2005
Dialogue
Éditorial
Marthe Barraco-de pinto
Thérapeutes individuels, de couple ou de famille, ces thèmes de réflexion traversent en permanence la clinique : comment l’identité se construit-elle en
intégrant la part du sexué ? Comment, dans les alliances du couple et les
transmissions générationnelles de la famille, apparaissent ces partitions,
comment repère-t-on leur association ou leur impossible intégration ?
Ces questions sont évidemment au cœur de la pratique de thérapeute de
couple et de famille et posent des problèmes théoriques aux chercheurs et aux
praticiens. C’est tout l’intérêt de ce numéro, qui rend compte d’une partie des
interventions du colloque organisé par l’AFCCC - PSYFA en septembre 2004 intitulé « Le maternel et le féminin », et qui a été l’occasion de confronter des
expériences cliniques et d’approfondir la théorisation à ce propos.
Jacqueline Schaeffer s’intéresse au double courant féminin érotique et maternel qui semble coexister chez la femme : il s’agit de comprendre comment,
au cours des étapes de la vie, ces mouvements vont rester antagonistes, en
tension, tout en ne s’excluant pas l’un l’autre, jusqu’à réussir à s’intégrer
dans le corps de la femme devenue mère.
Claude Zenatti, dont nous gardons dans les oreilles la chaleureuse intervention, replace in situ les implications personnelles que le thème de son propos
a fait résonner en lui et qui l’ont amené à choisir de parler de deux cas d’analyse individuelle.
Muriel Soulié propose de tenter de démêler le maternel du féminin dans le
fonctionnement des couples et des familles, œdipiens ou antœdipiens, selon
une triple lecture : intrapsychique, interpersonnelle et groupale.
Dans les différents ateliers :
- Vincent Garcia et Isabelle Antognelli racontent la timide Pamela affrontée
au désir de son époux, lui, désirant un bébé et elle…
- Annie de Butler et Florence Bécar explorent le vacillement narcissique à
l’aube du devenir parent et éclairent la compréhension de ces problèmes en
revisitant les angoisses adolescentes autour de la différence sexuelle.
- Maryse Pascau et Cathy Saulnier nous amènent dans des classes de collège
où les adolescentes parlent sexualité en « zappant » littéralement le féminin
et ne repérant que le maternel.
- C’est dans une salle obscure que nous retrouvons Françoise Payen et les
rapports troubles et troublés de Gérard Depardieu et Ornella Mutti dans La
Dernière femme, le film de Marco Ferreri, qui montre la difficulté à vivre la
différence sexuée jusqu’à en mourir.
Jean-Maurice Blassel éclaire la clinique de l’approche familiale et conjugale
en conceptualisant quatre types d’articulation entre les deux, avec les choix
thérapeutiques qui en découlent.
En rebond, Christian Mercier illustre comment une institution d’AEMO peut
jouer un rôle de contenance maternelle lorsqu’un professionnel se rend à
domicile.
Maurice Corcos relance une réflexion théorico-clinique sur l’anorexie mentale et ses traitements. Les rapports n’épuisent pas le sujet mais ouvrent à de
nouveaux questionnements sur la construction identitaire qui se poursuit, la
vie durant, pour chacun de nous.
Évelyne Crochot et Évelyne Bouteyre, à partir d’un cas, s’interrogent sur la
manière dont deux sœurs, chacune d’une manière différente, prennent soin de
leur mère atteinte de la maladie d’Alzheimer. Cette étude relance également
la question du fraternel déjà traité plusieurs fois dans la revue Dialogue.
Enfin, poursuivant la réflexion initiée dans le dernier numéro, Claire Metz
discute les limites et intérêts du recours au génogramme dans le travail thérapeutique avec les familles.