Dialogue
érès

I.S.B.N.2749200164
128 pages

p. 118 à 124
doi: en cours

Veille sur la revue
Vous consultez

Notes de lecture

no 158 2002/4

 
Histoire des grands-parents Paris, Perrin, 2001. (Coll. « Pour l’Histoire »)
 
 
La thématique des « nouveaux grands-parents » qui a envahi le champ social semble parfois nourrir la mytholo~gie d’un troisième âge heureux où les seniors, dynamiques et sportifs, savou~reraient l’art d’être grands-parents au cœur d’une famille fragilisée dont ils incarneraient le pôle de stabilité et de continuité. Vincent Gourdon, chargé de recherches au CNRS et rédacteur en chef adjoint des Annales de démographie historique, contribue à une analyse cri~tique des postulats qui sous-tendent les représentations d’une vieillesse idéali~sée en posant les fondements d’une his~toire de la grand-parenté. L’engouement actuel pour les « nouveaux grands-parents » s’appuie trop souvent sur un présupposé démographique discutable : l’absence de grands-parents dans la famille avant le XX e siècle, voire avant 1945, en raison de la mortalité, et de leur surgissement récent dans le pay~sage familial, de l’extraordinaire éléva~tion du niveau d’espérance de vie qu’ont connue depuis les pays occidentaux. En somme, avant l’époque contemporaine, une trop faible survie de la génération des aïeuls n’aurait pas permis de trou~ver aux grands-parents de véritable rôle social.
En fait, en étudiant la survie des grands-parents d’enfants nés à la fin du XVIII e siècle, Vincent Gourdon montre qu’à cette époque un enfant a encore la moitié de ses grands-parents. Même si la proportion de personnes âgées et la durée de coexistence des trois généra~tions sont bien moindres qu’à l’heure actuelle, non seulement les grands-parents sont présents, mais cette pré~sence se traduit par des relations concrètes entre aïeuls et petits-enfants, qui passent par diverses modalités d’ex~pression de la solidarité intergénération~nelles. L’analyse d’autobiographies ou de procès-verbaux d’actes de tutelle indique que les grands-parents sont très actifs en cas de crise familiale ; dans le nord comme dans le sud de la France, des relations presque quotidiennes peu~vent se tisser entre la plupart des petits-enfants et leurs grands-parents.
Le deuxième point a trait au modèle des grands-parents gâteau. Cette figure apparaît à la fin du XVIII e, et le modèle en est largement reconnu dans la littérature et les traités de savoir~vivre de la fin du XIX e. Comment ce modèle est-il né ? Vincent Gourdon se pose la question du faisceau et de la complexité des motivations qui ont per~mis à cette figure familiale de s’affirmer. Le premier avènement de l’idéal des grands-parents gâteau a été porté par des enjeux idéologiques et sociaux majeurs : une laïcisation des sensibili~tés, qui conduit à un déclin de la version « augustinienne » de la vieillesse ; une réflexion critique sur la paternité, dont l’objectif est aussi de remettre en ques~tion les fondements idéologiques de la monarchie absolue à travers la figure d’un père éducateur, bienveillant affec~tueux. La thématique des bons grands-parents aimés, respectés par leurs descendants, mais sans soumission de leur part, en est le prolongement. Ce que le XVIII e fait apparaître, le XIX e va le systématiser. Les grands-parents gâteau deviendront par exemple un thème littéraire dominant dans le théâtre d’inspiration libérale. Cette figure accompagne l’évolution globale de la famille, qui, avec la progression d’une conception individualiste et contractua~liste du lien familial, s’ancre désormais essentiellement dans sa dimension affective et non dans sa dimension hié~rarchique. Le modèle d’une famille cen~trée sur l’autorité incontestée du chef de famille est entré en crise. Mais les grands-parents sont aussi une des figures de légitimation des projets de la bourgeoisie et de sa conception spéci~fique de la famille dans la lutte symbo~lique qui l’oppose à l’aristocratie et aux classes populaires. Dans la conception bourgeoise, la famille doit être le creuset d’un compromis entre le sens de la continuité familiale collective et le res~pect des aspirations individuelles de chacune des générations.
La thèse de Vincent Gourdon, abondamment documentée, reste pru~dente en matière de prospective et se garde de prolongements indus du thème de l’« invention de la grand-parenta-lité », selon l’expression récente de C. Attias-Donfut et M. Segalen. Pour l’auteur, il serait en effet judicieux de dis~tinguer la « grand-parentalité » de la grand-parenté. Mais l’intérêt de sa thèse ne se limite pas à mettre fin au désinté~rêt historique pour les grands-parents (l’histoire de la famille s’est longtemps pour l’essentiel centrée sur les relations entre époux et entre enfants et parents ; l’histoire de la vieillesse s’est surtout intéressée aux vieux comme classe d’âge et non en tant qu’ils s’inscrivaient dans les relations familiales). En retra~çant la généalogie souvent méconnue ou niée des représentations familiales contemporaines, elle contribue à affiner, voire à renouveler notre regard sur ces dernières.
Benoît Schneider
 
Christine Castelain Meunier La place des hommes et les métamorphoses de la famille Paris, PUF, 2002
 
 
« Une paternité fondée sur la cul~ture du sujet est valorisée actuellement, qui fait appel à la conscience paternelle de l’homme, sans toutefois que celle-ci soit sous-tendue, sollicitée et encoura~gée par des mesures adéquates. Pour~tant, ces transformations majeures renvoient à des réaménagements sym~boliques, sociaux, culturels, fondamen~taux, touchant au plus profond de l’être et de l’organisation de la société » (p. 142). Ces interrogations suscitées par la nouvelle place faite au père se révèlent exemplaires de l’entreprise de Christine Castelain Meunier : explorer les changements contemporains tou~chant à la place des hommes dans une société en mutation. Dans cette approche, la notion de place, à occuper et à tenir d’une façon personnelle par chaque homme au regard de son his~toire mais aussi de ses représentations, permet, à la différence de la notion de rôle, de pointer l’importance de ces évo~lutions, véritable métamorphose qui touche la famille, et, au-delà, l’ordre privé et l’ordre social. Prendre ses dis~tances théoriques à l’égard d’une ana~lyse qui privilégie le rôle, notion socialement définie qui passe sous silence la marge de manœuvre laissée à l’autonomie des acteurs, c’est laisser apparaître ce qui se dessine comme horizon positif de ces mutations, c’est-à-dire la démocratie de l’intimité.
L’ouvrage nous rappelle la com~plexité des changements en cours et la diversité des aspects de l’identité mas~culine et de l’identité paternelle qui s’y trouvent remis en question, parallèle~ment aux bouleversements qu’a pu connaître la condition féminine. Il n’est pas sans intérêt que ce soit une femme qui a inauguré ses recherches dans les années 80 par l’étude du mouvement des femmes qui se penche avec une telle constance depuis bientôt vingt ans sur le masculin et sur la paternité. Ses recherches s’inscrivent dans une inter~rogation sur l’inscription sociale de la dif~férence des sexes qui transcende les genres et vient réinterroger la position de celui qui était autrefois détenteur d’un monopole sexué du savoir : l’homme. Le genre du locuteur n’est pas complète~ment étranger à la forme des propos. Si les femmes sont bien représentées dans ce questionnement, de Geneviève Delaisi de Parseval, Françoise Hurstel ou Yvonne Knibiehler à Chantal Zaouche-Gaudron, c’est d’abord, chez l’homme, le père qui est interrogé par ces femmes – sans doute parce que la fragilisation sociale de la position pater~nelle entraîne des angoisses pour les deux sexes. Le soupçon qu’a pu parfois rencontrer l’auteur de « trahir » la cause féminine en analysant les conditions du désarroi masculin et paternel semble ici mal fondé, tant elle nous permet de comprendre, d’une part à quel point les positions de l’homme et de la femme sont interdépendantes, d’autre part l’im~portance des interactions entre masculi~nité et paternité, et entre féminité et maternité. Si « la question des change~ments de comportements paternels va de pair avec celle des modes d’affirma~tion de la virilité » (p. 29), c’est bien parce que les différentes dimensions de l’être sexué ne peuvent être dissociées, mais cela vient témoigner aussi de l’am~pleur de l’évolution et des désarrois qu’elle engendre.
Pour mener à bien cette entreprise, Christine Castelain Meunier fait état de recherches multiples : recherches sur des groupes d’hommes s’interrogeant sur la condition masculine, recherches sur des groupes de parole mixtes, sur de jeunes pères des classes moyennes et des classes populaires, sur des mères dans différentes situations, sur des parents des couches moyennes qui s’in~terrogent sur l’opportunité du troisième enfant, recherches sur des associations de pères. Elle s’intéresse aussi à l’impor~tance des liens téléphoniques pour des pères séparés, et enfin aux lecteurs et rédacteurs en chef de nouvelles revues destinées au public masculin ( FHM, Men’s Health, Men). Autant d’occasions d’inter~roger les processus de subjectivation masculine, les nouvelles formes d’ex~pression de la virilité, et ce qui se consti~tue en véritable épreuve moderne : le passage du conjugal au parental et la parentalisation. Aujourd’hui, l’entrée dans une « polyculture de la parentalité » qui vient remplacer les anciennes certi~tudes monolithiques ne se fait pas sans heurts. Elle sollicite hommes et femmes de façon inédite en faisant violence aux repères établis, comme l’idée d’une paternité essentiellement « symbolique » ou celle d’un monopole maternel dans la relation affective à l’enfant. Ce que l’au~teur pointe, c’est le paradoxe majeur de nos sociétés démocratiques : comment soutenir une identité démultipliée par la promotion de l’individualité, assurer l’ex~pression de soi à travers son univers relationnel et le rapport à l’enfant, tendre vers l’égalité des places et l’optimisation des jouissances, alors que les structures sociales et les mentalités restent engon~cées dans des traditions qui s’effritent, une domination masculine qui s’es~souffle et un pouvoir maternel qui offre d’autant plus facilement aux femmes un espace de compensation que leur posi~tion sociale est plus insatisfaisante ?
De ce parcours bousculé de la post-modernité, nul ne sort indemne. S’est défait le lien qui arrimait la filiation et l’alliance, scellant l’enfant à l’évidence du lien conjugal entre ses parents. Désormais, les individus ne sont sou~vent reliés que par leurs fragiles liens affectifs. Ils sont perçus comme auto~nomes et différenciés. Mais l’enfant, devenu désormais sujet, est en même temps promu au rang de support de l’af~firmation identitaire de ses parents. La mère est toujours considérée comme le territoire premier de l’attachement, mais enjointe à l’épanouissement profession~nel. Le père a perdu les attributs de son autorité sociale antérieure et voit ce que l’on désigne encore comme sa « fonc~tion symbolique » concurrencée par une paternité relationnelle qui peine à se faire reconnaître. Et c’est de la légitima~tion sociale de cette paternité relation~nelle que dépend sans doute la réassurance future de la paternité. Ce qui requiert plusieurs évolutions paral~lèles dans les rapports entre les sexes et ce qui les englobe, l’organisation sociale. Il faut notamment qu’hommes et femmes investissent une position paren~tale reconnaissant à soi-même et à l’autre toute son importance. Ce qui sup~pose une position nouvelle des pères dans leur rapport à l’enfant, déjà tenue par certains, mais demande aussi que les mères autorisent l’accès de ceux-ci à l’enfant. Or, les conditions toujours faites aux femmes, notamment dans les milieux les moins aisés, ne favorisent pas une telle maturation. « On est en droit de se demander si le maintien des inégalités entre l’homme et la femme ne constitue pas un obstacle et un frein significatif à l’exercice de la paternité, les femmes concédant d’autant moins l’accès du père à l’enfant qu’elles éprou~vent des rancœurs à l’égard de l’homme, qui, par ailleurs, peut toujours être défini, par rapport à la femme, en situation de domination et doté de privi~lèges » (p. 84).
De fait s’est ouvert le champ des possibles et l’on rencontre chez les hommes encore plus que chez les femmes une très grande diversification des situations, à laquelle répond un flot~tement certain de la définition de la paternité, si ce n’est de la masculinité. L’analyse de la nouvelle presse mascu~line donne un aperçu de ce flottement. Au-delà la reproduction d’anciens modèles machistes de la virilité s’y exprime une parole plus intimiste, où perce une malaise, voire parfois une détresse masculine face aux nouvelles normes à assumer. « Les assignations socio-culturelles de la différence devien~nent inadaptées à la dynamique engen~drée par la société contemporaine, même si les inégalités et la domination perdurent. L’affirmation de soi, la valori~sation de la communication, la société de l’image, le souci du corps et de l’ap~parence, mais aussi la recherche de bien-être bousculent les anciens cli~vages et les modèles d’identification antérieurs » (p. 76).
Les hommes se trouvent interpel~lés au même titre que leurs compagnes par des évolutions sociales auxquelles ils contribuent sans pour autant en maî~triser le sens. L’une des étapes majeures de leur cheminement est le passage au parental, qui, plus que le passage au conjugal, sollicite les niveaux les plus archaïques. Mais « il n’existe pas véritablement de transmis~sion culturelle ni de procédure langa~gière à l’échelle de la société, concernant ce passage » (p. 144). L’au~teur en appelle au combat pour l’avène~ment de la démocratie de l’intimité, et, dans ce combat, estime que l’on doit commencer par un meilleur accompa~gnement de ce passage du conjugal au parental, si l’on veut bien prendre au sérieux le message que nous envoie l’accroissement des séparations pré~coces. « La société ne propose alors guère de référence et de rituel d’accom~pagnement, et c’est d’autant plus préju~diciable que cela conduit souvent à des incompréhensions, des dérapages conjugaux ainsi que des désaccords augurant décidément mal de l’avenir de la parentalité en train de se jouer entre cet homme, cette femme et ce bébé » (p. 154). Il s’agit, ajoute-t-elle, de réflé~chir aux moyens dont on peut disposer pour soulager la place de la mère et désenclaver la place du père, si l’on veut une société plus juste et qui permette aux hommes comme aux femmes de retrouver une place satisfaisant aux nouveaux critères de l’harmonie sociale.
Gérard Neyrand
 
Jean-Claude Kaufmann Premier matin Comment naît une histoire d’amour Paris, Armand Colin, 2002
 
 
Comment naît un couple ? Et, quand le chercheur interroge quelqu’un pour en savoir plus sur les premiers ins~tants de sa vie conjugale, comment fait-il pour que ce quelqu’un ne lui livre pas une reconstruction idéalisée, mais une description exacte ? Comme il l’avait fait dans la Trame conjugale en suivant à la trace les vêtements des couples débu~tants du panier de linge à la sortie de la machine jusqu’au repassage et range~ment dans l’armoire, Jean-Claude Kauf~mann a cherché une astuce. À propos de quel moment, quel endroit, quel évé~nement, le risque n’est-il pas trop grand que la personne livre des reconstruc~tions flamboyantes et se contentera-t-il de décrire « la vie ordinaire », la vérité concrète des gestes et des pensées ? Quel serait le bon instant, le bon objet révélateur, ou le bon entre-deux ? Cette fois-ci, ce que ce chercheur des inter~stices a trouvé – après avoir songé au lit –, c’est le premier matin. Contrepoint prosaïque de la première nuit ? Petit non-événement après un événement ? C’est le premier matin que tout se décide. Et pourtant, cette décision passe par le flottement, l’indéfinition de la situation – ce que l’auteur appelle « la surprenante découverte de l’étrangeté intime ». Ce flottement, qui peut créer le malaise, « signifie surtout que la scène est ouverte, que demain n’est pas écrit ».
Le livre met en scène, comme une pièce de théâtre, une unité de temps et de lieu ponctuée de scènes typiques : l’éveil, le cocon-lit, la sortie du lit, la toi~lette, le petit déjeuner. L’action – ou le glissement ? – se déroule « en quelques heures, dans deux ou trois pièces seule~ment ». Une fois les scènes campées vient la deuxième partie : l’agencement des horreurs et bonheurs du premier matin. Il y a les matins chagrins, les matins enchantés, les matins anodins. Et, finalement, si le couple se joue au premier matin, c’est peut-être qu’en la matière, « il n’est de décisions que négatives. Le couple […] se forme parce qu’il ne rompt pas. »
« Premier matin est un livre visuel (ou cinématographique), caractère qui ne tient pas à ma volonté ni à l’écriture, mais aux tableaux et aux scripts extraor~dinairement précis tels qu’ils m’ont été décrits », écrit Jean-Claude Kaufmann. Il est aussi fort agréable à lire : pas de jar~gon, des descriptions fines, fouillées et parlantes, de beaux adjectifs inattendus, de la limpidité… Ce livre est évidemment à conseiller à tous les spécialistes du couple, thérapeutes de couple et conseillers conjugaux notamment. Mais il s’adresse aussi à un public plus large, celui des lecteurs curieux. Avec, pour ter~miner, une mise en garde malicieuse : non, ce n’est pas un manuel pour apprendre à gérer ce moment décisif, du genre « le premier matin sans larmes » ! Somme toute, au saut du lit, l’auteur nous déconseille « de vivre un premier matin avec Premier matin à la main »… (D.P.)
 
Alberto Eiguer La famille de l’adolescent : le retour des ancêtres Paris, InPress, 2001
 
 
On sait que l’adolescent, soumis à de profonds conflits internes, déso~rienté, interroge ou dérange ses proches. On a rarement souligné que la famille de l’adolescent – aux prises elle aussi avec des doutes, des questionne~ments, des désillusions – vit autant de bouleversements que le jeune lui-même. Pour faire évoluer les situations difficiles, cet ouvrage invite – au-delà du vécu propre de l’adolescent – à mener une réflexion sur le fonctionnement du groupe familial dans son ensemble.
Pourquoi, dans les moments de crise, l’adolescent et ses proches vivent-ils un tel climat de « dessaisissement des identités » ? Alberto Eiguer avance l’idée originale d’un héritage familial fai~sant irruption lors de ces périodes : des zones d’ombre de l’histoire familiale, des traumatismes cachés, des sentiments de dette à l’égard des ancêtres… L’ado~lescence est le moment privilégié où ces avatars de l’histoire transgénération~nelle se révèlent, ceci d’autant plus que l’adolescent cherche ardemment à trou~ver sa place dans la lignée familiale.
À partir de ces prémisses, ce livre traite de la théorie de base des liens familiaux (dont le lien fraternel), de la cli~nique (notamment avec les familles de toxicomanes, psychotiques, suicidaires, anorexiques-boulimiques) et de la pra~tique des thérapies. En croisant apports théoriques et exemples cliniques, il per~met de mieux comprendre les boulever~sements profonds que connaît la famille d’un adolescent.
 
Jean-Luc Viaux L’enfant et le couple en crise Du conflit psychologique au contentieux juridique Paris, Dunod, 2002, Collection Enfances
 
 
Psychologues et professionnels de l’enfance sont chaque jour confrontés aux troubles qu’induisent chez les enfants le conflit et la séparation de leurs parents, et dans lesquels le psy~chologique, le social et le juridique se nouent étroitement. Essai de clarifica~tion sur les liens entre conflit familial et contentieux judiciaire, cet ouvrage est une réflexion sur la complexité des enjeux psychologiques de la séparation parentale tels qu’ils s’expriment à tra~vers le recours au juridique. Quel sens attribuer par exemple à une demande de reconnaissance de paternité, d’attri~bution d’un droit de visite, de change~ment de résidence, ou à la proclamation que l’autre est un mauvais parent ? L’au~teur s’interroge sur le devenir de la fonc~tion parentale sous sa forme juridique d’« exercice commun de l’autorité parentale », et dessine une nouvelle image de la parentalité. Il analyse la place que tient l’enfant dans l’économie du conflit entre adultes, décrypte le sens de sa parole dans un tel contexte, et renouvelle la clinique classique du couple et du lien parents-enfants.
Riche de nombreux cas concrets, cet ouvrage novateur fournit les bases d’une pratique de la psychologie légale mise au service du judiciaire et des pro~fessions sociales. L’auteur est expert agréé par la Cour de cassation et maître de conférence en psychopathologie à l’université de Rouen. Il est l’auteur de nombreux articles sur l’enfant victime et sur l’expertise psychologique.
 
Yvonne Bruel, Marie-Hélène Flye Sainte-Marie Le code secret du couple Passer du « On » au « Nous », du « ou » au « et », du « tu », au « je » Paris, L’Harmattan, 2002
 
 
« L’autre n’est pas moi. Il n’est même pas l’image que je me fais de lui. » Voilà qui est facile à admettre intel~lectuellement, et pourtant si difficile à vivre concrètement, le pire et le meilleur se côtoyant en toute inconscience dans la relation.
Après plus de vingt ans de travail clinique, d’intervention dans des groupes et de participation à des équipes de recherche, Yvonne Bruel et Marie-Hélène Flye Sainte-Marie, thérapeutes de couple l’une à Montpellier, l’autre à Toulouse, abordent en termes simples des questions complexes. Quelques situations retenues par ces deux théra~peutes nous font cheminer dans la com~préhension de ce qui se joue dans la relation de couple et dans l’espace de travail psychanalytique qui engage cha~cun, conjoints et thérapeute, à faire se rencontrer sa parole et sa vérité de sujet.
 
Benoit Bastard Les démarieurs Enquête sur les nouvelles pratiques du divorce Paris, La Découverte, 2002
 
 
Les visions traditionnelles du couple, de la séparation et des rôles parentaux ont volé en éclats en quelques décennies. Le législateur en a pris acte en réfor~mant le droit de la famille : en matière de divorce, la gestion pacifique de la rup~ture et la recherche de décisions concertées pour la prise en charge des enfants sont privilégiées. Dans ce pro~cessus et cette recherche du « divorce idéal », les professionnels – magistrats, avocats, médiateurs – jouent un rôle central. Mais sont-ils concurrents ou complémentaires ? Peut-on parler d’un « marché » du divorce ?
S’appuyant sur un long travail d’en~quête, l’auteur donne la parole aux couples en rupture, aux magistrats, pro~moteurs d’un « nouveau divorce » diffi~cile à imposer, aux avocats, pris entre la défense des intérêts de leur client et la recherche du consensus, et aux média~teurs, hérauts d’un divorce privatisé et accompagné. Il présente également l’action récente des lieux d’accueil, cen~trée sur le maintien des relations enfants-parents.
Comment satisfaire la volonté privée des conjoints tout en garantissant la continuité des liens après la rupture ? Comment soutenir les parents dans leur rôle, sans tomber dans les travers de l’ingérence et du contrôle social ? Tels sont les dilemmes qui se posent aux professionnels du démariage.
Dressant un panorama complet du trai~tement du divorce aujourd’hui, cet ouvrage sera utile aussi bien aux pro~fessionnels qu’à ceux qui s’intéressent à la question familiale.
 
Magdolna Mérai Grands-parents charmeurs d’enfants Etude des mécanismes transgénérationnels de la maltraitance Paris, L’Harmattan, 2002
 
 
Quel a pu être le rôle des grands-parents quand leurs petits-enfants ont été retirés à leurs parents par les autori~tés judiciaires ? Ce rôle se révèle-t-il plu~tôt positif ou plutôt négatif ? Quelle a été la nature des relations de ces grands-parents avec leurs propres enfants ? Ont-elles été pathogènes et le sont-elles encore ? Grands-pères et grands-mères n’essaient-ils pas parfois de s’approprier leurs petits-enfants en se substituant à leur fils ou fille et en lui déniant toute capacité paternelle ou maternelle ? Ce qui pourrait être une manière de prendre une revanche par rapport à une enfance malheureuse ou à un sentiment d’échec dans l’éducation de leur fils ou fille.
Le livre de M. Merai, psychologue spé~cialiste de l’enfance et de l’adolescence, analyse de nombreuses expériences de terrain qui ouvrent la voie à des recherches sur les transmissions fami~liales. L’étude des témoignages des grands-parents permet au lecteur de comprendre comment la répétition des traumatismes peut évoluer au fil des générations et de l’histoire sociale et politique qu’elles traversent.
© Cairn 2007 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
À propos | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis