Diogène
P.U.F.

I.S.B.N.9782130526711
176 pages

p. 115 à 169
doi: 10.3917/dio.198.0115

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Annexe

n° 198 2002/2

2002 Diogène Annexe

La FILLM : histoire et enjeux

Association d’études de littérature et de langue du Commonwealth. The Association for Commonwealth Literature and Language Studies (ACLALS), par Satendra Nandan

L’ACLALS est l’institution la plus importante pour l’« écriture du Commonwealth ». Il y a toujours eu un débat intense sur la signification exacte du concept de « littérature du Commonwealth » : le débat a souvent été déplacé, par la création et la critique, vers la nouvelle écriture en anglais, les littératures du monde écrites en anglais et la théorie « postcoloniale » ou « post-coloniale », avec ou sans trait d’union. On y trouve plusieurs histoires avec des niveaux de complexité, de subtilité et de polémique de plus en plus profonds.
L’« écriture du Commonwealth » a acquis maintenant une signification et une résonance mondiales. Pour certains, c’est l’activité de création la plus excitante, dynamique et vitale qui soit surgie des ruines du Grand Empire britannique. L’écriture venant du Commonwealth a changé radicalement la forme de l’enseignement de la littérature au-delà des Îles Britanniques. À une certaine époque, la littérature du Commonwealth était définie par l’exclusion : on en éliminait ce qui était écrit en anglais au Royaume-Uni, en Irlande et aux États-Unis. Aujourd’hui, nous sommes plus permissifs. Les littératures en anglais provenant des anciennes colonies britanniques restent encore prédominantes, mais l’écriture postcoloniale interroge les littératures en anglais de toutes les parties du monde, y compris les traductions et les textes qui n’étaient pas à l’origine écrits en anglais et n’avaient même pas de rapport direct avec l’Angleterre. Franz Fanon est ainsi un cas typique.
L’aventure a commencé par un petit événement à l’Université de Leeds avec A. N. Jeffares et sa vision extraordinaire. A Shaping Connections, édité par Hena Maes-Jelinek, Kirsten Holst Petersen et Anna Rutherford, publié en 1989, donne une image assez complète de la mosaïque colorée et fragmentée qu’est la littérature du Commonwealth. Les essais sont dédiés de droit à Derry Jeffares, qui, comme le disent les éditeurs : « a été sûrement parmi les tous premiers critiques ayant pu percevoir la signification des littératures nationales en anglais comme discipline distincte de la littérature anglaise… La reconnaissance d’une littérature du Commonwealth a demandé un grand saut d’imagination ». Les éditeurs commentent :
« […] les articles sur la théorie critique indiquent l’ampleur prise par les études sur le Commonwealth depuis la conférence de Leeds en 1964. Ce que nous avons vu, surtout ces dernières années, c’est une nouvelle assurance des spécialistes travaillant dans ce domaine, ayant abouti à annuler ou à modifier le canon bien établi des études littéraires anglaises, en laissant ainsi plus de place aux littératures nationales. Ce qui s’est constitué est une méthode postcoloniale pour la théorie littéraire qui lance un défi aux théories européennes traitant des littératures du monde postcolonial, et essaie de suggérer des lectures alternatives non seulement pour les textes postcoloniaux, mais également pour ceux du canon anglais et américain. »
La vision, l’énergie, l’imagination apaisante, la résistance et la persistance des écrivains, des savants, des critiques, des éditeurs, des poètes, des politiciens, des enseignants, des étudiants, des journalistes et des lecteurs qui ont ouvert tant de nouveaux mondes à l’héritage littéraire de notre univers discursif, sont faits à la fois de discours et de silence. Certains d’entre nous, qui avaient grandi avec la croyance que « a » devait désigner un abricot et « z » un Zoulou, ont commencé à mesurer la force du langage, la structure des mots, les réalités qui se cachent derrière et au-delà des mots. L’anglais, langue impériale, est souvent devenu une arme de résistance et de liberté, une source d’actes de subversion et d’expression de la vision intérieure. Comme le poète John Agard l’a écrit dans son Listen Mr Oxford Don (Écoute M’sieu le savant d’Oxford) :
I only armed with mih human breath
but human breath
is a dangerous weapon.
So mek dem send one big word after me
I ent serving suffix in self-defence
I bashing future with present tense
and if necessary
I making of Queen’s English accessory to my offence.
De mon côté j’ai que mon souffle d’homme
mais le souffle d’homme
c’est dangereux comme arme.
Qu’une grande parole leur arrive de moi
rien d’autre en me défendant
je cogne le futur avec le temps présent
et en cas ultime
j’accroche l’anglais de la reine à mon délit.
(traduction libre)
La première conférence s’est tenue à l’Université de Leeds en 1964. Ses actes ont été réunis sous le titre de Littérature du Commonwealth par John Press du British Council. Presque quarante ans plus tard, ils restent un classique qui nous interroge et nous inspire dans ce nouveau millénaire qui est le nôtre. Les domaines de la théorie critique ont développé et approfondi de nombreux points obscurs de la perception coloniale, ont défié et renégocié les domaines de la littérature nationale, ont examiné et interrogé les questions relatives à la langue, à l’art, à la culture, à l’identité, à la politique des indigènes et des migrants. Les processus de l’écriture, la poétique de l’hégémonie intellectuelle ont été explorés et exposés d’une manière qui rend peut-être ces quelques cinquante dernières années le plus important demi-siècle de l’histoire de l’humanité. Outre 11 conférences internationales dans la seconde partie du xxe siècle, 9 associations régionales actives en ce moment ont organisé de nombreuses manifestations par elles-mêmes et ont produit ensemble une longue liste d’actes de conférence distribués dans les journaux, Ariel, CARIB, CHIMO, Journal of Commonwealth Literature, Kunapipi, SPAN et World Literature Written in English (WLWE).
En juillet 2001, la XIIe conférence triennale de l’ACLALS s’est tenue à Canberra, Australie. La date et le lieu sont importants. L’Australie célébrait son 100me anniversaire en tant que Fédération, depuis la colonie pénale de 1788, à une certaine notion de nation en 1901. Mais cet agenda national a été gravement mutilé : les habitants des origines n’ont pas été seulement dépossédés, mais on leur a refusé le droit de citoyen jusqu’à ces dernières décennies.
C’est pourquoi le thème de la conférence de 2001 a été : « Résistance et réconciliation : écrire dans le Commonwealth ». Chacun des mots-clés à son sens et son importance : résistance au colonialisme, à la discrimination de couleur, de caste, de croyance à travers des cérémonies d’innocence, des actes de violence, des cultes de violation et des mots. Résistance également contre les notions venues de l’Ouest : une armée de structures et de théories qui définissaient les peuples et les places, décrites par Edward Said avec une éloquence, une clarté dérangeante et surtout une honnêteté dangereuse. Ainsi, la résistance opère à de nombreux niveaux et la décolonisation de l’imagination a été la condition postcoloniale la plus dure à traiter, mais les écrivains l’ont intégrée dans la condition humaine que nous partageons. La périphérie est le centre, ou plutôt le centre est défini par sa circonférence. Les idées les plus protéiques ont souvent été trouvées écrites sur les bords. Le processus de réconciliation arrive simplement un peu tard pour certains.
Mais la « Réconciliation » se trouve également à des niveaux différents de conscience où l’imagination curative et « le toucher qui guérit », selon les mots du Pandit Nehru, jouent des rôles importants et créatifs. Ce n’est pas seulement une réconciliation avec le peuple ; il faut se réconcilier avec sa propre histoire, les points obscurs de cette histoire, ramasser les morceaux du vase brisé. C’est la réconciliation avec les lieux, les gens, les voix des morts, le partage des peines des vivants. Pouvoir réconcilier les idées est tout aussi important. Ceux parmi nous qui écrivons ou étudions des textes littéraires sont très conscients de la nécessité de réconcilier la lecture, les textes et la théorie : ce sont des actes qui peuvent se présenter à l’intelligence comme séparés, mais il s’agit en réalité des parties d’un tout, en fait, de l’intelligence totale. La multiplicité textuelle d’une pièce ne fait que refléter les multiples réalités de notre existence – nous devons réconcilier nos multiples identités en une seule entité : mémoire pour racheter notre passé, imagination pour transfigurer notre futur et claire vision pour vivre dans le présent.
Néanmoins, les problèmes urgents de la « littérature du Commonwealth » discutés à la conférence de Leeds en 1964 restent avec nous encore aujourd’hui : Littérature et environnement ; Héritage et adaptation ; Langue et culture ; Littérature anglaise dans des sociétés multilingues ; Communication et responsabilité, parmi tant d’autres. Les problèmes d’éducation et d’alphabétisation que Chinua Achebe a mis en évidence, Identité et nationalité par B. Rajan et les soucis pratiques relatifs à l’écriture, aux livres, au marketing, au rôle des universités, aux fonctions de la critique littéraire et au rôle des écrivains. De même, nos problèmes contemporains concernant les femmes, l’éthique, la pauvreté, les armes et les guerres … et comment la périphérie sera ramenée au centre. L’écriture du Commonwealth a, à sa manière unique et endurante, contribué par un appui théorique à éveiller notre conscience dans ces domaines de pensée et d’action.
L’écriture elle-même a subi des transformations merveilleuses depuis les gravures rupestres jusqu’à la communication numérique. Ainsi, l’interprétation de l’expérience humaine est diverse et significative. « Commonwealth » est maintenant un terme dynamique : il a heureusement perdu son caractère britannique ; il y a un Commonwealth d’Australie, mais, ce qui est plus important, c’est le Commonwealth des créations dont nous parlons. Les voix des peuples, presque deux milliards, dont la destinée est reliée à quelques autres quatre milliards. Le Commonwealth représente par son écriture un lieu d’espérance et de guérison : pour réécrire l’histoire et représenter les potentialités du présent. C’est tout ceci qui donne à l’ACLALS son énergie intérieure, son but, sa camaraderie et son activité. Selon les mots de G. D. Killam lors du 25e anniversaire de la littérature du Commonwealth :
« […] le développement des études sur la littérature du Commonwealth rend mal ce que l’enthousiasme et la bonne entente ont produit par le partage des convictions et des opinions suscité par les conférences annuelles, biennales et triennales de l’ACLALS et de diverses autres associations. »
www.aclals.com

Association internationale des Études françaises (AIEF), par Louis Van Delft

L’Association Internationale des Études Françaises a été créée en 1948. Historiquement, cette création s’inscrit dans le mouvement d’ouverture et de coopération internationales dont le besoin s’est fait nettement sentir après la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’idée de rassembler en une Association les spécialistes de la langue et de la littérature françaises à travers l’Europe et le monde répondait, bien entendu aussi, à un besoin plus proprement académique : il apparut alors que les études linguistiques et littéraires mêmes, quelque fidèles qu’elles se voulussent à la tradition française bien établie d’asseoir sur le socle gréco-latin les études et la recherche portant sur la langue et les lettres françaises, pouvaient et devaient tirer parti, davantage qu’elles ne l’avaient fait jusqu’alors, des travaux poursuivis à l’étranger, et même s’inspirer de certains autres modèles, comme celui des romanistes, en accordant une attention nettement plus grande aux rapports consubstantiels entre les diverses branches de l’arbre de la « Romania ».
La structure qui se mit en place se voulut très délibérément aussi légère et peu contraignante que possible, dans le but de perpétuer, autant que faire se pouvait au xxe siècle, la tradition humaniste de la conférence, de l’entretien et du dialogue. À l’origine, l’Association était conçue comme appelée à promouvoir la réunion, de façon régulière, d’un certain nombre de confrères désireux de confronter les résultats de leurs travaux et de favoriser l’échange d’informations. Il convient de rappeler qu’à l’époque la recherche, notamment dans le domaine des humanités, relevait beaucoup plus qu’à l’heure actuelle d’une forme d’artisanat. Le risque d’isolement était apparu, notamment par l’ignorance dans laquelle on pouvait demeurer, de recherches voisines conduites au-delà des frontières. L’heure n’était pas, dans les arts et les lettres, aux colloques, séminaires et congrès. Aussi bien, l’Association se proposait de transformer ce qui jusqu’alors avait été une sorte d’« académie invisible », de l’ordre de celle décrite par Bacon, en une confrérie, lieu de l’amitié autant que du savoir, permettant à des chercheurs individuels de sortir de leur isolement et de prendre conscience, non plus seulement de leurs affinités, mais de leurs intérêts communs.
Les statuts de l’Association, tels qu’ils ont été modifiés récemment (en 1994) sont doublement révélateurs. On peut voir se refléter dans ce document d’une part le souci de conserver autant que faire se peut, quelque cinquante ans après la création de l’Association, une structure souple, peu bureaucratique, peu formaliste et légaliste (on notera, à cet égard, le nombre très réduit d’articles) ; mais aussi, d’autre part, l’évolution de la profession (à preuve, le nombre assez considérable de membres auquel se trouve porté le Conseil). Mais on mesure aisément qu’à un demi-siècle de distance, le souci majeur de l’Association demeure l’ouverture et l’internationalisation. Dans la pratique, d’ailleurs, la tradition s’est depuis longtemps instaurée, d’une alternance : la présidence revient une fois sur deux à un collègue d’un autre pays que la France. L’article 5, prévoyant, dans ce cas de figure, une sorte de tandem avec un vice-président domicilié en France, permet une gestion efficace des affaires courantes.
Au cours des années, l’AIEF a en effet dû s’adapter aux conditions nouvelles de l’exercice de l’enseignement et de la recherche. Elle était assurément loin de s’attendre à un bouleversement aussi profond. Pendant un assez long temps, elle a espéré pouvoir rester fidèle à sa conception première d’une association regroupant des spécialistes continuant à se considérer avant tout comme des « honnêtes gens », résistant à l’inflation certaine des rencontres savantes et mettant au-dessus de tout autre critère l’exigence d’approfondissement à laquelle, au même moment, l’Université française continuait à se montrer attachée, notamment par sa fidélité au modèle du Doctorat d’État. Peu à peu, cependant, et notamment à la faveur de la véritable explosion des méthodes de la critique dans les années 60 et 70, l’Association a pris conscience que, sous peine de se couper de la recherche vivante, telle que l’entendaient d’autres pays avancés, sous peine aussi de voir ses adhérents vieillir avec une conception peut-être trop exclusivement historiciste des études françaises sans réellement assurer une relève ni s’ouvrir suffisamment au renouvellement de la discipline, elle avait intérêt à accueillir en son sein des collègues venant d’horizons plus divers encore et marquer une plus grande attention aux « approches » auxquelles elle n’était pas portée naturellement par la tradition.
Un effort a donc été fourni sur plusieurs fronts : la recherche au-delà de l’aire « occidentale » a davantage retenu la curiosité (c’est ainsi que, depuis quelques années, une journée ou une demi-journée est consacrée, dans chaque congrès, à l’état des études françaises dans une zone géographique large et/ou éloignée) ; les formules, dans la communication du savoir, se sont adaptées (notamment par l’instauration de tables rondes) ; un Prix annuel réservé à un jeune chercheur d’un pays toujours différent a été institué – et attribué – depuis cinq ans, un site Internet a bien entendu été créé, des confrères plus jeunes ont été invités à faire partie du Conseil, la parole a été davantage accordée, lors des congrès, à des chercheurs qui ne soient pas encore des « autorités » intimidantes ; des sujets quelquefois plus en prise sur le monde contemporain ont été mis au programme des rencontres ; des voies de financement ont été, sinon découvertes, du moins étudiées ; un rapprochement est tenté, avec les organisations « jumelles » et avec la FILLM.
L’objectif majeur de l’AIEF, et sa principale réalisation, demeurent cependant l’organisation de son congrès annuel, et la production ininterrompue, depuis 52 ans, du volume annuel des Cahiers de l’Association Internationale des Études Françaises (CAIEF), tiré à 1000 exemplaires. Il s’agit là de bien autre chose que d’une « vitrine ». Sans verser dans l’autosatisfaction, l’Association croit que c’est là sa contribution au progrès du savoir. La série de ces Cahiers figure en bonne place dans nombre de bibliothèques, tout comme sont constantes les références qui y sont faites, à travers le monde, dans les études les plus variées sur l’ensemble des périodes auxquelles s’intéresse la discipline. Les signatures les plus prestigieuses reviennent dans ces volumes, que l’Association se fait un point d’honneur de publier dans des délais remarquablement courts (pratiquement toujours dans les dix mois suivant la tenue des congrès). On peut gager que lorsque le moment viendra pour l’AIEF de dresser un bilan encore plus exhaustif de son activité éditoriale que celui qu’elle a procuré dans les Tables de ses Cahiers, et qu’elle se proposera de donner, à l’instar de ce qu’ont fait, par exemple, la Société d’Histoire Littéraire de France à l’occasion de son centenaire, ou la Société d’Étude du xviie Siècle à l’occasion de son cinquantenaire, une synthèse de ce qu’elle a apporté, elle pourra se targuer d’avoir fourni un panorama complet et exact de l’évolution de la discipline. L’Association est toutefois très consciente de l’effort soutenu qu’il lui faut continuer à fournir.
www.aief.eu.org

Association Internationale des Lusitanistes. Associação Internacional de Lusitanistas (AIL), par Cristina Robalo Cordeiro

S’il est nécessaire de présenter notre Association, fondée à l’Université de Poitiers en 1984 à l’initiative du Professeur Lawton, il est sans doute tout à fait superflu de présenter la langue portugaise, à la fin d’une année où il a été beaucoup question de notre culture, à l’occasion des célébrations du cinq-centième anniversaire de la découverte du Brésil, à l’occasion de la proclamation d’Indépendance de Timor et de l’attribution du prix Nobel de Littérature en 1999 à José Saramago.
Je rappellerai toutefois que le portugais est l’une des premières langues parlées dans le monde, avec plus de 240 millions de locuteurs. Si Camões est notre Dante ou notre Cervantes, Pessoa et Jorge Amado ont, au xxe siècle, et des deux côtés de l’Atlantique, largement contribué à faire connaître et valoir notre commun patrimoine. Et est-il besoin de mentionner le nom de l’auteur de best-sellers actuellement le plus populaire dans le monde pour prouver combien est vivante et féconde la langue portugaise, parlée comme langue officielle au Portugal et au Brésil mais également dans l’Insulinde (à Timor) et en Afrique (Angola, Mozambique, Cap-Vert, Guinée-Bissau, Saint-Tomé et Prince) ?
L’Association Internationale des Lusitanistes a son siège à l’Université de Coimbra, l’une des plus anciennes universités européennes. Sa visée fondamentale est, selon les termes de ses statuts, de « développer les études de langue, de littérature et de culture des pays de langue portugaise, d’organiser des congrès, d’en publier les actes, de collaborer avec des institutions nationales et internationales ». Comptant plus d’un demi-millier d’associés originaires d’une trentaine de pays (Espagne, Belgique, France, Allemagne, Grèce, Royaume-Uni, Hongrie, Italie, Pologne, Roumanie, Suisse, Suède, Russie, Danemark, Argentine, Brésil, Portugal, Canada, États-Unis, Guinée, Inde, Japon, Mexique, Mozambique, Nigeria, Puerto Rico, Corée, Sénégal…), l’AIL a connu un essor spectaculaire au cours des dernières années comme l’a montré notre dernier Congrès à Rio de Janeiro en août 1999.
Pour reprendre les axes définis par notre actuel Président, le Professeur Carlos Reis, je dirai que notre présente politique correspond à une triple volonté de croissance, de consolidation et de diversification : nous souhaitons, grâce à un « travail à la fois local et pluricontinental », obtenir de nouvelles adhésions dans le milieu universitaire mais aussi auprès des diffuseurs de culture, de tous les amis de notre langue et de nos littératures exerçant une influence dans tous les domaines du savoir, de l’information, voire de l’économie.
La mise en place de comités de travail dans les divers pays où l’AIL a des représentants constitue à nos yeux une décisive condition de succès. Nous avons également le souci de multiplier les protocoles de coopération avec d’autres associations dans le but de créer une confédération internationale d’organismes intéressés par et à l’étude de la langue, de la littérature, de la culture des pays lusophones. L’Institut Camões est une pièce essentielle du système qui est en train d’être organisé. Il faut aussi souligner l’importance du rôle qu’est appelé à jouer dans cette construction la communauté des PALOP (Pays africains de langue officielle portugaise).
Outre les réunions scientifiques programmées à titre régulier, notre Association propose à ses adhérents un Bulletin d’Information ainsi qu’une revue (Veredas) dont le Professeur Sebastião Pinho est le Secrétaire de Rédaction. Notre Association se veut aussi solidaire : ainsi elle a aidé et continuera à aider à constituer des fonds bibliographiques destinés, par exemple, à fournir la Bibliothèque Agostinho Neto de Luanda. De même, nous avons entrepris de faire porter notre effort de solidarité culturelle jusqu’à Timor.
Notre prochain Congrès se tiendra en Amérique du Nord, à l’Université de Brown (Providence) et sera organisé par le Professeur Onésimo de Almeida qui y enseigne depuis plus de vingt ans la culture portugaise. Il ne fait pas de doute que ce sera une nouvelle étape.
www.uc.pt/ail

Association latino-américaine pour la linguistique et la philologie. Asociación de Lingüística y Filología de América Latina (ALFAL), par Ataliba T. de Castilho

L’ALFAL, l’Association pour la linguistique et la philologie d’Amérique Latine, a été créée pendant une réunion tenue à l’Instituto de Filología de l’Université du Chili (Viña Del Mar, 20-25 janvier 1964). Selon son premier président, le linguiste brésilien Joaquim Mattoso Câmara Jr., l’idée de sa fondation avait été discutée auparavant par un groupe de linguistes latino-américains, à l’occasion du IXe Congrès international de linguistique, tenu à Cambridge, Massachusetts, en août 1962. Le but principal était à l’époque de soutenir la recherche dans des domaines comme la linguistique espagnole, portugaise et amérindienne, la philologie et la littérature latino-américaines, ainsi que l’enseignement des langues en première et deuxième langue.
Peu de temps après la fondation de l’ALFAL, Donald Solá et autres spécialistes de renom ont lancé le Programme inter-américain de linguistique et d’enseignement des langues (PILEI, selon le sigle hispano-portugais), de nouveau au Chili, 10-14 août 1970.
Depuis, l’ALFAL et le PILEI ont coopéré, même si les moyens étaient différents : l’ALFAL avec ses congrès bisannuels, le PILEI avec ses projets de recherche collective, ses instituts et ses symposiums. La disparition du PILEI en 1981 a mis fin à ce modèle, obligeant l’ALFAL à reprendre les projets de recherche gérés auparavant par son partenaire.
Actuellement, le comité de direction comprend Ataliba T. de Castilho, président, Université d’État de São Paulo (Brésil), José Moreno de Alba, secrétaire, Université nationale autonome de Mexico (Mexique), Orlando Alba, Brigham Young University (États-Unis). Le comité de direction est assisté dans ses décisions par le comité consultatif, dont les membres actuels sont Adolfo Elizaincin (Uruguay), Alba Valencia Espinoza (Chili), Carmen Silva-Corvalán (États-Unis), Germán de Granda (Espagne), José Antonio Samper Padilla (Grande Canarie, Espagne) et Paola Bentivoglio (Venezuela). Les délégués régionaux aident à la communication entre le comité de direction et les 1400 membres affiliés, la plupart en Amérique Latine, même si l’ALFAL a des membres associés également en Amérique du Nord, en Europe et dans quelques pays d’Asie.
L’ALFAL a organisé jusqu’à présent douze congrès : I (Montevideo, Uruguay, 1966), II (São Paulo, Brésil, 1969), III (San Juan, Puerto Rico, 1971), IV (Lima, Pérou, 1975), V (Caracas, Venezuela, 1978), VI (Phoenix, États-Unis, 1981), VII (Santo Domingo, République Dominicaine, 1984), VIII (Tucumán, Argentine, 1987), IX (Campinas, Brésil, 1990), X (Veracruz, Mexico, 1993), XI (Las Palmas de Gran Canaria, Espagne, 1996), XII (Santiago, Chili, 1999). Le XIIIe Congrès est programmé à Costa Rica, en 2002. Tous les actes ont été publiés. À part ces actes, l’ALFAL soutient la publication annuelle Lingüística, arrivée déjà au n° 11, et publie de manière irrégulière les Cuadernos de Lingüística, 9 numéros, et le Boletín Informativo, 11 numéros (9 + 2, dans la nouvelle série).
Des nombreux comités de recherche sont en activité.
(a) Approfondir la connaissance de la complexité linguistique latino-américaine : L’activité de l’ALFAL se réfère à une zone géographique qui était déjà linguistiquement complexe avant l’arrivée des colonisateurs européens. D’énormes populations parlaient des centaines de langues amérindiennes, dont certaines ont survécu à l’invasion. Des millions de gens parlent encore nahuatl, maya-quiché, quechua, guarani, mapuche et chibcha, qui sont considérées comme des lenguas « mayores » ou « generales ».
Les langues romanes introduites par les latino-européens ont donné naissance à une « Nouvelle Romania », qui compte 300.000.000 de locuteurs espagnols en Amérique hispanique et 167.000.000 de locuteurs portugais au Brésil, sans mentionner les millions de Canadiens parlant français. Des tendances à la fois conservatrices et novatrices ont vu le jour dans les langues mentionnées ci-dessus, après leur contact avec les langues amérindiennes et africaines dans le nouvel environnement créé par trois siècles de colonisation, suivis par l’immigration intensive du xixe siècle.
Ce terrain pose plusieurs problèmes devant être étudiés par les comités de recherche de l’ALFAL : (a) l’amélioration de notre connaissance des langues amérindiennes, (b) la connaissance des changements qui se sont produits dans les langues romanes, (c) l’importance de la littérature latino-américaine. Considérons les deux premiers problèmes.
La linguistique amérindienne a connu un important développement ces dernières vingt années. Si le linguiste latino-américain est destiné à apporter une contribution réelle à la théorie linguistique, c’est dans ce domaine que cela se produira. Les chercheurs y affrontent des difficultés énormes, et pourtant ils ont déjà documenté et analysé avec succès plus de la moitié des langues amérindiennes vivantes. Un problème qui n’a pas été suffisamment abordé est l’implication des peuples mêmes dans le travail de documentation et de description de leurs propres langues.
Les linguistes latino-américains ont pris conscience de la croissance des communautés urbaines, une augmentation qui est passée de 20 %, au début du xxe siècle, à 80 % actuellement. Quelles seraient les conséquences pour l’espagnol et le portugais latino-américains de passer d’une variété à prédominance rurale à une variété à prédominance urbaine ? Juan M. Lope Blanch, de l’Université nationale autonome de Mexico (UNAM) et ancien président de l’ALFAL, a abordé ce problème en lançant en 1996 à l’échelle de toute l’Amérique hispanique le « Proyecto de estudio de la norma urbana culta ». Ceci a conduit les linguistes brésiliens à travailler sur un projet similaire, connu sur place sous le nom de projet NURC, et qui avait commencé en 1969. Un grand nombre d’entrevues ont été enregistrées et analysées dans les deux projets, ce qui permet une meilleure compréhension des mécanismes de la langue parlée.
Les premières propositions sur l’histoire de l’espagnol latino-américain ont été faites par Guitarte et Lope Blanch. La recherche a commencé à la fin des années 80, sous la direction de Beatriz Fontanella de Weinberg, remplacée après sa mort par Elena Rojas Mayer, originaire d’Argentine elle-aussi. La linguistique historique a connu une croissance rapide au Brésil, grâce aux travaux de Joaquim Mattoso Câmara Jr., Rosa Virgínia Mattos e Silva, Fernando Tarallo, Carlos Alberto Faraco, Mary Kato et autres. Ces projets collectifs ont actuellement beaucoup de succès et l’ALFAL y joue un rôle important. Les linguistes latino-américains ont trouvé une nouvelle manière de développer leur recherche, en dépit des difficultés qu’ils affrontent à cause des limitations budgétaires de leurs universités. Je crois fermement que la recherche de nouvelles formes de partenariat pourrait répondre à ces difficultés. Les comités de recherche joueront un rôle décisif dans cette affaire, en intégrant les différents spécialistes à l’intérieur de l’ALFAL sur la base de projets de recherche nouveaux.
(b) Enseignement des langues : En tant que continent multilingue, l’Amérique Latine pose plusieurs problèmes dans le domaine de l’enseignement des langues. Considérons d’abord rapidement l’enseignement des langues minoritaires, et ensuite celui des langues étrangères. En gros, l’éducation des indigènes a connu deux directions essentielles. Premièrement, le gouvernement national a assumé la tâche de « civiliser » les Amérindiens, en les intégrant à la communauté dominante dont la langue est celle qui doit être enseignée. Depuis les années 70, cette situation a été remplacée par l’éducation bilingue, permettant une « explosion des différences » qui a conduit à la construction d’identités sociales différentes de celle de la « nation ». La tâche du linguiste devient l’« elucidação conceitual da reflexão lingüística conduzida pelos próprios falantes, que se constituem em pesquisadores de suas próprias línguas ».
La globalisation générale à laquelle nous assistons maintenant provoque des débats intéressants au sujet de l’enseignement des langues étrangères. Le Conseil européen des langues a affirmé récemment que les citoyens monolingues risquent de souffrir d’une sorte de « déficience linguistique » au courant de ce nouveau siècle s’ils restent dans cet état. Chacun devrait maîtriser au moins deux langues étrangères. Mais si nous transposons la nécessité du multilinguisme à l’Amérique Latine, quelles langues devront-elles être enseignées ? On peut penser qu’au moins l’espagnol, le portugais et le guarani doivent être enseignés, si le bloc MERCOSUL/MERCOSUR garde sa taille actuelle. Les membres auront à débattre de problèmes tels que l’amélioration de leur système scolaire, la création d’un environnement favorable à l’apprentissage intensif des langues étrangères, et aussi de l’apprentissage de l’histoire, de la géographie et des sciences naturelles dans des langues autres que la langue maternelle, ce qui à son tour implique une formation appropriée des enseignants. La linguistique pourrait contribuer très activement à ces discussions. L’ALFAL pourrait fournir un cadre adéquat dans ce domaine, comme elle l’a déjà fait pendant presque quatre décennies d’existence.
(c) Participer au mode globalisé : Les années 90 ont connu certaines transformations politiques, à peine concevables il y a quelques années. Des nations qui s’étaient combattues par le passé, en développant donc une profonde défiance envers leurs voisins, prennent maintenant des décisions sérieuses visant l’intégration économique et politique. Le développement à l’échelle mondiale d’institutions comme ASEAN, NAFTA, UE et MERCOSUL/MERCOSUR indique que les divisions traditionnelles entre cultures régionales, nationales et internationales ne peuvent plus être maintenues : comme le dit R.E. Hamel, « surgindo terceiras culturas desterritorializadas como a nova cultura empresarial, a eletrônica, a ecologia e múltiplas expressões de sincretismos e hibridações ».
Les syncrétismes et les hybridations prédits par Hamel devraient être considérés comme une cible importante pour les associations de recherche latino-américaines telles que l’ALFAL. À cause de siècles de culture coloniale, les pays du sous-continent ont développé une sorte d’indifférence envers leurs voisins, ainsi qu’un mode de vie « retranché » et isolé, même en ce qui concerne la science et la recherche. Il est maintenant grand temps d’aborder cette culture politique pour l’adapter aux défis du monde actuel. Dans cette direction, l’ALFAL peut jouer un rôle vital, bien que modeste, en orientant ses membres vers les sujets fondamentaux de la recherche. La modification d’une culture n’est pas une tâche facile, et ceci ne devrait être que la première étape, renforcée par le succès de nos projets de recherche collectifs.
À l’intérieur du MERCOSUL/MERCOSUR un débat sur la politique culturelle est en cours, conduit par l’Association des universités du groupe de Montevideo (AUGM). Cette association a été créée en 1991, peu de temps après la signature du Traité d’Asunción donnant naissance au MERCOSUL/MERCOSUR. Le but de l’AUGM est d’améliorer la formation des ressources humaines destinées à la recherche et au transfert des connaissances parmi les participants, ainsi que de contribuer au processus d’intégration de l’enseignement à tous les niveaux : Meneghel (1998). Plusieurs universités participent à l’Association, qui se concentre actuellement sur la politique linguistique adaptée au sous-continent. L’ALFAL pourrait apporter une contribution au débat, car elle représente des pays qui ne participent pas encore au MERCOSUL/R. En bref, l’intégration du peuple à travers la recherche est actuellement un défi clair que l’ALFAL ne peut pas ignorer.
www.alfal.org

Association pour la rhétorique et la communication en afrique australe. Association for Rhetoric and Communication in Southern Africa (ARCSA), par Philippe-Joseph Salazar

Pourquoi la rhétorique est-elle essentielle à l’idée d’université dans une démocratie ?
L’ARCSA, fondée en juillet 1994, à la suite du premier Symposium de rhétorique en Afrique (qui est maintenant une manifestation biennale régulière), constituait une réponse de nos milieux universitaires à l’avènement de la démocratie en Afrique du Sud – en soi une démonstration éclairante du pouvoir de la persuasion politique et de l’importance de la notion de délibération publique dans la post-modernité. Une centaine de chercheurs dans le domaine des études rhétoriques se rassemblèrent au Cap en juillet 1994. S’imposa à leurs travaux l’évidence que l’élection de Nelson Mandela figurait les meilleurs auspices possibles sous lesquels placer la naissance de la rhétorique dans cette nouvelle démocratie. La mission de l’ARCSA est ainsi de soutenir et d’analyser le développement d’institutions démocratiques par une action soutenue de réflexion et d’intervention.
La mission de l’ARCSA est en effet de nourrir la recherche universitaire par un dialogue entre la rhétorique (l’étude du débat dans le domaine public) et le développement de la démocratie – en s’engageant dans trois activités principales : accueillir les chercheurs au Centre d’Études Rhétoriques du Cap, organiser des conférences scientifiques bisannuelles en Afrique subsaharienne et promouvoir l’étude de programmes de maîtrise et de doctorat en Études rhétoriques. L’ARCSA offre un forum international à la rhétorique en accueillant ou en contribuant à l’organisation de manifestations tenues sous l’égide de la National Communication Association (États-Unis), l’International Society for the History of Rhetoric, le Collège international de philosophie, Paris, et depuis 2000 la FILLM. L’ARCSA est la première société scientifique de rhétorique à s’affilier à la FILLM et la deuxième association dans le domaine plus large des langues en Afrique, après la MLA de l’Afrique de l’Ouest. Nous pensons qu’il nous revient de donner à la FILLM la mesure du potentiel que les études rhétoriques représentent pour le développement des disciplines « littéraires », parfois en état de siège. Les études de rhétorique, comme en témoigne leur développement continu aux États-Unis, peuvent donner un nouvel élan aux disciplines fondées sur le langage, au sens large, en les inscrivant dans la politique, le discours et le débat public.
En Afrique, comme le montrent les démocraties post-modernes qui émergent au Nigeria et en Afrique du Sud, où la sphère publique de délibération s’est avérée un agent majeur de changement et de transformation, les études rhétoriques ont un rôle crucial à jouer.
Depuis sa fondation, l’ARCSA a tenté de donner de la substance à cette profession de foi en accueillant une série de colloques qui ont eu comme résultat, non seulement de faire sortir les spécialistes de rhétorique de leurs départements d’origine, mais encore de délocaliser la rhétorique. L’ARCSA attire désormais des chercheurs venus de l’ensemble de la région subsaharienne. Nos membres, même s’ils sont peu nombreux, proviennent de pays aussi différents que le Congo, la Zambie, le Nigeria, le Lesotho, l’Afrique du Sud, avec une participation régulière de spécialistes européens, nord-américains et latino-américains. Comme il convient, ces conférences bisannuelles portent le nom de « Symposium africain de rhétorique ».
En 1994 l’ARCSA, imprégnée par l’exercice pacifique de rhétorique politique qui a marqué la fin de l’apartheid, s’est attachée à réfléchir sur « Pouvoir et persuasion ». En 1996, nous avons poursuivi sur le thème « Rhétoriques de la diversité » – un aspect essentiel de la sphère publique en démocratie. En 1998, pour célébrer la Déclaration Universelle, l’ARCSA a porté son attention sur les « Rhétoriques des Droits de l’Homme », une occasion de réfléchir sur des traditions divergentes et de questionner l’impact de la mondialisation. En 2000, l’Association s’est déplacée en Zambie, en choisissant comme sujet le dialogue entre « Rhétorique occidentale et oralité africaine ». En 2002, au Lesotho, l’ARCSA offrira à ses membres l’opportunité de discuter la manière dont le genre sexuel est rhétoricisé dans les démocraties africaines.
Si ces réunions internationales affirment notre présence scientifique, nous considérons que notre activité ne saurait en rester là, surtout dans un domaine en pleine croissance.
À la lumière de quoi, l’ARCSA milite activement pour l’introduction d’un enseignement de la rhétorique dans les universités. Nous pensons qu’en plus du savoir compter et du savoir lire, il y a le savoir parler. Les diplômés en sciences pures ou appliquées, techniques ou médicales, doivent pouvoir traduire une connaissance instrumentale en une « connaissance publique », afin que compétences et solutions soient l’objet d’une appropriation par le public.
Dans le cas des humanités, il est clair que cette dimension persuasive est obscurcie par la certitude, que nous avons, que la maîtrise du langage et des théories suffit à nous défendre. Des enquêtes récentes aux États-Unis ont signalé à quel degré nous autres, dans les sciences humaines, avons l’art d’être les moins persuasifs dans la défense de nos disciplines. À l’ARCSA, nous pensons que si une approche ternaire dans l’éducation des citoyens – alphabétisation, arithmétique, rhétorique – est aisément contournable dans les démocraties occidentales du fait d’un système mieux établi, où la possibilité existe pour les citoyens de trouver par eux-mêmes les moyens de mieux s’équiper intellectuellement, a fortiori les spécialistes de la rhétorique sont confrontés à une tâche singulièrement cruciale dans les sociétés en transformation et les démocraties émergentes. Leur tâche, notre tâche, est de réparer ce que j’appellerais « un déficit de délibération » : comme il arrive souvent dans ces sociétés, les acteurs de la société civile y sont peu nombreux, et en concurrence, alors que les acteurs intellectuels ou critiques se trouvent cantonnés dans les universités. Je dois ajouter que cette concentration, néfaste et posant des défis importants, de l’intelligentsia dans les institutions tertiaires, couplée avec une faible « écologie délibérative », n’est pas seulement la marque des nouvelles démocraties – le même phénomène se produit au niveau régional ou local dans les vieilles démocraties. C’est ainsi que les études rhétoriques doivent aborder la vie civile et encourager la capacité de délibération des citoyens.
En Afrique du Sud, où l’ARCSA a son siège, ce type de défi a été relevé par l’introduction à l’Université du Cap d’un Programme de second cycle en Études Rhétoriques, le premier du genre sur le continent. L’ARCSA pense que c’est la voie à suivre. Nous le proposons comme une esquisse permettant de comprendre la position des études rhétoriques au sein de la FILLM.
Enfin, outre les réunions mentionnées plus haut et ce projet pédagogique, le Centre d’Études rhétoriques et l’ARCSA ont accueilli depuis ces dernières années : quelques 16 membres associés partageant notre vision, une action soutenue par une recherche active de financement auprès des institutions concernées, une aide à l’hébergement des chercheurs, un engagement communautaire (les membres organisent des ateliers de réflexion parlementaire), le tissage de réseaux internationaux et un programme de publication.
Bref, ce que j’ai mis en avant ici est l’idée que, à l’ARCSA, nous envisageons notre présence au sein de la FILLM comme étant celle d’une force de développement des humanités et des disciplines du langage par le biais d’un engagement actif dans la société civile. Une action qui, par elle-même, doit nous aider à reprendre en main nos origines, la rhétorique, qui a façonné la Renaissance et le Siècle des Lumières – en affirmant que l’homme est la mesure de toutes choses. Dans notre cas : faire en sorte que nos étudiants quittent nos amphithéâtres, assurés de pouvoir parler en citoyens. Pour reprendre la formule des Sophistes, ces « enseignants de la démocratie » : « Le langage est un grand dynaste ». La Rhétorique, dans la FILLM, grâce à l’ARCSA, entend affirmer cette tradition et ce renouvellement.

Association de langue et de littérature des universités d’Australasie. The Australasian Universities Language and Literature Association (AULLA), par Kevin Lee

L’AULLA a été fondée en 1950 en tant qu’Association pour les langues modernes des universités d’Australasie. Le nom a été modifié en 1957 pour mettre en évidence que l’Association embrassait toutes les disciplines concernées par les études littéraires et linguistiques. Lors de son établissement, l’AULLA était la seule organisation en Australasie représentant les intérêts des universitaires travaillant dans les domaines de l’anglais et des langues étrangères. À l’époque, il y avait 11 universités en Australie et quatre en Nouvelle Zélande. Les membres provenaient de toutes ces institutions, dont chacune avait des départements d’anglais, de français, d’allemand, et, à une ou deux exceptions près, d’études classiques. D’autres langues comme l’italien, le russe, le maori et l’hébreu étaient également enseignées dans un petit nombre d’institutions. L’objectif principal de l’AULLA était d’offrir aux universitaires une possibilité d’échanger des idées à travers des conférences régulières et la publication d’un journal. L’association fonctionnait par ailleurs comme un groupe de défense de nos intérêts, essayant de mettre en valeur l’importance du travail accompli dans cette branche des humanités auprès du public, des responsables de l’éducation institutionnelle et des gouvernements successifs.
Aujourd’hui, l’AULLA continue à poursuivre ces objectifs. Une conférence se tient tous les deux ans, accueillie et organisée par l’une des universités ; deux conférences en Australie sont suivies par une autre en Nouvelle Zélande, selon un cycle répétitif. La conférence la plus récente a eu lieu à Adélaïde en février 2001. La participation aux conférences oscille entre 300 et 150 délégués : la majorité des délégués provient du personnel des universités d’Australasie, mais les étudiants du dernier cycle sont également bien représentés et un nombre significatif de visiteurs d’autres pays y participent habituellement. Les conférences sont normalement structurées par sections divisées selon la définition de la discipline, la majorité du programme étant dédiée aux travaux de recherche ; des discussions de groupe occasionnelles peuvent traiter de questions comme les méthodes d’apprentissage, le programme ou autres thèmes. Du temps est également alloué à des sessions plénières dédiées aux sujets d’intérêt plus général pour tous ceux qui travaillent dans le domaine des humanités. Il s’agit souvent de conférences données par des personnalités invitées venant de l’étranger.
Le journal AUMLA (un vestige du nom d’origine de l’Association) est publié régulièrement deux fois par an. Il a une diffusion internationale au sein des bibliothèques universitaires et contient des articles et des critiques produits pour la plupart par des spécialistes du domaine de la littérature et des langues des institutions se trouvant en Australasie, Afrique du Sud, Europe et Amérique du Nord. L’anglais est la langue prédominante de la publication, mais certains articles sont également publiés en français et en allemand. Les numéros du journal contiennent en général des articles représentatifs de tous les domaines de la discipline ; occasionnellement, des numéros spéciaux sont dédiés à des périodes, genres ou thèmes particuliers.
La contraction du personnel et des autres ressources pendant la dernière décennie n’a pas aidé les universitaires à trouver le temps et l’énergie pour des manifestations d’appui systématiques devant le gouvernement et les autres corps constitués. Néanmoins, l’AULLA a pu contribuer de manière détaillée au rapport West de 1997 sur l’allocation de fonds à l’enseignement supérieur en Australie et a participé à des rapports et recensements comme le rapport Leal de 1994 sur l’enseignement des langues autres que l’anglais en Australie.
Alors que les activités décrites ci-dessus continuent à être reconnues et à susciter l’intérêt et le soutien des milieux traditionnellement attachés à l’Association, les tendances observées dans son nombre de membres et la participation aux conférences suscitent des inquiétudes.
La décennie écoulée depuis 1990 a vu le nombre de ses membres en Australie tomber de 490 à un peu plus de 200 ; dans la même période, le nombre des membres de Nouvelle Zélande, après une petite poussée à 106 au milieu des années 90, est tombé de 96 à 65. Le nombre d’institutions abonnées au journal est resté stable : 230. Le déclin du nombre de membres est encore plus significatif si l’on pense qu’il y a maintenant plus de 35 universités en Australie et 6 en Nouvelle Zélande.
Il est difficile de détecter des tendances significatives dans la participation à la conférence, surtout depuis que les conférences tenues en Australie sont ordinairement intégrées à celles de la Société australienne pour les études classiques, mais le déclin est devenu net depuis 1987 avec plus de 350 participants dénombrés à la conférence de l’Université Macquarie à Sydney. Dix ans plus tard, la conférence à l’Université de Sydney attirait environ 200 participants, et celle d’Auckland moins de 150 délégués seulement en 1999.
Il est possible d’identifier certains facteurs qui déterminent ces tendances. D’un point de vue pratique, la réduction des fonds universitaires est une préoccupation primordiale. Les niveaux du personnel, surtout dans les disciplines les plus proches de l’AULLA, ont chuté significativement ces dernières dix années et le réservoir de membres potentiels a ainsi rétréci en conséquence. Le soutien financier à la participation aux conférences a décru et, depuis que bien des membres de l’AULLA se sont dispersés dans des centres situés à une distance pouvant aller jusqu’à 6000 km, l’impact de cette réduction sur les fonds est considérable. De même, on préférerait gérer les fonds disponibles pour assister à des rassemblements plus vastes dans des conditions plus attractives en Europe ou en Amérique du Nord où le voyage aller/retour peut maintenant être organisé relativement vite et à moindre coût. Mais les changements les plus importants de la dernière décennie se situent dans le déclin du rôle central et populaire des disciplines traditionnellement associées à l’AULLA et l’augmentation de la spécialisation dans les facultés. Alors que l’Australie et la Nouvelle Zélande sont des pays de fort métissage culturel, l’étude des langues étrangères n’est un point fort ni dans l’enseignement secondaire, ni dans l’enseignement supérieur. Le nombre d’étudiants qui choisissent les langues pour leurs examens de fin d’année est en déclin continuel, et, conséquemment, il y a moins d’inscriptions dans les cours universitaires assurant une connaissance de base de la langue en question. L’apprentissage des langues dites de la communauté est activement soutenu, mais l’étude de celles-ci est souvent totalement séparée de leur environnement. De plus, l’apprentissage des langues tend à être vu comme un outil destiné à des objectifs économiques ou commerciaux plutôt que comme une activité intellectuelle au service d’une bonne formation ou d’un éveil de la conscience culturelle. Dans un tel climat, il n’est pas surprenant que le latin et le grec ancien ne soient enseignés que dans un tiers des institutions d’enseignement supérieur. Alors que les langues asiatiques, surtout le japonais, le chinois et l’indonésien, sont enseignées dans la plupart des universités australiennes ; il s’agit de domaines qui ne sont pas reliés au nombre de membres de l’AULLA et qui ont de fortes chances d’être essentiellement des moyens de prospérité matérielle dans le secteur de l’entreprise globalisée.
La spécialisation accrue est évidente du fait du nombre grandissant de conférences relatives à des domaines de recherches particuliers, alors que des départements d’origine récente sont maintenant bien établis. Études théâtrales, études victoriennes, études sur le sexe, études sur le film, les médias et les communications, études sur l’Australie et la Nouvelle Zélande et études culturelles, voici des exemples de domaines créés pendant les deux dernières décennies. Il s’agit quoiqu’il en soit de domaines qui pourraient et devraient être inscrits au tableau panoramique de l’AULLA, mais qui décident d’essaimer ailleurs. La même pensée centrifuge se retrouve dans la conviction de nombreux décideurs pour qui les conférences consacrées à un thème particulier ou même à un auteur sont plus productives car elles encouragent une discussion mieux centrée et documentée. Il y a beaucoup à dire sur ces vues et ces tendances, mais le succès de telles conférences spécialisées et des organisations bien focalisées ne peut être nié. Le défi lancé à l’AULLA est de prospérer de son côté, mais en synergie avec ces développements.
Les responsables de l’AULLA continueront à mettre en évidence la nécessité d’une organisation parapluie, pouvant représenter les humanités globalement et organiser des rassemblements réunissant l’énergie créative de la multiplicité de groupes qui s’encadrent naturellement dans son mouvement. Ce n’est que dans cette perspective que l’intérêt général peut être servi au mieux et représenté devant un large public et dans les universités elles-mêmes. Un pas en avant pourrait être le remplacement de la structure traditionnelle des conférences par sections par une structure plus thématique, capable de dépasser des frontières vues maintenant comme passées de mode ou encombrantes. De plus, le conseil exécutif actuel devra continuer d’accroître les efforts faits par le passé , développer le nombre de ses membres au sein des départements concernés des universités plus récentes qui risquent d’être mal représentées. À une époque où les liens internationaux gagnent en importance, le profil de l’AULLA sera amélioré par une relation toujours étroite avec la FILLM. Nous espérons que le congrès FILLM de 2005 sera tenu en coopération avec l’AULLA dans l’une des universités australiennes. Un tel congrès a des chances d’obtenir un soutien important du secteur tertiaire et d’attirer l’attention si convoitée des médias. Ceci pourrait avoir un impact considérable sur les responsables politiques, faire de la publicité pour les humanités à la fois anciennes et nouvelles et montrer qu’il y a beaucoup à gagner d’une organisation universelle comme l’AULLA, tissant de forts liens internationaux, que tout le monde pourrait aider encore à renforcer.
www.vuw.ac.nz/seftconference/AULLA/about_aulla.htm

L’association internationale d’études hongroises. Nemetközi Magyar Filológiai Társaság (IAHS), par József Jankovics

L’association internationale d’études hongroises est née du constat que la philologie hongroise (ou, plus généralement, les études hongroises) était déjà devenue une discipline scientifique internationale, tout comme l’étude des autres langues, littératures et civilisations nationales a produit des disciplines cohérentes comme la Germanistik, la turcologie et toutes les autres. Chaque civilisation nationale représente une partie, certes autonome, mais pleinement constitutive de notre culture humaine universelle. Elle incarne également ses propres couleurs et valeurs, dont la culture et l’étude vont dans le sens de l’intérêt général de l’humanité. C’est dans cet esprit que des organisations scientifiques internationales pour la promotion des études hongroises ont été créées dans le plus grand nombre possible de pays à travers le monde.
Après les recommandations réitérées des spécialistes des études hongroises du monde entier, l’Académie hongroise des sciences a posé la première pierre de la fondation de l’association en 1977. À l’invitation de l’Académie, environ une centaine de spécialistes venus de Hongrie et d’autres pays se sont rencontrés à Nyíregyháza et l’assemblée générale provisoire s’est ainsi tenue le 25 août 1977. Elle a résolu de fonder l’Association internationale des études hongroises, a établi ses statuts et a élu comme principaux responsables Bo Wickman (président), Tibor Klaniczay (secrétaire général) et Miklós Béládi (secrétaire général adjoint). Cette nouvelle organisation internationale se conformait aux principes d’autres associations connues de longue date – rassembler des scientifiques de différentes nationalités sur la base de leur intérêt commun pour les études hongroises.
L’Association permet l’échange régulier d’informations entre les spécialistes de tous les pays participants et encourage ainsi les recherches à grande échelle sur la langue, la littérature, l’ethnographie et la culture hongroises, indépendamment de toute sensibilité nationale.
Même s’il s’agit d’une organisation relativement récente, les études hongroises ont pu s’affirmer comme partie intégrante de la recherche internationale et intégrer les structures dédiées à la recherche de l’UNESCO. Après sa fondation, IAHS a demandé de devenir membre de la FILLM, la plus haut placée des sociétés philologiques internationales. Après vérification par le bureau de la FILLM de sa conformité aux exigences concernant les associations scientifiques internationales, stipulées par l’UNESCO, l’Association a été enregistrée en tant que 20e membre de la FILLM en 1979.
Selon les articles II et III des statuts de l’Association, son but est de soutenir les activités scientifiques ou destinées à un large public dans les domaines de la langue, de la littérature, de l’ethnographie et de l’histoire culturelle hongroises, d’assister les chercheurs, les enseignants et les autres spécialistes travaillant dans ces domaines et d’encourager toutes les formes de coopération. Pour accomplir sa mission, l’Association établira des contacts avec les institutions et les personnes intéressées par les études hongroises, organisera des conférences scientifiques, des discussions, des congrès, contribuera à soutenir le travail spécialisé des chercheurs et des enseignants dans les disciplines spécifiées, avec la participation des institutions d’enseignement supérieur et des centres de recherche de Hongrie, publiera des comptes rendus sur les résultats obtenus au niveau international dans les disciplines concernées dans des publications périodiques et maintiendra des contacts avec les organisations internationales en tant que membre de la FILLM.
L’IAHS avait 162 membres lors de sa fondation. Au 1er janvier 2000, ce nombre s’élevait à 1010 et concernait 35 pays. L’IAHS organise des congrès internationaux d’études hongroises tous les cinq ans, en tenant parallèlement son assemblée générale. Le premier congrès s’est tenu à Budapest, du 10 au 14 août 1981, sous les auspices du Département de linguistique et de littérature de l’Académie hongroise des sciences, avec 330 participants et 125 communications, et traitait de l’enseignement de la philologie hongroise à l’étranger et de la versification hongroise. Le deuxième congrès, organisé par l’Österreichisches Ost- und Südosteuropa-Institut et l’Institut für Finno-Ugristik der Universität Wien, s’est tenu à Vienne, du 1er au 5 septembre 1986, avec 360 participants et 168 communications, et portait sur les influences mutuelles entre les cultures des peuples du bassin danubien et sur la langue, l’histoire, la littérature et l’ethnographie hongroise, une attention particulière étant accordée aux tournants des xviiie, xixe et xxe siècles.
Le troisième congrès tenu à Szeged du 12 au 16 août 1991, a été organisé par l’Université József Attila et a rassemblé 530 participants et 249 communications. Il concernait les pérégrinations, anciennes et récentes, les Hongrois de l’étranger et les étrangers de Hongrie. Le quatrième congrès a eu lieu à Rome et à Naples, du 9 au 14 septembre 1996 ; il a été organisé conjointement par le Centro Interuniversitario per gli Studi Ungheresi, l’Università di Roma « La Sapienza », et l’Istituto Orientale dell’Università di Napoli. Il a réuni 586 participants et 245 communications, sur le thème général « Culture et chrétienté hongroise ». Le cinquième congrès tenu à Jyväskylä, du 6 au 10 août 2001 et organisé par l’Université de Jyväskylä, a regroupé environ 450 participants sur le thème général de Pouvoir et culture. Outre ces sujets de recherche, les participants ont travaillé à une mise à jour de la définition des études hongroises et à la redéfinition des buts de l’Association.
L’Association publie deux périodiques. Hungarológiai Értesíto [Bulletin d’études hongroises] a été fondé en 1979, avec une périodicité trimestrielle. Il s’attache au matériel bibliographique paru dans l’année sur l’histoire littéraire, la linguistique et l’ethnographie hongroises, en assurant également la critique des travaux de recherche dans ces domaines. Outre la publication de 300 à 400 critiques de livres chaque année, le journal publie d’autres informations sur les études hongroises. Il comporte des notes sur les ateliers de création et d’enseignement, des comptes rendus sur les conférences scientifiques, en donnant des informations sur la vie de l’Association et en encourageant les contacts entre les personnes intéressées par ces sujets. Une liste complète mise à jour régulièrement des membres est également publiée chaque année. L’actuel directeur de l’édition est József Jankovics et l’éditeur des publications électroniques, István Monok. Le second périodique, Hungarian Studies, a été fondé en 1985. C’est un journal scientifique semestriel à vocation internationale, qui publie des articles en anglais, français et allemand sur des sujets relatifs à l’histoire de la littérature hongroise, à la linguistique, à l’ethnographie, aux arts plastiques et à l’histoire culturelle hongroise en général. Hungarian Studies est un forum dédié à la fois à la publication des nouvelles recherches et aux échanges et débats d’idées et d’opinion. Le journal est publié par Akadémiai Kiadó. L’actuel directeur de l’édition est Mihály Szegedy-Maszák (Budapest).
www.bibl.u-szeged.hu/filo

Association internationale d’Études nÉo-latines. The International Association for Neo-Latin Studies (IANLS), par Stella Revard

L’Association internationale d’études néo-latines (IANLS) est une organisation internationale interdisciplinaire dédiée à la propagation du latin comme discipline vivante. Elle a été fondée il y a trente ans afin de promouvoir une « discipline » néo-latine. Des congrès sont tenus tous les trois ans, en rapport avec les nombreux et différents aspects des études néo-latines. Ils réunissent des chercheurs de tous les pays d’Europe et d’Amérique, représentant des disciplines aussi diverses que la littérature, l’histoire, la science, l’art, la philosophie, le droit et la théologie. L’IANLS se distingue des associations de promotion du latin classique, car elle traite le latin comme une langue vivante, ressuscitée par les humanistes au xive siècle et qui a continué à être utilisée dans différents domaines jusqu’à présent. Dès le début, le néo-latin était interdisciplinaire et international. Ce fut la langue de l’Europe qui a permis la communication entre les différentes nations, a été utilisée par les philosophes, les scientifiques et les humanistes et est considérée comme une langue universelle dans l’art, la musique et les lettres.
Il y a environ trente ans, un groupe de spécialistes conduit par Josef IJsewijn (Université de Louvain) s’est réuni pour fonder une organisation d’études néo-latines. Le premier congrès a eu lieu à Louvain en 1971. En 1974, le second congrès s’est tenu à Amsterdam et la fondation de l’organisation est devenue officielle. Les congrès se sont suivis depuis lors tous les trois ans : à Tours, Bologne, Saint Andrews, Wolfenbüttel, Toronto, Copenhague, Bari, Ávila et Cambridge. La réunion de 2003 aura lieu à Bonn, en Allemagne.
Lorsque l’organisation a été fondée, elles avait plusieurs buts spécifiques, soulignés à l’occasion des deux premières conférences de Louvain et d’Amsterdam. L’association affirmait que trop souvent le latin en tant que langue avait été négligé. Pendant la Renaissance, les savants, les dirigeants politiques et les écrivains partout en Europe communiquaient en latin, en rédigeant bon nombre de leurs Å“uvres majeures dans cette langue. Pourtant, ces travaux importants ont souvent été perdus de vue, justement parce qu’ils sont en latin. Ensuite, le latin est restée une langue vivante jusqu’à nos jours. Pour offrir aux savants un guide pour les études néo-latines, le professeur IJsewijn a publié en 1974 The Companion to Neo-Latin Studies, une Å“uvre mise à jour en l998. Le journal, Humanistica Lovaniensia, est dédié à la propagation du néo-latin comme discipline spécifique.
Un des principes fondateurs de l’organisation a été qu’elle devrait être réellement internationale. Les membres actuels viennent de nombreux pays : Italie, Espagne, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, France, Finlande, Suède, Pologne, République tchèque, Hongrie, Grande Bretagne, Canada, États-Unis. L’autre principe de l’organisation devrait être son interdisciplinarité. Ses membres représentent de très nombreuses disciplines : littérature, art, musique, architecture, théologie, droit, médecine, histoire, philosophie, langues romanes, langues classiques et autres langues (y compris les langues slaves). Tous les membres de l’association montrent de l’enthousiasme à promouvoir le latin comme discipline vivante.
Le dernier congrès de l’IANLS s’est tenu à Cambridge, en Angleterre, du 30 juillet au 5 août 2000. Les membres de l’organisation ont présenté des communications sur un grand nombre de sujets en rapport avec le néo-latin. De plus cinq communications plénières dues à Julia Gaisser, Jean-Louis Charlet, Lucia Gualdo Rosa, Elena Rodriguez-Peregrina et Heinz Hofmann, ont été présentées en anglais, français, italien, espagnol et allemand. Pendant les réunions du comité exécutif à Louvain en 1998 et à Cambridge en 1999, le comité a entrepris la révision des statuts de l’organisation. Celle-ci avait deux buts : refléter les pratiques actuelles de l’organisation et revoir la formulation des statuts pour éliminer toute forme de sexisme s’y trouvant par mégarde. La révision des statuts a été approuvée par les membres. En même temps, Stella Revard a été élue présidente, Jean-Louis Charlet premier vice-président et Marianne Pade secrétaire. Les nouveaux membres du comité consultatif comprennent Elena Rodriguez-Peregrina d’Espagne, Craig Kallendorf des États-Unis, Johann Raminger d’Allemagne et Piotr Urbanski de Pologne. Les anciens membres restants viennent de France, d’Italie, de Finlande et des États-Unis.
En tant que présidente actuelle de l’IANLS (2000-2003), je suis en train de planifier une réunion pour 2001 qui va essayer de résoudre certains problèmes concernant l’organisation. Nous déciderons à cette réunion du prochain congrès à Bonn en 2003. D’autres questions administratives seront également débattues : la qualité des prestations de notre mission éducative, le degré possible d’assistance aux études néo-latines en Europe de l’Est et dans les pays du tiers monde, l’efficacité de notre coordination avec les études classiques et sur la Renaissance. Cette réunion nous permettra de faire entrer les études néo-latines dans le xxie siècle et de promouvoir plus efficacement les échanges culturels pour lesquels l’organisation avait été créée.
Voici quelques points devant être abordés par l’IANLS :
  1. Formation aux études néo-latines : L’organisation a été créée avec une mission de formation, inscrite dans notre charte. Les programmes concernant le latin se concentrent souvent sur le seul latin classique. Pourtant, le néo-latin est une langue essentielle pour ceux qui travaillent sur les périodes pré-moderne et moderne. C’est nécessaire dans des domaines comme l’art, la théologie, le droit, l’histoire, tout comme en littérature et dans les autres disciplines. Les universités d’Espagne et d’Allemagne prévoient des moyens de soutenir les études néo-latines. Dans d’autres pays, le néo-latin est à peine reconnu comme une discipline séparée des études classiques. Le conseil désire rechercher comment les collègues des différentes universités et des différents pays pourraient partager des informations sur la manière de promouvoir les étude néo-latines.
  2. Coordination avec les associations concernées principalement avec le latin classique ou les études sur la Renaissance : Un certain nombre d’associations qui n’étaient pas destinées à l’origine aux études néo-latines comprennent des sessions sur cette matière dans leurs réunions annuelles. Dans certaines cas, des sessions néo-latines ont existé, mais ont été ensuite abandonnées. On peut y compter la American Philological Association, la CAMWS (Classical Association of the Mid-West and South), la Medieval Academy (réunion annuelle à Kalamazoo), la Renaissance Society of America. La Modern Language Association of America a sponsorisé une fois une session d’études néo-latines, mais sans suite. En outre, il y a des groupes au Royaume-Uni et dans le reste de l’Europe organisant des réunions soit dédiées au néo-latin, soit comprenant des sessions sur ce sujet. Le conseil de l’IANLS pense depuis longtemps qu’une meilleure coordination entre ces groupes est plus que désirable.
  3. La promotion du néo-latin dans l’ex-bloc soviétique, ainsi qu’au Moyen-Orient et en Extrême-Orient : Depuis l’écroulement de l’ex-Union Soviétique, il y a un regain d’intérêt pour le latin en tant que discipline dans les anciens pays satellites. Dès le début, l’IANLS a compté des membres venant de ces pays. Nous avons reçu des fonds de l’UNESCO nous permettant d’inviter à nos réunions des spécialistes venus d’Europe de l’Est et d’Extrême-Orient. Nous voudrions renforcer les liens avec ces pays. Nous aimerions également continuer l’association à l’UNESCO et à la FILLM.
  4. Recrutement : l’avenir en Europe, au Canada et aux États-Unis : L’IANLS est une organisation qui prend de l’âge. Sa survie dépend du succès du recrutement de nouveaux membres. Les mesures pouvant attirer des membres plus jeunes sont à discuter. En tant qu’organisation interdisciplinaire, nous sommes affrontés au problème de chercher chacun des membres dans notre discipline.
  5. La fonction du comité consultatif : Le comité consultatif a été institué par les statuts d’origine de l’IANLS et a été maintenu lors de leur récente révision. Le principe de cette institution était d’avoir un groupe pouvant conseiller le comité exécutif. Le comité consultatif connaît une distribution géographique plus large que le comité exécutif. Il est également conçu pour représenter les disciplines qui constituent l’IANLS : philosophie, droit, art, musique, histoire, littérature, langues modernes, etc. Le comité consultatif se réunit tous les trois ans et est dirigé par le vice-président de l’organisation. Le comité exécutif pense que le comité consultatif doit encore renforcer son rôle de conseil. Nous aimerions examiner comment le comité consultatif pourrait être mieux intégré à l’organisation. Lors de la révision des statuts, il a été décidé à l’unanimité de conserver ce comité en tant que partie de l’organisation. Le comité exécutif a également convenu que nous devions lui donner des moyens pour remplir sa tâche.
  6. L’IANLS dispose de plusieurs groupes alliés qui envoient des représentants à nos congrès triennaux : organisations d’études néo-latines du Mexique, d’Espagne, de Pologne, de France et des États-Unis. D’une certaine façon, ces groupes ont un statut similaire au comité consultatif en tant que consultants auprès de l’IANLS pour les sujets relatifs aux études néo-latines. Mais dans la mesure où il s’agit d’organisations indépendantes, les relations avec l’IANLS sont différentes. Nous aimerions étudier la coordination entre les activités de ces groupes plus petits et celles de notre organisation.
Le but de la réunion élargie évoquée ci-dessus aiderait l’IANLS à mieux fonctionner en tant qu’organisation internationale. Nos congrès réunissent des savants de nombreuses nations et provenant d’une gamme étendue de disciplines. L’IANLS essaie de les faire mieux se comprendre entre eux, en encourageant les échanges culturels entre les savants d’Amérique et d’Europe et ceux du tiers-monde. Les études néo-latines sont un moyen d’atteindre un but. Le but ultime de l’IANLS est en partie une meilleure compréhension internationale.
http://fuzzy.arts.kuleuven.ac.be/ianls

Association internationale pour les études scandinaves. International Association for Scandinavian Studies (IASS), par Elias Bredsdorff, Janet Garton, Anker Gemzøe et David A. Wells

En 1986, Elias Bredsdorff a publié une première histoire de l’IASS. Comme cette Å“uvre, The History of IASS, Université de Göteborg (ISBN 91-86270-13-3), l’illustre graphiquement, l’histoire de l’IASS est en fait celle de ses Conférences d’Études qui ont précédé la création formelle de l’Association. Ce survol, des développements jusqu’au milieu des années 80, se base de manière substantielle sur le travail de Bredsdorff, qui documente soigneusement et en détail la participation aux conférences et les événements universitaires et sociaux qui l’ont accompagnée.
L’initiative d’établir un forum pour une discipline en pleine croissance reflète l’optimisme d’après-guerre des années 50, qui annonçait l’expansion mondiale sans précédent du système universitaire reflétée par l’augmentation rapide du nombre de participants aux conférences d’études dans les années 70. Mais, les réunions anticipant la fondation de l’IASS paraissaient, à la différence des conférences à l’échelle mondiale qui ont suivi, porter l’empreinte des rencontres plus réservées, amicales et collégiales caractérisant la première partie du xxe siècle. La première conférence internationale sur les études scandinaves a eu lieu à l’Université de Cambridge, Angleterre, du 2 au 7 juillet 1956. Les invitations ont été envoyées par le Département des études scandinaves, dont les membres étaient Brian W. Downs, Brita Mortensen, Ronald G. Popperwell et Elias Bredsdorff. Harold J. Knight (l’ancien chef du département) était également membre du comité d’organisation et Ronald Popperwell, secrétaire de la conférence, doit être mentionné comme initiateur de la conférence : son engagement ultérieur comme secrétaire de l’IASS, tout comme son engagement actif dans le FILLM, illustré par l’organisation en 1972 du Congrès international de la FILLM à Cambridge, ainsi que les services apportés à une autre association des membres de la FILLM, l’Association de recherches sur les humanités modernes, l’a distingué comme une figure majeure dans l’amélioration du statut international des études scandinaves.
En tout, 65 spécialistes ont pris part à la conférence de 1956 et 13 présentations ont été données, y compris les comptes rendus d’actualité sur la discipline, les écrits récents et les sujets essentiels concernant les auteurs majeurs et l’influence de la littérature scandinave dans des domaines plus étendus. L’assemblée était composée de la plupart des éminents spécialistes du domaine. Les visiteurs ont été accueillis au Trinity College, avec une réception au Christ’s College par le Maître du collège, Brian W. Downs, en tant que Vice-Chancelier de l’Université de Cambridge.
Lors de la réunion au Kulturkontoret norvégien, le 18 Septembre 1957, il a été décidé qu’une seconde conférence d’études internationale se tiendrait sous les auspices de l’Université d’Oslo à la Nansenskolen de Lillehammer en juillet 1958 et que huit membres de l’université étaient invités à former un comité d’organisation. La réunion a eu lieu à Lillehammer (du 7au 12 juillet 1958). Det historisk-filosofiske fakultet de l’Université de Oslo était leur hôte ; le comité d’organisation comprenait également l’Université de Bergen et la Lærerhøgskolen de Trondheim. Le thème général de la conférence portait sur « Eksperiment og fornyelse i nordisk litteratur i det 20. århundre ». La conférence totalisa 55 participants, dont 22 venus de Norvège, 6 de Suède et 12 du Royaume-Uni. Dix contributions ont été enregistrées, en rapport plus ou moins étroit avec le thème de la conférence. Au dernier jour de la conférence, il a été décidé que la conférence suivante se tiendrait aux Pays-Bas en 1960, et le principe, toujours appliqué, que les futures conférences devraient alterner entre un pays scandinave et un pays non scandinave, a été retenu. La troisième conférence, Oosterbeek, du 15 au 20 août 1960, a eu pour thème « Impresjonismen (seinnaturalismen og nyromantikken) i nordisk litteratur 1880-1900 i europeisk lys », avec 43 participants de même origine que ceux des conférences précédentes, mais avec l’arrivée des spécialistes hollandais.
Lors de la quatrième conférence d’études (Université d’Aarhus, Danemark, 14-19 août 1962) sur le thème général des « Réévaluations », la participation s’est élevée à 99 membres de 13 pays, même si le nombre des contributions a juste dépassé la douzaine. Mais cette réunion fut surtout remarquable parce qu’il a été convenu, sur la suggestion de Ronald Popperwell, de donner un cadre formel à la conférence d’études internationales, à présent connue de tous, en fondant une organisation appelée Association internationale pour les études scandinaves (IASS). Une constitution écrite a également été approuvée. À la suite de cette décision, l’IASS a été constituée, avec le Comité international suivant – président : A. H. Smith (Université de Londres), trésorier : Harald Noreng (Université de Bergen), secrétaire : R. G. Popperwell (Université de Cambridge), membres du comité : Gustav Albeck (Université d’Århus), Otto Oberholzer (Université de Zurich) et Gunnar Tideström (Université d’Uppsala). La constitution conserve la concision pragmatique qui a présidé à sa fondation : l’Association vise à développer et encourager les études à un niveau international, en particulier en organisant la Conférence internationale régulière, si possible en alternance dans un pays scandinave puis non scandinave.
La cinquième conférence s’est tenue à nouveau en Grande-Bretagne (University College, Londres, 6-10 juillet 1964). Le thème en était « l’influence littéraire », la participation se maintenant à environ 80 intervenants, pour une manifestation tenue en dehors de la Scandinavie. Les manifestations bisannuelles suivantes ont témoigné d’une croissante rapide de la participation : 129 à la conférence d’Uppsala (août 1966, « Växelverkan mellan skönlitteraturen och andra konstarter ») ; 154 à la conférence de Paris (juillet 1968, « Rencontres et courants littéraire franco-scandinaves ») ; 145 à la conférence de Bergen (août 1970, « Den moderne roman og romanforskning i Norden ») ; 154 à la conférence de Kiel (juillet 1972, « Skandinavische Lyrik der Gegenwart »), et enfin 209 à la conférence de Reykjavík (juillet 1974 « Ideas and Ideologies in Scandinavian Literature since the First World War »). La dernière conférence a marqué une divergence significative par rapport à la réunion plénière traditionnelle, en introduisant, en plus des 17 communications générales, six groupes de travail sur des thèmes comme : existentialisme, idées et idéologies dans la littérature pour enfants, débat sur les sexes en littérature, marxisme-léninisme et développement des littératures du Nord de l’Europe, doctrine de Freud et idées religieuses. Les excursions et d’autres activités socio-culturelles sont restées caractéristiques de l’organisation. Chaque conférence a vu un renouvellement des membres du comité de l’IASS, la continuité étant assurée pour les fonctions de trésorier et secrétaire.
Depuis la onzième conférence (Gand, août 1976), à cause de la nécessité de plus en plus grande de s’adapter au nombre croissant de spécialistes dans des domaines de plus en plus pointus, on a eu de préférence recours à des communications par section, ayant lieu simultanément et avec un choix portant sur un ou plusieurs sujets. À Espoo, Finlande (1978) il y a eu, selon Bredsdorff, « habituellement trois communications simultanées dans des salles différentes », mais en août 1980, à Greifswald, RDA, on a enregistré, en plus des 15 communications générales, jusqu’à 8 contributions simultanées données dans des salles séparées, avec un choix planifié d’activités communes, ce qui reflète la fragmentation de notre conférence, et sûrement celle des conférences internationales en général. Une telle tendance est cependant la conséquence significative du succès d’une manifestation qui, au cours d’une seule génération, s’est imposée comme le forum principal des études scandinaves. Pendant que notre organisation croissait et se diversifiait, l’unanimité relative des premiers jours n’était plus toujours assurée. Les conflits ont porté sur la méthodologie et sur les sujets – à mentionner surtout un débat de 1976 sur la marginalisation de l’écriture féminine, où la proposition de tenir une conférence sur ce thème a été rejetée de peu. Ensuite, une « révolution de palais » a eu lieu à Greifswald en 1980, où une nouvelle secrétaire et un nouveau trésorier ont été élus : Janet Garton (Université de East Anglia) et Leif Mæhle (Université d’Oslo). Janet Garton est restée secrétaire jusqu’en 1998 ; Malan Marnersdóttir (Université de Torshavn) a alors repris la fonction ; la charge de trésorier a été arrêtée en 1998. Le modèle bisannuel s’est perpétué sans interruption avec des conférences d’études, en coordination parfois avec d’autres colloques et symposiums sur les thèmes scandinaves, à Odense (1982, « Kortprosaen som genre i nordisk litteratur fra H. C. Andersens eventyr til den moderne novelle »), Seattle (1984, « Scandinavian Literature in a Transnational Context: Reception, Translation, Migration »), Göteborg (1986, « The Modern Breakthrough in Scandinavian Literature 1870-1905 »), Zurich et Bâle (1988, « Nordische Romantik »), Trondheim (1990, « Modernismen i skandinavisk litteratur som historisk fenomen og teoretisk problem »), Budapest (1992, « Literature as Resistance and Counter-Culture »), Reykjavík (1994, « Litteratur og kjønn i Norden »), Bonn (1996, « Opplysning i Norden »), 1998 (Tórshavn, Iles Féroé, « Nordisk litteratur og mentalitet »), et 2000 (Norwich, « Begynnelser og avslutninger i nordisk litteratur »). Ces manifestations, se tenant d’habitude en août, sont censées être suivies par la 24e conférence d’études à Aalborg en 2002 et par la 25e à Vienne en 2004. Si certains thèmes récents de la conférence montrent un degré de spécialisation que les fondateurs ne pouvaient pas prévoir, la santé et la stabilité de l’IASS d’aujourd’hui sont reflétées par les dimensions prises par la discipline, le grand nombre de participants aux conférences, et, depuis les années 70, la publication régulière de volumes substantiels d’actes pour chaque conférence, ce qui prouve que la manifestation joue un rôle essentiel dans le développement de cette branche de recherche.

Association internationale des professeurs universitaires d’anglais. The International Association of University Professors of English (IAUPE), par Ian J. Kirby

L’Association internationale des professeurs universitaires d’anglais (IAUPE) vient de fêter son jubilé. En 1948, les éditeurs de English Studies ont écrit à leurs collègues des universités britanniques pour suggérer l’institution de conférences internationales destinées aux professeurs d’anglais. Deux de ces éditeurs, les professeurs Zandvoort des Pays-Bas et Simone d’Ardenne de Belgique, ont participé en 1949 à la réunion annuelle des professeurs britanniques, où il a été convenu que le professeur C. L. Wrenn devrait organiser une conférence au Magdalen College d’Oxford, pendant l’été 1950. Celle-ci a rencontré un vif succès et en 1951 l’IAUPE a été constituée officiellement et affiliée à la FILLM. Une deuxième conférence a été prévue pour 1953, à Paris. L’Association a vite adopté un modèle de réunions triennales régulières, qui s’est maintenu jusqu’à présent, avec une alternance entre pays de langue anglaise et autres. En principe, le lieu de réunion peut être partout dans le monde, mais dans la pratique, il s’est toujours trouvé en Europe ou en Amérique du Nord. Les lieux sont choisis par les membres présents, à la réunion d’organisation de chaque conférence.
Le 50e anniversaire de la première conférence, en 2000, a été suivi en 2001 par une célébration, à Bamberg, du 50e anniversaire de la fondation de l’Association. Nous avons essayé d’y apporter une certaine solennité. L’un des discours jubilaires a été prononcé par le célèbre écrivain Nuruddin Farah, l’autre par Vanessa Schonmann au sujet du Globe Theatre. Outre notre programme universitaire habituel, nous avons eu des communications sur tous les aspects des études anglaises ainsi que des sessions plénières spéciales, l’une sur le Progrès de l’anglais dans le monde et l’autre sur les Aspects globaux de l’anglais au xxie siècle. Un volume jubilaire, avec des essais commentés par les membres de l’Association, a été distribué pendant la conférence. Le 15 août a été l’occasion d’honorer le dernier membre fondateur qui nous reste.
L’Association publie actuellement, deux ans sur trois, un bulletin dont le but principal est de diffuser des informations sur la situation de l’anglais et de son apprentissage à travers le monde ; on y trouve également un ou deux essais scientifiques et des informations d’ordre général. Nous pensons cependant changer cette situation en donnant plus de place aux articles concernant tous les aspects des études anglaises, pour nous approcher plus du profil d’un journal scientifique. Nous sommes conscients bien sûr des difficultés que comporte actuellement le lancement d’une telle publication.
La qualité de membre de l’IAUPE est ouverte aux professeurs universitaires d’anglais et à d’autres spécialistes de renom. Jusqu’à présent, la très grande majorité des membres comprenait des professeurs titulaires d’anglais dans des universités de réputation internationale, la formule « autres spécialistes de renom » ayant été définie très strictement. Néanmoins, la tendance présente dans de nombreuses universités européennes à retarder la titularisation pour des raisons financières et l’ouverture de nombreuses universités nouvelles au Royaume-Uni et ailleurs, nous ont obligés à assouplir un peu nos exigences afin de permettre à des spécialistes plus jeunes et de réel mérite d’être élus comme membres. Ceci a eu pour heureuse conséquence de voir plusieurs de ces nouveaux membres titularisés rapidement par leurs universités.
Comme on peut le voir, je suis passé déjà au sujet des points forts et faibles, des opportunités et des menaces, que je suis censé aborder. Sur la base de ce principe, je voudrais examiner quelques problèmes importants de ces dernières années. Le premier est le problème d’une association internationale composée essentiellement de membres européens et nord-américains, et qui ne s’est réunie jusqu’à présent que dans ces zones géographiques. Le problème est double. D’abord, nous n’avons que peu de membres de l’hémisphère Sud, surtout en Australasie. Par conséquent, nous sommes en effet limités aux mois de juillet et août pour nos conférences, lorsque nos collègues d’Australasie ne sont qu’à la moitié de leur année universitaire. Nous avons eu une offre d’accueil de la conférence en Australie il y a quelques années. Il était pourtant clair à l’époque que le triple écueil de la distance, du coût et du changement de climat suffirait à empêcher la présence de la plupart de nos membres.
Le second problème est celui des professeurs venant des pays à monnaie faible : il comprend deux volets – paiement des cotisations et présence aux conférences. Nous avons résolu récemment le premier aspect en réduisant/suspendant temporairement les cotisations ; le second aspect est pourtant bien plus délicat. Les subventions de l’UNESCO que nous avons reçues pendant des années nous ont permis d’assurer la présence à nos conférences de cinq ou six collègues des pays en question. En créant un fonds de subsides de l’IAUPE à partir d’un pourcentage des cotisations payées par les membres ordinaires, nous avons pu en inviter huit ou dix de plus. Mais ceci ne représente qu’une petite partie de la totalité de nos membres ; nous aimerions pouvoir attirer des fonds de soutien supplémentaires de l’extérieur.
Le troisième problème est la prolifération des associations et des conférences internationales. Chaque année, il y a entre six et huit conférences auxquelles j’aimerais personnellement participer ; pour des raisons de coût et de temps, je dois en choisir deux ou trois selon les priorités. Ces dernières 25 années, les professeurs de nombreuses disciplines ont été amenés à savoir de plus en plus, sur de moins en moins de choses : nous avons de moins en moins de professeurs d’anglais médiéval, mais de plus en plus de spécialistes d’anglo-saxon, de Chaucer, de théâtre médiéval, etc. L’été 2000, j’ai participé à la réunion de la Société d’études sur le Brut de Layamon, un de mes intérêts à long terme, en renonçant à la célébration centenaire de Chaucer. Je pense que c’est une situation courante parmi les universitaires d’aujourd’hui. Ce qui veut dire qu’une association comme l’IAUPE, qui avait autrefois des professeurs d’anglais, ou de langue et littérature anglaises, a maintenant des professeurs d’anglais spécialisés en linguistique historique, études de genres, Shakespeare, littérature du xviiie siècle, et ainsi de suite. En outre, il est de plus en plus fréquent que les professeurs d’un domaine manquent pratiquement de relations avec ceux d’un autre domaine. Pour maintenir le caractère attractif de nos conférences, nous devrons répondre au mieux aux attentes des collègues du xxie siècle
Le quatrième problème que je voudrais aborder est celui du lieu des conférences. Nous avons pu jusqu’à présent tenir nos conférences sur un campus universitaire, car il y a toujours eu un membre pour accepter de prendre la responsabilité de l’organisation – il nous est même parfois arrivé de recevoir deux ou trois offres, et la réunion d’organisation triennale fut appelée à choisir par vote.
Évidemment, ce système a de grands avantages : la conférence est planifiée par un professeur qui comprend pleinement les intérêts et les attentes des membres, ce qui est normalement bien moins coûteux qu’une organisation confiée à un centre de conférences. Cependant, il est difficile de prévoir combien de temps cette heureuse situation pourra durer : très peu d’entre nous ont le temps et l’énergie à consacrer à l’organisation d’une conférence internationale, ce qui représente facilement le temps libre d’une personne pendant une année ou plus.
Depuis que j’ai succédé au regretté John Lawlor aux postes de secrétaire général et trésorier de l’IAUPE, j’ai pu réaliser deux modifications dans nos méthodes, avec un excellent résultat. Premièrement, l’établissement d’un système de paiement par carte de crédit, qui a beaucoup facilité la collecte des cotisations ; et ensuite, l’informatisation des archives et la production d’une base de données des membres, qui a réduit très considérablement les travaux de secrétariat, avec l’avantage supplémentaire de détenir des informations sur les membres afin de faciliter la planification. Il est demandé à chaque membre de désigner ses principaux domaines d’intérêt au sein des études anglaises. Ceci garantit que le choix des sections de chaque conférence reflétera les intérêts du plus grand nombre. Je peux également fournir aux présidents des sections des listes des membres intéressés par leur domaine, de manière à pouvoir choisir des intervenants au moins en partie parmi nos membres, même si nous accueillons également des intervenants invités.
En tout et pour tout, IAUPE est une association florissante, même si nous devons observer attentivement les nouveaux développements et modifier nos méthodes lorsque cela s’impose.
http://www.unav.es/iaupe

Association internationale de littérature comparée. The International Comparative Literature Association (AILC/ICLA), par Gerald Gillespie

Les études de littérature comparée ont pris progressivement de l’importance au cours du xixe siècle en Europe et en Amérique du Nord et sont arrivées à floraison avec l’avènement du Modernisme. Mais la réussite de la création d’une organisation internationale de coopération dédiée spécifiquement aux études de littérature comparée tire en fait son origine des discussions tenues dans le cadre du VIe congrès de la FILLM à Oxford, en 1954. L’organisation fille qui y est née, l’Association internationale de littérature comparée, est fière de se présenter aujourd’hui comme la deuxième société – par sa taille – affiliée à la FILLM, tout en bénéficiant de relations actives avec sa société mère. L’AILC/ICLA s’est assurée entre temps la coopération d’une trentaine d’associations nationales et régionales de littérature comparée (discipline désignée ci-après par le sigle LC). Depuis les années 70, notre semestriel – l’ICLA Bulletin – a toujours mentionné les noms et adresses de ces filiales, et transmis les informations importantes touchant la LC au niveau mondial. Quelque 5000 collègues d’environ 70 pays sont concernés au titre de membres. Un autre semestriel de l’AILC/ICLA, un peu plus récent, Literary Research/Recherche Littéraire, à vocation également internationale, a adressé des articles critiques sur les publications de LC pendant deux décennies aux mêmes lecteurs comme à de nombreuses bibliothèques. Aujourd’hui, le site web AILC/ICLA présente une précieuse collection d’informations et de liens, y compris le Bulletin et la Literary Research. AILC/ICLA souhaite rendre son centre d’informations électroniques de plus en plus interactif.
AILC/ICLA est apparue sur la scène au bon moment comme moyen d’expression de l’enthousiasme connu par la LC après la Seconde Guerre mondiale. Le maintenant presque légendaire « re-démarrage » de la discipline a été initialement une affaire transatlantique. Le premier congrès de l’AILC/ICLA s’est tenu à Venise en 1955 et s’est concentré en priorité sur les littératures romanes, mais le second congrès a traversé l’Atlantique pour aller à Chapel Hill en 1958. Parallèlement au contingent enthousiaste des « pionniers » américains et européens d’après-guerre, le deuxième congrès a pu s’enorgueillir de la présence de quelques spécialistes venus d’Asie et d’un programme inter-continental plus vaste. Les congrès suivants ont vu une modeste ouverture à la participation des spécialistes de la LC venant d’Afrique. Cette disponibilité au dialogue et au déplacement des rassemblements à l’extérieur de l’Europe de l’Ouest a été essentielle pour assurer la mondialisation de la LC – un processus qui (comme il sera montré ci-dessous) fait encore de grands progrès. Les lieux des 16 congrès tenus à ce jour et celui du prochain reflètent l’émergence d’un important premier mouvement de l’AILC/ICLA qui s’est imposé déjà depuis un demi-siècle : Venise (1955), Chapel Hill (1958), Utrecht (1961), Fribourg (1964), Belgrade (1967), Bordeaux (1970), Montréal-Ottawa (1973), Budapest (1976), Innsbruck, (1979), New York (1982), Paris (1985), Munich (1988), Tokyo (1991), Edmonton (1994), Leyde (1997), Pretoria (2000) et Hong Kong (2003).
Avant la chute du Mur, une des réussites de l’AILC/ICLA a été, grâce à son congrès, de permettre aux spécialistes venus d’Europe de l’Est d’interagir directement avec leurs collègues de l’autre bloc pendant toute une semaine. Sinon que, à l’époque comme aujourd’hui, un congrès demande d’anticiper sur deux ans pour sa planification, en consultation étroite avec le conseil administratif. Aussi, lorsque l’assemblée générale de l’AILC/ICLA a approuvé les l’organisation prévisionnelle, il a fallu trois années d’efforts pour organiser le congrès. Ensuite, deux années au moins ont été consacrées à publier des actes plutôt complexes. Ceci signifiait que de nombreux spécialistes de la littérature de l’Europe de l’Est pouvaient rester en contact avec leurs collègues de l’Europe de l’Ouest et d’autres régions du monde aux temps si difficiles de la guerre froide.
Les congrès, assemblées vastes et complexes, n’étaient pas les seules occasions prévues par l’AILC/ICLA pour permettre aux spécialistes de se rencontrer personnellement. Très tôt, il a été décidé d’organiser non seulement un congrès plénier triennal avec son assemblée générale, mais également d’accueillir les rencontres annuelles du conseil administratif élu de l’AILC/ICLA (y compris les responsables invités de sa planification et les comités de recherche) à l’occasion d’une conférence LC régionale, sponsorisée par une filiale, une académie nationale ou un grand centre universitaire. Il y a maintenant environ une trentaine de sites à travers l’Europe, les Amériques, l’Asie, l’Afrique, et la zone du Pacifique où des rencontres intellectuelles de cette importance ont déjà pris place.
En fait, vers la fin des années 60, on a constaté un triple rythme. Cela a commencé lorsque l’AILC/ICLA s’est mis à monter des réseaux de recherche et de publication impliquant des équipes de coopérants. A travers la FILLM, notre Association a été reliée au CIPSH et à l’UNESCO, en recevant de temps à autre des fonds d’aide à la recherche et à la publication des deux institutions. L’organisation d’un congrès, ouvrant une voie à travers de multiples territoires culturels – chacun avec ses institutions – n’est pas chose facile, surtout si l’on pense que les organisateurs locaux doivent lever des fonds importants pour subvenir à la majeure partie des dépenses. Néanmoins, le lourd fardeau économique et administratif assumé par les organisateurs ne leur confère pas le privilège de déterminer la structure du congrès. La définition intellectuelle d’un congrès se fait plutôt à partir des contributions d’une multitude de collaborateurs, éloignés du lieu où se tiendra le congrès ; pendant les deux dernières décennies, ce sont de plus en plus les intérêts des groupes internationaux de recherche de l’AILC/ICLA qui ont façonné les programmes des congrès. Il a été convenu au début – et c’est encore la règle aujourd’hui – qu’aucun groupe local particulier ne détient les choix intellectuels de l’organisation d’un congrès donné impliquant l’ensemble de l’AILC/ICLA. Le conseil administratif a gardé son autorité, en veillant au contenu et à l’organisation des congrès. Les comités de sélection devaient être interculturels, ce qui a nécessité le recrutement de nombreux experts dans le monde entier. Ainsi, dans la suite du processus éditorial, les organisateurs pouvaient faire appel à des figures importantes représentant les diverses nations ayant déjà participé au premier travail de sélection. Avec le temps et le développement de l’importance et des objectifs du congrès AILC/ICLA, cette variété interne a demandé un changement dans la pratique éditoriale. On est passé ainsi de deux gros volumes d’actes (habituellement sélectionnés), à un ensemble de volumes nombreux, classés par thèmes et placés sous la direction de plusieurs éditeurs. Ce qui constitue un ensemble de quelque 50 volumes provenant de nos congrès jusqu’à ce jour – c’est un exemple impressionnant de la collaboration dans le domaine LC.
Une autre série de volumes est venue s’ajouter peu à peu aux actes des congrès AILC/ICLA, représentant aujourd’hui un « quatrième » nouveau élan de notre travail coopératif. Au congrès de Belgrade, les suggestions sur une série internationale, la Comparative History of Literatures in European Languages, a conduit à la création d’un grand comité de rédaction auto-renouvelable, nommé Comité de coordination, pour administrer le projet. Des équipes de recherche ont été progressivement constituées en vue de projets d’envergure sur des phénomènes et mouvements littéraires spécifiques, et, lorsque cela s’avérait nécessaire, certains volumes ont été conçus pour aller au-delà des anciens foyers européens, vers le Nouveau Monde et ailleurs (par example en Afrique) où les langues européennes fonctionnaient souvent comme d’importants moyens d’expression. Aujourd’hui cette série, unique de par ses objectifs, peut s’enorgueillir de nombreux volumes et sous-séries de valeur. Dans ce cas également, les bons offices de la FILLM nous ont facilité la tâche : plusieurs de ces volumes ont en effet bénéficié d’aides à la publication du CIPSH. Le lancement de comités d’études sur la traduction et la théorie littéraire a suivi, avec une participation internationale dans les deux cas. Un renouveau s’est fait jour depuis les années 90 avec le Comité des Études interculturelles et un ensemble de comités de recherche limitée dans le temps, établis en fonction d’objectifs spécifiques : Voyage in Literature, Cultural and Literary Identity et Issues and Methods of CL. En 1997 s’y sont ajoutés les Études méditerranéennes et la Modernité.
En se réunissant à Pretoria, Afrique du Sud, au tournant du millénaire, le Conseil administratif de l’AILC/ICLA s’est récemment engagé dans une refonte complète de toutes ses structures administratives et de recherche en regardant vers l’avenir. Quelque 15 décisions spécifiques ont été prises. Le conseil a retenu deux de ses plus productifs corps de recherche existants (le comité de coordination pour la série CHLEL et le comité pour les études inter-culturelles), et également reconnu le très grand succès de ses comités de recherche à durée limitée, dont plusieurs ont pu s’enorgueillir de leurs résultats. Le conseil a créé plusieurs nouveaux comités de recherche à durée limitée avec la mission de stimuler les travaux dans les zones où la collaboration dans notre domaine pourrait tirer profit des conférences et des publications associées aux événements locaux et aux centres régionaux. Ce modèle s’est proposé d’accélérer les opportunités offertes aux jeunes chercheurs de travailler avec des spécialistes internationaux reconnus. De plus, le conseil a ratifié officiellement certaines pratiques de ces dernières décennies pour assurer un recrutement stable de nouveaux responsables et une plus large implication des jeunes comparatistes à travers le monde.
En entrant ainsi dans le nouveau siècle, AILC/ICLA dispose d’un nouvel ensemble d’entités de recherche, parallèlement au comité de coordination, bien établi, et du plus récent comité d’études interculturelles. On y trouve des groupes de recherche à durée limitée touchant aux sujets suivants : études sur l’Amérique latine, études sur l’Asie orientale, études méditerranéennes, études sur l’Europe du Nord, études sur l’Europe de l’Est et du Sud-Est, modernité, théorie littéraire et études sur la traduction. Le conseil, dont les membres enracinent leur travail dans quelque 24 cultures différentes, est maintenant dirigé par le renommé spécialiste Koji Kawamoto (Tokyo). Comme nous l’avons déjà dit, le prochain congrès se tiendra à Hong Kong. Le congrès de 2000 ayant eu lieu en Afrique, le congrès de 2006 trouvera probablement asile dans les Amériques ou en Europe. Le lieu du futur congrès est un des sujets les plus importants dont l’assemblée générale décide en votant.
Un des signes distinctifs de l’AILC/ICLA a été renforcé décennie après décennie par les activités de milliers de personnes qui s’y sont impliquées. Par l’ampleur reconnue de ses activités critiques et théoriques, l’AILC/ICLA a transformé en réalité le fameux paragraphe d’ouverture « prophétique » de l’essai de Henry Remak « Comparative Literature: Its Definition and Function » (1961). Les projets apparemment irréalisables posés par Remak il y a une quarantaine d’années dans sa description des voies possibles du comparatisme sont les projets que, de manière collective, l’AILC/ICLA a pu effectivement réaliser. Cette diversité est parfois déconcertante, voire intimidante pour les collègues habitués à travailler dans des espaces plus restreints, mais peut aussi devenir grisante. L’AILC/ICLA fournit un foyer aux comparatistes ayant des intérêts particuliers, qui peuvent se réunir dans des groupes de travail (par exemple, pour étudier l’interrelation entre la littérature et les autres arts, pour poursuivre une investigation inter-culturelle des littératures de l’Asie du Sud, pour élaborer une compréhension théorique de l’apprentissage littéraire à l’aide de la psychologie cognitive, etc.). L’AILC/ICLA fournit en même temps un réseau complexe permettant à chacun de passer d’une approche ou orientation à une autre. La multiplicité des activités LC crée une barrière naturelle contre le conformisme des normes, même lorsque certains territoires culturels doivent encore obéir à telle ou telle pensée normative. Dans cette perspective, il est difficile de mésestimer le rôle de l’AILC/ICLA auprès de nombreux collègues, un rôle d’instrument de liberté intellectuelle face aux conditions parfois adverses posées par certaines cultures.
www.byu.edu/~icla

Institut international Charles Perrault – France. The International Institute Charles Perrault, France (IICP), par Virginie Douglas

L’Institut est spécialisé dans la formation, la recherche et l’organisation de manifestations dans le domaine de la littérature pour enfants et de leur culture. Il a été fondé en mai 1994 par l’Université Paris-Nord (Paris XIII), et surtout par Jean Perrot, professeur de littérature comparée de cette université et spécialiste des livres pour enfants, et par le conseil municipal d’Eaubonne, localité située à quelques kilomètres au nord de Paris. L’Université Paris-Nord a acquis une expérience considérable dans le domaine de la littérature pour enfants par des cours de formation destinés en particulier aux bibliothécaires ; la création de l’Institut lui-même correspondait à une nouvelle tentative de développer des liens entre le système d’éducation, les professionnels concernés par la littérature pour enfants (des auteurs aux éditeurs jusqu’aux bibliothécaires) et la culture des enfants en général, y compris par l’intermédiaire, par exemple, du multimédia ou du cinéma. En effet, l’éducation en France est caractérisée par une attitude plutôt théorique, alors que les études sur l’enfance demandent un point de vue plus pragmatique. Travailler pour une fois avec les écoles (des expériences sont menées dans des écoles de la région parisienne), les autorités régionales de l’éducation nationale et les chercheurs des universités a été une étape nécessaire vers la réconciliation entre attitudes pratiques et théoriques face aux livres pour enfants. Ainsi, un des objectifs de l’Institut a été d’abattre les barrières entre les différentes approches du monde des études sur l’enfance et de faciliter les contacts entre les domaines et les protagonistes de la littérature pour enfants et de leur culture.
C’est pourquoi, par exemple, l’Institut travaille en collaboration avec les départements de français, anglais, allemand, pédagogie, édition, communication et multimédia de l’Université Paris-Nord. Cette coopération a permis en particulier l’installation récente d’un site sur la Toile, ce qui va dans le sens de l’accroissement du nombre d’interlocuteurs, en faisant mieux connaître l’Institut et la littérature pour enfants. (Il est prévu d’introduire également des textes en anglais sur ce site afin de l’ouvrir aux étrangers.) Au niveau local, l’Institut développe également des projets avec la ville d’Eaubonne. Un de ces projets vise à améliorer l’accès des enfants à la littérature en soulignant la relation entre les livres, les autres médias et la dimension ludique de la lecture. Dans le contexte du réaménagement d’un parc à Eaubonne – le Parc de la Chesnaie – l’Institut suggère que, si des sponsors peuvent être trouvés, une partie du nouvel espace soit dédiée à la création d’un « jardin littéraire » tourné vers quelques personnages célèbres de la littérature pour enfants (de type Alice) et fournissant un accès multimédia en rapport avec les livres pour enfants ou la culture, et avec la botanique ; la possibilité d’un théâtre à ciel ouvert est une autre idée. Le problème reste évidemment de trouver les sponsors.
Au niveau national, l’Institut veut à la fois encourager la création et développer l’analyse des livres pour enfants. Ce double objectif peut être illustré par les récompenses littéraires appelées Prix Charles Perrault et crées par l’IICP : chaque année le « Prix Graphique » (Graphic Prize) récompense une Å“uvre graphique (illustrations ou vidéos, films, etc.) sur un thème donné et trois « Prix Critiques » (Criticism Prizes) récompensent un livre, un article publié et un article non publié sur la littérature pour enfants. Au fil des années, l’Institut a travaillé avec un réseau toujours plus important de contributeurs, réguliers ou occasionnels, comprenant des auteurs, des bibliothécaires, des enseignants, des chercheurs ou autres professionnels intéressés par les problèmes des enfants, un réseau qui dépasse maintenant très largement le cadre de l’équipe de recherche de l’Université Paris-Nord, qui a créé cette organisation en 1994. L’institut a le projet de développer la coopération avec les universités au niveau national en établissant des liens entre les personnes susceptibles d’être intéressées par la littérature pour enfants : le but est de constituer une structure dans laquelle les universités prendront la relève pour organiser des manifestations ou pour inviter des auteurs. Il travaille en outre à la publication d’une liste de chercheurs spécialisés dans le domaine de la littérature pour enfants en France. En réunissant ressources et compétences, l’Institut veut faire sortir la littérature pour enfants du « ghetto » d’une spécialité étroite, car cette catégorie littéraire est encore très largement ignorée, voire méprisée, par les spécialistes français, alors que peu d’actions sont entreprises dans ce domaine par les universités : la France reste à la traîne par rapport à d’autres pays dans notre domaine, car, par exemple, il est impossible de faire des études de littérature pour enfants, sauf en tant que composants de quelques sujets très spécifiques.
Une autre raison de la constitution d’une telle organisation se fondait sur la nécessité de combler un manque dans les structures internationales spécialisées dans les livres pour enfants et leur culture, en France. Il y a certes des organisations, mais la plupart sont concernées surtout par la littérature française pour enfants et manquent d’ouverture à la dimension internationale de la culture des enfants et de son étude. Cette implication internationale est valorisée de plusieurs façons : premièrement, des séminaires internationaux, des symposiums ou des congrès organisés à l’Institut. Les actes ont été publiés, comprenant Visages et paysages du livre de jeunesse (Faces and Landscapes in Children’s Books : actes du congrès international de 1995), Écritures féminines et littérature de jeunesse (Women’s Writing and Chidren’s Literature : actes du symposium de 1995), Musiques du texte et de l’image (Music in texts and illustrations : id. 1996), Tricentenaire Charles Perrault (Tricentennial of Charles Perrault : id. 1997), Humour et identité culturelle (Humour and Cultural Identity, id. 1996) et un livre bilingue sur Tomi Ungerer, Prix Hans Christian Andersen/Tomi Ungerer’s Toys and Tales. Il y a eu d’autres réunions internationales récentes, par exemple un séminaire sur « Livres pour enfants et visions de l’enfance en Afrique Noire », un autre sur les « Perspectives actuelles du roman pour enfants », et enfin un troisième était prévu pour mars 2001 sur « L’appropriation littéraire dans les contes merveilleux ».
L’accession de l’Institut au statut de membre de la FILLM est une action de plus pour renforcer sa dimension internationale. En outre, l’IICP serait heureux d’accueillir dans l’avenir un congrès de la FILLM. L’Institut a déjà l’expérience de l’organisation de grandes manifestations comme celle d’Eaubonne en 1998 – conférence de l’Association de littérature pour enfants sur le thème « Littérature pour enfants et beaux-arts ». Un thème possible, si un congrès de la FILLM se tenait en France serait « l’eau », ce qui permet de nombreuses approches, du symbolisme à l’écologie.
Cette approche internationale se développe également dans d’autres directions. L’Institut est en contact avec toutes les associations internationales principales impliquées dans la littérature pour enfants, comme le IBBY (International Board on Books for Young People). Il participe à un projet de recherche européen sur les livres à images, puisque l’importance accordée aux illustrations facilite l’échange de livres entre les écoles des différents pays. Les échanges internationaux sont également encouragés par l’invitation faite aux auteurs étrangers de rester à l’Institut pour une dizaine de jours, en leur offrant l’opportunité de rencontrer des enfants français et des personnalités de l’industrie du livre : en novembre 2000, par exemple, à l’occasion du symposium sur l’Afrique, un auteur du Mali a résidé à Eaubonne. Un autre aspect est la promotion de la traduction. Les traductions de livres pour enfants en français ou du français vers d’autres langues sont encouragées (par exemple en aidant les traducteurs à trouver des éditeurs) et étudiées dans des séminaires. Un point intéressant est qu’un nombre significatif d’auteurs français ont traduit des livres pour enfants écrits en d’autres langues. De plus, certains séminaires ou certaines sessions de formation sont organisés non seulement en français mais également en anglais pour les étudiants étrangers qui veulent améliorer leur connaissance de la littérature française pour enfants. Un exemple récent a été un séminaire tenu en anglais en juin 2000 sur les illustrateurs français des livres illustrés pour les enfants.
Je voudrais dire que les difficultés éprouvées par l’Institut sont corrélées à sa capacité même. L’ambition et la variété de ses objectifs rendent difficile la collecte des fonds nécessaires (en dépit des subsides des autorités locales ou nationales) ; de même, l’effort humain et le temps peuvent être insuffisants pour mener plusieurs missions à la fois. Il est parfois difficile de ne pas éparpiller son énergie quand il y a tant à faire. Un pas dans la bonne voie a été fait avec l’accroissement récent du personnel de l’Institut (actuellement : un président, un secrétaire général, un secrétaire et deux archivistes), chaque personne ayant des tâches bien définies. Des actions sont à envisager pour augmenter le nombre des participants aux manifestations et pour renforcer les liens de l’Institut avec ses membres (il y en a 71 actuellement). La publication d’un journal d’information trimestriel depuis mars 1999 a résolu partiellement ces problèmes.
www.univ.paris13.fr/perrault

Société de recherche internationale sur la littérature pour enfants. The International Research Society for Children’s Literature (IRSCL), par Rosemary Ross Johnston et Sandra Beckett

La littérature pour enfants est de plus en plus reconnue comme un domaine riche, significatif, et attirant de plus en plus les recherches. Ce domaine est un lieu de rencontre des spécialistes de la littérature et du langage, des professeurs et des bibliothécaires, des journalistes, des écrivains et des illustrateurs, des sociologues et des spécialistes de la santé. Ce lieu accompagne les enfants dans le langage en tant que forme d’art et reflète non seulement une forme de littérature, mais également une image du monde à travers l’art, qui comprend des idées sur les concepts de « l’enfant » et de « l’enfance ». Ceci constitue un aspect important des études culturelles : ce que toute société assume et fournit à ses jeunes a de grandes chances de refléter une part importante des attitudes, valeurs et idéologies propres, non seulement par rapport à ses enfants, mais également par rapport à elle-même. La littérature pour enfants émerge du désir humain de récit – récit dit ou lu, récit personnel ou collectif. Elle émerge également du désir d’une culture capable de faire prendre conscience aux enfants de leur identité et de la manière dont a été créé et ordonné le monde où ils sont nés.
Alors que la littérature pour enfants est une forme de littérature et fait partie du continuum littéraire, son étude intensive a mené à l’émergence d’un corpus théorique distinct. Ici, par exemple, il s’agit d’une littérature qui (dans le cas des livres illustrés) dépend, pour être significative autant de l’usage artistique des mots que de celui des images. Cette signification ne provient ni d’une source, ni de l’autre (mots ou images), mais de l’interaction et de la négociation entre les deux : les enfants lisent à la fois les mots et les illustrations comme parties du déroulement de l’histoire. Les mots ou les images sont parfois privilégiés ; dans d’autres cas, les deux moyens racontent la même histoire, où bien une histoire différente, si bien que l’« histoire » réelle est créée par l’enfant qui lit dans un espace intermédiaire. Un exemple très connu de ce phénomène est Come Away from the Water Shirley, de John Burningham, où les mots expriment ce que Shirley entend dans le monde de tous les jours (le discours des parents et les conseils de faire attention en se promenant sur la plage), alors que les images expriment ce que Shirley est en train de penser, de toute façon dans un autre monde (une aventure de pirates). L’histoire coopérative utilisant des mots et des illustrations (ce qu’aucun des deux éléments ne contient entièrement) est une célébration de l’imagination, de ses libertés et de ses joies. Effectivement, les livres illustrés contiennent des éléments d’un genre nouveau dans leur texte (y compris l’intrigue, le personnage et la motivation), des éléments poétiques dans leur langage (économie des moyens, euphonie, condensation et puissance) et des éléments de théâtre dans leur composition (chaque page est une scène, chaque illustration représente un moment théâtral). Le développement de la théorie des livres illustrés est l’un des sujets d’étude les plus prometteurs concernant la littérature pour enfants.
Il s’agit d’une littérature à laquelle, à un certain moment et à un certain degré, nous avons tous participé, et où chaque individu, comme chaque société, redécouvre un investissement émotionnel. Ainsi, l’étude de la littérature pour enfants constitue un domaine de choix pour analyser les subjectivités et les idéologies socioculturelles, non seulement celles reflétées dans les thèmes et les significations, mais également celles reflétées dans les structures narratives. Les implications pédagogiques ne manquent pas non plus : la littérature pour enfants est associée à la lecture, et à tout le problème âprement disputé de l’éducation littéraire et des capacités concernées. La Société de recherche internationale sur la littérature pour enfants a décidé de fournir aux chercheurs travaillant dans ce domaine nouveau un forum et une place de rencontre pour le débat intellectuel et la recherche.
Origines : La fondation de la Société de recherche internationale sur la littérature pour enfants a été réalisée au colloque de Francfort, en 1969, qui était organisé par les membres de l’Institut für Jugendbuchforschung de l’Université Goethe à Francfort. Les membres de l’Institut ont proposé qu’une organisation internationale soutienne et encourage la recherche dans le domaine de la littérature pour enfants et jeunes. Les participants au colloque, provenant de cinq pays, ont élu un comité d’organisation, et l’année suivante, le 30 mai 1970, l’IRSCL fut fondé par sept spécialistes, d’Autriche (Richard Bamberger), de Tchécoslovaquie (Frantisek Holesovsky), de RFA (Peter Aley, Klaus Doderer, Helmut Mueller), d’Espagne (Carmen Bravo-Villasante) et de Suisse (Franz Caspar). Les statuts ont été approuvés et Klaus Doderer a été élu comme premier président de l’IRSCL.
Membres : Le premier symposium de la société a été tenu à Francfort en octobre 1971. À cette époque, 50 spécialistes de 18 pays, sont devenus membres de l’IRSCL. À la fin de l’année 1971, la société comptait 75 membres de 18 pays. Vers 1997, la société totalisera environ 230 membres de 39 pays. Actuellement, en 2001, les membres représentent 43 pays.
La qualité de membre est ouverte aux personnes engagées dans la recherche sur la littérature pour enfants et jeunes. La qualité de membre institutionnel est ouverte aux bibliothèques, journaux, collections de livres pour enfants et autres institutions dont les activités correspondent aux buts de la société. La qualité de membre institutionnel ne donne ni le droit au vote dans la Réunion générale des membres, ni la participation au comité exécutif.
La qualité de membre de la société est obtenue par demande écrite et à la suite de la décision du comité exécutif. Les membres sont astreints au paiement d’une cotisation annuelle, le minimum étant déterminé dans chaque cas par la Réunion générale des membres. La cotisation pour les membres institutionnels est le double de celle des membres individuels. Les comptes de la société sont tenus et audités dans le pays de résidence du trésorier.
Les corps institutionnels de la Société sont (a) le Comité exécutif et (b) la Réunion générale des membres. Le comité exécutif comprend le président, le vice-président, le trésorier, le secrétaire et deux autres membres. Le comité exécutif met en pratique les décisions de la Réunion générale des membres et prend les initiatives requises pour travailler dans le sens des buts de la société. Le président sortant devient automatiquement membre du nouveau comité pour une période de deux ans, à moins qu’il préfère se retirer. Dans ce dernier cas, le comité fonctionnera avec six membres. Le comité peut coopter un membre du pays où se tient le congrès bisannuel, si ce pays n’est pas déjà représenté dans le comité.
But : L’IRSCL encourage l’interaction entre chercheurs de différents pays et domaines de recherche. Son but, comme spécifié dans les statuts, est de promouvoir la recherche sur la littérature pour enfants et jeunes gens, la lecture et tous les domaines connexes. La société se dédie essentiellement aux échanges d’informations professionnelles, à la discussion des questions théoriques, ainsi qu’à l’initiation et à la coordination de la recherche. La société vise surtout à faciliter l’échange d’informations et la coopération entre les chercheurs des différents pays et des différentes branches du savoir. Son existence permet aux chercheurs des différents pays et à ceux des différentes disciplines de correspondre et de collaborer. La Société cherche à travailler en coopération avec les spécialistes, les institutions et les organisations dont les activités sont apparentées aux buts de la société.
La Société s’efforce d’atteindre ces buts en organisant un congrès tous les deux ans, en faisant circuler ces lettres officielles et d’information parmi les membres, ainsi que par un petit programme de publication. Une réunion générale des membres est tenue tous les deux ans. Cette réunion élit le président et les autres membres du comité exécutif à la majorité simple. Des réunions spéciales des membres doivent être organisées si l’intérêt de la Société le demande ou si 30 % des membres le demande au comité exécutif par écrit, en mentionnant le but et la raison de la réunion. Les missions essentielles de la Réunion générale des membres sont d’approuver le compte-rendu sur les 2 années passées et le compte-rendu du trésorier, d’élire le comité exécutif, de libérer de leurs charges les membres du comité exécutif, de déterminer la taxe minimale annuelle demandée aux membres et de décider la modification des statuts.
Avantages des membres : Le fait d’être membre de la Société présente des avantages réciproques. Plus la Société devient forte au plan international, plus chaque voix individuelle recevra une audience dans les cercles de la recherche scientifique (là où, par le passé, il a fallu affronter bon nombre de malentendus et de préjugés intellectuels). Plus la Société est forte, plus ses membres sont bien placés pour réclamer leur propre domaine de recherche et des aides ou subventions. La Société est engagée dans une activité de promotion de la recherche sur les jeunes littératures de nations en développement. Des congrès ont eu lieu partout à travers le monde : dans un continent avec tant de nouveaux pays, comme l’Afrique, un congrès prévu en Afrique du Sud fournit l’occasion à l’IRSCL d’offrir un forum assistant les collègues qui travaillent dans un domaine qui pourrait bien prendre de l’ampleur.
La Société offre à ses membres des opportunités pour la recherche et l’échange d’idées par le biais du comité exécutif, des congrès et de la lettre d’information, des opportunités pour les collaborations de recherche au plan national et international, des opportunités pour promouvoir la recherche internationale sur la littérature pour enfants, des possibilités d’alliances professionnelles et institutionnelles, une place de réunion, des opportunités de nominer et d’être nominé pour des distinctions et des prix destinés aux idées novatrices dans ce domaine.
Plans pour l’avenir : Les études sur la littérature pour enfants ont atteint un point crucial dans leur développement. Certains indices annoncent que le développement de la théorie de la littérature pour enfants va dynamiser les études littéraires autant que le féminisme et le postcolonialisme l’ont fait pendant les dernières décennies du xxe siècle. Alors que certains chercheurs ont proposé le qualificatif d’« enfantiste » (après « féministe » et « postcolonialiste »), il paraît que, indépendamment de la terminologie, les études sur la littérature pour enfants sont faites pour durer et pour occuper une place significative dans le débat intellectuel.
L’IRSCL est confrontée à un certain nombre de défis. Le plus important paraît être son « internationalisme » : comment une telle société peut-elle répondre aux besoins et représenter fidèlement autant de pays différents ? Quelles décisions sont à prendre concernant les langues ? De quelle manière la société peut-elle contribuer au développement des études sur les littératures pour jeunes, surtout dans les pays en développement ? Comment peut-on encourager et faciliter la participation et la présence aux congrès des spécialistes de ces pays ? Comment la Société peut-elle utiliser au mieux ses ressources pour développer des partenariats et des collaborations internationaux ?
Ces questions n’ont pas de réponse toute faite. Néanmoins, la Société est pleinement engagée dans cette direction – à savoir de travailler en vue de résultats contribuant à une recherche rigoureuse, intellectuelle et scientifique dans l’important domaine des études sur la littérature pour enfants.
www.education.uts.edu.au/centres/crea/irscl

Association internationale de germanistique. Internationale Vereiningung für Germanistik (IVG), par Michael S. Batts

L’Association internationale pour les langues et les littératures germaniques (Internationale Vereinigung für Germanische Sprach- und Literaturwissenschaft – le nom a été changé à la réunion de travail du congrès de 2000 à Vienne en Internationale Vereinigung für Germanistik – a des relations d’une part avec la FILLM et d’autre part avec l’Association internationale des professeurs d’allemand (Internationaler Deutschlehrerverband, IDV). La FILLM a été fondée en 1948, lorsque le domaine de la linguistique a été ajouté au quatrième congrès de la Commission internationale d’histoire littéraire moderne, le nom étant remplacé par celui plus approprié de Fédération internationale des langues et littératures modernes. Au cinquième congrès de la FILLM à Florence en 1951, la création d’un groupe d’organisations de recherche à été suggéré par l’UNESCO, dont une organisation pour les études germaniques. Les germanistes présents à cette réunion ont soutenu cette idée et ont constitué un comité provisoire, comprenant les professeurs Borcherdt, Santoli et Böckmann. L’idée première était de créer une organisation parapluie, mais elle a été rejetée rapidement et à la réunion de 1952, réunissant 26 germanistes de 15 pays, il a été décidé qu’il ne devrait y avoir que des personnes-membres. À la première réunion plénière de Rome en 1955, les statuts ont été adoptés, en incluant une clause stipulant que l’IVG se plaçait sous l’égide de la FILLM.
Il a toujours été important pour l’IVG d’inclure des langues germaniques autres que l’allemand à la fois dans sa structure et dans les réunions internationales. Dans ce but, des places dans le comité ont été réservées dès le début pour les langues scandinaves, le néerlandais et le frison. Leur importance a parfois varié, mais à présent le terme germanique est défini de manière à inclure l’aire scandinave, le néerlandais et le yiddish ; le conseil comprenant statutairement un membre pour chacun des trois domaines. En dépit de cette reconnaissance formelle, la participation des représentants de ces autres langues germaniques a été plutôt réduite, en partie à cause des organisations plus spécialisées en compétition et, sans doute, à cause de la fluctuation dans l’orientation du congrès entre sujets et appartenance linguistique. Lorsque les sections sont divisées par sujet, les langues minoritaires sont désavantagées ; lorsque les sections sont divisées par langue (néerlandais, yiddish, etc.) les représentants de ces domaines se retrouvent entre eux. Un autre désavantage apparaît dans la mesure où il est entendu que toutes les contributions sont à faire en allemand, puisqu’il s’agit par tradition de la langue du congrès, même si les statuts ne mentionnent pas la langue à utiliser soit au congrès, soit dans la gestion courante de l’association.
La qualité de membre de l’IVG est limitée aux personnes actives dans le domaine des études germaniques, en premier lieu celles des universités, et leur nationalité est définie par leur place de travail, c’est-à-dire l’institution qui les emploie. La « nationalité » des personnes de l’IVG est importante, car les statuts demandent que le nombre des membres du Conseil (Ausschuß) – d’abord 15, puis 20, parmi lesquels 10 sont élus tous les 5 ans – provenant d’un même pays ne dépasse pas 2. Le Comité exécutif (Präsidium) comprend le président et les deux vice-présidents, qui doivent appartenir également à des pays différents. La durée de leur charge est comprise entre deux congrès successifs et ils ne peuvent pas être réélus. Un Sénat permanent (Senat) a été prévu à l’origine, comprenant tous les anciens membres du conseil et du comité exécutif. Ce sénat était censé assister les comités exécutif et d’organisation locale dans la préparation des congrès, mais comme son rôle n’a jamais été significatif, cette institution a été finalement abolie en 2000. L’Assemblée générale (Vollversammlung) de chaque congrès, c’est-à-dire tous les membres présents et valides, a bien sûr le dernier mot, car elle est responsable de l’élection des délégués et des comités (à l’exception du Comité financier) et de l’approbation ou du rejet des motions qui lui sont proposées. Les seuls comités définis dans les statuts sont le Comité de travail (Arbeitskommission) et le Comité du congrès (Kongreßkommission), les deux étant d’habitude élus par l’assemblée générale à la première réunion de chaque congrès et présentent leurs comptes rendus à la session de clôture. Il existe également un Comité financier (Finanzkommission), comprenant trois membres du conseil : ce comité conseille le comité exécutif en matière financière et, avec le trésorier, qui est également un membre du conseil, est responsable des affaires financières de l’IVG, y compris la collecte des cotisations. La fonction du comité de travail est de surveiller les activités de l’IVG et de faire des recommandations pour l’avenir. Le but du comité du congrès est de préparer l’élection des responsables délégués.
À la suite de l’augmentation rapide de l’importance et de la complexité du congrès, ces comités se sont trouvés dans l’impossibilité d’exercer leur fonction pendant le peu de jours avant le congrès et les statuts ont été donc changés en 1995.
Les comités et les autres activités de l’IVG devaient être réorganisés, car le nombre des membres rendait impossible l’accomplissement de toutes les tâches qui leur incombaient, en tant que comité exécutif et conseil pendant le congrès quinquennal. Les statuts exigent, par exemple, qu’une liste des membres soit fournie à tous les membres, une tâche relativement facile lorsqu’il s’agit de quelques centaines de personnes, mais qui devient bien plus difficile lorsque le nombre des membres dépasse le millier, sans oublier les services annexes du congrès (logement, événements culturels, etc.) qui deviennent d’une complexité proportionnelle. Ce n’est pourtant pas le nombre absolu des membres qui fait problème, mais plutôt le nombre de pays représentés et la difficulté de communication avec des membres si dispersés géographiquement. Au congrès de Rome (1955), par exemple, les participants représentaient 23 pays ; ce chiffre était de 59 en 1995 et de 55 en 2000.
Même si le comité du congrès est chargé de choisir la place du congrès prochain, dans la pratique et depuis 1955 (Rome), il s’agit de l’université où travaille le président. Les congrès ont donc eu lieu à Copenhague, Amsterdam, Princeton, Cambridge, Bâle, Göttingen, Tokyo, Vancouver et Vienne. Le prochain congrès se tiendra en 2005 à Paris. Le but de l’IVG, tel que décrit par les statuts, est de faire progresser les contacts personnels et ceux avec les organisations spécialisées et nationales, surtout à l’occasion de l’organisation du congrès international. Un certain nombre d’efforts ont été déployés ces dernières années pour améliorer les relations avec les organisations nationales, surtout depuis les changements politiques intervenus en Europe de l’Est, mais l’objectif principal, et en fait presque le seul, de l’IVG a été le montage des congrès internationaux qui se tiennent en accord avec les principes de l’UNESCO chaque cinq ans. À cause de la nature internationale de la participation, la sélection d’un moment dans l’année pour le congrès a toujours été un dur problème et aucune solution n’est entièrement satisfaisante. Traditionnellement, les réunions ont lieu fin août ou début septembre.
Au premier congrès de Rome, il y avait des sections pour la littérature et la linguistique ; dans le premier cas le sujet général était le xixe siècle et dans le second, la langue standard et les dialectes (« Hochsprache und Mundarten »). Dès lors, à l’exception du congrès de 1975 et de 1980, un thème général a été choisi pour chaque congrès, le dernier se tenant à Vienne en 2000 : « Changement de temps – les études germaniques passent du xxe au xxie siècle » (« Zeitenwende – Die Germanistik auf dem Weg vom 20. ins 21. Jahrhundert »). Il faut reconnaître, cependant, que de nombreux intervenants des sections spécialisées n’ont pas suivi le sujet principal. Les deux sections : littérature et linguistique, à Rome en 1955, sont devenues 24 à l’horizon 2000 (la 25e section concernant le yiddish a été supprimée pour des raisons politiques), définies en partie par le sujet et en partie par la langue. Les conférences communes, de même que les articles des sections (à Vienne il y en avait 623) ont été publiées partiellement ou totalement, sous une forme ou une autre, depuis le deuxième congrès.
La taille du congrès est devenu un problème de plus en plus important, composé, d’une part par le nombre croissant d’organisations dédiées à une discipline ou à un simple thème, et d’autre part par les considérations financières. Sous ce rapport, l’importance de la participation au congrès ne saurait être sous-estimée. Il y a eu bien sûr un accroissement naturel de la participation, l’IVG gagnant de l’audience, par exemple, de 260 à Rome et 477 à Copenhague à 555 à Amsterdam. Une forte décrue a été enregistrée pour Princeton (308), sans reprise significative à Cambridge (403). Ensuite, pourtant, le nombre a augmenté rapidement d’environ 800 à Bâle, 1400 à Göttingen et 1600 à Tokyo. La forte participation de Göttingen pouvait être attribuée à de nombreux facteurs, le moindre n’étant pas que l’IVG se réunissait pour la première fois en RFA. Le nombre encore plus grand enregistré à Tokyo s’expliquait apparemment par le grand nombre d’Européens qui voulaient visiter le Japon (la participation allemande, par exemple, a été la plus nombreuse jamais enregistrée) et le nombre de Japonais qui voulaient simplement participer au congrès. La participation japonaise est montée de 75 en 1985 à 411 en 1990, pour retomber à 202 en 1995 (Vancouver est d’accès facile à partir du Japon) et à 135 en 2000.
Le fait que l’IVG est vue comme une organisation destinée presque exclusivement à monter une conférence quinquennale, pour échanger des nouvelles et des points de vue et découvrir les nouveautés du domaine, constitue un désavantage considérable du point de vue financier. La cotisation à payer est conçue pour couvrir les frais occasionnés par les cinq années entre les congrès. Or, les membres s’acquittent avec retard de cette cotisation ou, s’ils ne pensent pas être présents au prochain congrès, ne la paient pas du tout. Autrement dit, le paiement de la cotisation dépend, pour un grand nombre de membres, surtout du prochain congrès et du fait qu’ils décident d’y participer, ce qui peut être décidé au dernier moment. La fluctuation de la participation dépend donc d’un certain nombre de facteurs, dont la cotisation payée à l’IVG est probablement un élément mineur. La politique de l’IVG a toujours été également d’accepter des membres ne payant pas leur cotisation dans les régions défavorisées économiquement ou connaissant des problèmes de monnaie inconvertible. L’IVG a pu donc financer ses activités surtout grâce à la générosité de l’institution où travaille le président et des sponsors qu’il aura pu trouver. La présence des membres au congrès a été aussi soutenue en partie par leurs propres institutions, en partie par des organisations allemandes comme la Fondation Alexander von Humboldt (Alexander von Humboldt-Stiftung) le Conseil allemand de la recherche (Deutsche Forschungsgemeinschaft) et le Service allemand d’échanges universitaires (Deutscher Akademischer Austauschdienst).
Néanmoins, le soutien institutionnel au niveau local a décliné ces dernières années, tout comme les budgets des organisations listées ci-dessus. Le résultat de cette tendance malheureuse paraît devoir affecter non seulement le congrès de l’IVG, mais tous les autres congrès dans l’avenir. La plupart des membres ne peuvent pas subvenir eux-mêmes au voyage, mais la pré-condition d’une subvention est la preuve que l’article a été accepté. Il y a donc, d’une part, une pression sur les organisateurs, obligés d’accepter les articles, car ils savent que le rejet signifiera l’absence du candidat. D’autre part, le nombre des participants qui ne présentent pas d’article a considérablement diminué. Comme le nombre des travaux pouvant être présentés au congrès est limité en pratique, le nombre des participants ne dépassera pas de beaucoup celui des auteurs, la différence provenant surtout de ceux qui vivent sur place. Au congrès de Vienne, par exemple, 53 % de l’assistance venaient d’Autriche, d’Allemagne et de Suisse, même si ces pays ne représentent ensemble que 41 % des membres. En partie, pour assurer quelque continuité entre les congrès et pour convaincre les membres que l’IVG n’existait pas seulement pour organiser une conférence quinquennale, des lettres du président, au début envoyées un peu au hasard, puis sous la forme d’une vraie lettre annuelle, ont été distribuées aux membres. Les lettres sont maintenant bien plus substantielles, contenant non seulement des informations sur le congrès suivant, mais également des comptes rendus sur le dernier congrès, les conférences nationales habituelles, la nécrologie, etc. L’IVG est devenue bien plus internationale qu’à ses débuts. Il est à espérer que la lettre aidera matériellement à maintenir et à créer des liens partout à travers le monde dans le domaine des études germaniques.

Union internationale pour les études néerlandaises. Internationale Vereniging voor Neerlandistiek (IVN), par Roel Vismans

Le néerlandais est la langue maternelle d’environ 21 millions de personnes. C’est la langue officielle des Pays-Bas et des Flandres, de même que celle du Surinam, d’Aruba et des Antilles néerlandaises. La position stratégique des Flandres et des Pays-Bas en Europe a fait que pendant des siècles le commerce entre les pays de langue néerlandaise et les entreprises au-delà de leurs frontières a été considérable. L’extension très vaste de la culture des Pays-Bas est apparentée de très près à ces liens commerciaux. Chaque chercheur s’intéressant aux Pays-Bas découvre vite que la langue néerlandaise a été la clé d’accès à la culture régionale depuis le Moyen Âge jusqu’à aujourd’hui : la clé donnant accès à des artistes comme Rubens et Rembrandt, à des tendances politiques comme le Mouvement flamand et les piliers, à des architectes comme Berlage et à des chorégraphes comme Anne Teresa De Keersmaeker.
Déjà depuis le Moyen Âge, les locuteurs du néerlandais se sont établis au-delà des frontières de la zone de langue néerlandaise, ce qui veut dire que dans de nombreux endroits à travers le monde on trouvera des archives rédigées en néerlandais. En Indonésie, ceci couvre des kilomètres sur étagère ; c’est également le cas aux Indes et au Japon, à Sri Lanka et en Amérique de Nord, tandis qu’au Cap il y a des textes par milliers en néerlandais, vieux de plusieurs siècles. En Afrique du Sud, de même, environ six millions de personnes parlent afrikaans, une langue très proche du néerlandais.
Les études néerlandaises au plan international : La connaissance de la langue néerlandaise a une grande importance économique, culturelle et historique dans de nombreuses parties du monde. Les gens cherchent surtout des cours universitaires à l’endroit où ils habitent pour le transfert de cette connaissance. C’est pourquoi les études néerlandaises sont une matière enseignée dans environ 250 universités à travers le monde. Les « études néerlandaises » signifient non seulement l’étude de la langue et de la littérature des Pays-Bas, mais également celle de leur histoire, art et culture.
L’Association internationale pour les études néerlandaises : L’Association internationale pour les études néerlandaises (Internationale Vereniging voor Neerlandistiek – IVN), fondée en 1970, est une organisation pour les personnes entreprenant des études néerlandaises dans des universités en dehors des Pays-Bas et des Flandres. Son but principal est de promouvoir et de faciliter ces études néerlandaises « extra muros ». Pour les personnes impliquées, les contacts étroits avec leurs collègues de spécialité, dans des universités à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la région de langue néerlandaise, sont essentiels. Leur enseignement et leur recherche exigent qu’ils aient un accès régulier aux informations mises à jour sur les événements universitaires, culturels et politiques en Belgique et aux Pays-Bas. L’IVN fournit ce genre d’assistance.
Colloquium Neerlandicum : Une des activités les plus importantes de l’IVN est donc le « Colloquium Neerlandicum », une conférence que l’IVN organise tous les trois ans. Le colloque, qui se tient alternativement aux Pays-Bas et aux Flandres, offre un programme d’une semaine centré sur les études néerlandaises en dehors des Pays-Bas et des Flandres. Ceci donne aux personnes qui entreprennent des études néerlandaises « extra muros » l’opportunité de présenter leur propre travail et de dialoguer avec des collègues à l’intérieur de la zone de langue néerlandaise, dont un bon nombre est également attiré au colloque par la promesse d’une telle interaction. Les actes de chaque colloque sont publiés par l’IVN.
Neerlandica Extra Muros (NEM): NEM est le journal de recherche de l’IVN. Il est publié trois fois par an : un volume annuel se chiffre à 216 pages. NEM contient des articles sur la langue néerlandaise et son histoire, ainsi que sur la littérature et la culture aux Pays-Bas et en Flandres, avec des critiques des publications universitaires, des recueils de textes et d’autres matériels pour enseigner le néerlandais aux étudiants étrangers. Une attention particulière est accordée à l’enseignement du néerlandais comme langue étrangère. Il y a également des contributions régulières sur la poésie, la prose, la théorie littéraire, la linguistique, l’acquisition du langage et le rapport entre culture et société.
L’IVN et l’Union pour la langue néerlandaise : Pour bon nombre de ses activités, l’IVN reçoit une aide de la Nederlandse Taalunie (Union pour la langue néerlandaise), une institution intergouvernementale dédiée au néerlandais et au flamand. En coopération avec l’Union pour la langue néerlandaise, l’IVN produit trois publications : Lijst van docenten in de neerlandistiek aan extramurale universiteiten en ledenlijst IVN (Liste des enseignants des études néerlandaises dans des universités hors les Pays-Bas et les Flandres et la liste des membres de l’IVN), contenant également des détails sur les postes d’enseignant en études néerlandaises dans les universités en dehors de la zone de langue néerlandaise, Wie en wat in de neerlandistiek in Nederland en België (personnes et organisations en études néerlandaises aux Pays-Bas et en Belgique), un guide avec des informations sur les études néerlandaises à l’intérieur de la zone de langue néerlandaise, y compris des détails sur les journaux universitaires, les bibliothèques, les instituts de recherche, les associations, les sociétés, etc., ainsi que la Basisboekenlijst extramurale neerlandistiek (Liste des titres essentiels pour les études néerlandaises), qui a la vocation d’aider les enseignants en études néerlandaises en dehors des Pays-Bas et des Flandres dans leur sélection du matériel de cours et la constitution d’une bibliothèque d’ouvrages essentiels.
L’IVN est fortement impliquée dans l’organisation d’un cours de trois semaines pour environ 150 étudiants en néerlandais provenant de l’étranger, qui se tient chaque année sous les auspices de l’Union pour la langue néerlandaise.
Autres activités : L’IVN travaille pour le compte de ses membres et représente leurs intérêts. Par exemple, le Algemene Nederlandse Spraakkunst, la grammaire standard du néerlandais, a vu le jour grâce à une initiative de l’IVN. L’IVN a son propre site sur la toile, qui offre, entre autres, des informations sur les postes de travail disponibles et l’accès à des fichiers comme la liste des membres de l’IVN et à celle des titres essentielles pour les études néerlandaises. L’IVN s’efforce de fournir, sur une base bisannuelle, un cours intensif sur la culture du xviie siècle pour les historiens de l’art engagés dans des recherches sur le xviie siècle néerlandais et flamand et ne parlant pas néerlandais. L’IVN publie l’IVN-krant (Journal de l’IVN) plusieurs fois par an. Celui-ci est disponible sous forme électronique ou sur papier. L’IVN fournit des informations écrites ou sur papier concernant les postes disponibles pour les études néerlandaises à l’étranger. Enfin, l’IVN reste en contact étroit avec les organisations régionales et nationales promouvant les études néerlandaises à l’étranger. Les membres, les membres associés et les sponsors d’IVN reçoivent gratuitement toutes les publications de l’association.
www.ivnnl.com

Association de recherche sur les sciences humaines modernes. The Modern Humanities Research Association (MHRA), par David A. Wells

Les grandes différences de taille, de mode d’administration et de fonctionnement entre les associations-membres de la FILLM sont dans un certain sens une source évidente de force, mais il est tout aussi évident que ceci peut être source de problèmes, car les administrateurs des associations très grandes et à vocation universelle, telles que les MLA et ICLA, avec leurs sous-groupes régionaux et thématiques, ont une perception bien différente de notre sujet et des activités à organiser tout aussi différentes de celles propres aux sociétés plus petites et plus spécialisées. En tant que société multidisciplinaire, la MHRA présente des caractéristiques propres à la fois aux grands et aux petits regroupements, tout en gardant quelques différences fondamentales par rapport aux autres, et également une histoire qui, d’une certaine façon, la relie à la FILLM aussi fortement que toute autre association membre.
La MHRA a été fondée comme Association savante d’études sur les langues modernes en 1918 au Christ’s College, Cambridge, dans les bureaux du Dr. Brian W. Downs, un Membre du Collège dont le nom n’a jamais cessé d’apparaître dans les pages de cette ce recueil. En 1956, devenu vice-chancelier de l’Université de Cambridge, il a encore témoigné de son appui aux langues modernes en s’y impliquant comme fondateur de la Conférence internationale d’études scandinaves, qui donnera vite naissance à l’IASS. À sa fondation de 1918, Downs, entouré d’un petit groupe de collègues, pensait que, à une époque où les langues et les littératures modernes et médiévales cherchaient encore à s’établir à côté de la vénérable discipline des études classiques – l’anglais occupant même une place relativement subalterne – une association de savants dédiée aux langues modernes sur une base interdisciplinaire, avec sa propre publication, pouvait jouer un rôle en appuyant ses intérêts et en les rendant respectables dans le cadre des études de sciences humaines déjà bien établies. Comme l’explique John H. Fisher dans sa lettre à la branche américaine de l’Association en 1971, ces jeunes membres de la faculté et étudiants diplômés argumentaient que la manière d’avancer en la matière ne résidait pas dans une « étude philologique des langues modernes à l’imitation des classiques, ou dans un enseignement inspiré prolongeant la tradition arnoldienne, mais plutôt […] dans une recherche pour apprendre plus sur les littératures et les langues et dans la publication de cette recherche pour le bénéfice des autres chercheurs », ainsi que dans la conviction que cette recherche améliore l’enseignement. Le terme « humanités modernes » a été adopté peu de temps après, en 1918. Il était destiné à couvrir les langues et les littératures de tradition européenne, y compris l’anglais, à la différence du terme « langues modernes », restreint dans les universités britanniques ou de tradition britannique aux langues étrangères modernes, à l’exclusion de l’anglais, la plupart du temps bien établi dans une école ou un département propre. Cette différentiation historique a été simplement renforcée ces dernières années par le déclin relatif alarmant du nombre des étudiants des langues et des littératures non anglaises. Le terme « humanités modernes » est maintenant périmé. S’il lui arrive d’être utilisé dans un cadre suffisamment étendu, une confusion compréhensible peut apparaître à savoir si l’Association comprend les disciplines de l’histoire, de l’histoire de l’art, de la pédagogie, de la philosophie et de la musique parmi ses objectifs (ce qui n’est pas le cas), et même si ses membres sont des humanistes au sens de la philosophie (ce qui peut être vrai ou faux), ou suivent une politique éthique humaniste. Les responsables arrivent donc à déplorer, dans un certain sens, la formulation du nom de l’Association, que personne ne choisirait aujourd’hui pour une société de langues modernes, tout en assumant avec fierté le fait que la plupart des spécialistes et des linguistes modernes du domaine anglais, au moins dans les universités de tradition britannique, connaissent la nature et le fonctionnement de la MHRA. Le changement du nom ne paraît pas avoir été dû à une quelconque idéologie – en fait, les fondateurs de la MHRA ne se voyaient pas eux-mêmes comme un groupe de pression en faveur de leur intérêt général, comme les premiers membres de l’Association des langues modernes d’Amérique – mais simplement pour éviter la confusion avec l’Association des langues modernes (britannique), une société fondée en 1893 et représentant les intérêts des professeurs de langues étrangères dans le système scolaire secondaire britannique.
Les fondateurs de la MHRA étaient conscients de ce qu’un grand nombre de spécialistes des langues étrangères n’ont appris que tard, difficilement et à leurs dépens, que les langues modernes dans leur totalité ont tout à gagner lorsque les domaines linguistiques particuliers présents dans l’université coopèrent plutôt que de se livrer à une compétition chauvine. Un énoncé sur les buts de l’Association, qui a été réimprimé pendant des années dans l’Annual Bulletin, affirme que « notre objectif est d’encourager et de promouvoir les études avancées et la recherche dans le domaine des humanités modernes, surtout celui des langues et les littératures européennes modernes (y compris l’anglais). Notre but est d’abattre les barrières entre les savants travaillant dans des disciplines différentes et de maintenir l’unité des humanités, pour faire face à une spécialisation croissante. » En même temps, cet idéalisme était tempéré par une estimation pragmatique des moyens nécessaires pour atteindre ces objectifs. Depuis déjà la deuxième réunion de l’Association, il a été affirmé que la publication des recherches était, avec le recrutement de membres, la meilleure voie vers le progrès. L’Association naissante a contribué financièrement à la publication de la Modern Language Review (en prenant en 1922 le contrôle éditorial), déjà publiée par Cambridge University Press depuis 1905 pour le compte de l’Association des langues modernes (britannique).
L’embauche successive d’éditeurs de la plus grande qualité dans les différents domaines linguistiques a assuré efficacement la survie du journal et son développement en tant que trimestriel britannique le plus connu consacré aux langues modernes, y compris l’anglais. Cette position n’a jamais été modifiée dans l’histoire de la MHRA, qui a toujours regardé la Modern Language Review comme son bateau amiral, dont la priorité réside dans les ressources de l’Association. Un volume annuel type comprend aujourd’hui quelque 1184 pages, chaque numéro étant divisé plus ou moins également entre les langues et les littératures anglaises, romanes, germaniques et slaves. Une importante quantité de pages, habituellement la moitié, sont réservées à la critique des livres.
Les premiers membres de l’Association savaient également qu’une importante assistance à cette discipline relativement jeune pourrait prendre la forme des bibliographies, donc celles-ci ont toujours pris une part significative de ces publications. La Annual Bibliography of English Language and Literature a été lancée en 1921 avec la mission presque impossible « de lister chaque année tous les livres et les articles de recherche concernant la langue et la littérature anglaises (et anglo-américaines) publiés partout à travers le monde ». En dépit des difficultés répétées pour trouver des spécialistes prêts à consacrer leur temps à ce travail, le système a survécu à la fois à l’explosion des informations survenue depuis les années 60 et à la bureaucratisation de la profession dans de nombreux pays anglophones, conduisant à une dévaluation artificielle de la valeur d’importantes activités d’assistance à la recherche, comme les bibliographies, les critiques et autres activités éditoriales. Après les problèmes habituels qu’a posés la maîtrise de la technologie électronique, ce travail est maintenant disponible pour les abonnés en format électronique (la totalité des fonds d’archives), tout aussi bien que sous la forme traditionnelle de texte imprimé.
Le besoin de bibliographies a été reconnu également dans le cas des langues étrangères modernes. Pour ne pas entrer en compétition avec chaque bibliographie nationale, The Year’s Work in Modern Language Studies, fondé en 1930, se présente comme une bibliographie critique annuelle des travaux effectués dans toute une série de langues et de littératures, y compris latin médiéval, néo-latin, français, provençal, espagnol, catalan, portugais, latino-américain, italien, roumain, gallois, breton, irlandais, gaélique d’Écosse, allemand, néerlandais, danois, norvégien, suédois, tchèque, slovaque, polonais, russe, ukrainien, biélorusse, serbo-croate et bulgare. Ici, la définition étroite des « langues modernes » comme langues étrangères à l’exclusion de l’anglais est reprise, mais il y a des raisons motivant l’existence séparée de l’Annual Bibliography of English Language and Literature, car une bibliographie critique similaire existe pour l’anglais, The Year’s Work in English Studies, qui est édité par une société différente, l’English Association.
Pendant les années suivant la Seconde Guerre mondiale et jusqu’à la fin des années 60 la MHRA a été renouvelée et agrandie, en particulier grâce au dynamisme d’un homme, le Dr Stanley C. Aston, membre du St Catharine’s College, Cambridge. L’établissement de contacts a abouti à une florissante branche américaine, qui, pourtant, n’a pas survécu aux derniers changements de l’attitude professionnelle au sein de la nouvelle génération, ni au rôle grandissant de la publication, au détriment de l’ancien rôle social de l’Association. Au début des années 60, les trois publications étaient bien connues et appréciées ; la Modern Language Review en particulier, paraissant normalement en anglais mais avec quelques articles en français, et jouissait d’une réputation internationale croissante en tant que journal britannique de pointe couvrant toutes les grandes langues européennes modernes. L’Association, cependant, a affronté un problème fondamental pour son avenir, que de nombreuses sociétés de sciences humaines plus petites ont dû affronter par la suite. En même temps qu’engagée dans les publications, qui demandaient pour leur gestion une équipe éditoriale compétente plutôt qu’une société savante en tant que telle, la MHRA était portée par une éthique de collaboration et, évidemment, de convivialité entre collègues du même domaine, et il s’avère que des corporations comparables auraient pu survivre aussi longtemps que les clubs des gentlemen d’Oxbridge sans même le moindre but de recherche. Une telle image de la MHRA aurait été une caricature à toutes les époques, mais il reste vrai que les réseaux, maintenant passés de mode, de savants pensant de la même façon, avec des origines sociales comparables, ont été un facteur majeur de succès des sociétés de ce type. Avec l’expansion démesurée de la profession depuis les années 60, la bureaucratisation qui s’est est suivie et, sûrement, la professionnalisation entendue au mauvais sens du terme, ce genre de réseau a perdu sa raison d’être. À ajouter à ceci que les membres individuels de la MHRA recevaient la Modern Language Review en retour de leur cotisation, avec possibilité d’obtenir les autres publications à des tarifs tout aussi préférentiels. Autrement dit, les publications étaient fournies aux membres à la charge de l’Association, qui n’avait aucune idée de constituer ses propres fonds, même si de telles considérations mercantiles pouvaient traverser l’esprit des savants fondateurs, ce qui paraît improbable. Mais dans un nouveau climat social, la préférence accordée aux membres individuels, impliquant que l’appartenance à la MHRA conférait des avantages particuliers que les linguistes non-membres ne pouvaient avoir, est devenue de moins en moins réaliste. Tout avantage dû au fait d’être membre d’une Association comme la MHRA est perçu comme négligeable en termes d’évolution de carrière.
Même si la liste des membres comprend encore plusieurs centaines d’abonnés individuels, la MHRA ressemble aujourd’hui par certains côtés plus à une petite société de publications universitaires qu’à une société savante, telle qu’elle est perçue habituellement. Néanmoins, le comité maintient un esprit de non-profit. Même si des considérations commerciales permettent de mieux gérer l’Association, les critères scientifiques sont toujours à la base de ses décisions, les nouveaux moyens obtenus par l’Association depuis les années 60 étant utilisés dans ce but.
Un important développement des publications a commencé en 1971 avec le lancement du Yearbook of English Studies, conçu à l’origine comme un débouché pour les nombreux articles et critiques supplémentaires dans le domaine de l’anglais qui ne pouvaient pas être inclus dans la Modern Language Review sans mettre en danger l’équilibre du sujet traité par chaque numéro. Alors que le texte et le format suivent exactement ceux de la Review, de sorte que les contenus peuvent être permutés d’une publication à l’autre, si nécessaire lors de la production, le Yearbook est devenu peu à peu un journal de plein droit ; chaque volume contient en particulier un corpus d’essais commandés relatifs à un thème spécifique. L’année 1970 a vu le lancement de la série MHRA Texts and Dissertations qui se veut une série de prestige pour la publication des dissertations d’une valeur particulière produites par de jeunes spécialistes.
Dès sa fondation, la MHRA a désigné un président d’honneur annuel dans un des domaines linguistiques, représentés à tour de rôle. La fonction de président est purement honorifique, à l’importante exception de lui permettre d’adresser un message présidentiel lors de l’assemblée générale annuelle, en régnant en « roi d’un jour ». Ce message est ensuite publié dans la Modern Language Review. Sinon, l’Association évite l’organisation de conférences. À l’exception d’août 1968, où un congrès jubilaire s’est tenu avec des participants illustres ; nous avons pensé que la publication des articles s’imposait. Ce livre, The Future of the Modern Modern Humanities, est paru en 1969 et est devenu le précurseur d’une série prestigieuse, « Publications of the MHRA », qui atteint à présent 14 volumes. Depuis 1978 l’Association a accepté d’assumer la publication du trimestriel Slavonic and East European Review pour le compte de l’Université de la London School of Slavonic and East European Studies et depuis 1984, a agi en faveur d’une langue relativement minoritaire avec le lancement du périodique annuel Portuguese Studies, à présent le sixième journal dans le fonds des publications. Un service d’ordre général est apporté au milieu savant par le Style Book de la MHRA, un manuel de style anglais pour les auteurs et éditeurs basé sur l’usage britannique. Il est délibérément conçu comme plus bref et maniable que son équivalent américain, le MLA Handbook, mais les changements de l’usage et surtout des pratiques des auteurs en rapport avec les nouvelles technologies d’édition font qu’une sixième version révisée est déjà en projet.
Le volume et la complexité croissantes des affaires de l’Association, avec ces dernières années l’embauche à plein temps ou à mi-temps de quelques personnes dans le domaine crucial de la publication, de la distribution dans le département du trésorier – ainsi que sur des projets de recherche spécifiques comme la collecte de données pour l’Annual Bibliography of English Language and Literature, en plus d’une assistance occasionnelle au secrétariat et des problèmes relatifs à la gestion des investissements, l’administration des droits de propriété intellectuelle et les accords contractuels pour la publication en format traditionnel et électronique en collaboration avec des partenaires commerciaux – ont fait que les membres volontaires qui ont géré l’Association pendant des années se sont trouvés sans protection légale pour la responsabilité limitée en cas de désastres imprévus. Par conséquent, de même que d’autres organisations de son type, la MHRA, auparavant simple association à but non lucratif, a été enregistrée en Angleterre, le 2 octobre 1997, comme société à but non lucratif et responsabilité limitée. Dans la pratique, ceci a provoqué de petits changements administratifs, mais non, espérons-le, des modifications à long terme dans l’attitude éthique essentiellement universitaire de l’Association. Ceci se vérifie au moins dans la qualité des publications qui continuent à prospérer en s’adaptant aux derniers développements de cette période de changements rapides, car elles sont distribuées aux abonnés en versions électroniques en-ligne ou cédérom, tout comme sous forme imprimée traditionnelle, dont l’avenir incertain (comme pour toutes les publications universitaires en sciences humaines) est peut-être aujourd’hui la question la plus controversée dans l’ensemble de notre domaine.
www.mhra.org.uk

Association américaine des langues modernes. The Modern Language Association of America (MLA), par Eva Kushner

Phyllis Franklin, secrétaire générale de la MLA depuis de nombreuses années et actuellement vice-présidente de la FILLM, aurait été la personne la plus qualifiée pour parler de la MLA. Appelée à représenter Phyllis Franklin et ne possédant pas son incomparable connaissance de l’Association et de la situation américaine en général, je puis du moins faire état d’une longue familiarité avec la MLA, en étant membre depuis 1959. Depuis 1985 je représente la MLA auprès de la FILLM, bien que je sois canadienne et que nous ayons au Canada nos propres sociétés savantes. La MLA compte environ 1000 membres de nationalité canadienne; trois Canadiens ont été à divers moments ses présidents : Northrop Frye, Mario Valdés et Linda Hutcheon. C’est là un exemple du caractère international de la MLA qui élit annuellement des membres d’honneur en provenance de nombre de pays. En tout, la MLA compte environ 30.000 membres, ce qui fait d’elle l’association de loin la plus nombreuse dans le cadre de la FILLM.
Certes, j’aurai des critiques à formuler à propos des intérêts et des structures de la MLA, mais je dois d’abord souligner l’importance de sa participation à la FILLM. Les congrès de la MLA sont annuels. De nombreuses langues et littératures figurent régulièrement dans ses programmes. Ses publications, tant érudites que pédagogiques, sont multiples et variées. C’est donc, sur le plan intellectuel, un phénomène dont il faut tenir compte. Mais la MLA exerce également des fonctions sociales : représentant aux États-Unis un secteur important du corps professoral elle se préoccupe de défendre l’équité, la justice sociale, les droits de la personne selon les besoins de ses membres.
La MLA est organisée de manière à favoriser la communication parmi ses membres. Les élections se font par correspondance. Le comité de mise en candidature choisit un certain nombre de candidats, diffuse leurs curricula vitae et l’on vote chaque année pour trois membres du Conseil d’administration. Parmi eux l’élection désigne un second président qui l’année suivante sera vice-président, et président au cours de la seconde année. Ce roulement rapide garantit qu’aucune sous-discipline ne domine l’Association trop longuement, et qu’aucune tendance idéologique ne s’impose d’une manière durable. Au cours du congrès annuel a lieu l’assemblée des délégués qui examine toute résolution proposée par un groupe de membres, et vote à son sujet.
L’organisation du congrès annuel est en soi une tâche imposante, exigeant des années à l’avance des négociations avec les municipalités, les hôtels, les lieux de réunion. Le personnel de l’Association gère également la publication de plusieurs collections, de bibliographies qui sont devenues des outils de recherche majeurs, et de deux périodiques : P.M.L.A. et Profession qui comme son nom l’indique traite de problèmes relatifs à la vie professionnelle des professeurs ainsi que des doctorants, car l’Association se considère collectivement comme responsable du bien-être et de l’orientation de ceux-ci. La Newsletter diffuse périodiquement des messages du président et du secrétariat général, et des nouvelles du congrès à venir. Il y a une collection consacrée à l’enseignement de grands textes littéraires dans plusieurs langues. Les bulletins ADE et ADFL sont plus spécialement consacrés aux problèmes pédagogiques et professionnels des départements universitaires d’anglais et de langues étrangères.
Les congrès ont lieu chaque année dans une ville différente et comptent parfois jusqu’à 10 000 participants. Les séances plénières s’efforcent de répondre aux préoccupations collectives les plus marquantes. Les « divisions » organisent leurs débats en fonction de périodes, de thèmes, d’approches dans différentes langues et littératures, sans oublier la littérature comparée. Chaque division élit son secrétaire et son président, chargés de choisir les communications qui constitueront son programme l’année suivante. Ainsi, chaque division fonctionne comme une petite société savante. Les « groupes de discussion » sont plus spontanés ; à la formalité des communications toutes faites que l’on lit devant son auditoire, ils préfèrent le dialogue portant sur des problématiques nouvelles, parfois expérimentales et pluridisciplinaires. Au congrès annuel participe également une foule de sociétés affiliées, celles, notamment, qui se consacrent à l’étude d’un seul auteur. La MLA relie aussi entre elles des sociétés régionales dont les congrès ont lieu à des dates différentes des siennes.
En outre, la MLA s’efforce constamment de résoudre ou du moins d’alléger les problèmes liés à la vie professionnelle des enseignants de langues et littératures. La formation des enseignants l’intéresse particulièrement, comme en témoigne la publication de Preparing a Nation’s Teachers. Douze départements universitaires tant d’anglais que de langues étrangères y présentent leurs modèles de formation à donner aux futurs maîtres du primaire et du secondaire.
La formation doctorale est souvent discutée, avec une forte participation de la part des doctorants. La MLA réagit en particulier contre la tendance des universités à recruter du personnel à temps partiel ou à contrat plutôt que d’offrir des postes menant à la titularisation.
Voici quelques-uns des principes qu’applique la MLA dans le domaine de la vie professionnelle des enseignants :
  1. Insistance sur la diversité humaine à respecter tant dans le recrutement universitaire que dans la matière des études.
  2. Encouragement à la jeune génération, sans négliger celle de ses aînés.
  3. Importance accordée à l’équité, en particulier entre les sexes et entre groupes ethniques ; défense des langues minoritaires et des langues menacées de disparition.
  4. Développement continuel et énergique de la recherche en sciences humaines, y compris la communication électronique.
  5. Réflexion continue sur le rôle social des sciences humaines, préservation de leurs valeurs essentielles à défendre et cultiver au sein de la société états-unienne. Donc encouragement aux P.-D.G. et autres cadres à étudier des langues vivantes afin de mieux comprendre leurs correspondants étrangers et de pouvoir communiquer plus directement avec eux.
Autant de raisons, en un sens, pour considérer la MLA comme un modèle par rapport aux autres associations, car tous ces principes, y compris, bien entendu, le respect des droits de la personne, doivent valoir internationalement. Mais la MLA, par son activisme social, s’expose aussi à certaines critiques, aux États-Unis comme au sein de la FILLM. On lui reproche de se laisser monopoliser par la politique au détriment des études littéraires et linguistiques.
Au cours des décennies, les relations entre la FILLM et la MLA ont varié. À ma connaissance, la MLA n’a jamais visiblement cherché à exercer au sein de la FILLM une influence excessive, bien qu’elle y soit de loin l’association la plus nombreuse. C’est le contraire qui se produit : la MLA s’intéresse peu à la FILLM, qui lui paraît mal définie. Aux yeux des collègues américains qui sont restés fidèles à la FILLM, celle-ci est inappréciable comme lieu de réflexion sur des problématiques pluridisciplinaires que n’abordent pas les programmes des autres associations. D’ailleurs, la FILLM a préexisté à la « pyramide » des sociétés savantes groupés sous l’UNESCO.
Parce qu’ils appartiennent déjà à une société savante située dans leur propre pays, et qui a tant à leur offrir, les membres de la MLA hésitent à rejoindre la FILLM dans les contrées lointaines où l’appelle sa vocation vis-à-vis des pays en développement. Pour attirer ces collègues hésitants, la FILLM doit offrir des programmes largement pluridisciplinaires et ne faisant pas double emploi avec ceux de ses associations-membres.
Vu son personnel administratif nombreux et sa puissance financière, la MLA tend à se montrer critique vis-à-vis de la cousine pauvre qu’est la FILLM et à exiger que sa contribution financière à la FILLM produise des résultats concrets. L’attitude générale des États-Unis vis-à-vis de l’UNESCO n’est pas non plus sans se refléter consciemment ou non dans les attitudes américaines envers la FILLM…
Malgré ces problèmes potentiels, la collaboration a été excellente. George Winchester Stone fut simultanément secrétaire général de la MLA et président de la FILLM. Il a réussi à doter le congrès de Brasília de fonds considérables. En 1981, il y eut en Arizona un congrès FILLM fort réussi. Et Phyllis Franklin, depuis son élection à la FILLM, la soutient fortement.
Ceci dit, les critiques parfois adressées par la MLA à la FILLM ne sont pas sans fondement. Même si ses ressources sont de loin inférieures à celles de la MLA, la FILLM n’a aucune excuse pour ne pas communiquer efficacement avec ses associations-membres, pour ne pas rechercher de nouvelles associations-membres parmi les disciplines développées plus récemment, pour ne pas avoir une vision claire de son propre rôle.
La MLA souhaiterait que les congrès de la FILLM soient plus largement annoncés et que ses élections soient plus transparentes. Des projets communs devraient être mis en place : colloques, échanges d’intervenants, recherche de financement dans des buts spécifiques.
Quelques suggestions pour l’avenir : 1. La FILLM devrait être mieux renseignée sur la MLA. Toute information est maintenant disponible sur Internet. 2. La FILLM devrait trouver pour ses congrès des sujets nouveaux parmi ceux qui émergent de temps en temps, comme, actuellement, les préoccupations éthiques, la résurgence de la subjectivité, les études culturelles. 3. La formation des enseignants, une des préoccupations centrales de la MLA, commence aussi à intéresser la FILLM. 4. La FILLM pourrait jouer un rôle essentiel dans la surveillance du statut des langues dans le monde. L’anglais n’est-il pas en train de devenir la langue globale ? Quelles responsabilités en résulte-t-il pour l’enseignement de cette langue et le traitement accordé aux autres langues ? La situation multiculturelle de nombreux pays exige des efforts sans précédent dans le domaine de la traduction, de l’adaptation constante du lexique, et surtout, dans la compréhension culturelle de l’Autre, quel qu’il soit. Autant de terrains fertiles pour la collaboration des deux entités.
www.mla.org

Association de poétique et de linguistique. The Poetics and Linguistics Association (PALA), par Katie Wales et Mick Short

L’Association de poétique et de linguistique (PALA) a été fondée officiellement en 1980 à l’Université de Nottingham, Angleterre, lors de sa première assemblée. L’Association est née des discussions informelles tenues lors de la réunion de l’Association de linguistique de Grande Bretagne, l’année précédente, lorsqu’un groupe de stylisticiens conduit par Mick Short (Lancaster), et comprenant l’auteur de cette communication, s’est senti lésé par l’absence réelle de débouché pour leurs études au Royaume-Uni même. Des figures de proue du domaine de la stylistique d’alors ont été sollicitées pour apporter leur support (enthousiaste), dont Geoffrey Leech (Lancaster), Henry Widdowson (Institute of Education, Londres), John Sinclair (Birmingham) et Ron Carter (Nottingham). Le premier président fut Roger Fowler (UEA). Les statuts ont été d’abord approuvés au siège d’alors de la Sheffield City Polytechnic (Sheffield Hallam) en 1983.
Les présidents de la PALA après Roger Fowler (1981-84), sont élus pour des périodes de 3-4 ans : Vimala Herman (Lancaster), Ron Carter, Mick Short, Katie Wales (Royal Holloway College de l’Université Londres), Tony Bex (Kent) et maintenant Willie van Peer (Munich) (2000-), le premier président à venir de l’extérieur au Royaume-Uni. Le comité de la PALA comprend le président, le secrétaire, la trésorière, le responsable de la publicité/secrétaire des membres, le rédacteur de la lettre d’information, le responsable des publications et le gestionnaire du site web. Le rédacteur du journal de l’Association, Language and Literature, est membre ex officio. L’Association voudrait une participation au comité d’au moins deux pays différents – actuellement : Brésil (Sonia Zyngier, Rio de Janeiro, secrétaire), Allemagne (présidence), Écosse (Cathy Emmott, Glasgow, trésorier) représentent les pays autres que l’Angleterre.
Selon ses statuts, la PALA est « une organisation internationale, non-politique et indépendante dont l’objectif est de couvrir et de représenter les intérêts de ceux qui travaillent dans les domaines de la stylistique, de la poétique et autres domaines associés à la langue et la linguistique ». Les membres de la PALA n’aimaient pas du tout être mis dans de petites cases, et gardent toujours le même esprit. « Linguistes » ou « critiques littéraires » étaient accueillis de la même façon dans leurs domaines propres au moment de la fondation de la PALA, mais les spécialistes ayant essayé de jeter un pont au-dessus du vide séparant la langue de la littérature ont été vite remis à leur place. Nous pensions tous que des analyses précieuses pourraient être obtenues dans les études littéraires en faisant appel à l’analyse linguistique et stylistique, évitant ainsi le caractère « impressionniste » d’une bonne partie du travail des critiques littéraires. En outre, nous n’étions pas très contents d’être traités de linguistes « formels » ; les essais de stylistique « transformationnelle » (TG) de James Thorne (Édimbourg) et Roger Fowler d’autre part n’ont jamais pris racine de ce côté-ci de l’Atlantique.
Nous voulions également depuis le départ représenter une tendance « anti-formelle », dans le sens de préférer la bonne humeur, l’absence de formalités et l’amitié à la compétition. Au long des années, l’Association est devenue un lieu de rencontres de choix pour les spécialistes, comme pour les étudiants diplômés, ayant la même tournure d’esprit et se sentant libres de s’emporter sur leur recherche sans craindre la dérision ou le dénigrement. Même aujourd’hui, les postes d’enseignement avec le libellé « stylistique » ou « langue/littérature » sont rares dans le système universitaire britannique, même si le membre fondateur de la PALA, Mick Short a une chaire de langue et littérature anglaises à Lancaster, Sylvia Adamson, une chaire d’histoire de langue et de littérature anglaises à Manchester et Peter Verdonk, une chaire de stylistique à Amsterdam.
L’objectif de l’Association, qui se reflète dans son nom complet et dans le titre de son journal (Language and Literature), est essentiellement interdisciplinaire ; au long des années, l’Association a pris sous son aile un grand nombre d’intérêts particuliers, y compris la théorie de la pertinence, la théorie de Bakhtine, la linguistique cognitive, la théorie des schémas et l’analyse critique du discours (CDA). Les résultantes de ces disciplines, comme la psychologie et la sociologie, trouvent leur place dans les travaux des membres. En reflétant ces tendances dans la stylistique elle-même, les publications des membres ont montré au long des années une conscience de plus en plus vive de la réponse du lecteur et des contextes de discours. Les domaines concernés particulièrement par les conférences annuelles comprennent également la métrique, la rhétorique, la critique féministe, les études sur la traduction, la linguistique des textes, l’analyse des sexes, les études empiriques de littérature, la narratologie et les approches pédagogiques de l’enseignement de la littérature en classe d’anglais comme langue étrangère. Les membres venant du monde entier (actuellement un peu plus de 300 dans 49 pays) n’enseignent pas seulement dans les départements d’anglais et de linguistique, mais également dans le domaine des études de pédagogie, les médias et la culture. À cause de ses intérêts interdisciplinaires, la PALA fournit à nouveau un forum utile aux membres de ces départements. Les conférences de ces dernières années, effectivement, on donné lieu à l’accueil d’un nombre croissant d’articles sur les films et les sujets relatifs aux médias.
Il y a une conférence annuelle, où se tient l’AGM. Les intervenants présentant des notes ou des communications plénières y sont invités (ils peuvent être ou non membres de la PALA) et un « thème » de conférence est habituellement choisi. Les sessions comprennent des lectures, des séminaires, des ateliers et des « tables rondes ». Le lieu des conférences est décidé en alternant le Royaume-Uni et l’Europe continentale ; cependant, une conférence s’est tenue à Potechefstroom, Afrique du Sud, en 1999 (dont les actes, Discourses of War and Conflict, sont en train d’être publiés). La conférence PALA 2000 a été tenue au Goldsmiths College de Londres (sur la stylistique au cours du nouveau millénaire), PALA 2001 (« Textual Secrets ») sera tenue à Budapest, en 2002 à Birmingham (« The Writer’s Craft, the Culture’s Technology ») en coopération avec l’Association internationale pour la sémantique littéraire, et en 2003 à Istanbul. Des T-shirts PALA sont en vente lors de ces manifestations annuelles. Les étudiants diplômés et les membres n’ayant pas d’emploi à temps complet, peuvent demander au trésorier une petite aide leur permettant d’assister à ces conférences. Depuis 2000, les membres dont l’économie nationale rend la participation difficile, peuvent également demander cette aide, qui est habituellement accordée de préférence à tous ceux qui présentent un article. En général, les étudiants diplômés sont encouragés à présenter des contributions à la conférence annuelle. Il est demandé à tout interpellant d’observer une attitude constructive envers les auteurs, en offrant son éventuel concours en dehors des sessions.
Les membres de la PALA ayant une certaine expérience ont trouvé les conférences utiles pour éprouver des idées qui ont finalement abouti à des monographies destinées aux principaux éditeurs comme Longman et Routledge. En effet, un lien important et profitable s’est instauré dans les années 80 et 90, à l’initiative du président de l’époque, Ron Carter, entre la PALA et Routledge pour lancer la série de livres « Interface » de l’éditeur. Les auteurs, également membres de la PALA, ont gagné un petite somme lors de la publication, la PALA étant également remerciée par une mention dûment présente sur la couverture. Néanmoins, il faut souligner que la PALA a toujours considéré comme un de ses buts principaux l’encouragement des nouveaux spécialistes du domaine, qu’ils soient des étudiants en doctorat ou enseignants en début de carrière. À cette fin, il existe premièrement un prix annuel Longman fondé par Longman/Pearson Education pour le meilleur article présenté à la conférence annuelle par un étudiant diplômé. Le prix est adjugé par le président et le secrétaire. Le prix représente une valeur de £100 destinée à acheter des livres chez Longman. Le gagnant du prix est encouragé à soumettre son article soit à la série des articles occasionnels, soit à Language and Literature. La série mentionne « travail en cours » ou « articles de travail », pour permettre à chaque membre de la PALA d’y contribuer. Les articles ont maintenant un numéro ISSN, ne sont pas imposés et sont édités par le responsable des publications. Des résumés sont disponibles sur le site web de la PALA. L’Association elle-même a fondé un prix annuel, le prix PALA, destiné au meilleur article dû à un étudiant ou à un expert nouveau dans la profession qui est publié dans son journal Language and Literature chaque année. Le gagnant reçoit le plein statut de membre de la PALA (y compris l’abonnement au journal) et le paiement de la cotisation pour la conférence suivante.
Il existe maintenant également une PALA régionale, fondée au Japon au début de l’année 1999 par un membre du comité de rédaction du journal, Masanori Toyota (Kyoto), avec l’objectif de fournir un réseau local pour la promotion de la stylistique et un forum pour les jeunes chercheurs qui ne peuvent se permettre de participer aux conférences annuelles « principales ». La deuxième conférence s’est tenue à Tokyo en mai 2000. Après le Royaume-Uni, il y a plus de membres de la PALA au Japon que dans tout autre pays.
Jusqu’en 1992, l’Association a produit également un journal interne, appelé Parlance, qui a duré 3 ans, avec 2 numéros par an, édité par Mick Short. Ensuite, a été fondé en 1992 le journal international de critique Language and Literature, par l’initiative conjointe de Mick Short (Lancaster) et de Katie Wales (Londres), Longman étant l’éditeur. Avec 3 numéros par an, c’était le premier journal publié au Royaume-Uni dans le domaine de la stylistique. À l’époque, il n’existait que peu de débouchés pour la publication des travaux spécifiques sur la stylistique : le principal concurrent était le journal publié aux États-Unis Language and Style, avec une « liste d’attente » de publications de plusieurs années. Mick Short a été le rédacteur en chef, Katie Wales, l’assistante et Tony Bex, le rédacteur des critiques. Le comité de rédaction international comprenait Geoffrey Leech, Monika Fludernik (Freiburg), Sara Mills (Sheffield Hallam), Henry Widdowson (Vienne), Donald Freeman (Californie), Dan Shen (Pékin). Ses membres prenaient part activement à la lecture des manuscrits.
Le journal encourage les rubriques « Notes et Discussion », les articles, les critiques et les articles critiques. Les articles proposés viennent des universités du monde entier ; les membres de la PALA n’ont aucune priorité pour la publication, même si nombre d’entre eux voient en ce journal un moyen précieux d’aide à la publication de leur travail, surtout les articles des conférences PALA. Les thèmes des articles choisis pour être publiés sont éclectiques, et correspondent aux intérêts de l’Association elle-même et aux débats sur les sujets particuliers. D’autres littératures sont traitées (par exemple latine, islandaise, française), de même que l’anglaise, et des articles écrits dans une perspective théorique (linguistique ou critique), tout comme historique sont accueillis, en plus des articles réguliers proposant l’analyse textuelle de textes littéraires ou de types de discours non littéraires. Des discussions importantes ont eu lieu ces dernières années sur l’analyse critique du discours : Widdowson vs. Norman Fairclough (Lancaster), « la stylistique de la pertinence » : Keith Green (Sheffield Hallam) vs. Adrian Pilkington et al. (Royal Holloway) et le « caractère objectif/scientifique » de la stylistique : Ray Mackay (Edinburgh) vs. Short, Simpson, Freeman et van Peer. Le dernier numéro de chaque année contient non seulement l’habituelle « Liste des livres reçus » pour l’année, mais également un article régulier d’évaluation des travaux de l’année en stylistique (par Geoff Hall). Les numéros spéciaux avec des rédacteurs invités sont les bienvenus, mais restent soumis à la même critique extérieure. Parmi les thèmes, on trouve : théorie de la pertinence et style (éd. Adrian Pilkington), critique féministe et médias (éd. Sara Mills). Des numéros spéciaux se concentrent en 2000-01 sur l’étude du dialecte littéraire à l’aide de l’ordinateur (éd. W. Kretschmar, Georgia, États-Unis), l’identification des métaphores (éd. Gerard Steen) et la science fiction (éd. Peter Stockwell, Nottingham).
En 2001, la PALA passe à un autre âge. Nous planifions une campagne de publicité en Amérique du Nord, en espérant un recrutement massif de jeunes spécialistes de cette région, pour une conférence dans les prochaines cinq années. Plus d’antennes régionales de la PALA et plus de séminaires SIG sont envisagés. Les tendances et les théories se font et se défont, mais aussi longtemps qu’il y aura des spécialistes dont les intérêts couvrent à la fois les textes littéraires et non littéraires, les divers discours ou les médias, qui aiment travailler ensemble et encourager les jeunes, la PALA sera là pour les accueillir.
http://www.pala.lancs.ac.uk
Présentation et Annexe traduits de l’anglais par Daniel Arapu.
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