Dix-septième siècle
P.U.F.

I.S.B.N.9782130518839
192 pages

p. 269 à 283
doi: 10.3917/dss.012.0269

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n° 211 2001/2

2001 XVIIe siècle

Figures, fonctions et sens de l’inversion dans Les Estats et Empires de la Lune de Cyrano de Bergerac

Loris Petris Université de Neuchâtel.
Les procédés, les desseins et les significations de l’inversion dans Les Estats et Empires de la Lune sont d’une envergure et d’une profondeur qui interdisent de les considérer comme de simples ornements plastiques ou des jeux verbaux gratuits. Dans la tradition des mondes à l’envers médiévaux et des utopies humanistes, l’inversion permet à Cyrano de présenter un contre-modèle à la fois sérieux et loufoque afin de critiquer la réalité sociale et de penser le monde autre qu’il n’est, c’est-à-dire de l’extérieur, par un regard qui devient, bien avant Usbek et Micromégas, étranger pour mieux dire l’étrangeté de notre monde. Ce faisant, elle ne crée pas l’espace d’un idéal absolu mais celui d’une critique qui refuse le prêt-à-penser et qui remet en question le présent. Ainsi, les paroles du démon, qui nuance le caractère idéal de ce monde inversé dans lequel les jeunes sont vénérés, s’appliquent à tout L’Autre Monde : « [...] j’ay esté obligé de faire comme ceux qui veulent redresser un arbre tortu : ils le retortuent de l’autre costé, affin qu’il [redevienne] esgalement droit entre les deux contorsions » [1]. L’envers n’acquiert de sens que par rapport à un endroit. Les bouleversements que subit l’épistémè occidentale au XVIe siècle conditionnent ce sens de l’inversion. Ainsi, la pensée scientifique devient elle-même l’espace d’une inversion : le système géocentrique aristotélo-ptoléméen, auquel croit encore Corneille, est soudain inversé par les théories héliocentriques du De revolutionibus de Copernic, du De l’infinito de Bruno et des travaux de Galilée et Kepler, théories qui n’étaient pas encore admises mais auxquelles Cyrano adhère sans réserve [2].
 
LES PROCÉDÉS
 
 
L’inversion commence par un renversement de perspective transformé ici en arme critique et philosophique. Dès les premières lignes, la lune est imaginée puis sérieusement considérée comme un monde : cette « boulle de safran » vivifie un imaginaire qui se projette au-delà du visible et du sensible. Le narrateur projette son regard dans cette « lucarne du ciel » et, se dédoublant, il imagine quelqu’un qui raisonne comme lui [3]. Or, comme les habitants de la lune prendront réciproquement la Terre pour une lune, le renversement de perspective se redouble à l’infini dans un jeu vertigineux de miroirs. Ainsi, le narrateur s’emploiera en vain à leur faire admettre que cette lune est un monde [4]. Enfin, le narrateur dira que, de retour sur Terre, on se moquera de lui s’il ose prétendre que la lune est réellement un monde [5]. Ici comme là, l’inversion est perversion parce qu’elle est impossibilité. « Le grand esclat de rire » des amis du narrateur ne fait qu’annoncer, sur un mode comique, la coercition intellectuelle exercée sur la Lune par les prêtres, qui forceront le narrateur à chanter sa palinodie. Le renversement initial de perspective parcourt tout l’ouvrage et sème la contagion de l’inversion dans toute la narration. La forme dialogique, le débat des idées, les périples du narrateur et les soubresauts de son imagination déplacent constamment la perspective de narration, à l’image du don de quasi-ubiquité du démon [6]. Ce procédé force le lecteur à se mouvoir, à renverser les jugements habituels et à ne pas faire comme ce marin d’un jour qui « croit demeurer immobile, et que le rivage chemine » [7]. Il implique une réversibilité du jugement qui est l’anticipation et l’amorce d’une réciprocité du jugement :
Mais sachez qu’on ne vous traitte qu’à la pareille, et que si quelqu’un de cette terre avoit monté dans la vostre, avec la hardiesse de se dire homme, vos docteurs le feroient estouffer comme un monstre ou comme un singe possedé du diable. [8]
Le regard de l’autre naît, un regard autre.
L’inversion devient contagion, disions-nous. Ainsi, l’espace se renverse et le haut devient le bas : des animaux voient « le soleil aux antipodes » et craignent « de tomber au firmament » [9]. La Terre devient la Lune et la Lune une terre. Le chiasme monde/lune condense cette inversion où l’on voit la montée sur la Lune se terminer, en double inversion, par une chute « les pieds en hault ». Le renversement est aussi marqué spatialement par la disproportion des dimensions et de leur représentation : pour critiquer dans une veine toute montaignienne l’anthropocentrisme et la présomption humaine (le cuidier), le narrateur explique à Montmagnie que l’orgueil des hommes leur fait croire « que la nature n’a esté faicte que pour eux » et que le soleil n’est « allumé que pour meurir ses neffles et pommer ses choux » [10]. Pareillement, le narrateur veut faire observer, grâce à « une lunette fort excellente » qu’il a (de Galilée ?), que « certaines obscuritéz, qui d’icy paroissent des taches, sont des mondes qui se construisent » [11].
L’œuvre du temps est également inversée. Ainsi, arrivé au paradis, le narrateur rajeunit de quatorze ans environ et sent sa « jeunesse se ralumer » [12]. Plus loin, le démon de Socrate s’insuffle dans un corps jeune dès qu’il sent ses capacités physiques faiblir, image de l’écrivain qui se verse dans ses personnages pour y trouver une nouvelle vie qui n’est pas sienne tout en devenant sienne par l’écriture [13]. La Lune est également l’espace de l’inversion de la valeur du temps et des âges : la vieillesse y est dépréciée comme un état de décrépitude et de glaciation qui pose pour prudence ce qui n’est que crainte, pour calme ce qui n’est qu’impossibilité à agir, pour choix ce qui n’est que résultat de la pression de circonstances fortuites ; la jeunesse y est au contraire exaltée comme le moment de l’ardeur et de l’audace, dans une reprise du motif antique du puer senex. L’idée platonicienne, stoïcienne, chrétienne et enfin cartésienne que l’esprit doit maîtriser le corps est renversée et transformée en une fatalité physiologique et radicalement matérialiste : le temps fait de la belle femme « un phantosme à menacer les vivans de la mort » et « l’homme spirituel » se mue en un vieillard muet et pétrifié [14]. En conséquence, un homme âgé, lorsqu’il « sent ramolir son esprit et la glace des ans engourdir les mouvemens de son ame », rassemble ses amis qui décident de lui faire « ou grace, c’est à dire on luy ordonne la mort, ou un severe commandement de vivre » [15]. La mort devient une bénédiction pour qui sait se « resoudre à prendre congé de la nature » dès qu’il comprend que l’action glorieuse n’est plus possible pour lui [16].
L’espace intellectuel est également inversé. À la fin du séjour du narrateur sur la Lune, le démon vient lui apporter un livre de son pays natal, Les Estats et Empires du Soleil – annonce publicitaire de la suite de l’histoire – et surtout un autre livre qui est
le grand œuvre des philosophes, qu’un des plus forts esprits du soleil a composé. Il prouve là dedans que touttes choses sont vrayes, et declare la façon d’unir phisicquement les veritéz de chacque contradictoire, comme par exemple que le blanc est le noir et que le noir est blanc ; qu’on peut estre et n’estre pas en mesme temps ; qu’il peut y avoir une montagne sans valée ; que le neant est quelque chose et que touttes les choses qui sont ne sont point. Mais remarqués qu’il prouve ces inouys paradoxes sans aucune raison captieuse ni sophistique. [17]
L’inversion aboutit ici à sa limite, la coincidentia oppositorum où les opposés se résolvent dans un paradoxe unifiant. Ailleurs, c’est l’inversion de la vérité sur Terre qui est dénoncée : on y prend pour spirituel ce qui n’a que des causes matérielles alors qu’il importerait de chercher à expliquer le monde sans recourir à des causes religieuses, « sans interompre le repos du Souverain Estre », donc sans utiliser d’explication par les miracles et par l’action mystérieuse de la Providence, comme le fait le narrateur à la fin du livre [18] : « Vous vous imaginés, vous autres, que ce que vous ne sçauriés comprendre est spirituel, ou qu’il n’est point [...] » [19]. Il n’y a « rien de formidable » ni de merveilleux, « ce n’est pas merveille » dit le fils de l’hôte, écho du « je ne vois point de merveille » d’Élie [20] :
ne desferés-vous jamais vostre bouche, aussi bien que vostre raison, de ces termes fabuleux de miracles ? Sachés que ces noms là diffament le nom de philosophe. Comme le sage ne voit rien au monde qu’il ne conçoive ou qu’il ne juge pouvoir estre conceu, il doibt abominer touttes ces expressions de miracles, de prodiges, d’evenemens contre nature, qu’ont inventé les stupides pour excuser les foiblesses de leur entendement. [21]
Dans l’épître Des Miracles de rivière, Cyrano, qui regarde dans l’eau le reflet renversé de la forêt, inverse pareillement le jugement commun :
Mais admirez l’empire que la basse région de l’âme exerce sur la haute ; après avoir découvert que tout ce miracle n’est qu’une imposture des sens, je ne puis encore empêcher ma vue de prendre au moins ce Firmament imaginaire pour un grand lac sur qui la terre flotte.
La satire emprunte le chemin inverse du questionnement scientifique et matérialiste : de manière comique, elle attribue à l’imagination et aux « ravissemens » extatiques un effet physique qui permet à l’homme de s’élever dans les cieux, à la manière d’Enoch qui parvient sur la Lune après avoir enfermé de la vapeur de sacrifices dans des vases [22]. Dans ce monde d’une altérité qui est inversion, pourrait-on s’étonner d’apprendre que le pape n’est que le résultat de la transformation d’une « touffe d’herbe » [23] ?
L’inversion est enfin sociologique et sémiologique. Sur la Lune, l’enterrement est une infamie contrairement à la crémation ; on préfère y porter un phallus en bandoulière comme marque de noblesse plutôt qu’une épée, signe de violence et de mort [24]. Les hommes, sortes de satyres mi-homme mi-animal, marchent à quatre pattes ; la sexualité est admise comme l’expression naturelle d’un instinct de conservation de l’espèce ; grâce à des livres sonores les jeunes possèdent « d’avantage de connoissance à seize et à dix-huit ans que les barbes grises du nostre » [25] ; la mort des philosophes est un banquet anthropophage parsemé de libations à Vénus ; les festins ne sont faits que d’odeurs ; la mort naturelle est une peine infamante ; un médecin ignorant est recommandé aux malades ; les villes se déplacent et les poèmes servent de monnaie. Les signes sont absolument différents sur la Lune, où l’on caresse les gens avant qu’ils ne s’endorment, où un « phisionome » arrive à choisir le traitement approprié en observant « la proportion, figure et cimetrie de nos membres » [26].
Mais l’inversion s’intériorise dès lors qu’elle atteint le narrateur, qui sert paradoxalement de double et de repoussoir à l’auteur et au lecteur. Elle est ici marquée par l’intrusion de l’animalité et d’une indétermination qui problématise le rapport entre essence et existence [27]. Ainsi, le narrateur commence par se sentir « monstre » dès son arrivée dans la lune. Avec l’Espagnol, il devient une curiosité zoologique que l’on va voir [28]. L’inversion se dédouble en devenant sexuelle et animale dès lors qu’il est tenu pour « la femelle du petit animal de la reine ». Surgit ainsi la question fondamentale de savoir ce qui fait l’identité de l’être humain et ce qui détermine l’identité sexuelle [29]. La définition de l’être du narrateur posera donc continuellement problème, comme si la sortie de son monde menait le narrateur dans le champ d’une indétermination qui repose la question de ce qui est le propre de l’homme. Le narrateur, mené en ville « en qualité de telle ou d’autre chose », est donné à un « batteleur » qui en fait un singe de foire. Il sera plus loin décrété « perocquet plumé » puis autruche [30], avant de redevenir, après son troisième procès et grâce au bon sens et à l’éloquence d’un inconnu, un être « sensé homme » [31]. Cette problématique ne tracasse pas le narrateur, qui assiste en observateur amusé et résigné aux « querelles de la definition de [son] être » [32]. Ainsi, lorsqu’on décide de pousser le narrateur et l’Espagnol – un Espagnol habillé en singe devenu un singe vêtu à l’espagnole – à « multiplier » leur espèce, l’ambiguïté du récit entremêle allusion sexuelle et témoignage sur l’importance du langage :
On executa de point en point la volonté du prince, de quoy je fus tres ayse pour le plaisir que je recevois d’avoir quelqu’un qui m’entretint pendant la solitude de ma brutification. [33]
Le narrateur, qui n’a pas conscience du double sens de « entretenir », est simplement content de pouvoir parler avec quelqu’un, mais Cyrano s’amuse en laissant entrevoir une autre signification, « entretenir » se disant aussi « odieusement en matiere de debauche » (Furetière), et signifiant aussi « faire subsister une femme avec laquelle on est en commerce » (Académie). Tout peut aussi laisser à entendre, à ce moment, que les deux hommes, pris pour des bêtes, ont réellement eu des relations sexuelles que l’on voulait hétérosexuelles et qui sont devenues homosexuelles, ce que la suite du récit niera. L’allusion pornographique est voilée, contrairement à l’épisode du serpent où le narrateur, qui une fois de plus prétend parler « suivant la parolle du Seigneur », donne une explication grivoise et sans double sens à Élie sur l’origine du membre viril [34]. Dans ce passage, le comique sexuel sert à satiriser en la réduisant ad absurdum l’explication d’Élie sur le péché originel, mélange confus d’arguments théologiques, de croyances populaires et de rêveries physiologiques. Or, comme le péché originel est le dogme fondamental du christianisme, qui soutient et rend nécessaires la Révélation et la Rédemption par le Christ, tout l’édifice religieux est remis en question. Le licencieux ébranle le religieux : « Vous avés tort, interrompit alors mon demon, de vouloir regenter la sagesse de Dieu » [35].
L’inversion ne touche pas seulement ce que l’on croit être la nature du narrateur : elle s’applique aussi à son jugement. Ainsi, celui qui a pu observer que la Lune est effectivement un monde en vient, lorsque le président du tribunal doute que le monde ait été créé en six jours, à croire « que leur monde n’estoit qu’une lune » [36]. Clin d’œil du libertin spirituel Cyrano, qui fait ici de son narrateur un pieux croyant. Le même baptême du narrateur, qui au paradis savait se tenir à la limite de l’impiété pour se voir finalement (re)chassé du jardin, a lieu à la fin du récit lorsque le narrateur se réjouit que Dieu ait recalé ces hommes « naturellement impies » dans un recoin de l’univers « où ilz ne pussent corrompre ses bien-aymés » [37]. Celui qui laissait son jugement suspendu entre l’attribution d’une action à la Fortune ou à la Providence en vient finalement à voir partout l’action de miracles et de la Providence et à se libérer de l’emprise du « grand homme noir tout velu » en proférant un pieux « Jesus Maria » [38]. Dès l’expulsion du paradis se dessinent donc les traits d’un narrateur naïf nullement gêné par l’incohérence de ses idées et qui ne fera que réciter la leçon en se croyant inspiré par Dieu à faire « connoistre aux hommes que la Lune est un monde » [39]. Cyrano empêche le lecteur de s’identifier à ce narrateur, qui assume conjointement deux fonctions distinctes qui expliquent ce curieux mélange de candeur et de lucidité qu’il est : porte-parole partiel mais surtout cible [40]. Ce dédoublement du rôle du narrateur sert d’écran à l’expression d’une pensée subversive dans un cadre conventionnel où l’impie est châtié, où la pensée subversive semble contenue par l’idéologie en place. Dès lors, la véritable pensée rebelle est celle du jeune homme qui finit, comme le Don Juan de Molière, en « blasphémateur » précipité aux enfers par un « grand homme noir tout velu ».
 
LES FONCTIONS
 
 
Quelles sont les fonctions de cette inversion ? La première est évidemment satirique : en décrivant un autre monde, l’écrivain propose à ce monde-ci, on l’a dit, un contre-modèle qui rend possible la pensée d’une altérité par la remise en cause du présent. Mais, loin d’être unilatérale, cette critique est réversible, tout comme le sera le regard d’Usbek dans Les Lettres persanes (1721). L’espace devient réellement indifférencié, égalitaire : la même intolérance règne dans la Lune que sur Terre et l’anthropocentrisme se déplace avec l’homme. La vérité rencontre dans l’étendue lunaire les mêmes obstacles que sur Terre et l’inversion y connaît les mêmes refus. La critique des superstitions religieuses touche les deux mondes et dénonce la religion comme une mascarade de petits gestes de piété soutenus par l’apparat, à l’image de cette jeune fille de la Lune qui veut devenir chrétienne par goût pour les reliques et les cloches [41]. Ici et là, les prêtres sont devenus des traîtres de la vérité. La satire met côte à côte l’acte sexuel et la béatitude des mystiques [42]. L’inversion qu’opère la narration a néanmoins permis un discours de la raison en servant de repoussoir au monde présent et de moyen de critique de la gérontocratie, de la peur de la mort, du spiritualisme et de la coutume devenue valeur de vérité.
Le texte véhicule également une fonction ludique par laquelle Cyrano s’amuse avec le narrateur en l’obligeant à se livrer à des contorsions physiques et intellectuelles. Ce sens passe bien entendu par le comique et le burlesque, qui introduit un décalage de niveaux – une inversion – entre la forme et le contenu, le style et les idées. Ainsi, d’emblée, entre deux images poétiques qui font de la Lune une lucarne des Champs Élysées ou le judas de Dieu, Cyrano surprend, après Saint-Amant, une vulgaire scène de la vie quotidienne d’un couple divin : la Lune n’est que le plateau sur lequel Diane repasse les cols d’Apollon. À la fin du roman, touche cynique, à son retour sur terre, les chiens aboient comme si le narrateur était « leur premier Adam », le premier chien de la création. Le delectare suscite ainsi le plaisir du texte, qui est déjà un appel à la liberté iconoclaste de l’imaginaire. « J’avois bien de la peine, quoy que je me mordisse les levres, à m’empescher de rire de ce monde renversé » [43].
L’inversion permet ainsi de créer l’espace d’une positivité possible. En apparence, la Lune est un monde idéal car les hommes y vivent plus longtemps, y sont plus sensibles et y semblent plus heureux. Le démon prétend même que
les hommes y sont amateurs de la verité, qu’on n’y voit point de pedans, que les philosophes ne se laissent persuader qu’à la raison, et que l’autorité d’un sçavant ny le plus grand nombre ne l’emportent point sur l’opinion d’un batteur en grange, si le batteur en grange raisonne aussy fortement. [44]
Le monde imaginaire devient un espace de raison qui dénonce la Terre comme déraison, comme un monde où règne Antiphysie et où la religion « est contre nature et jalouse de tous les contentemens des hommes » [45]. La raison, que Cyrano ne définit au reste pas, y devient, conjointement à l’imagination, une valeur fondamentale. Ainsi, l’inversion entre jeunes et vieux [46] est dite fondée sur la « droite raison », c’est-à-dire la recta ratio, ou l’orthos logos aristotélicien. Les jeunes sont plus aptes à la direction des affaires familiales, car ils sont « en force d’imaginer, de juger et d’executer », contrairement aux vieux dont « la nege de soixante hyvers a glacé l’imagination ». L’imagination, le jugement et l’action se concentrent en une prudence paradoxalement aristotélicienne qui est devenue le propre de la jeunesse, dont l’ardeur s’oppose à une vieillesse gelée et pétrifiée à l’image de ce vieillard, jadis un « homme spirituel », qui maintenant en compagnie « ressemble plustost, par son scilence, la statue d’un dieu foyer qu’un homme capable de raison » [47]. Cet homme, que caractérisaient une « vivacité », un « bien dire » et une envergure de pensée scientifique, s’est rétréci à une seule chose : la statue d’un dieu lare, opposé à l’homme capable de raison. Le récit reprend subtilement et de manière synthétique les trois caractéristiques passées : au mouvement de la raison ( « vivacité » ) s’oppose l’immobilité de la statue ; à la parole et l’éloquence ( « bien dire » ), assimilées dans la culture gréco-romaine à la raison (logos), s’oppose le mutisme du vieux devenu dieu ; à la raison s’oppose enfin la fausse divinité païenne. L’homme est « capable de raison », comme le livre au début du roman [48] : il ne possède pas la raison, mais il peut l’accueillir, la contenir. Il n’est plus capax Dei mais capax rationis. Or, preuve de l’involution du narrateur (telle que veut la faire sentir Cyrano), lorsque celui-ci se trouve face au jeune homme, il l’enjoint à tirer « de la presse des animaux cet esprit capable de la vision de Dieu » [49].
Or, la Lune a sa face noire, luna mutabilis. Ainsi, le narrateur qui ose dire, comme il le faisait sur Terre, que la Lune est un monde, est enfermé et forcé de se rétracter. Le monde sublunaire restera définitivement lunaire ! La curiosité du narrateur le mène dans une cage et ce monde qu’il découvre, pour pittoresque qu’il soit, n’est en définitive pas meilleur que la Terre. La même inquisition y règne, la même coercition qui empêche les avis de s’exprimer, voire d’imaginer d’autres possibles. « Il y a du vulgaire, icy comme là, qui ne peut souffrir la pensée des choses où il n’est point accoustumé » [50]. Au Québec déjà, le narrateur avait découvert la puissance des jésuites, qui voulaient le faire condamner comme magicien [51]. Sur la Lune, lui qui a voulu se livrer à une véritable autopsie pour vérifier ses intuitions, découvre une inquisition qui n’est pas moins dangereuse. Les prêtres ont « embabouiné la conscience du peuple » de « tous les plus specieux scrupules » [52].
Enfin ilz briderent si bien la conscience des peuples sur cet article [le fait que les hommes marchent sur deux jambes], qu’il fut arresté que je ne passerois tout au plus que pour un perocquet plumé ; [...] le clergé fut contraint de faire publier un arrest, par lequel on deffendoit de croire que j’eusse de la raison [...]. [53]
L’Espagnol a fui la terre parce qu’il « n’avoit peu trouver un seul pays où l’imagination mesme fut en liberté ». Comble d’ironie, il se retrouve singe en cage et ne peut que dénoncer les oripeaux (le bonnet carré, le chaperon, la soutane) d’un pseudo-savoir qui se veut pouvoir sur les esprits, jusqu’à faire passer celui qui ose dire quelque chose de « beau » pour « un idiot, un fol, ou un athée » [54]. Les prêtres accusent les femmes de dire que le narrateur est homme afin de masquer leur véritable motif, qui serait de vouloir « se mêler aux bestes » pour commettre avec le narrateur « sans vergongne des pechez contre nature » [55]. Sans relâche, ils condamnent comme « impieté espouventable » tout ce qui remet en question leurs dogmes ou leurs caprices [56]. Ainsi, sitôt que le narrateur apprend à parler la langue de l’autre monde, le clergé est « contraint de faire publier un arrest, par lequel on deffendoit de croire que j’eusse de la raison » [57]. Cyrano dévoile les mécanismes complexes par lesquels l’idéologie s’impose de l’extérieur, par le mensonge mais aussi de l’intérieur, en suscitant la crainte. Ainsi, les prêtres règnent par la peur, en provoquant des émotions qui empêchent de réfléchir, à l’image du tintamarre que fait le « grand pontife » lors du troisième procès, « affin d’empescher par cette esmotion que le raisonnement ne put fere son office » [58]. Pareillement, « l’anatesme et l’excommunication » deviennent les armes pour « espouventer le peuple » [59]. Pire, là où l’erreur n’est pas la conséquence d’une relation de pouvoir et d’une contrainte perceptibles ou latentes, elle s’autogénère et naît de la stupidité, de la grossièreté, des sens trompeurs et de « l’orgueil insupportable des humains » [60].
 
LES SIGNIFICATIONS
 
 
Quels remèdes existe-t-il contre ce règne de la terreur intellectuelle ? Comme chez Sorel et la majorité des libertins spirituels [61], ce sera le double langage que le démon a conseillé à Campanella,
pendant qu’il estoit à l’inquisition à Rome, de stiler son visage et son corps aux grimasses et aux postures ordinaires de ceux dont il avoit besoin de connoistre l’interieur, affin d’exciter chez soy par une mesme assiette les pensées que cette mesme scituation avoit appellé dans ses adversaires, parce qu’ainsy il mesnageroit mieux leur ame quand il la connoistroit. [62]
Le conformisme aux coutumes et aux marques extérieures permet de connaître autrui et donc d’éviter de finir sur le bûcher comme Étienne Dolet (1546), Michel Servet (1553), Giordano Bruno (1600) ou encore Vanini (1619). « Ménager autrui » devient donc le moyen de « se ménager ». Par la fiction narrative et la multiplication des instances narratives et des perspectives, Cyrano affectionne bien entendu ce double langage que le démon a conseillé à Campanella. Ainsi, lorsque le démon, qui remarque l’esprit exceptionnel du jeune homme qu’il veut « instruire », souhaite qu’il puisse « regler ses lumieres [...] et ne plus affecter l’impieté par ostentation » [63], le langage devient équivoque : le démon dit que le fils de l’hôte serait parfait s’il n’était pas impie, s’il n’étouffait pas la grâce de Dieu dans le vice ; mais, à l’arrière-plan, Cyrano sourit en suggérant que l’on peut être impie à condition de ne pas l’être ostensiblement. Au milieu de la contrainte, la liberté survit par la duplicité. L’impudence est imprudence et il faut, après Montaigne, être conformiste au-dehors pour être mieux libre au-dedans afin de pouvoir durer [64]. L’inversion ne supporte pas l’inversion !
Cette esthétique de l’inversion véhicule un sens philosophique. Les jeux baroques de miroirs qui se répondent créent, on l’a dit, une sorte de continuelle mise en abyme qui renvoie à cette nouvelle découverte qu’est l’infini, et qui est l’objet de maintes discussions [65]. La plus frappante de ces mises en relief a lieu au début du roman lorsqu’un livre de Cardan, placé comme par magie face au narrateur et ouvert comme par enchantement précisément à la page qui décrit la visite « merveilleuse » de « deux grands vieillards » venus de la Lune, s’intercale dans le livre ouvert que tient le lecteur. Dans le monologue intérieur qui suit, le narrateur s’interroge sur cette coïncidence extraordinaire et il imagine le livre « voller » hors de sa bibliothèque pour venir se déposer sur sa table, redoublement de l’envol du narrateur dans les airs et de l’enlèvement final du narrateur et du jeune homme. Cet épisode, que le narrateur interprète comme « une inspiration de Dieu », est si important qu’il le décide à entreprendre son voyage : « Je ne sçaurois m’esclaircir de ce doubte si ne je monte jusque-là. [...] Prométhée fut bien autrefois au ciel dêrober du feu » [66]. Les discours enchâssés à plusieurs étages participent également à cette démultiplication du réel où le locuteur est comme décentré, à l’image des planètes dans le nouveau système cosmologique. Ainsi, le narrateur rapporte les paroles de Montmagnie qui raconte les propos des jésuites, prosopopée farcie de superstitions concernant les enfers [67]. De ce jeu de miroirs naît une sorte de vertige face à l’infini et face à la perte d’un sens transcendant consécutive à l’irruption de l’héliocentrisme : la Terre n’étant plus au centre de la Création, l’homme n’est plus au centre du regard de Dieu. Dans des cadres de pensée totalement distincts, le questionnement que tente Cyrano rejoint ici le trouble de Pascal dans le fragment sur les deux infinis [68]. Si Cyrano s’amuse bel et bien avec le lecteur, le trouble qui naît dans l’esprit du lecteur est porteur de sens : la perte de repères est signifiante car elle vise à mettre le lecteur, par le récit, dans la même situation que le nouvel homme face à l’infini de l’univers copernicien où tout espace se vaut, où toute planète est le centre et le recoin, où un monde fini cède la place à une pluralité de mondes [69]. La conséquence est alors le refus de tout finalisme :
Non ! Non ! Si ce dieu visible esclaire l’homme, c’est par accident, comme le flambeau du roy esclaire par accident au crocheteur qui passe par la rue. [70]
À l’analogie traditionnelle Dieu-roi et à la métaphore soleil-flambeau se superpose le regard fortuit d’un homme devenu un voleur qui n’est plus à sa place dans un univers qui n’est plus créé pour lui. Le monde imaginaire est en fait un espace où l’imagination n’a pas plus le droit de cité que sur Terre :
Car, s’il est homme, quand mesme il ne seroit pas venu de la lune, puisque tout homme est libre, ne luy est-il pas libre de s’imaginer ce qu’il voudra ? Quoy ! pouvés-vous le contraindre à n’avoir que vos visions ? Vous le forcerés bien à dire qu’il croit que la lune n’est pas un monde, mais il ne le croira pas pourtant, car pour croire quelque chose, il fault qu’il se presente à son imagination certaines possibilitéz plus grandes au ouy qu’au non de cette chose,
estime l’homme qui prend avec succès la défense du narrateur dans son troisième procès [71]. Ce partisan de la liberté de conscience somme le « grand pontife » de donner les raisons de ses préjugés et il dénonce par là même la déraison de toute contrainte exercée sur la conscience. La raison a besoin de l’imagination et toutes deux ne peuvent s’épanouir que dans une liberté qui leur est consubstantielle. Imagination, raison et liberté s’unissent donc pour fournir les armes philosophiques contre la coercition et le dogmatisme, qui contraignent par la peur sans convaincre de l’intérieur, et qui forcent l’homme à recourir à la duplicité [72]. L’imagination permet de vaincre la pesanteur, métaphoriquement et littéralement, comme Adam et ces philosophes dont se moque le jeune adolescent du paradis [73]. C’est elle qui fait réellement guérir les malades [74]. Comme le dira Bayle, la conscience, même errante, a ses droits [75]. « Songez à librement vivre » dit le démon au narrateur en guise de salut et de message d’adieu [76]. L’esprit doit demeurer dans les airs, insaisissable. L’inversion acquiert ainsi une fonction initiatique : forcer le lecteur au déplacement, à l’inversion du jugement, comme dans l’exercice encore courant du pro et contra, que Cyrano applique dans ses lettres Pour les Sorciers et Contre les Sorciers. Elle le contraint surtout à s’interroger sur la « bonne foy » de ses allégations [77]. Mais cette visée pédagogique fonctionne aussi à un deuxième niveau, lorsque Cyrano, pour montrer la réversibilité de tout discours, veut que le lecteur se distancie du narrateur, qui devient de plus en plus un bon et fidèle catholique. L’initiation du lecteur doit aller au rebours de celle, manquée, du narrateur. En effet, l’évolution de l’image du narrateur est clairement régressive : parti en Prométhée, il finit en défenseur d’Aristote et en prédicateur muet. Le cours du récit baptise l’impudent et le mauvais garçon chassé du paradis devient le bon élève qui veut « détromper » [78] le jeune homme, le convertir, en le faisant croire aux miracles. Le narrateur en vient à réciter la leçon, à ne plus comprendre les différences de coutumes, qu’il trouve ridicules [79], à soutenir des syllogismes très douteux et, ne pouvant répondre au jeune homme, à se réfugier dans une religion conventionnelle qui ne trouve pas d’autres réponses que la condamnation d’impiété [80]. Devant le jeune homme qui nie l’existence de Dieu, il est pris d’un frisson provoqué par « ces opinions diabolicques et ridicules » qu’il croit sorties de « l’Ante-Crist » lui-même [81].
Contre le monde existant, la critique n’oppose pas de système philosophique, socio-politique ou cosmologique tout fait et cohérent [82]. À certains égards, L’Autre Monde est ce que Cyrano pressentait dans Les Estats et Empires de la Lune qu’on lui reprocherait : « un pot-pourri de contes ridicules, un amas de lambeaux décousus, un répertoire de Peau-d’Ane à bercer les enfants » [83]. L’ouvrage conserve, il est vrai, l’apparence d’une mosaïque de larcins que les critiques se sont employés à retracer [84]. Les différents systèmes présentés par le narrateur, Montmagnie, l’Espagnol, le démon, les deux docteurs et le jeune homme s’entrechoquent sans qu’une synthèse unifiante émerge, même si l’auteur se montre parfaitement au fait de la science de son temps [85]. Même le démon et le fils de l’hôte, personnages les plus idéalisés, voient leurs théories s’annuler réciproquement. Ce que Cyrano nous propose n’a pas à être un système clos [86] : l’espace cognitif demeure un espace ouvert et polyphonique où l’inversion et l’imagination transportent l’esprit dans un univers copernicien, c’est-à-dire infini et décentré, et deviennent signifiants. En ce sens, le procédé de démystification mis en place par la trame romanesque et surtout dialogique reste fidèle à lui-même : Cyrano ne déboulonne pas des vérités pour les remplacer par d’autres. Aussi, la vérité, comme la raison, ne peut-elle être ici qu’une quête, qu’une enquête et non une possession. À l’image du périple des compagnons de Pantagruel sur la Thalamège [87], elle est une capacité, une virtualité et non une réalité, un projet et non un achèvement. L’inversion ne sert qu’à l’émergence d’un idéal de liberté d’une pensée qui se cherche constamment dans une tentative de dépasser cette « faillite des modèles » dont parle J. Prévot [88]. Elle aura permis de penser un monde autre.
Conte philosophique, roman épistémologique, roman d’aventures, Les Estats et Empires de la Lune est tout cela à la fois. Mais au milieu de l’érudition scientifique et des débats polyphoniques sur l’homme, le monde et l’univers, cette œuvre est avant tout un dialogue philosophique baroque, par son goût de l’irrégularité, du changement et de l’inattendu, par une odeur d’inconstance et d’incertitude qui pèse sur toute théorie, ceci alors même que les Histoires comiques se placent souvent dans un mouvement de réaction contre le baroque et la préciosité [89]. Ce dialogue philosophique, dont la narration ne sert en définitive que de récit-cadre, est également baroque par une fascination parfois morbide pour la mort, devenue choix personnel avalisé par les proches, et pour la déchéance du corps livré aux « vers » et dont les joues sont rongées par les « crapaux » [90]. Ainsi, sur la Lune, où le philosophe, à qui l’on fait la grâce de pouvoir choisir le moment de sa mort, organise un festin funèbre, thanathos rejoint eros dans un banquet où se mêlent l’anthropophagie et les libations sexuelles dans une espèce de parodie de l’Eucharistie où l’on avale goulûment le sang de l’ami et où l’on mange sa chair crue [91]. Au caractère sérieux et philosophique de l’appréciation du suicide se joint ainsi la parodie de ce qui est au cœur de la querelle entre protestants et catholiques, ici comme exilés sur la Lune (à moins qu’ils ne l’aient colonisée) [92]. Les banquets de débauche de l’Histoire comique de Francion de Sorel sont devenus philosophiques en offrant un prolongement de la vie par l’anthropophagie et par une sexualité acceptée [93].
L’Autre Monde rejoint, par ses jeux de miroirs et de renversements, les propos de Cyrano dans la lettre Des Miracles de rivière – le miracle n’y est qu’une illusion d’optique –, où il décrit ce qu’il voit dans le reflet de l’onde, un « miroir fluide » et évanescent du monde, un « petit monde renversé, qui place les chênes au-dessous de la mousse, et le Ciel plus bas que les chênes » :
Je vous prie de suspendre sa condamnation [de ce tableau], puisqu’il est malaisé de juger d’une ombre ; car quand mes enthousiasmes auraient la réputation d’être fort éclairés, il n’est pas impossible que la lumière de celui-ci soit petite, ayant été prise à l’ombre ; et puis, quelle autre chose pourrais-je ajouter à la description de cette image enluminée, sinon que c’est un rien visible, un caméléon spirituel, une nuit que la nuit fait mourir, un procès des yeux et de la raison, une privation de clarté, que la clarté met à jour.
 
NOTES
 
[1] L. 2487-2490 dans l’édition de Madeleine Alcover, Paris, STFM, 1978, 2e tirage 1996 (éd. de référence) ; rééd. Genève, Slatkine, 2000. On se reportera aussi à l’édition de Jacques Prévot dans Les libertins du XVIIe siècle, I, Paris, Gallimard, « La Pléiade », 1998. Voir surtout M. Alcover, Cyrano relu et corrigé, Genève, Droz, 1990 ; M. Cardoze, Cyrano de Bergerac 1619-1655 : libertin libertaire, Paris, Lattès, 1994 ; R. Pintard, Le libertinage érudit dans la première moitié du XVIIe siècle, Paris, Boivin, 1943 (rééd. Slatkine, 1995) ; Jean Serroy, Roman et réalité. Les Histoires comiques au XVIIe siècle, Paris, Minard, 1978 ; J. Lafond, L’image du monde renversé et ses représentations littéraires [...], éd. J. Lafond et A. Redondo, Paris, Vrin, 1979, p. 129-139.
[2] Giordano Bruno est brûlé vif le 17 février 1600 pour avoir soutenu les thèses de l’infinité et de l’éternité du cosmos. Vanini a la langue coupée et est brûlé vif le 7 février 1619 à Toulouse. Galilée est condamné en 1633, Gassendi estime que les théories de Copernic sont une « hypothèse » comme celle de Ptolémée, et Descartes hésite encore sur la cosmologie à adopter. Voir A. Koyré, La révolution astronomique, Paris, Hermann, 1961, et Études galiléennes, Paris, Hermann, 1939.
[3] L. 20-22.
[4] L. 576-579.
[5] L. 2952-2956.
[6] L. 1355-1360.
[7] L. 265-267.
[8] L. 1098-1102. Pareillement, dans la lettre Des Miracles de rivière, les poissons ne savent plus si le rossignol est un poisson vêtu de plumes ou un oiseau dépouillé de son corps. Ils le prennent finalement pour un « monstre ».
[9] L. 557-558.
[10] L. 274. Sur le lien entre géocentrisme et anthropocentrisme, voir J. Prévot, Cyrano de Bergerac romancier, Paris, Belin, 1977, p. 39-44.
[11] L. 372-374. Cette hypothèse remet en question l’idée d’une incorruptibilité des cieux. Voir D. Fabricius, De maculis in sole animadversis (1612) et C. Scheiner, De maculis solaribus tres epistolae (1613).
[12] L. 562-566.
[13] L. 1371-1385. Le démon l’avait annoncé plus tôt, l. 1206-1210.
[14] L. 2329-2389. Le devenir de la femme et celui de l’homme sont décrits en des termes parallèles : avant (adoriés/honoriés) ; maintenant (continuer/continués).
[15] L. 3375-3384.
[16] Voir Montaigne, Les Essais, I, 20 : « L’utilité du vivre n’est pas en l’espace, elle est en l’usage [...]. Il gist en vostre volonté, non au nombre des ans, que vous ayez assez vescu. »
[17] L. 3260-3270. On a pu croire qu’il s’agissait des Universalis Philosophiae seu metaphysicarum rerum juxta propria dogmata, libri XVIII (1637) de Campanella ou du De la causa de Bruno. Mais le terme de « grand œuvre » renvoie probablement à l’alchimie et à sa recherche de la pierre philosophale, sachant que « philosophe » peut signifier « alchimiste ».
[18] L. 228 et 3913. Voir l. 225-233, 2392-2397 et 3608-3612 et C. Sorel, Histoire comique de Francion, éd. Y. Giraud, Paris, GF, 1979, p. 165 : et cependant si l’on avoit bien cherché, l’on trouveroit que les habitants ont fondé ces opinions là sur des accidens ordinaires et naturels, mais dont la cause est incogneuë à leurs esprits simples et grossiers.
[19] L. 1256-1258. Voir le miracle partout (ce dont la Contre-Réforme use et abuse pour ramener les fidèles dans le giron de l’Église) est présenté comme le fruit du charlatanisme, de coïncidences, d’erreurs des sens, de « la force de l’imagination » (l. 3620-3621) et de la crédulité.
[20] L. 916, 3021-3022 et 775.
[21] L. 3605-3612.
[22] L. 638 sq., parodie de Genèse 8, 21. L’épisode rappelle l’ascension du narrateur avec ses fioles de rosée, allusion à une expérience courante (note p. 9).
[23] L. 3582-3584.
[24] « Malheureuse contrée, où les marques de generation sont ignominieuses, et où celles d’aneantissement sont honorables », l. 3493-3495.
[25] L. 3314-3316.
[26] L. 2740-2741.
[27] Voir les l. 3567-3574. Ainsi, c’est paradoxalement en cage que le narrateur, homme devenu animal, apprend le propre de l’homme depuis Aristote (La Politique, I, 2, 10, 1253 a) : le langage.
[28] L. 1890 sq.
[29] Respectivement l. 1980 sq., 1047 et 1070-1071.
[30] Respectivement l. 1076 sq., 1951-1952 et 2001.
[31] L. 2263.
[32] L. 1971-1972 et 2159. Bien avant le Discours à Madame de La Sablière de La Fontaine, Cyrano se demande si les animaux ont une raison et si les végétaux ont des sensations.
[33] L. 1596-1599. Malgré l’allusion voilée et ludique à un rapport homosexuel, on n’ira pas, comme le fait J. Prévot (Cyrano de Bergerac poète et dramaturge, Paris, Belin, 1978, p. 47-50), jusqu’à y voir une preuve de l’homosexualité de Cyrano.
[34] L. 850-860. Voir le Quart Livre, chap. 38, inspiré de H. C. Agrippa, De originali peccato (1532).
[35] L. 2576-2577.
[36] L. 2176-2177.
[37] L. 3915-3916. Élie chasse plus tôt le narrateur du paradis en lui reprochant d’avoir « l’impudence de railler sur les choses sainctes » (l. 994-995).
[38] L. 33-35 (et surtout la variante E), à opposer par exemple aux l. 3910-3917.
[39] L. 51-52. L’épisode du livre ouvert qu’il retrouve à son retour est inspiré mais adapté de Cardan, De subtilitate, chap. XIX, Daemonum septem historia.
[40] Voir surtout la fin, conventionnelle mais aussi satirique et comique ( « Aussi je ne doubte point qu’il n’ayst differé jusque icy d’envoyer leur prescher l’Évangile par ce qu’il sçavoit qu’ilz en abuseroient [...] » ).
[41] L. 2008-2014 et 3239-3247.
[42] L. 2551-2556.
[43] L. 2899-2900.
[44] L. 1194-1200.
[45] L. 2557-2558, par opposition à la Lune devenue le berceau d’une nature acceptée.
[46] L. 2329 sq.
[47] La phronesis (prudence) est chez Aristote la sagesse dans l’ordre pratique, ce précisément dont font preuve les jeunes sur la Lune. Voir l’Éthique à Nicomaque, VI (1138 b 15-1145 a 13) et Pierre Aubenque, La Prudence chez Aristote, Paris, PUF, 1963 (rééd. 1997).
[48] L. 56.
[49] L. 3507-3508.
[50] L. 1096-1098.
[51] L. 165.
[52] L. 2298-2299.
[53] L. 1949-1967.
[54] L. 1607-1608.
[55] L. 2154-2155.
[56] Ainsi lorsque le bruit court qu’on a trouvé deux sauvages qui marchent sur deux pattes « par un deffault de la semence de leurs peres » qui rend leurs deux jambes de devant trop faibles pour marcher dessus (l. 1905 sq.).
[57] L. 1966-1967.
[58] L. 2203-2204.
[59] L. 1974-1975.
[60] Respectivement l. 1118, 264 et 269-270. Sur l’erreur des sens, voir par exemple les arguments de Montmagnie contre l’héliocentrisme, l. 176-180.
[61] La corruption de ce siecle où l’on empesche que la verité soit ouvertement divulguée me contraint d’ailleurs à faire cecy, et à cacher mes principales reprehensions, soubs des songes qui sembleront sans doute pleins de niaiseries à des ignorans, qui ne pourront pas penetrer jusques au fond. Quoy que c’en soit, ces resveries là contiennent des choses que jamais personne n’a eu la hardiesse de dire. [...] je tien pour maxime, Qu’il se faut taire quelquefois afin de parler plus long temps, c’est à dire qu’il est bon de moderer sa mesdisance en de certaines saisons, de peur que les Grands ne vous mettent en peine et ne vous fassent condamner à un eternel silence. (Sorel, Histoire comique de Francion, op. cit., p. 46 et 369, Avertissement des éditions 1623 et 1626 en italique).
[62] L. 1142-1148. On pourrait y voir une analogie avec l’attitude de ces libertins protestants comme Saint-Amant, Boisrobert et Théophile de Viau, convertis au catholicisme pour ne pas être inquiétés. Les derniers mots de la rétractation publique du narrateur condamnent, par leur ambiguïté, la tyrannie que les prêtres exercent sur les esprits : « Tel est ce que les prestres trouvent bon que vous croyés » (l. 2279-2280).
[63] L. 2310-2311. J. Prévot voit dans le commentaire du démon sur le jeune fils de l’hôte la représentation de Gassendi veillant de 1641 à 1648 chez Lhuillier sur l’instruction de Chapelle, fils de Lhuillier et de sa gouvernante, Marie Chanut.
[64] le sage doit au dedans retirer son ame de la presse, et la tenir en liberté et puissance de juger librement des choses ; mais, quant au dehors, [...] il doit suivre entierement les façons et formes receues (I, 23). La conséquence politique de cette attitude est le conservatisme et le respect des lois, même si l’on perçoit que le « fondement mystique de leur autorité » est la coutume et non la justice.
[65] L. 300 sq. par exemple.
[66] L. 50 et 64-67.
[67] L. 250-257. Le jésuite affirme que « la Saincte Escriture » nous apprend qu’il existe « un feu d’enfer », alors qu’aucune allusion à un feu qui brûlerait les damnés en enfer n’existe dans la Bible. La descente aux enfers vient plutôt d’Homère, Virgile et Dante. Autre exemple de discours enchâssé l. 2114-2142.
[68] Pascal, Les Pensées, fragment Brünschwig 72. Voir Alexandre Koyré, Du Monde clos à l’univers infini, Paris, PUF, 1962.
[69] En ce sens, Cyrano ouvre la voie à Fontenelle et à ses Entretiens sur la pluralité des mondes (1686) : héliocentrisme, critique du merveilleux, foi dans la science, critique de l’anthropocentrisme. Dans De l’Origine des Fables (1684), Fontenelle imaginera un « commerce entre la terre et la lune ».
[70] L. 288-291.
[71] L. 2220-2228.
[72] Voir H. Weber, « Imagination et rationalisme, le voyage de Cyrano dans la Lune », Les Cahiers rationalistes, décembre 1957.
[73] L. 591-605.
[74] L. 3619-3665.
[75] Dans son Commentaire philosophique sur ces paroles de Jésus-Christ : « Contrains-les d’entrer » [...] (1686), II, 10, Pierre Bayle souligne, après Montaigne, l’inaptitude de l’homme à atteindre la vérité. Le point de départ de la réflexion baylienne est le compelle intrare de l’Évangile de Luc 14, 23, et donc la question de la contrainte des hérétiques, dans le prolongement de La Continuation des Pensées diverses sur la Comète (1683), qui décrit le paradoxe apparent de l’athée vertueux. Voir surtout les études de E. Labrousse sur Bayle (1963 et 1964, rééd. 1985 et 1996).
[76] L. 3282-3-3283.
[77] L. 281.
[78] L. 3613-3614.
[79] L. 3341 par exemple.
[80] Respectivement l. 3504-3505, 3592-3594, 3613-3618, 3480, 3672-3676 et 3776-3779.
[81] L. 3824-3833.
[82] Contrairement à l’Utopia de Thomas More ou au De Civitate soli de Campanella, L’Autre Monde n’offre aucun système social ou politique cohérent. Le désinvestissement du politique est peut-être une conséquence de la Fronde, qui voit le jour l’année où Cyrano rédige L’Autre Monde.
[83] Les Libertins du XVIIe siècle, éd. J. Prévot, op. cit., p. 993.
[84] Parmi les sources d’inspiration largement repérées par M. Alcover et J. Prévot, on citera Aristophane, Lucien, L’Arioste (le paradis du chant 34 de l’Orlando furioso), Sorel (le paiement avec des poèmes (l. 1511) dans le Francion ou l’inhumation (l. 3347) dans Le Berger extravagant), Godwin (l’Espagnol rappelle Gonzales dans The Man in the moone, or a Discourse of a voyage thither, 1638), Wilkins (Discovery of a New World or a Discourse tending to prove that it is probable there may be another habitable World in the Moon, 1638). La réécriture de ces emprunts et leur disposition devient une nouvelle création qui, par les déplacements qu’elle opère, n’a rien d’un copier-coller.
[85] Voir surtout Madeleine Alcover, La Pensée philosophique et scientifique de Cyrano de Bergerac, Genève, Droz, 1970, qui résume ainsi les différentes théories : existence du vide et égalité des poids des matières pour l’Espagnol (p. 40-45) ; explication du merveilleux par des sciences occultes, matérialité de toute chose et christianisme pour le démon (p. 46-57) ; matérialisme, atomisme et mécanisme pour les deux docteurs (p. 58-67) ; mortalité et corporéité de l’âme, négation de l’existence de Dieu et rejet des miracles pour le jeune homme (p. 68-76).
[86] M. Alcover (op. cit., p. 172-176) décrit pourtant une éthique basée sur un éloge de l’instinct et du naturel (avec ses conséquences : polygamie, jeunesse, sexualité, etc.) et une méthode, fondée sur le bon sens, la méfiance à l’égard des sens et la volonté de donner une explication rationnelle aux énigmes surnaturelles.
[87] Voir P. Toldo, « Les Voyages merveilleux de Cyrano de Bergerac et de Swift et leurs rapports avec l’œuvre de Rabelais », Études rabelaisiennes, IV (1906), p. 295-334 et V (1907), p. 24-44.
[88] Voir son introduction (p. XX) aux Libertins du XVIIe siècle, op. cit.
[89] Rappelons que le titre de la première édition de L’Autre Monde est Histoire comique, par Monsieur Cyrano de Bergerac. Contenant les Estats et Empires de la Lune (Paris, 1657). Par ses multiples discussions scientifiques, L’Autre Monde se distingue pourtant des autres histoires comiques.
[90] L. 3348-3355, où se mêlent les images de déchiquetage de la chair et de suffocation.
[91] La littérature classique et la psychologie moderne ont montré les liens indissolubles entre les pulsions de vie et les pulsions de mort.
[92] L. 3375-3408, récit d’un témoin (« regardant » l. 3334) d’un convoi funèbre. L’allusion voilée à la Cène me semble prouvée par le caractère religieux et solennel qui entoure la cérémonie du suicide (le jeûne, le sacrifice au soleil). Ce motif se mêle certainement à une source ethnologique puisée dans la description des rites des Massagètes (Hérodote, Histoires, I, 226).
[93] Voir Sorel, Histoire comique de Francion, op. cit., p. 200 sq. et 336 sq.
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Respectivement l. 1980 sq., 1047 et 1070-1071. Suite de la note...
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Respectivement l. 1076 sq., 1951-1952 et 2001. Suite de la note...
[31]
L. 2263. Suite de la note...
[32]
L. 1971-1972 et 2159. Bien avant le Discours à Madame de L...
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[33]
L. 1596-1599. Malgré l’allusion voilée et ludique à un rap...
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[34]
L. 850-860. Voir le Quart Livre, chap. 38, inspiré de H. C...
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[35]
L. 2576-2577. Suite de la note...
[36]
L. 2176-2177. Suite de la note...
[37]
L. 3915-3916. Élie chasse plus tôt le narrateur du paradis...
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[38]
L. 33-35 (et surtout la variante E), à opposer par exemple...
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[39]
L. 51-52. L’épisode du livre ouvert qu’il retrouve à son r...
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[40]
Voir surtout la fin, conventionnelle mais aussi satirique ...
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[41]
L. 2008-2014 et 3239-3247. Suite de la note...
[42]
L. 2551-2556. Suite de la note...
[43]
L. 2899-2900. Suite de la note...
[44]
L. 1194-1200. Suite de la note...
[45]
L. 2557-2558, par opposition à la Lune devenue le berceau ...
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[46]
L. 2329 sq. Suite de la note...
[47]
La phronesis (prudence) est chez Aristote la sagesse dans ...
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[48]
L. 56. Suite de la note...
[49]
L. 3507-3508. Suite de la note...
[50]
L. 1096-1098. Suite de la note...
[51]
L. 165. Suite de la note...
[52]
L. 2298-2299. Suite de la note...
[53]
L. 1949-1967. Suite de la note...
[54]
L. 1607-1608. Suite de la note...
[55]
L. 2154-2155. Suite de la note...
[56]
Ainsi lorsque le bruit court qu’on a trouvé deux sauvages ...
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[57]
L. 1966-1967. Suite de la note...
[58]
L. 2203-2204. Suite de la note...
[59]
L. 1974-1975. Suite de la note...
[60]
Respectivement l. 1118, 264 et 269-270. Sur l’erreur des s...
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[61]
La corruption de ce siecle où l’on empesche que la verité ...
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[62]
L. 1142-1148. On pourrait y voir une analogie avec l’attit...
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[63]
L. 2310-2311. J. Prévot voit dans le commentaire du démon ...
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[64]
le sage doit au dedans retirer son ame de la presse, et la...
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[65]
L. 300 sq. par exemple. Suite de la note...
[66]
L. 50 et 64-67. Suite de la note...
[67]
L. 250-257. Le jésuite affirme que « la Saincte Escriture ...
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[68]
Pascal, Les Pensées, fragment Brünschwig 72. Voir Alexandr...
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[69]
En ce sens, Cyrano ouvre la voie à Fontenelle et à ses Ent...
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[70]
L. 288-291. Suite de la note...
[71]
L. 2220-2228. Suite de la note...
[72]
Voir H. Weber, « Imagination et rationalisme, le voyage de...
[suite] Suite de la note...
[73]
L. 591-605. Suite de la note...
[74]
L. 3619-3665. Suite de la note...
[75]
Dans son Commentaire philosophique sur ces paroles de Jésu...
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[76]
L. 3282-3-3283. Suite de la note...
[77]
L. 281. Suite de la note...
[78]
L. 3613-3614. Suite de la note...
[79]
L. 3341 par exemple. Suite de la note...
[80]
Respectivement l. 3504-3505, 3592-3594, 3613-3618, 3480, 3...
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[81]
L. 3824-3833. Suite de la note...
[82]
Contrairement à l’Utopia de Thomas More ou au De Civitate ...
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[83]
Les Libertins du XVIIe siècle, éd. J. Prévot, op. cit., p....
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[84]
Parmi les sources d’inspiration largement repérées par M. ...
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[85]
Voir surtout Madeleine Alcover, La Pensée philosophique et...
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[86]
M. Alcover (op. cit., p. 172-176) décrit pourtant une éthi...
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[87]
Voir P. Toldo, « Les Voyages merveilleux de Cyrano de Berg...
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[88]
Voir son introduction (p. XX) aux Libertins du XVIIe siècl...
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[89]
Rappelons que le titre de la première édition de L’Autre M...
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[90]
L. 3348-3355, où se mêlent les images de déchiquetage de l...
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[91]
La littérature classique et la psychologie moderne ont mon...
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[92]
L. 3375-3408, récit d’un témoin (« regardant » l. 3334) d’...
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[93]
Voir Sorel, Histoire comique de Francion, op. cit., p. 200...
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