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Dialogue

2007/2 (n° 176)

  • Pages : 152
  • ISBN : 9782749207322
  • DOI : 10.3917/dia.176.0105
  • Éditeur : ERES


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Naissance d’un séminaire [1]  Je remercie particulièrement le docteur F. Van Leuven... [1]

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Lorsque deux collègues, travaillant toutes deux l’une comme psychologue, l’autre comme pédopsychiatre dans des hôpitaux pédopsychiatriques, sont venues me trouver en 2002 pour me faire part de leurs questions cliniques, elles rejoignaient l’une et l’autre mes propres préoccupations. Celles-ci reposaient à la fois sur des considérations étiopathologiques et thérapeutiques.

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Ma clinique et mes recherches (1998,2004) conduisent à constater une évolution dans les demandes d’aide des familles et des enfants ainsi que dans la façon de les entendre. Les débordements comportementaux diagnostiqués et répertoriés de plus en plus précocement, les demandes d’aide des familles où les secteurs du médical, du social, du juridique et du psychologique sont de plus en plus intriqués, l’émergence de nouveaux dispositifs de soins, les nombreuses publications parfois complémentaires mais aussi contradictoires, voire antinomiques, dans le domaine des troubles de l’attachement, des troubles de la pathologie du lien… ont motivé la création d’un groupe de travail. En prenant appui sur la clinique des différents participants, cliniciens d’orientation analytique et systémique, notre petit groupe s’est donné comme objectif principal d’approfondir et de croiser les référentiels théoriques qui nous aident à penser notre clinique.

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Comme le souligne R. Kaës (2002, p. 15) : « Les souffrances psychiques et les pathologies auxquelles nous avons affaire aujourd’hui sont celles des troubles dans la constitution des limites internes et externes de l’appareil psychique : troubles des “états-limites”, troubles ou défauts des enveloppes psychiques et des signifiants de démarcation, défaillances ou défaut des systèmes de liaison – ou de déliaison –, pathologies des processus de transmission de la vie psychique entre les générations, défiance des processus de transformation. Ce sont des pathologies du narcissisme, de l’originaire et de la symbolisation primaire. Ce sont corrélativement des pathologies du lien intersubjectif. »

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Ces pathologies du lien intersubjectif, au centre de plusieurs de nos publications : Pauss (2001), Frankard (2002), Van Leuven et Figueroa (2002), nous avaient préalablement conduits à relire dans une dynamique d’après-coup la clinique des nourrissons et celle des adolescents hospitalisés dans nos institutions et à souligner des similitudes dans les processus en jeu.

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Par ailleurs, ayant pris connaissance de notre petit groupe de travail via Internet, le docteur F. Hallet (2003), responsable de l’association PÉTALES [2]  L’association PETALES, créée en Belgique début 2001,... [2] est venue nous rencontrer en nous transmettant les questions et préoccupations de son association. Face à la souffrance des familles d’adoption se traduisant parfois par de l’incompréhension, voire de l’opposition, avec les professionnels de la santé mentale, nous nous proposions de nous pencher davantage sur les repères de chacun (parents et professionnels).

L’attachement, au croisement de différents champs conceptuels

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Depuis Bowlby, la référence à l’attachement a vu sa sphère d’influence s’étendre à un tel point qu’il pourrait paraître suspect de s’y référer sous le motif d’un pseudo effet de mode. Pourtant, cette référence s’avère féconde. Elle tisse des ponts stimulants et parfois surprenants entre des disciplines et des cadres conceptuels qui, dans l’histoire récente, se sont ignorés, voire discrédités.

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En analysant la littérature de ces quinze dernières années, une catégorie impressionnante de recherches, surtout dans les pays anglo-saxons, s’intéresse à répertorier les troubles de l’attachement : Brodzinsky (1993), Verhulst et al. (1990), Hjern et al. (2002), Hoksbergen et al. (2001)… La position est nosographique, elle s’inscrit dans la mouvance des outils de classement, tel le DSM IV.

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C’est principalement aux zones d’ombre de ces outils que nous nous intéresserons. Déjà le DSM IV met en évidence l’importance de facteurs environnementaux dans ce qui est répertorié comme « trouble réactionnel de l’attachement de la première ou de la deuxième enfance ». Le trouble est, en effet, associé à une carence de soins manifeste qui peut prendre la forme d’une négligence persistante des besoins émotionnels élémentaires de l’enfant concernant le confort, la stimulation et l’affection, des besoins physiques ou des changements fréquents des personnes prenant soin de l’enfant, empêchant des liens d’attachement stables. Tout en indiquant que le trouble réactionnel de l’attachement semble très rare, le DSM IV met en évidence son évolution extrêmement variable. « L’évolution apparaît variable en fonction de facteurs individuels touchant aussi bien l’enfant que les personnes qui s’en occupent, la sévérité et la durée des carences psychosociales associées, et la nature des interventions mises en œuvre. Une amélioration considérable ou une disparition des troubles peut survenir si on place l’enfant dans un environnement procurant un soutien approprié. Dans le cas inverse le trouble aura une évolution défavorable. »

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La référence à l’attachement per-mettrait-elle une évolution d’un outil largement décrié actuellement par les professionnels de la santé mentale ? Le DSM IV, en ce qui concerne les troubles de l’attachement, laisse une large place à la variabilité tant sur le plan de l’étiologie, de la symptomatologie que de la démarche thérapeutique. La relation du « sujet [3]  Peut-on parler d’un sujet ? Si l’opposition est radicale... [3]  » et de son environnement est soulignée.

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De même, selon N.-P. Rygaard (2005, p. 21) : « Les troubles de l’attachement ne sont pas clairement définis… ». Tout en cherchant à répertorier les signes selon les âges de développement, l’auteur introduit dans sa description des notions qui invitent également à complexifier la question. « Presque tous les enfants atteints de troubles de l’attachement montreront de faibles capacités de base de discrimination sensorielle. Ils seront très attentifs à ce qui se passe autour d’eux et ils seront très inconscients de ce qui se passe en eux-mêmes. Cette “carte sensorielle faible” est probablement le signe avant-coureur d’une faible conscience de soi dans le développement de la personnalité » (2005, p. 95). Nous rejoignons R. Puyuelo qui, dans la préface de l’ouvrage de N.-P. Rygaard, pose l’affirmation suivante : « Ces enfants sont des enfants normaux dont le comportement anormal est dû à un environnement précoce anormal. En effet ce qui est malade n’est ni l’enfant, ni la famille mais le lien parent-enfant insuffisamment mentalisé. Leur immaturité les empêche d’accéder à une “capacité à être seul”, à un “sentiment continu d’existence” […]. Les partenaires familiaux ont été empêchés d’occuper chacun leur place et leur fonction dans le processus de croissance pour des raisons événementielles et/ou leur propre histoire personnelle. Les liens symbiotiques sont prévalents dans les relations qui demeurent toujours extrêmes dans “le tout ou le rien”. Ces enfants ni psychotiques, ni névrotiques, sans latence, sont, pour moi, des abusés narcissiques. Les troubles de l’attachement ne sont pas spécifiques à une population donnée. Nous sommes tous, plus ou moins, des êtres attachés qui tendent à “être ensemble séparément” pris dans une solitude qui nous habite et une tentative continue de recherche de l’autre, cicatrices de notre détresse originelle » (2005, Préface de R. Puyuelo, p. 6).

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Un second groupe d’articles et de livres développent les rapprochements entre les enseignements de Bowlby avec l’avancée de découvertes scientifiques.

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N. Lambert et F. Lotstra (2005) abordent la dimension neurobiologique de l’attachement en soulignant qu’il résulte des interactions complexes entre différentes hormones et neurotransmetteurs sous l’influence conjointe de contraintes génétiques et de facteurs environnementaux. L’attachement vu sous l’angle de la proximité et de la sécurité est, selon ces chercheurs, un avantage sélectif. L’ocytocine et la vasopressine sont deux hormones qui, associées à la mémoire, interagissent pour assurer un attachement « secure ». De son côté, O. Real del Sarte (2005) considère les différents types d’attachement (secure-anxieux-évitant) comme des configurations génétiquement préinformées et adaptatives aussi bien pour les parents que pour les enfants.

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Dans le domaine des théories évolutionnistes, certains chercheurs, tel B. Pierrehumbert associent des facteurs biologiques, telle l’ocytocine, à des facteurs relationnels, voire intrapsychiques. Il souligne les apports des travaux des éthologistes portant sur le bonding (attachement chez la femelle mammifère) influencé par l’ocytocine, hormone nommée du grec la « naissance rapide ». Cette hormone serait responsable des contractions utérines à l’accouchement, puis de la montée de lait. Présente à la naissance, cette hormone continue à être produite par la mère tout au long des soins au jeune. L’ocytocine est connue pour son effet apaisant et aurait par ailleurs un effet, tout au long de la vie du mammifère, sur les comportements sociaux avec ses pairs ou ses partenaires sexuels. L’auteur nuance et critique les études qui ont transposé rapidement la connaissance animale à la spécificité humaine. Il se réfère aux travaux de Winnicott (1958) portant sur la « préoccupation maternelle primaire » pour s’intéresser aux particularités du lien mère/bébé. Plus récemment, les recherches de B. Pierrehumbert (2003) portent sur la différence entre la relation mère/bébé et père/bébé.

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Les liens entre les approches théoriques et cliniques sont également soulignés par E. Goldbeter (2005) qui, dans un article de synthèse, relie les approches psychanalytique et systémique. L’auteur se réfère aux travaux d’A.M. Sorrentino, thérapeute familiale de l’école de Milan, qui décrit l’évolution de son groupe depuis la publication des Jeux psychotiques dans la famille (Selvini, 1990), notamment grâce à la lecture des travaux sur l’attachement. Au cours des entretiens portant sur le recueil de données à propos des familles d’origine, les parents sont invités à parler de leurs liens affectifs avec leurs figures d’attachement. A.M. Sorrentino, comme d’autres thérapeutes familiaux, est désireuse de passer de la vision dyadique de la relation proposée par la théorie de l’attachement à un point de vue triadique. Selon elle, la perspective évolutionniste, en particulier en référence aux travaux d’E. Fivaz-Depeursinge [4]  L’équipe d’Élisabeth Fivaz-Depeursinge a créé un cadre... [4] (2005), jointe aux apports de la théorie de l’attachement, permet de mettre en évidence les besoins des patients en humanisant l’approche du thérapeute familial.

Mise en perspective de deux recherches : « La Lice [5]  LA LICE est un dispositif de soins psychiatriques à... [5] » et « Pétales »

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Prolongeant ces questions cliniques, un important débat contemporain sur l’évaluation des pratiques met au travail les équipes. Comme le soulignent C. Rabouam et L. Renard (1996), l’évaluation se révèle comme un temps psychique utile à la fois pour le thérapeute et pour les patients. Elle est par ailleurs imprégnée d’une tension entre la nécessaire reconnaissance de la sub-jectivité de chacun et la recherche d’une dimension objective, partageable.

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Le croisement des champs conceptuels ouvrant sur des dimensions intrapsychiques et interpersonnelles nous semble également autoriser une lecture complexe et nuancée des questions d’évaluation que rencontrent les équipes.

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La relecture, dans l’après-coup, du travail d’évaluation réalisé à « La Lice » et d’une enquête effectuée par l’association « Pétales » conduit à faire émerger plusieurs points d’articulation interpellants.

L’évaluation du bébé ne peut être qu’une évaluation dans la relation

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La clinique du bébé et les positions soutenues par le courant de la théorie de l’attachement nous obligent à repenser nos repères psycho-pathologiques et thérapeutiques.

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C’est en s’inspirant du travail impressionnant de l’équipe de Guedeney (1997) qu’une grille des interactions a été construite par les cliniciens de LA LICE, grille permettant un repérage psychopathologique ainsi qu’une construction du projet thérapeutique avec l’enfant et sa famille. Pour ce faire, l’équipe a repéré des perturbations à partir de la grille des interactions qui aborde trois domaines de troubles différents : les troubles fonctionnels (troubles de l’alimentation, troubles du sommeil, troubles respiratoires et troubles dermatologiques), les troubles des interactions comportementales père/mère/enfant (corporelles, visuelles, vocales et gestuelles) et les troubles de la socialisation (activité motrice, relation à la mère, à l’objet et aux autres). Comme le soulignent L. Kreisler (1989), P. Mazet et S. Stoléru (1997), dans l’évaluation des interventions psychothérapeutiques auprès des jeunes enfants, la prise en compte de la dimension symptomatique est toujours importante. Le clinicien doit pouvoir évaluer la nature de la souffrance de l’enfant et des défenses précoces mises en œuvre. Toutefois en focalisant l’attention exclusivement sur le pôle-enfant, la dimension symptomatique prise isolément n’est certainement pas suffisante. En outre, considérer l’efficacité d’un dispositif thérapeutique sur la base de l’éradication des seuls symptômes va à l’encontre des fondements psychanalytiques du projet. L’amélioration significative des troubles somatiques du bébé est dès lors un repère à évaluer conjointement aux modalités de l’interaction.

De l’intra à l’intersubjectivité comme dynamique circulaire

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Le rapport d’évaluation rédigé en 2005 au terme de cinq années de fonctionnement montre que les troubles de la dynamique interactive se situent dans les quatre registres d’interaction problématique : corporel, vocal, visuel et gestuel.

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Tout en soulignant l’évolution favorable de la dynamique interactive en fin de prise en charge (évolution positive des dysfonctionnements interactifs précoces parent(s)-enfant dans 76,7 % des cas), l’équipe a également mis en évidence les limites des outils quantitatifs. Les résultats quantitatifs ne peuvent démontrer qu’une partie de l’objectif et doivent être associés à une démarche qualitative. L’évolution de la relation est, en effet, fonction de facteurs trop multiples pour répondre de façon significative à des corrélations mettant une seule variable en jeu. Une attention particulière s’est portée sur les modalités de la construction de l’alliance thérapeutique entre l’équipe, la famille et le professionnel de la santé qui accompagne la famille (envoyeur). Les envoyeurs sont des sujets qui s’énoncent en leur nom et manifestent leur désir de façon particulière vis-à-vis des familles qu’ils accompagnent à LA LICE. Ils font partie du réseau de proximité de la famille et sont en quelque sorte des « familiers ». Aucune évaluation clinique ne peut se passer d’une analyse des modalités transférentielles. Celles-ci participent également à l’écart entre le thérapeutique et l’administratif. Financée à l’acte, l’équipe se trouvait en difficulté face à un certain nombre de rendez-vous manqués. Les conclusions de la démarche évaluative montrent cependant que non seulement le processus thérapeutique n’est pas spécifiquement altéré par le taux des rendez-vous manqués, mais qu’au contraire, l’intermittence de ce lien révèle un aspect spécifique du traitement, représentant, dans de nombreux cas, une tentative d’inscription symbolique de la « présence-absence » ou, comme le souligne E. Corin (2003), de « retrait positif » permettant qu’un véritable lien puisse se tisser.

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L’évaluation du travail thérapeutique réalisé par l’équipe de LA LICE souligne combien une analyse en creux ainsi qu’une prise en considération des écarts, des zones d’ombre est un processus indispensable lorsqu’il s’agit de prendre en considération les modalités très fines et nuancées de ce qui nous spécifie comme humains.

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Parallèlement, l’enquête de l’association PÉTALES [6]  F. Hallet : Enquête Pétales, 2002. L’enquête porte... [6] dont nous avons pris connaissance souligne également la grande souffrance des enfants, des adolescents et de leurs parents. En se référant à un autoquestionnaire rempli par les parents, les informations relatives aux situations permettant de revenir sur la toute petite enfance de la population (17 enfants adoptés jeunes et 2 enfants biologiques). Les difficultés sont observées principalement dans la relation : pleurs rageurs (47 %), pas ou peu de sourires (24 %), indifférence (12 %), ne reconnaît pas ses parents (12 %), geignements constants (6 %). Les autres difficultés se notent sur le plan du développement : retard du développement psychomoteur (19 %) et du tonus : faible tonus musculaire (19 %), faible succion (12 %).

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Comme le souligne le docteur Hallet : « Par rapport aux divers symptômes décrits dans la littérature sur les troubles de l’attachement, même en revoyant a posteriori la vie de leur enfant, les parents ne signalent d’une façon significative que des pleurs rageurs chez près de la moitié des bébés (0-2 ans), et pas ou peu de sourires, de contacts visuels chez un quart des bébés. » Parmi toutes les difficultés mentionnées, celles relatives à la relation mère/enfant semblent particulièrement problématiques. Si 38 % des interactions sont signalées difficiles entre 0 et 6 ans, elles grimpent à 74 % entre 6 et 12ans avec un grand nombre de situations de mise à distance (absence d’émotions et de sentiments). La souffrance des parents est peu présente dans les critères quantitatifs mais perceptible dans les commentaires qualitatifs qu’ils y apportent, tels : « Au supermarché, il partirait sans problème avec quelqu’un d’autre », « Les enfants ne parlent pas d’eux-mêmes, n’expriment pas de sentiments, ou alors une relation agressive en paroles avec des insultes ».

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Il nous semble à nouveau possible de proposer une lecture croisant différents niveaux :

  • celui de l’enfant, de son histoire, de ce qui a précédé la rencontre avec la famille adoptante. « Tous ces enfants ont des histoires très variées avant leur adoption, mais qui ont en commun de multiples donneurs de soins en peu de temps et de la négligence ou de la maltraitance et parfois des abus sexuels » (Hallet, 2002, p. 3) ;

  • celui d’une famille : de ses attentes, de ses craintes et espoirs;

  • celui des multiples acteurs travaillant dans un contexte qui commence à émerger d’un flou voire d’une certaine « délinquance institutionnelle » (A. d’Alcantara, 2005, p. 18).

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Comme le souligne A. d’Alcantara : « Il est impossible de travailler dans le champ de l’adoption et de ne pas la (délinquance institutionnelle) rencontrer à tous les niveaux institutionnels. Si la légifération en la matière et la professionnalisation des intermédiaires sont récentes, le charisme arbitraire d’antan et sa douce corruption confessionnelle ont fait place aux mécanismes primaires de déresponsabilisation par administrations interposées de politiques frileuses déniant les conflits d’intérêts » (A. d’Alcantara, 2005, p. 18).

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Ce n’est donc pas tant le réel du traumatisme que ce qu’il produit ou laisse en creux dans le discours qui fait symptôme. « Par loyauté inconsciente au parent de naissance violenté et laissé pour compte, par fidélité inconsciente à l’injonction d’interdiction d’aimer ou de se laisser aimé, pour d’autres encore, pour échapper aux souvenirs enfouis d’un parent trahi, ces jeunes maintiennent la question de l’impossible “détachement” dans une mise en scène d’un impossible “attachement” » (A. d’Alcantara, 2005, p. 18).

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Les logiques biologiques de l’attachement se retrouvent complexifiées par des déterminations signifiantes.

Logique biologique de l’attachement et réélaboration signifiante : aux sources de l’étayage

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La notion d’étayage a été introduite par Freud (1905) pour rendre compte de la relation étroite qui existe entre la pulsion sexuelle et certaines fonctions corporelles. Ainsi, en ce qui concerne l’oralité, la satisfaction de la zone érogène chez le nourrisson est d’abord étroitement liée à la satisfaction du besoin de nourriture, puis le besoin de répétition de la satisfaction sexuelle se sépare du besoin de nutrition. Le concept d’étayage permet d’établir à la fois une opposition et une relation entre les pulsions sexuelles et les pulsions d’auto-conservation, comme le font remarquer Laplanche et Pontalis (1998, p. 149) : « Les pulsions d’auto-conservation sont prédéterminées par l’appareil somatique et se situent au niveau des fonctions et des besoins, tandis que les pulsions sexuelles s’en détachent secondairement pour devenir autonomes, tout en restant “étayées” sur les fonctions corporelles ».

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L’étayage relie, dans les premiers écrits freudiens, deux types de fonctionnement : à la fois la satisfaction (d’être allaité) et la séparation. Au fil de ses publications, Freud fait évoluer le concept d’étayage et le complexifie.

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Maintenant la dimension d’appui, il y associe, à partir de 1914, dans Pour introduire le narcissisme, la dimension d’un modèle de référence. Le choix de l’objet sexuel s’effectue par étayage sur les modèles de la petite enfance. Il distinguera ce choix d’objet par étayage d’un choix d’objet narcissique, objet choisi sur le modèle du moi propre. Ces deux choix d’objets coexistent chez chaque individu, dans des proportions variables. Au centre du développement, la fonction maternelle. C’est cette fonction, « l’étayant maternel », qui assure pour le nourrisson l’unité de son moi. Une nouvelle dimension, celle du lien, apparaît. La fonction corporelle (le holding et le handling de Winnicott) et, de façon plus générale, les différentes fonctions maternelles sont des éléments essentiels de la constitution du psychisme.

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Dans un troisième temps, Freud reprendra la notion d’appui et de modèle en y associant une dimension sociétale. À partir de 1927, date de la publication de L’avenir d’une illusion, Freud met en rapport le concept d’étayage avec celui de détresse. Des événements, en attaquant le corps (maladie, mort…), la famille, les proches (deuils, séparations…), constituent des menaces de désétayage. Ces menaces concernent donc les étais que sont le corps, la mère, le groupe.

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L’étayage est véritablement la pièce maîtresse dans le passage qui ne cesse de se construire entre le biologique et le psychique tout en soulignant que ce processus n’est pas unidirectionnel : l’autoconservatif et le sexuel relèvent à la fois du biologique et du psychique. Ce sont deux types de fonctionnement et deux modes de satisfaction qui s’articulent constamment.

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R. Kaës (1984) en reprenant le terme allemand d’Anlehung développe les trois composantes de l’étayage : appui, modélisation, reprise. Ce troisième temps, ce temps de reprise ou d’après-coup, nécessite la prise en considération de l’ensemble d’un processus qui rencontre un arrêt, une rupture critique. Prenant en considération une dynamique de continuité et de discontinuité, ce temps de reprise autorise une réélaboration, une transformation effectuée au sein même de l’appareil psychique, hors de notre espace habituel et imperceptible directement par nos sens. C’est également dans une perspective d’articulation et de mise en débat que D. Widlöcher (2000) étudie le développement libidinal en reprenant l’évolution des positions freudiennes et post-freudiennes. La théorie de l’étayage est au cœur du débat. Creusant un espace de réflexion entre deux courants, qui dans l’histoire ont souvent été antagonistes : l’auto-érotisme et l’amour d’objet primaire, Widlöcher s’appuie sur la position du groupe anglais des Indépendants (Balint, Winnicott…) pour proposer une mise en perspective. « L’amour de l’objet et l’auto-érotisme coexistent tout au long de l’enfance. Les conditions de satisfaction ne sont pas les mêmes. L’amour de l’objet est dirigé vers une personne réelle, un “autre” du proche entourage. Cette interaction interpersonnelle donne matière à des représentations mentales et à des comportements interactifs. Le but consiste en la réponse d’autrui, l’intention finale étant d’être aimé par l’autre. À la différence de l’amour de l’objet, la sexualité infantile se construit à partir d’une exigence interne et obtient sa satisfaction dans une activité autoérotique psychique et/ou physique. L’objet représente seulement ici l’acteur appelé à tenir un rôle dans le scénario imaginaire » (2000, p. 21). En distinguant fondamentalement les deux niveaux, la position de Widlöcher autorise une reprise élaborative. La sexualité infantile qui relève de la pure subjectivité propre à l’activité fantasmatique, traite après-coup les expériences vécues qui ont accompagné les conduites d’attachement. Elle reprend sur le mode imaginaire les interactions précoces avec la mère et les personnes de l’entourage. Si le psychisme s’ancre sur le biologique, qui en est le support, il se situe néanmoins à un niveau d’organisation bien différent où s’effectue une mise en sens. « L’inscription dans le registre de la sexualité infantile confère au souvenir de l’expérience une force économique, une valeur de capital, qui donnera cette plusvalue à la répétition de l’action réelle » (2000, p. 33).

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Les questions cliniques inaugurant notre propos trouvent sous cet éclairage une avancée tant sur le plan conceptuel qu’au niveau thérapeutique.

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Il n’est pas étonnant de lire dans les dernières pages du chapitre que Widlöcher consacre à cette question, une réflexion sur les pathologies « qu’il est convenu d’appeler la pathologie limite » (2000, p. 49-50) : « On sait qu’une activité autoérotique précoce excessive peut être l’effet d’une privation d’amour. Plus tard chez l’enfant, une agitation non constructive, une incapacité à jouer, qui sont souvent considérées comme un défaut de mentalisation, peuvent être comprises comme la conséquence d’une perte de l’autoérotisme psychique. […] Absence de mentalisation et difficulté d’accès à l’activité symbolique sont liées à une pauvreté de la créativité, dépendant directement de la sexualité infantile. […] Les expériences bonnes ou mauvaises issues des relations réelles donnent matière à des fantasmes sexuels infantiles pauvres qui ne peuvent constituer une protection efficace contre les événements traumatiques réels. […] Chez les adultes présentant une personnalité limite, tout se passe comme si la sexualité infantile inconsciente celle qui travaille dans le rêve et l’activité psychique inconsciente, ne jouait pas son rôle pour contrôler et intégrer l’ambivalence pulsionnelle primaire ».

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La pratique de la psychanalyse fait appel de plus en plus à une théorisation qui a déplacé l’axe initial de la conflictualité. Les implications thérapeutiques de ce mouvement théorique sont considérables. Widlöcher souligne essentiellement les implications dans le cadre de la cure analytique. L’analyste, par son écoute, son activité associative, ses interprétations, met en mouvement l’activité associative de l’analysant. Il s’agit d’un partage de créativité (co-pensée) qui ouvre la voie à l’auto-érotisme de l’analysant.

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Ce mouvement de reprise, de transformation sublimatoire permet également une lecture des dispositifs de soins dans lesquels sont impliqués, à titre divers (psycho-logue clinicien, thérapeute, pédopsychiatre…), les participants à notre séminaire. Qu’il s’agisse de troubles de relation précoce, d’adolescents en rupture de lien, d’enfantsadolescentsadultes en mal de mentalisation, les dispositifs de soins ont à prendre en considération ce travail de lien. La souffrance du sujet propre à ce registre est « somato-groupale » (Mellier, 2005). Le sujet ne peut se la représenter ni l’éprouver car elle emprunte d’autres voies non psychiques. On pourrait penser que ces souffrances agissent sur « la réalité matérielle », celle que S. Freud a opposée à la « réalité psychique ». Ce double registre de la psyché intrapsychique et intersubjective doit être constamment pensé comme une simultanéité et non comme une succession.

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L’accompagnement de ces patients pose comme pierre angulaire que le comportement ne fait pas à lui seul le sujet; il doit toujours être repris dans une opération de sens. Le travail thérapeutique a une fonction d’étayage. Dans un espace intermédiaire, à la manière dont Winnicott a pu développer la « capacité d’être seul », le thérapeute occupe une position dont la qualité de présence est une métaphore de la présence de la mère facilitant l’activité fantasmatique de l’enfant.


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Notes

[1]

Je remercie particulièrement le docteur F. Van Leuven (pédopsychiatre au Méridien, SSM bruxellois, et à Parcours d’Accueil) et madame V. Pauss (psychologue à la FERME DU SOLEIL et conseillère à la formation à l’UCL ) sans lesquelles ce travail d’écriture n’aurait pas vu le jour. Mes remerciements s’adressent également à Mesdames C. Lebon, C. Lafleur, P. Staquet et S. Tortolano ainsi qu’à monsieur D. Wathelet (psychologues dans différentes institutions de la communauté française de Belgique) qui par la richesse de leur clinique, la rigueur et la créativité de leur pensée ont contribué à l’élaboration de ce texte.

[2]

L’association PETALES, créée en Belgique début 2001, en France en 2002 et au Québec en 2005, se veut un lieu d’écoute des parents en difficulté, un lieu de soutien et d’échange d’expériences. Elle rassemble essentiellement des familles déjà plus ou moins durement touchées par les problèmes d’attachement de leurs enfants adoptés (ou non).

[3]

Peut-on parler d’un sujet ? Si l’opposition est radicale entre le sujet freudien et la somme des critères nosographiques qui émanent du DSM … les zones d’ombre, imprécisions, ouverture environnementale permettent de complexifié sensiblement le débat.

[4]

L’équipe d’Élisabeth Fivaz-Depeursinge a créé un cadre relationnel clinique et de recherche JEU DU TRILOGUE DE LAUSANNE, qui montre les capacités du tout-petit à vivre les relations triangulaires et indique donc l’existence chez lui d’une motivation à partager les expériences qu’il vit avec ses partenaires. Leurs résultats objectivent que plus la communication entre les parents vis-à-vis de l’enfant est coordonnée et chaleureuse, mieux se réalisent les capacités triangulaires de ce dernier.

[5]

LA LICE est un dispositif de soins psychiatriques à domicile dans le domaine des troubles de la relation précoce entre le jeune enfant (0-3 ans), sa famille et son environnement.

[6]

F. Hallet : Enquête Pétales, 2002. L’enquête porte sur 37 familles, comptant de 1 à 9 enfants de 8 à 38 ans, soit 116 enfants dont 49 étaient considérés par leurs parents comme présentant des troubles de l’attachement : 20 filles (41%) et 29 garçons (59 %) ; 47 enfants adoptés ou en famille d’accueil et 2 enfants biologiques tout deux nés prématurément.

Résumé

Français

L’objectif de l’article est théorico-clinique. Autour des questions que posent les troubles de l’attachement, plusieurs référentiels théoriques sont analysés et mis en perspectives. L’éclairage théorique autorise une relecture de la symptomatologie. Il ouvre également des pistes intéressantes en ce qui concerne les questions que pose l’évaluation des pratiques. En suivant la position de D. Widlöcher (2000), la notion d’étayage permet une lecture dynamique des liens entre attachement et théorie des pulsions. Les perspectives thérapeutiques et plus particulièrement les questions posées par les dispositifs novateurs dans le domaine des soins psychiques clôturent l’article.

MOTS-CLÉS

  • Attachement
  • étayage
  • dispositifs novateurs

English

The aim of the article is theoretico-clinical. About questions connected with attachment disorders, different theoretical perspectives are analysed. The theoretical lighting authorizes a second reading of the symptomatology. It also opens several lines of thinking regards to questions related to the assessment of different practises. According to the position of D. Widlöcher (2000), the notion of anaclisis allows a dynamic reading of the links between attachment and the drives theory. The therapeutic perspectives and more particularly the questions arising from the innovative settings in the psychic care fields conclude this article.

KEYWORDS

  • Attachment
  • anaclisis
  • innovative settings

Plan de l'article

  1. Naissance d’un séminaire1
  2. L’attachement, au croisement de différents champs conceptuels
  3. Mise en perspective de deux recherches : « La Lice5 » et « Pétales »
    1. L’évaluation du bébé ne peut être qu’une évaluation dans la relation
    2. De l’intra à l’intersubjectivité comme dynamique circulaire
  4. Logique biologique de l’attachement et réélaboration signifiante : aux sources de l’étayage

Pour citer cet article

Frankard Anne-Christine, « Pathologie du lien et attachement : aux sources de l'étayage », Dialogue 2/ 2007 (n° 176), p. 105-117
URL : www.cairn.info/revue-dialogue-2007-2-page-105.htm.
DOI : 10.3917/dia.176.0105


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