Mères en situation d’errance et de précarité ou l’emprise de la logique utopique
Sarah Tuil
Dans le cadre de la psychopathologie des inadaptations qui concerne les familles déshéritées
plus connues sous le vocable de familles « cas sociaux », l’auteur s’interroge sur le lien pouvant exister entre l’instabilité motrice et affective dont souffre la grande majorité des enfants
qui « bénéficient » d’une mesure d’aide éducative ou de placement et l’errance qui traverse la
vie de leurs mères : errance géographique, errance amoureuse et errance dans le langage. Ce
qui caractérise ces familles est une très grande précarité, tant matérielle que psychique, qui
prédispose à la répétition de ruptures, sociales, professionnelles ou familiales. Cette répétition
agie des ruptures – au fil des générations et dans une même génération – peut être appréhendée sous l’angle d’une impossible séparation au sens d’une impossible mise en lien. Nous touchons là ce qui dans l’errance renvoie à une psychopathologie de l’absence ; le sujet se
trouvant précisément pris au piège de la logique utopique. Mots-clés :
Errance, utopie, inadaptations, transmission transgénérationnelle.
• L’errance géographique
• Errance langagière et errance dans le langage
• L’errance amoureuse
• Conclusion
• BIBLIOGRAPHIE