei große allgemeine nationale Bevölkerungsumfragen – ESCAPAD (Untersuchung der Gesundheit und des Verhaltens unter 18-jäh-rigenWhrpflichtigen) und ESPAD 1999 (European School Survey Project on Alcohol and Other Drugs) – erlauben eine Neuformulierung des möglichen Zusammenhangs zwischen Entwicklungen der Gewalt und des Drogenkonsums. Dabei wird Gewalt eher als Ausdruck von Ängstlichkeit und Unsicherheit und weniger als depressiver Ausdruck gedeutet. Es handelt sich also um eine Form der Bewältigung von Frustrationen und nicht nur um den Ausdruck eines adoleszenten Unbehagens. El aumento de la violencia entre los jóvenes en Francia a finales de los años 1990 se produce de manera paralela a un aumento del consumo de drogas ilícitas, en particular las derivadas del cannabis. Muchos investigadores piensan que entre el desenvolvimiento de la violencia y el abuso de psicotrópicos no hay sólo una concomitancia temporal sino también un vínculo de compleja interpretación. Para unos, el «malestar»adolescente puede llevar a la depresión; para otros, ese malestar conduce a una actitud compulsiva y a una sociabilidad intensa, sin excluir que una impulsividad aguda o la búsqueda de sensaciones fuertes enmascaren una expresión depresiva. Dos grandes encuestas con muestras extraídas de la población general – ESCAPAD (Encuesta sobre la salud y el consumo de drogas entre los menores de 18 años en Francia) y ESPAD 1999 (Encuesta europea sobre el consumo de alcohol y otras drogas en las escuelas) permiten reformular la idea de la existencia de un vínculo entre un malestar con connotaciones depresivas y las conductas delictivas o violentas. Estas últimas podrían estar relacionadas con signos de ansiedad antes que de depresión y, en consecuencia, podría interpretárselas como una manera de superar las frustraciones y no solamente como un malestar.
Introduction
Définition des violences interpersonnelles
Matériel et méthodes
Contexte et circonstances
Violences
Usage de produits psychoactifs
Le mal-être psychologique
Situation scolaire
Sociabilité : six profils de sorties
• Résultats
— Facteurs associés à la violence
Donner des coups et en recevoir : analyse des interactions. Une première interprétation
— Violence subie, violence agie
— Situation familiale, scolaire
— Signes de malaise psychologique
— Usages de substances psychoactives
Bagarres, sociabilité, consommations de psychotropes et « dépression »: une hypothèse alternative
— Les violences agies seraient liées à la sociabilité et à l’usage d’alcool, très peu àl’usage et aux achats de cannabis
— Les violences subies sont liées au contexte familial et au mal-être psychique
— Interprétation
Conclusion
• BIBLIOGRAPHIE


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