Dialogue
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I.S.B.N.2749200148
128 pages

p. 82 à 88
doi: en cours

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Quand les cliniciens écrivent leur expérience sous forme de contes et de nouvelles

no 156 2002/2

2002 Dialogue Quand les cliniciens écrivent leur expérience sous forme de contes et de nouvelles

Imhotep et le scribe

Petit conte de banlieue

Monique Déjardin
L’auteur expose les étapes d’une thérapie psychomotrice en s’appuyant sur de la métaphore de l’architecture. Comme l’édification d’une ville, celle d’un sujet est une lente progression au fil du temps. On suit ici le cheminement d’un enfant en difficulté qui passe d’un premier bâti corporel de l’espace et du temps à la découverte de l’écriture. Mots-clés : Psychomotricité, Corps, Espace, Temps, Architecture, Écriture.
L’histoire commence dans les brumes picardes et, comme tous les contes, elle commence mal…
Il était une fois un homme et une femme qui croyaient s’aimer. Ils ne se marièrent pas, furent très malheureux et n’eurent qu’un enfant, Kévin, que son père ne reconnut pas et ne chercha pas à connaître. La mère, qui avait quitté cet homme de manière brusque au cinquième mois de sa grossesse pour échapper à sa violence, était allée vivre chez sa propre mère. Le début de la grossesse avait été marqué par le décès du père de madame L. et le diagnostic d’une toxoplasmose qui avait fait envisager un avortement thérapeutique. Après sa naissance, la mère n’a pas allaité Kévin et s’en est culpabilisée. Kévin se développe plutôt bien, avec cependant des troubles du sommeil quand sa mère travaille, souvent en intérim. Mère et enfant sont soumis à des rythmes irréguliers. Ce qui s’inscrit dans le corps de Kévin, dans ses rythmes d’échanges, c’est le rythme et le corps de sa mère, de son histoire.
Quand il a deux ans, Madame L. est au chômage et vient chercher du travail dans la région parisienne. Elle loge chez sa sœur en banlieue et rentre au « pays » le week-end, banalisant la séparation d’avec Kévin qui est confié à sa grand-mère maternelle.
Dès que ce fut possible – au bout d’une année environ –, Madame L. fit venir son fils et sa mère, car elle avait trouvé emploi et appartement dans une ville « nouvelle ». Ville très particulière, car, comme toutes les villes nouvelles des années 1970, née de la volonté politique de déconcentrer Paris pour répondre à l’afflux d’une population annoncée de migrants et d’immigrés, mais en rupture avec les excès précédents et en tenant compte de la modification des rapports sociaux. En effet, dans l’après 68, on a souhaité réaliser des villes différentes portées par un dynamisme économique et une volonté de modernité. Face aux grands ensembles déshumanisants, on fait de la ville nouvelle un centre de décision en y implantant la préfecture et en lui donnant un centre urbain multifonctionnel. On ne veut plus de villes-dortoirs.
Cette ville a donc été un laboratoire d’idées, un banc d’essai de l’architecture contemporaine. Beaucoup de grands architectes et d’urbanistes s’y sont exprimés : Jean Nouvel, Ricardo Bofill, Andrault, Para, ou Mario Botta. Si on a beaucoup expérimenté, c’est aux dépens de la cohérence d’ensemble. Choc pétrolier aidant, les projets ont été revus à la baisse. La ville est donc très disparate, rançon de la liberté accordée aux architectes. C’est le summum de la rationalisation architecturale, mais il y a disjonction entre intellect et sensible.
« Habiter l’espace, c’est faire preuve de son existence », disait Le Corbusier. Renzo Piano ajoute que « l’espace n’existe que s’il est limité de façon précise et solide, mais qu’au point de vue émotionnel l’espace est comme la musique, c’est-à-dire immatériel ». Dans la construction de l’espace, l’architecte utilise des éléments immatériels tels que la transparence, la légèreté, la vibration de la lumière… « L’architecture est un art socialement dangereux, précise Renzo Piano dans son Carnet de travail, parce qu’on nous l’impose et que l’utopie de l’architecte, contrairement aux autres, est destinée à se matérialiser. » Il écrit encore : « En tant qu’architecte, je pense que les lieux influent sur toutes les émotions, toutes les activités humaines… une ville naît d’un enchevêtrement de monuments et d’infrastructures, de culture et de marché, d’histoire nationale et d’histoires quotidiennes ; elle se crée en cinq cents ans, un quartier en cinquante ans. Et sa beauté réside justement dans sa lente construction au fil du temps » (allusion à la reconstruction de la Post-damer Platz à Berlin en cinq ans).
Mais il y a un danger que l’architecte se prenne pour un démiurge depuis Imhotep, architecte de la première pyramide à degrés de Saqqarah.
L’appartement qu’avait loué Madame L. était situé non loin des « Pyramides », qui s’inspiraient des ziggourats – pyramides à degrés qui servaient de sanctuaires et d’observatoires aux anciens Assyriens (on suppose que la tour de Babel était une ziggourat). Le grand Imhotep dut s’en retourner dans sa tombe, lui qui construisit pour combattre la mort et l’oubli. Il utilisa de solides matériaux, d’énormes blocs de pierre assemblés avec la précision d’un fermoir de collier. Les Pyramides de la ville nouvelle ne ressemblent en rien à tout cela. Au fil des ans, sujettes à un renouvellement rapide de leur population, elles se sont hérissées d’ajouts inesthétiques tels que paraboles ou boursouflures de vérandas qui isolent les habitants les uns des autres, en opposition à l’esprit qui avait présidé à leur construction. L’un de leurs concepteurs, interrogé récemment sur Arte, a fait part de sa consternation d’avoir contribué à la réalisation de ce quartier où s’affrontent aujourd’hui en plein jour des bandes rivales dans les espaces destinés à la vie sociale : parkings bien sûr, terrasses, centre commercial et même tribunal.
La violence induite par cette architecture s’ajoutait pour Kévin à toutes celles qu’il avait déjà subies : absence de père et de reconnaissance du père, séparation précoce d’avec sa mère, déménagement, perte des racines provinciales. Kévin ne connaissait pas Imhotep ou, plus exactement, il croyait que c’était un rappeur marseillais, comme Akhenaton et Kheops, et ce n’était que l’un de ses premiers malentendus.
Kévin habitait entre Pyramides et cathédrale ; il ne manquait ni d’air, ni d’espace, ni même d’espaces verts. On avait beaucoup planté dans cette ville, jusques et y compris sur les terrasses des Pyramides et le toit de la cathédrale… Dans cet environnement qui le dépasse, Kévin est d’autant plus avide de tuteur et de protection. Sollicité pour occuper la place de parrain, Vincent, un jeune collègue de sa mère, s’occupe un peu de lui, mais, quand Kévin veut l’appeler papa, il refuse de devenir l’avatar paternel. Le père est absent et absent du discours de la mère. La filiation est court-circuitée. Faute d’image paternelle, Kévin se met dans une position masochiste avec les durs de l’école, qu’il provoque. Il se fait racketter, commence alors les chapardages, et la vie pour lui devient impossible, comme pour sa mère, souvent convoquée pour les « incivilités » de son fils, comme on dit maintenant. Il est signalé par la psychologue scolaire, suivi par le Réseau et reçu au CMP. Des entretiens individuels ne font qu’ajouter à une excitation déjà débordante. Très réticente à ce type de suivi, Madame L. n’a pas davantage accepté l’offre d’accueil dans un groupe thérapeutique. D’autant qu’un nouveau déménagement est intervenu.
À la suite d’incidents majeurs survenus dans le quartier et à l’incendie criminel de sa voiture, Madame L., excédée, a en effet décidé d’habiter une petite ville voisine – le type de zone pavillonnaire que honnissent les architectes. Madame se sent bien dans son nouvel appartement, très coquet, aménagé dans une maison à un seul étage. Le rez-de-chaussée est occupé par un magasin de motos. La mère de Kévin pense qu’elle va enfin s’enraciner dans cette ville à taille humaine faite de vraies maisons, d’un vrai marché, et même d’une vraie pyramide, édifiée pour perpétuer le souvenir de la première mesure d’un méridien terrestre. Kévin est heureux de fréquenter une école plus traditionnelle, dont le directeur est sévère et rassurant.
L’idylle ne dure pas. Kévin se fait remarquer. À presque neuf ans, il n’a rien appris en classe. Il ne sait ni lire ni écrire, n’a pas même les prérequis. La nouvelle psychologue scolaire note les problèmes de maniement du langage, de succession temporelle, d’anticipation, autrement dit de difficulté à se projeter dans le temps et l’espace. Il a du mal à se situer dans la relation à l’adulte. Les aspects hypomanes sont importants. Même en situation de réussite, il montre toute sa problématique par rapport à la loi. Ses troubles d’identité, son constant recours à l’agi témoignent de carences précoces. L’absence de repères symboliques ne lui permet pas d’exprimer sa pensée. Toutefois, pour tenter de l’aider à utiliser ses acquis, l’école propose un contrat. Si les objectifs ne sont pas atteints, l’aide cessera. Kévin développe alors une véritable phobie scolaire. Mère et fils sont sommés de venir au CMPP. Ils arrivent à reculons et résistent en banalisant les problèmes. Madame L. ne semble pas inquiète du comportement de Kévin en famille, elle se repose beaucoup sur sa mère qui tente de s’identifier à une mère éducative idéale, et ce d’autant plus facilement qu’elle est assistante maternelle. Mère et grand-mère ressemblent à des « matriochkas » russes, des poupées gigognes. Chaleureuses et attentives à Kévin mais hyperprotectrices et anxieuses face à ses conduites asociales, elles ne lui laissent pas beaucoup d’espace pour penser, se penser différent d’elles, et pour donner du sens à ce qu’il perçoit confusément : l’interdiction de l’accès au père et à sa propre autonomie.
C’est alors que Kévin m’est confié. Il se présente comme un beau garçon trapu, sympathique. Séduit par le cadre de la pièce et le matériel que je propose, il répond favorablement à mes demandes. Il est pressé d’aller jouer, surpris que ce soit possible. Kévin se repère assez bien dans son propre corps, mais n’a pas acquis la réversibilité. Il est droitier homogène. Il n’a aucun repère dans le temps, hormis les jours de vacances scolaires et les jours chômés par la mère. Il ne peut vraiment se situer que par rapport à elle, comme s’ils avaient un corps pour deux. À beaucoup de questions, il répond : « Maman m’a pas dit… » Il accepte de dessiner un bonhomme succinct sans pieds, puis une famille. C’est une famille élargie très particulière. D’abord, en jaune, ses « cinq tontons », indifférenciés. Puis, en rose, « les mamans » (mère, tante et marraine) et, séparées mais plus petites, la grand-mère maternelle et l’arrière-grand-mère maternelle. Enfin, en violet, les « cinq cousins » dont Kévin fait partie. Il a bien la notion de faire partie d’une famille élargie, pas d’une famille nucléaire. Il n’a pas la notion de son identité. Les personnages sont exécutés très rapidement. Ils n’ont ni pieds ni mains, ce qui traduit la plus totale impuissance. Les groupes sont isolés; à l’intérieur de chacun d’eux, les personnages sont peu différenciés et la différence sexuelle peu marquée.
Kévin dessine ensuite une maison et ne fait aucun commentaire. Le bas de la maison se confond avec le bord de la feuille de papier. La maison est le reflet d’une projection corporelle, de son sentiment d’insécurité, de son tropisme pour le concret, de son besoin sensoriel de proximité. Les fenêtres avec leurs rideaux évoquent les visages en miroir de la mère et de l’enfant. Kévin et sa mère fonctionnent ensemble dans un espace de complémentarité imaginaire, dans une inclusion réciproque où l’intérieur est l’équivalent de l’extérieur.
En dessinant, Kévin montre ce qu’il sent avant de montrer ce qu’il sait, mais il est méfiant, échaudé par trop d’expériences malheureuses. Peut-être aussi se sent-il piégé dans cette première séance. Pendant plus d’une année, il ne dessinera plus, ou seulement au tableau, pour ne pas laisser de trace.
Dès la deuxième séance, Kévin investit massivement l’espace de la salle et le « petit vélo » (la trottinette), avec lequel il se déplace en tous sens, se jette au sol comme un tout-petit, se cogne aux murs, en quête des limites de son corps, afin de l’éprouver aussi comme solide. Ou bien il tape dans le ballon. Même s’il appelle ça « jouer au foot », en fait, il ne connaît pas les règles du foot et n’en veut rien savoir.
Faute de pouvoir élaborer, Kévin fuit dans la décharge motrice. Son imaginaire apparaît comme bloqué ou obturé, ce qui appauvrit son jeu. Toutefois, c’est à travers les activités répétitives que sont le « foot » et l’appréhension de l’espace avec le « vélo » que la relation va s’instaurer, au risque de me conduire à l’épuisement. La prépondérance de la relation nous invite à attendre le moment juste pour aider Kévin à accéder au corps imaginaire, mais il est nécessaire qu’il vive d’abord son corps réel. La clinique est éclairante quand l’enfant nous fait partager le monde de ses perceptions intérieures, de ses perceptions corporelles vécues dans un espace et une temporalité. Peu à peu, il va expérimenter son corps et construire une activité projective dans la relation à un adulte qui recadre les choses dans le but de passer à une représentation.
« Être une personne, écrit Berthe Rehahla, implique trois notions qui sont liées : avoir un corps propre, un espace et un rythme, c’est aussi avoir une identité qui se construit progressivement dans une relation. La temporalité implique un avant et un après, détermine un rythme des échanges, caractérise un individu en lui donnant son style propre. » Cette fonction est en voie de constitution chez Kévin, ce qui autorise l’espoir de changement Kévin est aussi dans la quête affective. Son avidité à posséder tous les objets de la salle le conduit à vouloir emporter le vélo-trottinette. Quand il veut quelque chose, il le prend, dit-il. Il n’a pas intégré le code social et la valeur symbolique de l’échange.
Il parle beaucoup de François, le propriétaire du magasin de motos, et de son atelier de mécanique, où il passe tout son temps libre. Kévin y semble bien toléré, il rend des services et reçoit quelques pièces. Les mécaniciens lui ont réparé son vélo, mais il n’est pas satisfait. Ce qu’il voudrait, c’est une moto. Ce désir inaccessible le conduit à vouloir en construire une dans la salle de psychomotricité à partir du vélo-trottinette, qu’il juche sur des tréteaux trouvés dans un placard. La moto a besoin d’un moteur pour fonctionner, mais Kévin ne peut le réaliser sans aide.
C’est à partir de ce moment, semble-t-il, qu’il peut accepter un tiers, tiers qui autorise la différence d’avec la mère. Il prend conscience de ma présence attentive et accepte quelques conseils techniques. Il n’est plus le double de l’autre et il le sait. Une distance peut s’installer. Il la traduit d’ailleurs par le passage du tutoiement au vouvoiement. Cette expérience permet la constitution d’un dedans/dehors, aboutit à la notion de l’autre et d’un autre différent de soi. Il y a constitution de la distance et de la profondeur avec la découverte du tiers.
Mais Kévin subit un nouveau traumatisme. Un de ses oncles maternels vient de faire une tentative de suicide par autolyse, « à cause de sa copine », dit Kévin. Il veut aller la corriger, parce qu’elle a « traité » sa famille. Il vitu-père les femmes : des « garces », comme la maîtresse. Il est blessé narcissiquement par la défaillance des hommes qui lui sont proches : grand-père maternel décédé avant sa naissance, père absent, parrain fuyant, oncle vulnérable. Seul le directeur de l’école trouve grâce à ses yeux; il le défend, même lorsque, à tort, il est accusé de violence.
En cadeau d’anniversaire, Kévin a reçu une boîte à outils. « D’adulte », précise-t-il. Il me demande s’il a le droit d’en posséder une. Par cette question, il montre qu’il peut maintenant occuper sa place d’enfant. Dans ce même temps, sa motricité devient plus harmonieuse, il habite mieux son corps et peut alors accéder à l’espace imaginaire avec la création de la « moto » et de nouvelles activités.
Il est plus calme, plus assidu en classe. Il s’est fait un copain qui le stimule. La mère déplore qu’il soit moins obéissant, mais accepte qu’il parte pour la première fois en colonie de vacances. Le jour de la rentrée scolaire, il se montre désinvolte et insolent. La mère demande en urgence un rendez-vous commun avec le consultant. Kévin, effondré, sanglote. Il a « emprunté » des bombes de peinture à carrosserie dans l’atelier de motos. Depuis, il n’a plus accès à ce lieu tant investi et à la protection bienveillante de son propriétaire. C’est à nouveau une situation d’impasse.
La souffrance authentique de Kévin nous amène à l’inciter à trouver une solution. Bien qu’il ne sache pas écrire, il propose une lettre d’excuses. Mais comment faire ? Pour dépasser cette difficulté, je lui propose d’être son scribe et de transcrire ses excuses en écrivant sous sa dictée un modèle qu’il recopiera.
Ces excuses seront acceptées et Kévin sera pardonné par François. Il est fou de joie mais fatigué, parce que, dit-il, il a écrit une seconde lettre d’excuses aux mécaniciens qu’il avait insultés. Il prétend y avoir passé la nuit. C’est, pour lui, la découverte de la fonction magique de l’écriture, qu’il va ensuite s’appliquer à maîtriser.
Dans ce climat de confiance retrouvé, la grand-mère offre à Kévin des trésors, c’est-à-dire des objets ayant appartenu à son grand-père. Ce don symbolique le place enfin dans une filiation tangible. La semaine suivante, Kévin repère sur le bureau un beau livre relié, qu’il prend pour la Bible – bible que lisait son grand-père et dont il peut enfin parler.
L’histoire n’est pas terminée, mais le conte s’arrête. Ce n’était qu’un moment d’une thérapie psychomotrice.
Architecte, enfant ou psychomotricien, scribe ou scribouillard, chacun essaie de construire une pyramide par degrés. Mais n’est pas Imhotep qui veut, lui qui fut à la fois grand prêtre et architecte, médecin et sage, divinisé comme patron des scribes et des bibliothèques. Il fut aussi considéré comme un puissant magicien et, comme tout magicien, il était le héros d’un conte… C’était il y a 4 700 ans, du côté de Saqqarah, en Égypte.
Il est vrai que, dans l’Égypte ancienne, toute personne sachant lire et écrire était considérée comme un magicien…
(Communication faite au XIVe colloque de la Société internationale de thérapie psychomotrice. Première publication dans : La trace : résonances, actes du XIVe colloque de la SITP, Paris, mars 2001.)
 
BIBLIOGRAPHIE
 
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·  PIANO, R. 1997. Carnet de travail, Paris, Le Seuil.
·  SAMI-ALI. 1998. Le corps, l’espace et le temps, Paris, Dunod.
·  SAMI-ALI., DERZELLE, M. ; GAUTHIER, J.M. ; GOROT, J. ; REHAHLA, VAYSSE, B. & J. 1994. Recherches du Centre international de psychosomatique, Paris, Launay.
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