Le modèle de l’auto-prescription
Jacques Robion
Tout demandeur d’aide sollicite du tiers une hétéro-réparation en même temps qu’il souhaite
conserver son pouvoir de problématisation. À ce paradoxe de la demande, l’aidant répond le
plus souvent par une hétéro-prescription de reproblématisation qui excite les résistances au
dispositif. Il faut renoncer à toute hétéro-prescription du cadre. À suivre le principe d’une autoprescription familiale, le nombre des thérapies familiales analytiques risque bien évidemment
de se réduire considérablement, très peu de familles désirant s’engager explicitement dans un
processus de travail analytique. L’analyste familial aurait tort cependant de s’inquiéter. Le fait
de renoncer à un travail sur l’inconscient familial n’empêchera nullement cet inconscient de
travailler à l’intérieur du contrat mis en place. Qui alors mieux que l’analyste pourra lire et
décoder les phénomènes transférentiels venant faire obstacle au bon déroulement d’un contrat
de thérapie non analytique ?Mots-clés :
Problématisation et prescription de reproblématisation, dispositif de méta, élaboration et méta, élaboration du dispositif, prescription de groupalité et groupalité de la prescription.
• Problématisation
— Le paradoxe de la demande
— La prescription de reproblématisation
— La symétrie des problématisations
— L’hétéro-prescription du cadre
— Le paradoxe constructiviste de l’auto-information
• La fin de l’hétéro-prescription
dans les thérapies familiales
— La familialité de la prescription
— La prescription de groupalité
— La groupalité du choix du dispositif
— Le dispositif analytique
• La thérapie familiale d’inspiration analytique
• Conclusion
• BIBLIOGRAPHIE