Les jalons d’évaluation de l’hôpital Bellevue pour les situations de défaillance parentale (première version)
Maurice Berger
Ce travail a pour but de fournir des repères permettant d’évaluer dans quelles circonstances
une séparation judiciaire parents-enfant doit être décidée. L’auteur, chef de service en psychiatrie de l’enfant au CHU de Saint-Étienne (hôpital Bellevue), décrit quatre profils à haut
risque, qui montrent bien comment, quand une séparation est mise en place trop tardivement,
ou alors quand elle est mal gérée, avec notamment des contacts parents-enfant insuffisamment
protégés, on aboutit à des résultats dont le coût humain, financier, et social est catastrophique :
déficience intellectuelle (77 % des enfants adressés au service), échec scolaire, troubles graves
du comportement avec violence, etc.
Pour aider à y voir plus clair, il propose avec son équipe trois sortes de jalons : les premiers
concernent la structuration psychique des parents, les deuxièmes la manière dont la pathologie parentale se manifeste dans l’interaction parents-enfant, et les troisièmes la manière dont
l’enfant réagit face à la pathologie parentale.
Enfin, il décrit les facteurs qui empêchent l’utilisation de ces jalons, principalement l’ancienneté de la loi de 1970 sur « l’assistance éducative », l’idéologie du lien familial, l’absence
d’évaluation des actions menées, et la peur face à certains parents très violents.Mots-clés :
Bébé, Déficit intellectuel, Évaluation, Placement, Séparation judiciaire, Violence.
• L’expérience clinique
• Quatre itinéraires à hauts risques
• Les jalons de l’hôpital Bellevue pour évaluer
la nécessité d’une séparation parents-enfants
(première version)
— A. Jalons concernant la structuration psychique des parents
— B. Jalons concernant la relation parents-enfant
— C. Jalons d’évaluation concernant l’enfant
— D. Les jalons qui ont une valeur absolue
— Remarques méthodologiques
• Les facteurs qui empêchent l’utilisation des jalons
— 1. L’ancienneté de la loi de 1970 sur « l’assistance éducative »,
elle-même inspirée d’une ordonnance de 1958
— 2. L’idéologie du lien familial (M. Berger, 1992)
— 3. L’absence d’exigence concernant l’évaluation des actions
menées
— 4. Dernier facteur de paralysie, la peur face à certains parents
extrêmement violents
• Ce qui n’est pas traité ici
— 1. Les modalités de séparation
— 2. Le détail de certains signes cliniques
— 3. Le retour éventuel de l’enfant séparé dans sa famille
• Conclusion
• BIBLIOGRAPHIE