2002
Dialogue
Contes et thérapie
Catherine Picard
DESS de psychologie clinique (université Paris 7). 12, rue des Fossés-Saint-Jacques, 75005 Paris.
Le conte ne se borne pas à nous transporter dans l’imaginaire. C’est un médiateur de la vie
psychique qui permet une remise en route du plaisir de penser, d’imaginer. Compromis entre
le rêve et la réalité, il aide à l’établissement d’un espace transitionnel où se rejoignent le plaisir de celui qui conte et le plaisir de celui qui écoute.Mots-clés :
Conte, Rêve, Préconscient, Contenant.
« Conter est un acte naturel. C’est raconter
quelque chose qui vous intéresse
et que vous voudriez faire partager comme une bonne nourriture.
Cela se fait simplement depuis que l’homme parle
[1]. »
Il était une fois… Ces trois mots ont à jamais un pouvoir magique à nos
yeux à tous, enfants comme adultes, le pouvoir de nous transporter dans
l’imaginaire, dans un ailleurs temporel, spatial (dans un pays lointain), merveilleux… L’ouverture du conte, c’est d’abord l’ouverture à tous les possibles. Mais qu’est-ce qui, dans le conte, agit et permet de penser, de rêver,
de jouer ? Qu’est-ce qui en fait un outil thérapeutique ?
Une des premières vertus du conte tient au fait que, sous une forme merveilleuse, il traite des questions fondamentales de l’homme. Il s’adresse à
nous tous, au groupe comme à l’individu, et bien sûr à l’enfant. Il intervient
d’ailleurs de plus en plus dans différentes formes de thérapie. Son langage a
la familiarité du récit oral. Il est fait pour être dit et non lu. Il conserve et
transmet l’expérience humaine et nous parle de la naissance et de la mort, de
l’homme et de la femme, de la richesse et de la pauvreté, de l’envie et de la
rivalité, de l’apprentissage de la vie, du mystère des origines…
Mais « le conte dit sans dire », comme l’écrit Winnicott
[2]. En simplifiant
les situations, il permet un certain accès aux processus primaires inconscients.
Les images qu’il réveille « ouvrent une voie non catastrophique au retour du
refoulé. […] Le conte participe à cet abaissement du seuil défensif en abordant le symptôme par le détour du récit
[3] ». Il offre à l’enfant de retrouver des
situations émotionnelles proches des siennes, mais sur un autre objet que lui.
Le conte est donc, en lui-même, un médiateur de la vie psychique. « Le conte
est la représentation et le récit de formations et de processus de la réalité psychique : son matériau est le rêve, le fantasme, le roman familial, la représentation des mécanismes de défense psychotiques et névrotiques, les conflits
liés à l’avènement de la différence des sexes, au passage rituel et sanglant de
la naissance, de l’enfance à l’âge adulte, à la mort des parents et des
enfants
[4]. » Cette phrase de R. Kaës récapitule une bonne partie des pistes qui
font l’intérêt du conte comme révélateur et médiateur de la vie psychique.
Une action dans le préconscient
Il nous semble que la première vertu thérapeutique du conte est d’agir
dans le préconscient, pont entre l’inconscient et la conscience, permettant au
sujet de penser, de symboliser. Le travail du conte permet une remise en jeu
de l’activité du préconscient et de la figurabilité. Il autorise l’enfant à investir ses processus mentaux préconscients. Grâce au conte, « l’enfant apprend
à maîtriser
hors de lui, avant de l’intérioriser, une activité fantasmatique qui
sera fondatrice
en lui d’un lieu où les mots et les choses vont pouvoir se
relier », écrit Jacques Hochmann
[5].
Chez tous les enfants, mais plus particulièrement chez ceux dont le
monde intérieur n’est pas suffisamment structuré, qui souffrent d’importantes
difficultés de symbolisation, le conte peut servir de médiateur leur permettant
une restauration de leur curiosité, un réinvestissement de leurs processus
mentaux. Le conte donne à l’enfant la possibilité de penser et de rêver ce qui
lui arrive, de trouver des réponses imagées aux questions qu’il se pose sur ses
origines et son devenir. Il déclenche « une remise en route et un réinvestissement des processus mentaux préconscients
[6] ».
Pour César et Sará Botella
[7], le conte éveille également la figurabilité
chez l’enfant, « conduisant le vécu inorganisé, difficilement représentable
pour [lui] dans une relation avec ses objets réels, vers l’univers merveilleux
de la représentation. […] La détresse fondamentale, celle de la non-représen-tation, est battue en brèche. »
Battre en brèche la détresse de la non-représentation… Telle nous paraît
en effet être l’une des grandes vertus du conte. Le conte est une expression
de l’imagination humaine, de la capacité humaine de création, de représentation. Or les enfants dysharmoniques, psychotiques, déficitaires, souffrent
souvent d’une absence d’imagination, et le conte facilite chez eux la remise
en route de ce plaisir à imaginer. L’enfant peut alors prendre plaisir à se penser et à penser le monde qui l’entoure.
Car le conte, notamment dans le cadre d’un atelier qui l’emploie, crée ce
que Winnicott a décrit comme « espace transitionnel », espace intermédiaire
entre la réalité intérieure et la réalité extérieure perçu par deux personnes en
commun. Le conte – jeu sur les mots, jeu sur les sens – s’inscrit dans cet
espace, tout comme le jeu « créateur de vie ».
Cet espace permet à l’enfant d’établir une distinction nette entre le fantasme et le réel, les objets internes et les objets externes… « Cette aire intermédiaire d’expérience […] subsistera tout au long de la vie dans le mode
d’expérimentation interne qui caractérise les arts, la religion, la vie imaginaire
[8] […]. » Le conte contribue à la création de cet espace transitionnel difficile à mettre en place pour certains enfants.
Les vertus thérapeutiques du conte de fées viennent aussi de ce que le
patient trouve ses
propres solutions, nous enseigne Bettelheim
[9], et ce « en
méditant ce que l’histoire donne à entendre sur lui-même et sur ses conflits
internes à un moment précis de sa vie ». « L’effet thérapeutique est dans la
reconstruction dans l’imagination et non dans la transposition. Il n’est pas
nécessaire de pointer à l’enfant la ressemblance, il faut peut-être au contraire
endormir les défenses pour permettre fois après fois, que les choses agissent
dans l’ombre sans mettre la vérité en lumière
[10]. » C’est d’abord en effet par
la distance qu’il prend par rapport à la réalité quotidienne que le conte permet d’entendre ce qui, sinon, reste dans l’ombre.
Le conte a, par ailleurs, une fonction contenante. Selon Bion, par sa
structure, il « véhicule un réservoir, une matrice contenante, c’est-à-dire une
authentique fonction
α qui tamise la violence […]. Le conte transforme les
éléments destructeurs ß en traces organisatrices
α et fonctionne comme un
appareil à penser les pensées. Le conte transforme des affects non pensés
parce que destructeurs, en représentations tolérables, figurables
[11]. »
Le conte est un conteneur de la possibilité de penser, une enveloppe psychique, au sens où l’entend D.Anzieu
[12]. « Bien choisi, avec ses rituels d’ouverture et de fermeture, le travail de la position de l’enfant et du conteur dans
la relation auditeur/conteur, le pacte narratif […] est un admirable outil pour
la fonction contenante du soignant
[13] ».
Dans le cadre d’un atelier « contes », la fonction contenante de la situation groupale intervient également : « Le conte va fonctionner comme une
sorte de récit d’un rêve commun ; chacun va en développer certaines lignes
associatives, et le groupe va y trouver un premier récit unificateur
[14] ». Le
groupe permet aux enfants de faire l’expérience de penser avec d’autres et de
partager quelque chose à travers leur implication commune dans l’histoire et
les particularités de l’implication de chacun. « Le pouvoir des contes ne peut
se concevoir que partagé. Les enfants entre eux sont complices », conclut
G. Jean
[15].
« Les contes, il faut avoir le temps de les rêver
[16] »… Rêve en commun,
le conte n’est pas étranger au rêve. Comme le rêve, le conte nous fait accéder à une autre scène. La formule « il était une fois » qui l’introduit nous
transporte sur une autre scène psychique. Son matériel fantasmatique peut y
être traité comme le contenu manifeste du rêve car on y trouve les mêmes
mécanismes d’élaboration : condensation, figuration, déplacement, élaboration secondaire.
Mais le conte n’est pas qu’un rêve, même éveillé. Il est plus élaboré d’un
point de vue narratif que le rêve. Il est construit pour être aisément mémorisé,
alors que le rêve nous échappe, s’oublie. Il évoque plutôt la capacité de rêverie maternelle décrite par Bion, en permettant à l’enfant d’accéder à la pensée,
ou encore le temps, « la zone de l’endormissement
[17] » dans laquelle le conte
comble à la fois la perte de la mère et du monde et joue le rôle d’organisateur
secondaire de l’espace corporel menacé dans ses limites à ce moment.
Freud s’est beaucoup intéressé aux contes, qui apparaissent tout au long
de son œuvre (en particulier dans leur rapport à l’amnésie infantile et au souvenirécran, dans leur apparition dans les rêves), et il s’est penché sur leur
symbolisme (le rêve de L’homme aux loups évoque le loup du Petit Chaperon rouge et du Loup et les sept chevreaux, par exemple).
De nombreux psychanalystes, contemporains de Freud et plus tardifs, les
ont aussi étudiés. Parmi les plus connus, on peut mentionner Karl Abraham,
avec Rêve et mythe (1909), Géza Róheim avec entre autres Psychanalyse et
conte populaire (1921), Theodor Reik : La mythologie et l’étude des contes
(1921), Jung et à sa suite Marie Louise von Franz (auteur de nombreuses analyses de contes)…
S. Ferenczi (1913,1918) voyait dans le conte comme dans le rêve une
réalisation de désir, une régression à « la situation perdue de toute-puis-sance
[18] », et rapprochait cette régression de l’hallucination psychotique.
Melanie Klein
[19] a évoqué le cas du petit Fritz, son propre fils, à qui elle racontait
Les trois souhaits de Grimm pour l’aider à sortir de sa difficulté psychique.
On ne peut pas parler des contes sans évoquer
La Psychanalyse des
contes de fées de Bruno Bettelheim, ouvrage à la fois incontournable et
controversé. On a souvent reproché à Bettelheim d’avoir eu une vision anachronique du conte en soulignant à tort son éternelle valeur éducative, car
celui-ci, jusqu’au XVII e siècle, ne s’adressait en fait pas aux enfants, mais aux
adultes. Toutefois, le mérite de Bettelheim est d’avoir popularisé les valeurs
pédagogiques et thérapeutiques des contes de fées, d’avoir montré comment
le conte aide l’enfant « à donner un sens à sa vie » en mettant en scène sous
une forme acceptable des représentations liées aux angoisses qui l’assaillent.
Il s’est également intéressé au contenu des contes ; pour lui, « en utilisant
sans le savoir le modèle psychanalytique de la personnalité humaine, ils [les
contes] adressent des messages importants à l’esprit conscient, préconscient
et inconscient, quel que soit le niveau atteint par chacun d’eux
[20] ». Ils aident
l’enfant à « mettre de l’ordre dans son chaos interne
[21] ».
C’est aussi le pouvoir du conte de permettre de s’inventer un « roman
familial »… Comme le roman familial, le conte permet de se ménager un
espace pour la création imaginaire, un espace de compromis entre rêve et réalité, principe de plaisir et principe de réalité. Marthe Robert, dans sa préface
aux
Contes des frères Grimm, écrit : « Le conte […] nous présente donc un
petit roman familial dont le schéma est pour ainsi dire invariable : un enfant
naît dans une famille anonyme en un lieu non situé […] ; il est selon les cas
aimé de ses parents ou maltraité par eux […]. Jamais l’enfance du héros ne
se passe sans accidents : s’il est aimé de ses parents, il est haï d’un frère ou
d’une sœur. S’il est entouré d’affection, il est poursuivi par une faute antérieure à sa naissance […]. De sorte qu’il ne peut grandir normalement : à
peine adolescent, il lui faut quitter sa famille et aller, comme dit si joliment
le conteur, tenter sa chance “dans le vaste monde…” »
Dans le roman familial, l’enfant parvient à concilier le rêve de rester
petit en gardant une relation idyllique avec sa mère et le désir de continuer à
grandir. « Il réussit à concilier ces deux exigences en choisissant le rêve à travers l’histoire d’un enfant trouvé qui serait l’enfant d’une famille qui reste à
retrouver, ce qui permet de supporter la désillusion. C’est ce compromis entre
le rêve et la réalité, entre principe de plaisir et principe de réalité, qui permet
à l’enfant de poursuivre son chemin. Le jeu, les mythes et les contes permettent la symbolisation d’une situation qui peut avoir des effets structurants sur
le sujet
[22]. »
Contes et rites de passage
Le conte fonctionne comme un « passeur », au sens des rites de passage.
Les rites initiatiques des civilisations primitives permettaient (permettent
encore parfois) aux préadolescents d’accéder à l’âge adulte. Les contes relatent ce passage à travers la traversée symbolique de la forêt, lieu d’initiation
et de mise à l’épreuve.
À travers les aventures du héros, c’est sur le chemin de sa propre
connaissance que l’enfant s’engage. Le conte apparaît comme un accompagnement (ou un cheminement parallèle) des moments cruciaux du développement : la période des cinq-sept ans tout d’abord, puis celle de la
pré-adolescence ou de l’adolescence, et aussi comme un révélateur des différentes facettes de son moi.
Nombre de contes sont des sortes de récits d’initiation, d’apprentissage,
des rites de passage où l’enfant entend que, pour parvenir à l’état adulte, il
faut se séparer de ses parents et parcourir un certain nombre d’étapes
(Blanche Neige, par exemple). Les contes apprennent à accepter l’évidence,
c’est-à-dire à intégrer le principe de réalité.
Ils nous enseignent aussi que même les plus faibles peuvent réussir dans
la vie (
Tom Pouce, Le Petit Poucet, Jacques et le haricot magique). « Dans
les contes de fée, écrit Bettelheim, le fait d’aller à la découverte du monde
signifie la fin de la première enfance. L’enfant doit alors entreprendre le
voyage long et difficile qui fera de lui un adulte
[23]. »
Mais les contes ont encore un pouvoir particulier, ils présentent le simplet, le benêt, l’idiot de la famille comme indifférent à sa situation. L’enfant
est heureux tant que l’on n’attend rien de lui, ce n’est pas sa faute s’il est stupide, et le conte ne nous explique jamais pourquoi on le considère comme
idiot. Mais il peut réussir et même surpasser les autres ! En même temps,
quelque chose de la difficulté du plus faible y est reconnu par le groupe
humain. Le conte et le groupe servent à faire ce lien. « Le héros part affronter le monde (dans les contes, l’obligation de quitter la maison équivaut à la
nécessité de devenir soi-même). Il montre à l’enfant comment réussir en
affrontant les dangers avec confiance, c’est-à-dire en prenant conscience de
sa propre valeur
[24] ».
L’oralité inhérente au conte permet de rester en contact par le regard
avec les membres du groupe, de partager une dimension émotionnelle et corporelle plus forte, de ne pas imposer l’écrit à des enfants en difficulté. Elle
est indispensable à la rêverie et au travail d’association. C’est aussi elle qui
permet l’établissement du pacte narratif, lien entre le conteur et son auditoire,
contrat tacite entre celui qui a envie de conter et celui qui a envie d’écouter.
À travers le pacte narratif, le conte offre un plaisir commun à l’enfant qui
écoute et à l’adulte qui conte. Dans cet espace de plaisir, espace transitionnel
(encore une fois), l’enfant va pouvoir imaginer, c’est-à-dire symboliser. Ce
plaisir est présent dans les ateliers contes : plaisir dans laquelle le conte
comble à la fois la perte de la mère et du monde et joue le rôle d’organisateur
secondaire de l’espace corporel menacé dans ses limites au moment de l’endormissement. Le conteur renoue, à travers le récit, « avec une liberté infantile qui lui est ailleurs refusée
[25] ». « Tandis que l’enfant joue du fantasme,
écrit Bettelheim, l’adulte peut très bien tirer son plaisir de la joie de l’enfant;
tandis que l’enfant exulte, parce qu’il comprend mieux, maintenant, quelque
chose qui se passe en lui, le plaisir du conteur peut naître de cette soudaine
prise de conscience que l’enfant est en train de vivre
[26]. »
Au-delà de sa fonction contenante, le conte me paraît apte à jouer, dans
certains ateliers, un rôle important de maternage, au sens où l’entend J.Hochmann. Le maternage, nous explique-t-il, « ce n’est pas la maternité, mais seulement sa réalisation symbolique [étayant] ainsi la verbalisation, dans et par
le conte, des angoisses et des désirs de l’enfant
[27] ». Ce maternage rétablit le
pare-excitation défaillant chez certains enfants. Pour J. Hochmann, un atelier
« contes » s’appuie sur un double étayage : étayage du conte sur le maternage
(de la parole sur l’action, de la signification sur le vécu corporel), étayage du
soin sur le dispositif institutionnel
[28]. Le conte permet ainsi un travail de restauration et de renarcissisation.
J’aime cette phrase de D. Anzieu
[29] : « L’enveloppe du rêve reconstruit
l’enveloppe psychique : le rêve retisse ce que la vie a défait du moi-peau. »
Le conte aussi retisse un peu ce que la vie a défait…
·
ANZIEU, D. ; HOUZEL, D. 1987. Les enveloppes psychiques, Dunod, Paris.
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[1]
P. Lafforgue, 1995, p. 50.
[2]
D. Winnicott, 1971, p. 6.
[3]
G. Raguenet, 1999, p. 344.
[4]
R. Kaës, 1999, p. 3.
[5]
Dans R. Kaës, 1996, p. 66.
[6]
J. Hochmann, 1997, p. 271.
[7]
C. et S. Botella 1983, p. 765-776.
[8]
D. Winnicott, 1971, p. 25.
[9]
B. Bettelheim, 1976, p. 49.
[10]
J.-P. Klein,
in : l’Erre, 1991,9.
[11]
P. Lafforgue, 1995, p. 24.
[12]
D. Anzieu, « Une peau pour les pensées », dans
Les enveloppes psychiques, Dunod, Paris,
1995.
[13]
P. Lafforgue, 1995a, p. 24.
[14]
J. Hochmann,1997, p. 257.
[15]
G. Jean, 1981, p. 209.
[16]
Parole de conteur, citée par N. Belmont, 1999, p. 132.
[17]
P. Fedida, 1975.
[18]
S. Ferenczi, 1913b, p. 65.
[19]
M. Klein, 1921, p. 61.
[20]
B. Bettelheim, 1976, p. 19.
[22]
J. Plaisance, 1997, p. 35.
[23]
B. Bettelheim, 1976, p. 318.
[24]
Ch. Carlier, 1998, p. 81.
[25]
D. Anzieu
et al., 1987, p. 85.
[26]
R. Kaës
et al., 1999, p. 61.
[27]
B. Bettelheim, 1976, p. 266.
[28]
J. Hochmann, 1997, p. 274.