Adaptations politiques et culturelles des sociétés à forte criminalité
David Garland
The Culture of Control procède à une étude historique des changements et des adaptations sociales, pénales et politiques intervenues au cours de la période allant des années
1960 aux années 1990, période qualifiée de «postmodernité». Les causes de ces transformations sont à chercher dans des forces structurelles sous-jacentes (l’arrivée de la modernité tardive, la liberté du marché, des politiques conservatrices, etc.) qui ont abouti à la
reconfiguration de la justice pénale, du type welfare à un type nettement plus répressif,
mais aussi à des changements sociaux et comportementaux. Ainsi les gouvernements des
pays occidentaux, soutenus par leurs opinions publiques, ont développé des politiques
pénales répressives, à l’instar des États-Unis et du Royaume-Uni, alors même que se
structure, au sein de ces sociétés, un «complexe du crime».Mots-clés :
MODERNITÉ TARDIVE, SOCIÉTÉ À FORTE CRIMINALITÉ, MESURES RÉPRESSIVES, PEUR DE CRIME, CONDUITES D’ÉVITEMENT.
The Culture of Control presents an historical study about the social, penal and political
changes and adaptations that have occurred over the last thirty years (from the 1960s to the
1990s) that I have called «the late modernity». The causes of these transformations are in
underlying structural forces (the coming of late modernity, free-market, conservatives politics,etc.) that have given the reconfiguration of penal justice, from welfare to a most punitive type, but also social and behavioural changes. So, the developed countries’ governments, with their public opinion support, developed punitive penal politics, like the USA
and the UK, whereas their societies develop a «crime complex».Keywords :
LATE MODERNITY, HIGH CRIME SOCIETY, PUNITIVE MEASURES, FEAR OF CRIME, AVOIDANCE BEHAVIOURS, ORGANIZING PRINCIPLE.
The Culture of Controlstellt eine historische Untersuchung von sozialen, politischen und
strafrechtlichen Veränderungen und Anpassungen dar, die sich in den letzten 30 Jahren
entwickelt haben (seit den 1960er Jahren bis 1990), einer Peridode, die ich als «Spätmoderne» gekennzeichnet habe. Die Ursachen für diese Transformationen werden in dahinterliegenden strukturellen Kräften gesehen (das Entstehen der Spätmoderne, freier Markt,
konservative Politikorientierungen etc.), die zur einer Rekonfiguration des Feldes der Kriminalitätskontrolle vom Vorherrschen einer Wohlfahrtspolitikorientierung hin zu einem
stark punitiven Typ und zu anderen sozialen und Verhaltensänderungen geführt haben. In
diesem Sinne haben die Regierungen in entwickelten Ländern, mit Unterstützung der
öffentlichen Meinung, wie in den USA und Großbritannien, eine repressiv ausgerichtete
Kriminalpolitik im Rahmen eines «Kriminalitätskomplexes» entwickeln.
La cultura del control presenta un estudio histórico de los cambios y adaptaciones
sociales, penales y políticas que tuvieron lugar entre los años 1960 y 1990, un período que
el autor califica de «modernidad tardía». Las causas de esas transformaciones provienen
de fuerzas estructurales subyacentes (la llegada de la modernidad tardía, el mercado libre,
las políticas conservadoras, etc.) que condujeron a una nueva configuración de la justicia
penal, que pasó de estar inspirada por el Estado de bienestar social a una forma más punitiva, pero también de cambios sociales y de comportamiento. De esta manera, los gobiernos de países desarrollados como los Estados Unidos y el Reino Unido, con el apoyo de sus
opiniones públicas, desarrollaron políticas penales punitivas al mismo tiempo que sus
sociedades desarrollaron un «complejo del crimen».
• Introduction
• Quatre observations pour s’orienter
— Première observation
— Seconde observation
— Troisième observation
— Quatrième observation
• Une reconfiguration du contrôle de la délinquance et de la justice
pénale
— Le déclin des idées de réinsertion et de redressement
— La réémergence de mesures ouvertement rétributives et d’une justice exemplaire
— L’émergence de la « victime » en tant que sujet principal
— Les changements dans le ton émotionnel du discours de la politique pénale
— La politisation de la politique pénale et le nouveau populisme
— La nouvelle priorité donnée à la protection du public et à la gestion du risque
— La réinvention de la prison
— La nouvelle infrastructure de la prévention de la délinquance et de la sécurité
publique
— La commercialisation du contrôle de la délinquance
— La transformation de la pensée criminologique
• Qu’est-ce qui a causé cette transformation ?
• L’arrivée de la modernité tardive
• Modernité tardive et sociétés à forte criminalité
• Les réponses du gouvernement aux nouvelles difficultés
• Déni et mise en scène
• Les adaptations culturelles : les réponses aux nouvelles difficultés
de la société civile
• Conclusion
• BIBLIOGRAPHIE