La prévention précoce, une démarche paradoxale
Gérard Neyrand
La tendance contemporaine à mettre l’accent sur les effets thérapeutiques des psychotropes au
détriment de l’approche psychologique trouve ses limites en pédopsychiatrie, où les manifestations symptomatiques du bébé peuvent difficilement se dissocier de leur dimension relationnelle et où la clinique de la relation montre ouvertement ses effets positifs. Ce sur quoi
insistent avec raison les spécialistes de la périnatalité, c’est l’importance pour l’équilibre psychique du bébé et son développement du cadre relationnel où il s’inscrit, et notamment des
relations qu’il entretient avec ses parents. La conséquence en est que toute intervention thérapeutique à l’égard des parents se révèle préventive à l’égard du bébé. Ou, pour reprendre la
distinction entre primaire et secondaire, que toute démarche de prévention secondaire envers
le parent se constitue en prévention primaire pour le bébé. D’où l’importance de la prise en
compte de la relation parentale précoce.
D’où aussi la nécessité de faire le point sur les conditions sociales de cette intervention et les
implicites qui la fondent.
• La prévention,
un terme qui souffre plusieurs définitions
• La psychanalyse, source d’inspiration
d’une critique en actes de l’action institutionnelle
• L’ambivalence institutionnelle
face aux avancées des dispositifs novateurs
• De quelques attendus d’une perspective préventive
anormative et autorégulée
• BIBLIOGRAPHIE