Froid comme l’enfer : les femmes battues qui tuent
Patricia Mercader
Bien étudiée par les sociologues nord-améri-cains, spécialement par des féministes, la
problématique des femmes battues qui tuent
appelle une compréhension clinique. Centré
sur huit cas, cet article montre comment leur
aptitude à la symbolisation a été systématiquement entravée. Grandissant dans des
familles où les femmes étaient strictement
confinées à la sphère domestique, où un strict
contrôle de leur sexualité n’empêchait pas de
sévères négligences, qui parfois allaient jusqu’à les exposer à des abus sexuels, elles ont
été confrontées à un véritable interdit de
s’appartenir. Essentiellement, ces femmes ne
se sont senties protégées ni réellement par la
constance de leurs parents, ni affectivement
par leur bienveillance, ni symboliquement
par leur soumission à la Loi.Mots-clés :
Homicide conjugal, crime dit passionnel.
Well studied by North American sociologists,
most of them feminist, the «battered woman
who kills » concept needs a clinical understanding. Focusing on eight cases, this paper
shows how their symbolization aptitude has
systematically been impaired. Raised in
families where women were strictly confined
to the domestic area, where a strict control of
their sexuality did not prevent them from
being exposed to severe neglect and sometimes sexual abuse, these women were not
allowed to belong to themselves. Essentially,
these women never felt that they were protected, either really their parent’s constancy,
nor affectively by their benevolence, nor
symbolically by their submission to the Law.Keywords :
Intimate homicide, crime of passion (so, called).
• Des fillettes exposées
• Des femmes sous emprise
• Une politique « sexuale »
du genre
• BIBLIOGRAPHIE