La normativité à l’épreuve
Changement social, transformation institutionnelle et interrogations sur l’usage du concept de déviance
Axel Groenemeyer
Depuis son émergence en sociologie dans les années 1950, la déviance était devenue un
des concepts centraux pour l’analyse sociologique des sociétés modernes. Tout d’abord
lié à l’hégémonie de fonctionnalisme structurel, il garde son rôle central également dans
le contexte des perspectives critiques et constructivistes des années 1970. Mais depuis, le
concept semble avoir perdu son importance pour l’analyse des développements et des régulations sociales en sociologie et en criminologie. Sa place est prise par des nouveaux
concepts comme risque, comportement à risque, problem behaviour ou antisocial behaviour.Partant du débat aux États-Unis sur The Death of Deviance,cet article suit les lignes
de développement du concept de la déviance et ses critiques et examine d’une manière critique les nouvelles créations conceptuelles. Son hypothèse de base est que les nouveaux
concepts comme «risque» et «comportement à risque» doivent être analysés comme institution spécifique de la normativité et de la déviance. Il est vrai qu’aujourd’hui on voit de
nouvelles formes de la régulation et de l’ordre social, mais elles sont à interpréter comme
institutions de réaction aux comportements considérés comme indésirables ou dérangeants
dans une perspective de normativité et de déviance.Mots-clés :
DÉVIANCE, RISQUE, COMPORTEMENT À RISQUE, SOCIOLOGIE, NORMATIVITÉ.
Since its appearance within sociology in the 1950th, «deviance» has become a central
concept of sociological analyses, linked in the first place to the supremacy of structural
functionalism, but defended its importance also within critical and constructionist perspectives of the 1970th. Since then the concept seems to have lost its central position
within sociology and criminology for analyzing social developments and regulation;
instead new concepts like «risk», «risk behaviour», «problem behaviour» and «antisocial
behaviours» are used more and more often. Starting with the US-american debate on the
«death of deviance» developments of the concept of deviance and central critics as well as
the meaning of the new concepts will be analyzed. The basic hypothesis in this discussion
is that the new concepts have to be analysed as special forms of deviance and normativity.
It is certainly true that we can find new forms of social regulation and of building social
order, but as institutions of dealing with undesirable or disturbing behaviour they has to be
interpreted within the perspective of normativity and deviance.
Seit seinem Auftauchen in der Soziologie in den 1950er Jahren war Devianz zu einem
zentralen Konzept der soziologischen Gesellschaftsanalyse geworden. Zunächst verbunden mit der Vorherrschaft des Strukturfunktionalismus, hat es diese zentrale Bedeutung
auch im Kontext kritischer und konstruktivistischer Perspektiven der 1970er Jahre
zunächst beibehalten. Seitdem scheint das Konzept innerhalb der Soziologie und der Kriminologie aber seinen einstmals zentralen Stellenwert bei der Analyse gesellschaftlicher
Entwicklungen und Regulation eingebüßt zu haben; an seine Stelle treten Begriffe wie
«Risiko», «Risikoverhalten», «Problemverhalten» und «antisocial behaviour». Ausgehend von der us-amerikanischen Debatte um den «Tod abweichenden Verhaltens» werden hier die zentralen Entwicklungslinien des Konzepts der Devianz und seine Kritiken
vorgestellt sowie die begrifflichen Neuschöpfungen einer kritischen Analyse unterzogen.
Die grundlegende Hypothese ist dabei, dass Risiko und Risikoverhalten als spezielle Institutionen von Normativität und damit als abweichenden Verhaltens analysiert werden müssen. Zwar lassen sich neue Formen der gesellschaftlichen Regulation und der sozialen
Ordnungsbildung feststellen, die aber als Institutionen des gesellschaftlichen Umgangs
mit unerwünschtem oder störendem Verhalten durchaus in der Perspektive von Normativität und Devianz zu interpretieren sind.
Desde su aparición en sociología en los años 1950, la desviación se transformó en uno
de los conceptos centrales para el análisis de las sociedades modernas. Vinculada en sus
orígenes a la hegemonía del funcionalismo estructural, continuó jugado un rol central en el
contexto de las perspectivas críticas y constructivistas de los años 1970. Pero a partir de
entonces, este concepto parece haber perdido su importancia para el análisis de los desarrollos y de las regulaciones sociales en sociología y en criminología. Su lugar ha sido
ocupado por nuevos conceptos como riesgo, comportamientos de riesgo, comportamientos
problemáticos o comportamientos antisociales. A partir del debate originado en los Estados Unidos sobre «la muerte de la desviación», este artículo analiza el desarrollo del concepto de desviación y sus críticas, y examina también de manera crítica las nuevas creaciones conceptuales. La hipótesis central es que estos conceptos nuevos – como «riesgo»
y «comportamiento de riesgo» – deben ser analizados como formas de la desviación y la
normatividad. Si bien es cierto que hoy en día se desarrollan nuevas formas de regulación
social y de orden social, éstas deben interpretarse como instituciones de reacción a los
comportamientos considerados como indeseables o molestos en una perspectiva de normatividad y desviación.
• La criminologie et la sociologie du comportement déviant :
des sciences en crise ?
• La disparition de la normativité en sociologie et la création
de nouveaux termes
• La déviance comme transgression de règles et de normes
• La déviance comme construction et application de règles
• La dilution du social dans les jeux langagiers
• La politisation et la moralisation de la déviance
• La déviance comme préjudice
• La normativité du risque
• La déviance comme institution sociale : du péché au risque
• BIBLIOGRAPHIE