Diogène
P.U.F.

I.S.B.N.9782130550488
184 pages

p. 3 à 9
doi: 10.3917/dio.209.0003

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n° 209 2005/1

2005 Diogène

La triple confusion de l’utopie

Luis Villoro  [*] (Universidad Nacional Autónoma de México.)
Le problème avec l’utopie est qu’elle se prête à une forme d’idolâtrie qui engendre une confusion de l’ordre des valeurs recherchées avec l’événement historique. Le rêve, en cherchant à tout prix à se réaliser ici et maintenant, se transforme en cauchemar. La confusion est triple : confusion de l’objectif utopique envisagé et non encore réalisé avec la situation terminale qui résulte d’une action ; confusion de la représentation imaginaire d’un ordre de valeurs avec une situation sociale particulière ; confusion enfin de la règle de conduite avec un mandat pour la réalisation, envers et contre tout, de la société idéale. Ainsi devenue idéologie, l’utopie donne lieu à une terrifiante manière de penser : la justification du pouvoir absolu en vue du bien suprême.
Les utopies naissent d’une forte aspiration à la perfection et elles ont souvent conduit à la destruction et à la barbarie. Pour quelle raison l’enthousiasme pour la communauté transfigurée se précipite-t-il dans la violence et dans le mal ? En vertu de quel étrange mécanisme le rêve se transforme-t-il en cauchemar ? Pour quelle raison faisons-nous le mal que nous ne souhaitons pas ?
La critique la plus courante que l’on oppose à l’utopie, c’est son inefficacité : c’est une fin qu’elle recherche, mais sans mettre en pratique les moyens pour la réaliser. C’est, en somme, la critique menée par Marx contre l’« idéalisme » utopique du moraliste.
Le moraliste utopique refuse de reconnaître l’existence d’une dynamique des forces sociales qui permettraient de changer la situation. Il ignore les moyens appropriés pour parvenir à ses fins. Il peut être investi des meilleures intentions mais reste impuissant dès lors qu’il s’agit de réaliser les améliorations sociales qui lui sont chères. Pire encore : il peut collaborer, sans le vouloir, au maintien d’une situation inchangée, voire créer une société à l’opposé de celle qu’il envisageait.
Une telle critique est juste, mais elle est insuffisante. Pour quelle raison l’utopiste ne prend-il pas en compte les moyens lui permettant d’atteindre son but ? N’est-ce pas là une absurdité ? Une telle négligence relève sans aucun doute d’une cause plus profonde. Elle ne peut se produire qu’en raison d’une confusion qui peut être définie selon trois aspects complémentaires.
1. – Une confusion entre l’intention finale et le terme de l’action. Par un comportement éthique, la société idéale peut jouer le rôle d’une idée régulatrice de l’action politique ; elle peut également s’intégrer dans un projet collectif en tant qu’objectif à atteindre. Mais dans l’utopie, la fin envisagée vient s’identifier avec la situation achevée par suite d’un enchaînement d’actions ; il s’agit donc d’un événement particulier parmi d’autres. On confond deux significations du mot « fin » : la « fin » signifie à la fois objectif envisagé, non encore réalisé, et situation terminale ayant résulté de l’action. Dans le premier sens, elle est présente dans toutes les actions qui constituent un projet, un peu comme l’étoile du levant ; dans le second elle est un événement particulier, produit par une action concrète.
La Jérusalem céleste reste un guide de vertus aussi longtemps qu’elle se maintient à distance comme une fin recherchée et annoncée ; dès que nous l’identifions avec cet événement terrestre, produit par cette conduite que nous adoptons, elle nous contraint à lui faire violence, radicalement, aux fins de la réaliser. L’idée d’une société affranchie règle nos actions politiques, nous permettant de promouvoir la liberté et la justice ; mais si une telle société est considérée comme une situation particulière qui est là, dans l’histoire, et que par notre action nous appelons de nos vœux, nous ne pourrons alors nous empêcher d’agir pour la faire venir au jour, coûte que coûte.
2. – Une confusion entre la représentation d’un ordre de valeur et un événement effectif. L’une des caractéristiques de l’utopie, disons, c’est qu’elle représente dans l’imagination un modèle de société où se réaliseraient les valeurs recherchées. Or, cette représentation imaginaire peut se confondre avec une situation sociale particulière, capable de prendre place dans le cours de l’histoire. Si l’on admet que la société utopique s’oppose à la société présente, il est nécessaire qu’elle se situe à un autre moment de la dimension temporelle ; mais à un moment qui, précisément, lui correspond. Dans le cadre de la pensée eschatologique, il s’agit d’un événement particulier qui doit advenir, puisqu’il a été annoncé ; ou alors on le situe dans un passé originaire, perdu, qui doit resurgir à un nouveau moment du temps. Le « non-lieu » se conçoit donc comme un lieu, il constitue par conséquent un événement spatio-temporel de l’histoire réelle.
Pour l’anarchisme et pour l’interprétation scientifique du marxisme, la société attendue constitue le terme d’un enchaînement causal d’événements historiques. Mais ce sera une société particulière, sans État et sans classes, qui réalisera cette société meilleure envisagée dans l’utopie. Le « non-lieu », ici encore, est conçu comme une situation particulière. Il s’agit d’un événement concret, situé dans l’espace et à un moment du temps : il appartient à l’histoire.
La société représentée dans l’utopie est un modèle selon lequel un ordre supérieur de valeurs se présente comme réalisé. Si elle est conçue comme un événement historique, présent ou futur, cet événement incarne pleinement la valeur. Par conséquent, une telle situation sociale sera objectivement digne d’être recherchée, à l’exception d’aucune autre. La lutte pour imposer cette société se présente alors comme un conflit entre le bien absolu et le mal, entre la valeur et son défaut. Aucun compromis n’est possible entre les deux, il n’existe pas de moyen terme. Au nom de la situation politique que nous construisons, la plus parfaite, nous devons détruire la société qui s’y oppose.
3. – Une confusion entre règle de conduite et mandat. La société idéale possède un caractère normatif. Sa fonction rationnelle consiste à jouer le rôle d’une règle de conduite : elle oriente l’action politique, la dirige, mais elle ne se réalise jamais pleinement. Si c’était le cas, ce ne serait plus une règle. La société idéale est une idée régulatrice.
C’est en effet le propre des valeurs recherchées d’être différentes de toute situation concrète. Elles se manifestent dans les faits, se montrent, mais ne se réduisent jamais à aucun bien concret.
Si la fin proposée s’identifie avec un événement terminal, et la représentation de la société idéale avec une situation historique, l’ordre de valeurs coïncidera avec cette situation historique. Autrement dit, cette situation concrète devra se réaliser. Le projet de la meilleure société possible n’opère plus comme une idée qui règle toute action politique, il instaure désormais un mandat : celui de construire la société parfaite. Il ne s’agit pas de faire en sorte qu’en chaque action se réalisent certaines valeurs, il s’agit désormais de produire un effet réel : la construction d’une situation historique particulière. Sa coercition sur la réalité antérieure produit un déchirement, qui ne peut que provoquer la violence. Entre la société existante et l’ordre nouveau qui tente de s’imposer à elle, il n’y a aucun compromis possible. Chacun doit décider entre contribuer à réaliser la situation historique recherchée, ou bien s’accrocher à celle qui existe. Chacun doit prendre parti. Les justiciers, en se dévouant pour faire advenir un ordre nouveau, pur de toute contamination, ont pour charge d’en finir avec la privation et de réaliser le bien. Et la volonté de réaliser le bien implique une rupture : elle détruit l’infamie existante ; sa violence n’est que l’autre visage de la pureté de son dévouement à autrui. Les plus purs ne peuvent pas supporter la corruption existante ; les fraticelli, disciples du saint parmi les saints, le divin François, se chargeront de réduire à néant, avec leur sainte violence, les corrompus. Les révolutionnaires jacobins sont les justes ; seule la vertu citoyenne les guide ; ils ont renoncé à tout intérêt personnel ; mais en voulant construire, de fait, une société à leur image, ils devront instaurer la terreur. Les bolcheviques sont les nouveaux jacobins ; comme eux, ils ont consacré leur vie à la libération finale de l’exploitation de l’homme ; pour y parvenir, ils doivent faire disparaître la société qu’ils haïssent. Mais eux seuls, et personne d’autre, seront capables de bâtir une société qui la remplacera ; pour cela, ils devront soumettre à la pire des tyrannies tous ceux qui vont à l’encontre de leurs efforts, y compris les travailleurs qu’ils ont juré de libérer. Le rêve, en cherchant à tout prix à se réaliser ici et maintenant, à un moment privilégié du temps et de l’espace, se transforme alors en cauchemar. Dans un cas ce sont les monstres de la pureté religieuse qui nous prennent d’assaut, dans l’autre ce sont les monstres de la raison. Qui fait l’ange fait la bête [1].
La volonté qui décide de créer, par son action, la société parfaite, peut y parvenir si elle est guidée par la foi. Pour que surgisse la société nouvelle, il est nécessaire de croire en son avènement. Dans les utopies qui veulent se réaliser au moyen d’une décision volontaire, la croyance en certains faits tend à s’investir d’une valeur morale. Vertueux est celui qui est préparé pour l’avènement du Règne et qui l’appelle de ses vœux ; celui-ci fait partie du groupe des élus. Vertueux est celui qui croit en la patrie républicaine, la défend avec son sang, réduisant à néant les « ennemis de la nation » ; son adhésion à la nouvelle république, au côté des jacobins, le place parmi les purs. Vertueux est également celui qui croit en l’éradication de l’exploitation annoncée par la théorie et par la lutte contre les oppresseurs, sans craindre de se salir les mains. Dans tous ces cas se profile la tendance – explicite ou implicite – à considérer morale la foi en l’avènement de quelque chose : la parousia, la patrie républicaine, le communisme. Celui qui ne croit pas agira contre la société prisée, sera complice du mal, devra être éliminé.
Le point faible de l’utopie ne se situe pas dans le fait d’opposer aux faits sociaux des valeurs qui les transcendent ; ni d’établir une différence entre la société réelle et la société recherchée. Au contraire, elle est une condition de toute régénération morale. Son point faible est de confondre l’ordre de valeur recherché avec un événement historique, en voulant l’incarner dans un fait particulier. Son point faible, c’est l’idolâtrie.
La recherche de valeur doit agir comme un idéal qui oriente l’action collective sans jamais se réaliser complètement. Elle ne s’identifie donc à aucune situation concrète, nécessairement soumise à un ordre de domination. Lorsqu’elle le fait, elle se transforme en utopie et peut en conséquence se rapprocher dangereusement de son opposé : l’idéologie.
Que se passe-t-il si la société annoncée dans l’utopie ne se réalise pas au moment où le prévoit la Révélation ou bien la théorie ? Il y a dès lors deux possibilités. L’une consiste à différer indéfiniment l’avènement de la société idéale. « Ça ne s’est pas produit parce que nous n’avons pas su calculer correctement le moment, le processus a été interrompu temporairement, ou différé, mais il adviendra plus tard, plus tard… » On garde la même attitude qu’auparavant devant le caractère inévitable de la fin, on conserve une foi identique, c’est seulement sa réalisation qui est différée. Il est donc nécessaire de réviser les croyances antérieures qui avaient prévu l’avènement de la société élue sans qu’elle soit arrivée. Il n’est pas indispensable de changer les convictions essentielles, mais plutôt de les retoucher, y ajouter de nouveaux éléments, interpréter la doctrine afin de justifier le retardement de la fin attendue.
L’autre possibilité est de continuer à soutenir, contre toute évidence, que la situation idéale prévue s’est bien réalisée de fait, mais qu’elle n’en est qu’à son commencement. Il faut simplement savoir interpréter la réalité, pour y entrevoir la société annoncée.
Le passage du christianisme primitif, rempli d’espérance eschatologique, à l’Église sacramentelle considérée comme la réalisation de la « communion des saints » sur la Terre ou comme la « Cité de Dieu », constitue un modèle exemplaire. L’utopie ne s’est pas réalisée ; la παρουσία ne s’est pas accomplie. Il y a dès lors deux possibilités. Le différé est l’une des solutions ; l’attente de l’événement final ne s’applique plus alors qu’à une secte d’élus. C’est la solution qu’adoptèrent différentes communautés chrétiennes eschatologiques (les joachimites, évangéliques, anabaptistes, etc.). L’autre solution était la plus sûre : considérer l’utopie comme étant réalisée sous une certaine forme. Le Christ est revenu : il demeure en son Église ; qui est son corps ; la communauté chrétienne existante est bien la « Cité de Dieu » idéale ; l’homme transfiguré, c’est le chrétien purifié par les sacrements que l’Église lui confère : le « règne de Dieu » promis est ici parmi nous. Le « monde nouveau » annoncé s’identifie avec cette société, dans la communauté des fidèles ; mais dans le même temps, elle se confirmera pleinement à la fin des temps. L’histoire se poursuit jusqu’à la fin dernière qui lui donne un sens, mais la primeur et la garantie de ce futur se trouve dans cette société chrétienne. L’utopie s’est trouvée intégrée à la doctrine, justifiant le pouvoir de l’Église. Ce n’est plus un cri de désaveu contre la situation existante ni l’invocation d’une société « autre » ; désormais c’est l’acceptation de cette société même, dans la mesure où elle préfigure et garantit la communauté idéale élue. L’utopie s’est transformée en idéologie.
Les révolutions sont les exemples modernes d’un processus comparable. La révolution se conçoit elle-même comme une rupture et un recommencement à zéro. Mais la société annoncée ne se réalise pas. Avant que se produise la désillusion due à l’échec, deux positions divergentes apparaissent de fait. La première est celle d’un différé. La révolution a été interrompue, ou détournée ; mais plus tard elle se remettra en marche ; par conséquent, la promesse se réalisera. C’est la position de Babeuf pour la révolution française, de Trotski pour la révolution soviétique, de Gilly pour la révolution mexicaine.
La seconde réaction face à la désillusion est l’obstination. Nous déclarons que la société idéale élue, c’est bien celle-ci. Elle l’est dans la mesure où elle réalise les idéaux de la révolution, la protège contre ses ennemis tout en garantissant son perfectionnement dans le futur. La société actuelle est celle qui a été élue dans l’utopie en même temps qu’elle est la seule qui assure sa réalisation totale dans le futur. C’est cette démarche qu’inconsciemment les jacobins ont fait, considérant leur dictature comme étant la réalisation de la patrie révolutionnaire, et comme l’unique défense pour son maintien. Mais la démarche la plus claire apparaît dans la proclamation du « socialisme en un seul pays ». Le totalitarisme stalinien se présente comme étant le socialisme authentique, en même temps qu’il est la garantie du passage à son perfectionnement, dans le communisme. La pensée du changement se fige en un système permanent. L’utopie s’est intégrée à une idéologie de la domination.
Il se crée ainsi un être hybride. Peut-être pourrions-nous le nommer « idéologie utopique » ? C’est par définition un monstre contradictoire. L’utopie est une pensée de rupture avec le pouvoir existant ; l’idéologie, son renforcement. L’idéologie ne peut être « utopique » qu’en vertu d’une mystification : elle présente la situation de pouvoir existante comme si elle était cette société préconisée par l’utopie, ou du moins comme si elle était la seule à pouvoir garantir sa pleine réalisation. L’Église romaine réalise bien la « communion des saints », la dictature jacobine constitue bien la seule défense, le seul guide de la république libre et fraternelle, l’État totalitaire soviétique est bien la réalisation du socialisme.
Les idéologies qui prétendent se justifier par des utopies ont acquis une force terrible en ce siècle. Ce sont les monstres du pouvoir sans limites. En elles, la triple confusion que j’évoquais plus haut en arrive aux extrêmes. La société idéale se reconnaît dans le système politique institué, soit parce que cette société particulière ouvre effectivement sur l’utopie, soit parce qu’elle en est le commencement incontournable. Le temps final est devenu le temps présent. Il n’y a pas de fin en dehors de la société actuelle. Pas de sortie. Par conséquent, s’il est un devoir de réaliser la société la meilleure, il coïncide avec l’obligation de consolider l’ordre social actuel dans lequel cette société se manifeste. Toute désobéissance est inexcusable ; tout désaccord est une régression ; il n’y a pas de dissidence légitime au nom de valeurs supérieures du fait que c’est seulement dans le système actuel que sa réalisation est garantie. Ainsi se produit le renversement le plus radical ; la pensée de rupture se transforme en pensée reproduisant le système social qui s’est appropié l’utopie. Du même coup, toute rupture ultérieure devient caduque. C’est l’idéologie de l’autorité absolue, du fait qu’elle exclut toute dissidence ; ou mieux, du fait qu’elle comprend toute dissidence comme une réaction, comme une forme de régression vers la société rejetée par l’utopie. Remettre en question les préceptes de l’Église, c’est aller à l’encontre de la société préconisée par le Christ, contredire les Comités de salut public, c’est conspirer contre la patrie, se démarquer de la ligne esquissée par le Comité central du parti ne peut être que trahison ou alliance avec la bourgeoisie en déroute.
Aucun régime n’a imaginé une forme de domination plus parfaite que la transformation d’une utopie en idéologie. En intégrant l’utopie, l’idéologie empêche toute échappée hors du système de domination. Elle intègre les valeurs ultimes tout en se présentant comme la seule garantie de pouvoir les réaliser. Il ne peut donc y avoir qu’une voie morale, celle que désigne l’idéologie. Le pluralisme dans le choix des valeurs n’est pas admissible, il n’y a qu’une seule manière de vivre qui puisse conduire au but le plus élevé, celui qu’indique la pensée reproduisant l’état social enfin atteint. Cette forme absolue de l’idéologie est propre aux intégrismes religieux. En ceux-ci, la société la plus pure, celle-là même que Dieu a annoncé et désiré pour ses créatures, est déjà là, dans ses prémisses ; elle se manifeste dans la loi unique, préconisée par les représentants de Dieu, par ses prophètes ; elle s’exprime dans la vérité unique, révélée, qui légitime l’ordre nouveau conforme au Coran ou à la Bible.
La forme moderne des idéologies absolues, ce sont les totalitarismes. Ceux-ci prétendent réaliser l’utopie finale : la communauté parfaite, la société affranchie, ou l’empire de la race supérieure. L’humanité est parvenue à sa fin ; l’histoire a pris fin. L’utopie n’a plus besoin de se chercher, l’État totalitaire la réalise. En se confondant avec une situation historique, l’utopie a généré une terrifiante manière de penser : la justification du pouvoir absolu en vue du bien suprême.
Traduit de l’espagnol par Thierry Loisel.
 
Chemins de la pensée
 
 
Approches de l’utopie a été préparé en collaboration avec le projet de l’Unesco Chemins de la pensée. Le numéro reprend plusieurs des travaux de la rencontre internationale « Lectures de l’Utopie », organisée en étroite collaboration avec le Conseil National pour la culture et les arts du Mexique (Conaculta) à Morelia, Mexique, du 22 au 24 novembre 2004. Cette rencontre s’était donné pour objectifs d’examiner les pistes laissées par quelques projets inachevés de construction sociale et imaginaire de notre histoire, d’évaluer l’impact des récits et des expériences utopiques sur le parcours moderne, et de voir jusqu’où l’on peut ou l’on doit encore aujourd’hui poursuivre le travail utopique.
Chemins de la pensée remercie tous ceux qui ont créé une ambiance « quasi utopique » – dira-t-on au cours de la rencontre – pour le dialogue et la réflexion dont les préoccupations globales et actuelles ont pu se mesurer à une expérience locale et très ancienne, celle de l’utopiste Don Vasco de Quiroga, expérience que les habitants de ses Fundaciones , que nous saluons ici, perpétuent jusqu’à nos jours. Nous pensons au Gouvernement de l’État du Michoacán en la personne du Gouverneur, M. Lázaro Cardenas Batel et à ses collaborateurs Juan Bosco Castro, Lic. Octavio Aparicio, Araceli López Valdéz, Leticia Villanueva, Ing. Octavio Aparicio, Angelica Pérez Palacios ; du Secrétaire de Tourisme M. Genovevo Figueroa et à son équipe ; à Igor Cerda, Carolina Ramírez de l’Université Michoacana de San Nicolás de Hidalgo, dont l’emblématique Couvent de Tiripetio, magnifiquement entretenu et gracieusement cédé aux fins de la rencontre, fut le tout premier établissement d’enseignement supérieur fondé dans les Amériques en 1538 par les Augustins. Un remerciement spécial va au Comité responsable, sous la Présidence de Madame Mayra Coffigny de Cardenas et le Secrétariat exécutif de Madame Gloria Lopez Morales, de l’organisation de la rencontre et, sans pouvoir être exhaustifs, au Comte et à la Comtesse de Reiset, à Alya Saada, à Claudia Belair, à Jimena Mateos, à Mayeya García-Toraño, à América Pedraza, à Ana Compeán, à Juan Osorio, à José Hernandez… Mais aussi à Borja Cardelus, Teixeira Coelho, Jorge Alberto Lozoya, Francisco López, Armando Mauricio Escobar, Carlos Herrejón Peredo, Francisco Miranda, J.Benedict Warren.
Frances Albernaz
Unesco
 
Remerciements
 
La rédaction de Diogène remercie très vivement tous ceux qui ont aidé à la préparation du numéro 209 : Dominique Arnouil, Janet Arnulf, Jérôme Bindé, Christian Caduc, Catherine Champniers, Stéphane Cohen, Camille Dressler, Wanda Dressler, Pierrette Friedman, Roberte N. Hamayon, Reynaldo Harguinteguy, Caroline Lemière, Catherine Loridant, Emo Lessi, Thierry Loisel, Edgar Montiel.
Un remerciement très spécial à : Frances Albernaz, Véronique Aldebert, Tania Hernández, Ute Sperrfechter pour leur intense travail et leur disponibilité. Elles ont toutes très généreusement donné leur temps et leur talent à la préparation du numéro. Nous leur exprimons notre plus vive reconnaissance.
 
NOTES
 
[*]Luis Villoro : il a obtenu la maîtrise en philosophie en 1949, et le doctorat en 1963 avec une thèse sur les « Grands moments de l’indigénisme au Mexique ». Chercheur émérite à l’Institut d’études philosophiques de l’UNAM depuis 1989. Nommé Ambassadeur et Délégué du Mexique auprès de l’Unesco (1983-1987), il est membre de El Colegio Nacional depuis 1987. Après des études de philosophie à la Faculté de Philosophie et de Lettres de l’Université Nationale Autonome du Mexique, ainsi qu’à la Sorbonne (Paris) et à la Ludwiguniversität (Munich). Il a publié de nombreux articles sur la philosophie et l’histoire des idées. Parmi ses plus récents ouvrages : Una filosofía del silencio: la filosofía de la India, 1996 ; El poder y el valor. Fundamentos de una ética política, 1997 ; Estado plural, pluralidad de culturas, 1998.
[1]En français dans le texte (N.d.T.).
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