2001
XVIIe siècle
Entrée royale et idéologie urbaine au XVIIe siècle
Jean-Marie Apostolodès
Stanford University.
Louis XIV fait son entrée à Paris le jeudi 26 août 1660 ; c’est une occasion pour présenter au pays la reine Marie-Thérèse qu’il vient d’épouser et que les Français ne connaissent pas. Mazarin a voulu que cette entrée revête un éclat particulier ; le contexte politique s’y prête et le premier ministre a peut-être secrètement souhaité que le triomphe du roi soit aussi le sien. Cependant, au-delà du motif officiel, on peut lire à travers ce cérémonial les principales caractéristiques de l’idéologie urbaine, telle qu’elle se transforme sous la monarchie absolue. En ce sens, l’entrée royale constitue un révélateur, au sens chimique du mot, de ce qui est implicite dans le quotidien. La fête s’oppose à la vie quotidienne en ce qu’elle rend visible des mutations qui ne seraient que senties sans la mise en scène de cette image qui leur donne un caractère irréfutable.
L’entrée royale, comme la majeure partie des productions intellectuelles et artistiques du XVIIe siècle, est le fruit du travail d’un type d’homme nouveau, que je nommerai le Serviteur. Il s’oppose en tous points à la fois au Féodal, qui est une survivance désuette de la société médiévale, et au Courtisan, dont l’apparition est liée au développement de l’absolutisme. Le Serviteur n’est pas un bourgeois, au sens marxiste du mot, mais il en constitue la préfiguration. C’est un type d’homme qui fonde son rapport au monde à la fois sur une culture universelle et sur une pratique sociale qui vise à la transformation de la nature. On retrouve ces deux éléments dans l’entrée de Louis XIV à Paris, mais pour mieux en comprendre les caractéristiques, il me faut d’abord définir le Serviteur avec plus de précision.
LE SERVITEUR ET LE COURTISAN
À l’origine, le Serviteur est le servus, l’esclave, le serf. La famille de mots à laquelle appartient ce terme définit le vaste domaine de ses responsabilités et de ses compétences. On y trouve d’abord le verbe servir, qui a de multiples significations. S’il n’est pas toujours en servage, le Serviteur est du moins en service, ou au service de quelqu’un. Servant ou servante, il essaye d’être serviable, malgré le caractère parfois servile de sa fonction. Cela ne veut pas dire qu’il l’accomplit servilement, avec servilité. De la racine serf, dérive, outre servage, asservir et asservissement. Si le tronc commun s’enrichit encore d’un serveur au XIXe siècle, d’autres dérivés indiquent les différentes tâches du Serviteur : serviette, desservir, dessert, desserte. Au-delà de l’argent, c’est le caractère matériel, manuel même, de la tâche à accomplir que soulignent la plupart de ces mots. À l’origine, le Serviteur est une main ; c’est l’individu d’un projet, qui travaille dans la dimension matérielle de l’existence. Cela lui ouvre un champ immense d’applications, qui s’agrandira davantage lorsque, renonçant à la servitude volontaire, il choisira la révolte et la liberté.
Si le domaine du Courtisan est borné par le regard du roi qui en contrôle les déplacements, celui du Serviteur est théoriquement sans limite. Il va de la simple aide domestique à la fondation de manufactures, au commerce ou à l’invention scientifique. Le Serviteur est l’incarnation moderne du personnage de Dédale, à la fois architecte et ingénieur. Sous le terme de Serviteur, nous englobons une multitude d’activités, des plus humbles aux plus prestigieuses, et qui se développent à partir du XVII
e siècle. La division sociale du travail les multipliera pendant tout l’Ancien Régime, préparant l’avènement de la société industrielle. Ce n’est cependant pas la dimension matérielle du travail du Serviteur qui retiendra mon attention, ni sa
technè, mais les caractéristiques communes, sociales et mentales, qu’on retrouve chez la plupart d’entre eux, de l’artisan jusqu’au directeur de manufacture. Par Serviteur, j’entends aussi l’homme à projets de l’Ancien Régime, celui qui vise à transformer le monde en se confrontant à la résistance de la matière et à celle de son environnement social. Le Serviteur connaît la limite de ses possibilités, en même temps qu’il cherche sans cesse à en reculer les bornes. S’il est, au même titre que le Courtisan, un individu identitaire
[1], il échappe à la fixité et à la fermeture qui caractérisent ce dernier. Il vit dans l’histoire, c’est-à-dire dans l’instabilité et le provisoire. Il est moins un fondateur qu’un homme de l’échange. Il veut tout faire circuler, des idées aux marchandises, des humains aux
œuvres d’art. Rien n’est permanent à ses yeux, rien n’est sacré ici-bas. S’il veut bien admettre l’existence de Dieu, il refuse la fixité d’un ordre dans lequel la divinité s’incarnerait. Le Serviteur a été mis sur terre pour maîtriser la nature et transformer la matière ; en s’attelant à cette tâche, il méritera le paradis.
Alors que le Féodal se caractérisait par l’être, et le Courtisan par le paraître, le Serviteur vit dans le domaine du faire. Il veut se faire tout en refaisant le monde à son image. Sur la longue durée, on perçoit qu’il est aussi l’homme de l’avoir, non seulement un accumulateur mais celui qui définit tout en termes de quantité. Bien qu’il appartienne, comme le Courtisan, à la société identitaire, la frontière qui les sépare est celle qui oppose une approche qualitative de l’existence à une approche quantitative. Le Serviteur est un individu qui pèse, qui compte, qui mesure, qui évalue, qui sépare, qui donne un prix à toute chose. La réduction à l’identité est ainsi une condition sine qua non de la mise en place d’un système d’équivalences, qui trouve ses applications autant dans la science que dans l’échange des marchandises.
Au XVII
e siècle, la ville est le lieu « naturel » du Serviteur. Plus il s’éloigne de la terre que travaillaient ses ancêtres, plus il a l’impression de s’élever dans la hiérarchie urbaine : « On s’élève à la ville dans une indifférence grossière des choses rurales et champêtres », affirme La Bruyère, qui déplore un tel état de choses
[2]. Dans
Les Caractères, cet auteur épingle les bourgeois qui « ignorent la nature, ses commencements, ses progrès, ses dons et ses largesses. Leur ignorance souvent est volontaire, et fondée sur l’estime qu’ils ont pour leur profession et pour leurs talents »
[3]. Alors qu’à la campagne, l’individu se trouve pris dans un tissu de solidarités et de contraintes dont il ne peut se dépêtrer, la ville favorise le changement de rôle. D’un quartier à l’autre, le Serviteur endosse une défroque nouvelle car il se trouve dans une
situation différente. Il est tour à tour ami, marchand, badaud, acheteur, membre d’une communauté religieuse, père de famille, amant, soldat, etc. Il vit les différents instants de son existence comme autant d’épisodes sur la scène d’un vaste théâtre dont la ville forme le décor. À Paris, l’atmosphère même des quartiers change, selon que l’on est au Louvre, place Maubert ou bien place Royale. Certains quartiers sont dévolus au travail : la place Maubert pour le marché, la Cité pour les activités juridiques, la vallée de la Bièvre pour les tanneries et les teintures du textile, le Quartier Latin pour les écoles et les librairies, etc. D’autres sont consacrés à l’habitat et d’autres au divertissement. Ainsi en va-t-il du Mail de l’Arsenal, terrain de jeu que fréquentent au XVII
e siècle les artisans et le peuple
[4]. Paris se présente alors comme un assemblage de communautés différentes, habitant des lieux séparés les uns des autres, avec des voies de passage entre elles. Chaque quartier possède ses valeurs et ses signes de reconnaissance : « La ville est partagée, dit encore La Bruyère, en diverses sociétés, qui sont comme autant de petites républiques, qui ont leurs lois, leurs usages, leur jargon, et leurs mots pour rire »
[5]. Le Serviteur crée des systèmes de passage d’un quartier à l’autre ; pour lui, le caractère des quartiers est accidentel. Dans la mesure où une unité d’habitation est davantage un lieu de transition qu’un lieu d’enracinement, les modes qui y règnent changent rapidement.
Au XVII
e siècle, le pouvoir monarchique va profiter de la mobilité urbaine pour instaurer des lieux nouveaux où Serviteur et Courtisan pourront cohabiter. Pendant le règne d’Henri IV, on aménage la place Dauphine et la place Royale, toutes deux destinées à accueillir une population diversifiée. Un autre projet, celui de la place de France, devait couronner le tout. Faute de crédits, il ne put être mené à bien. Il mérite néanmoins d’être rappelé car il illustre parfaitement la volonté royale de construire l’unité nationale en mêlant les caractéristiques des provinces françaises. Située « ès maret du Temple », cette place semi-circulaire devait avoir un diamètre de cent soixante mètres. Fermée par un rempart, on y aurait accédé de l’extérieur de la ville par un pont surmonté d’un arc de triomphe. Formée par sept imposantes constructions uniformes, les sept pavillons du Grand Conseil, avec galerie au rez-de-chaussée, la place aurait marqué le point d’aboutissement de huit avenues dans Paris, larges de douze mètres et bordées de maisons semblables, portant chacune le nom d’une province française
[6].
Si le Serviteur tente d’ouvrir l’espace urbain et de multiplier les voies de passage, le Courtisan cherche au contraire à fermer ses lieux d’habitation et de divertissement. C’est le signe de son rapport défensif au monde qu’il vit comme menaçant ses privilèges. On le constate dans le fonctionnement du Cours-la-Reine, un des lieux de rencontre de l’aristocratie urbaine pendant le XVIIe siècle. Il se présente comme une promenade, ou une piste, longue de mille cinq cents mètres, formée de quatre rangées d’ormes qui délimitent une allée médiane et, de chaque côté, une contre-allée de dix mètres de large. Cette arène, bordée d’un côté par la Seine, est fermée à l’autre extrémité par une grille que surveille un portier. Dans ce lieu clos, les Courtisans se donnent en représentation l’un à l’autre, s’assurant ainsi de leur identité réciproque. Les différences reposent sur d’infimes signes qu’ils sont seuls à percevoir. Dans ce rituel à la fois grandiose et dérisoire, ils se distinguent du reste de la population, en arborant le masque qui les désigne comme membres d’une caste privilégiée. La Bruyère a bien perçu le jeu de contrôle social qui se joue à cette occasion, et qui consiste à surveiller la soumission de chacun aux exigences de l’étiquette :
L’on se donne à Paris, sans se parler, comme un rendez-vous public, mais fort exact, tous les soirs, au cours ou aux Tuileries, pour se regarder au visage et se désapprouver les uns les autres. [...] L’on s’attend au passage réciproquement dans une promenade publique ; l’on y passe en revue l’un devant l’autre : carrosse, chevaux, livrées, armoiries, rien n’échappe aux yeux, tout est curieusement ou malignement observé ; et selon le plus ou le moins de l’équipage, ou l’on respecte les personnes, ou on les dédaigne. [7]
Le Courtisan tente pareillement de clore son espace d’habitation. Il espère ainsi empêcher le Serviteur d’occuper des lieux où sa présence déferait la hiérarchie traditionnelle. D’après les projets de Sully, la construction de la place Royale devait permettre d’abriter des industries de luxe avec leurs ouvriers. De son côté, Henri IV souhaitait ouvrir le lieu à un public plus diversifié et rêvait d’en faire un « proumenoir aux habitants ». Malgré les intentions, réelles ou supposées, du roi et de son ministre, le lieu est peu à peu investi par l’aristocratie qui le transforme en endroit chic
[8]. Il en va de même pour l’ensemble du Marais, quartier où se réfugient de nombreux membres de la noblesse traditionnelle. Les hôtels particuliers s’y multiplient sous Louis XIII. Dissimulés par de hauts murs, ils sont bâtis pour créer une coupure avec l’environnement immédiat. Par ailleurs, ils favorisent à l’intérieur la vie communautaire. Forteresses pour ceux qui en sont exclus, ces hôtels obligent leurs résidents à participer à la vie collective : les enfilades de pièces non spécialisées fonctionnellement (elles sont à la fois des salons, des salles-à-manger et des chambres) préviennent l’intimité. Elles interdisent de fait la privatisation de la vie quotidienne, phénomène qui caractérise l’existence du Serviteur. Chaque hôtel aristocratique reproduit le modèle de la cour, avec ses habitués, ses favoris, ses domestiques et ses bouffons. Le maître de maison s’y conduit comme le monarque de céans.
La fermeture du Marais révèle à la fois la distance culturelle que les Courtisans marquent à l’égard du peuple et la mentalité d’assiégés qu’ils développent face aux valeurs et aux comportements du Serviteur. Dès 1621, le Parlement ordonne d’établir une « barrière de sergents », c’est-à-dire un poste de police, aux principaux carrefours qui mènent au Marais, afin de filtrer ceux qui y accèdent. En 1626, les habitants exigent que la municipalité pourvoie à leur sécurité. On décide alors de tendre des chaînes la nuit dans chaque rue qui conduit au quartier. Dix ans plus tard, la population réclame l’autorisation d’élire les officiers d’une compagnie, pour doubler celle qui garde la porte Saint-Antoine, jugée trop peu nombreuse. Il s’agit de multiplier les effectifs de police veillant à la sécurité des habitants. La construction de nouveaux hôtels particuliers entraîne en effet une recrudescence de pauvres, de sans-logis, de mendiants et de mauvais garçons
[9]. La richesse des habitants suscite mendicité et prostitution, sans compter les multiples manifestations d’hostilité qui témoignent de la tension entre possédants et laissés-pour-compte. Chaque jour il se commet au Marais plusieurs « désordres », vols, bagarres, règlements de compte, attaques de passants isolés par des groupes armés, etc. Une ordonnance de police, en date du 4 janvier 1656, fait « défense à toutes filles et femmes de mauvaise vie, laquais, fainéants et vagabonds, et autres personnes, de se retirer sous les galeries de la place Royale, rempart et porte Saint-Antoine, ni de s’y assembler, donner rendez-vous, ni s’y arrêter [...] sous pretexte de jeux de quilles, brelans », et d’y « commettre aucunes actions deshonnêtes »
[10]. Sous Louis XIV, malgré l’éclairage des rues et la réorganisation de la police par La Reynie, ces mesures ne suffisent pas. En 1682, l’accès de la place Royale et de son jardin sont strictement limités. Les barrières de bois sont remplacées par des grilles ; le terrain de jeu se change en un jardin bien entretenu ; l’endroit se transforme en espace clos où, comme le rappelle un contemporain, « personne n’entrera, que ceux des maisons de la place qui en auront la clé »
[11].
Seuls les représentants les plus puissants du groupe des Serviteurs, les financiers, parviendront à contrecarrer les tendances à la fermeture de l’aristocratie urbaine. Les « partisans », comme on les nomme à l’époque, se multiplient dans la dernière décennie du XVIIe siècle ; comme signe de leur réussite, ils souhaitent posséder leur quartier général. En 1699, le monarque offre à l’Hôtel de Ville un terrain à bâtir, celui de l’actuelle place Vendôme. Louis XIV veut encourager le développement de nouveaux quartiers d’habitation accessibles aux fortunes moyennes. Mais l’emplacement fait l’objet de spéculations, et la municipalité de Paris cède les places à des financiers enrichis :
La Ville, pour se dédommager des frais excessifs qu’elle a été obligée de faire dans cette occasion, a vendu les places de l’Hôtel de Vendôme à plusieurs riches particuliers, à qui la fortune dans ces dernières années de guerre a procuré les facultés de se loger en grands seigneurs et en gens d’importance. [12]
Ainsi, la ville du XVIIe siècle constitue l’enjeu de la rivalité entre Courtisan et Serviteur. Le premier tente d’y recréer son habitat traditionnel. Il cherche à s’y enraciner d’une façon permanente, comme les Féodaux jadis s’installaient sur une terre dont ils prenaient le nom. Pendant le Grand Siècle, le projet de fermeture de l’espace semble aboutir, dans le quartier du Marais du moins, dont les hôtels particuliers se présentent comme autant de forteresses. La victoire du Courtisan sera néanmoins de courte durée. Au XVIIIe siècle, le Serviteur exigera l’ouverture des espaces afin de faciliter la circulation des êtres humains, des idées et des marchandises. La ville deviendra alors le lieu même de la circulation dont il sera le nouveau maître.
L’ENTRÉE ROYALE ET L’IDÉOLOGIE CULTURELLE DU SERVITEUR
Je voudrais revenir à l’entrée solennelle de Louis XIV pour montrer comment elle est l’expression des pratiques urbaines en même temps qu’elle permet d’inscrire dans ses monuments l’idéologie du Serviteur, que la monarchie fait sienne, afin de contrebalancer le pouvoir du deuxième ordre.
La conjoncture diplomatique est telle qu’en cette année 1660 la paix semble rétablie en Europe. À l’intérieur du royaume de France, les Frondes ont été vaincues par le pouvoir monarchique, longtemps affaibli par ces diverses révolutions. On ne redira jamais assez la hantise des révoltes qu’en ont conservée le roi et son entourage, la crainte d’un retour du chaos qui a longtemps après ces événements dominé les esprits. En politique extérieure, grâce à l’activité politique de Mazarin, la France et l’Espagne se sont réconciliées. Le traité des Pyrénées (1659) met fin aux hostilités entre les deux puissances et entérine de fait la suprématie française. Luis de Haro et le Cardinal ont conclu l’accord par lequel Philippe IV cède au monarque français l’Artois et le Roussillon. Il est en outre stipulé que Louis XIV épousera la fille aînée de Philippe IV, l’infante Marie-Thérèse, qui renonce à ses droits sur la couronne d’Espagne, moyennant une dot de cinq cents mille écus d’or. L’Espagne, financièrement épuisée, ne pourra pas payer la somme, et l’on sait les conséquences qu’aura cette affaire de succession dans la politique louis-quatorzienne. Mais pour l’instant on ne songe qu’à célébrer la paix en Europe : la France vient de jouer un rôle de médiatrice dans le traité d’Oliva (3 mai 1660) qui termine les hostilités entre la Suède et la Pologne, et celui de Copenhague (10 juin 1660) entre la Suède et le Danemark. Enfin, la monarchie est maintenant restaurée en Angleterre, puisqu’après la mort de Cromwell le général Monk a négocié le retour de Charles II sur le trône de ses ancêtres. Une impression générale de paix domine la classe politique, et donc les populations urbaines.
Nous savons que le Serviteur utilise un système complexe de signes pour se reconnaître comme membre d’une élite cultivée. Ce système de signes, ce code si l’on préfère, c’est celui de la romanité, remis à la mode depuis la Renaissance. C’est à travers cette idée de la romanité, c’est en tant qu’héritier de l’imperium romanum que le Serviteur va se penser comme le dépositaire d’une tradition dont il a besoin pour faire sa marque dans la ville. Ce nouveau code de savoir succède au système des allégories médiévales au moment de la Renaissance ; il permet la mutation de l’Entrée royale qui devient un spectacle différent.
Au XV
e siècle, l’entrée solennelle s’était enrichie de plusieurs éléments empruntés aux représentations populaires. Au monarque accueilli dans la cité on offrait des spectacles chargés de traduire un message de caractère à la fois politique et religieux. C’étaient, par exemple, des mystères mettant en scène des épisodes des deux Testaments ; parfois encore, des tableaux vivants où des acteurs muets représentaient des scènes de l’histoire de France. Lorsque Charles VIII fait son entrée à Reims en 1484, parmi d’autres spectacles, on voyait le couronnement de Pharamond, entre le baptême de Clovis et un tableau montrant le toucher des écrouelles
[13]. Des arbres généalogiques, des allégories mimées faisant allusion à la situation politique figurent également, depuis que l’entrée d’Isabeau de Bavière en 1389 en avait fondé la tradition
[14].
À la Renaissance, on observe plusieurs modifications dans les entrées où je me plais à voir l’influence du Serviteur. C’est d’abord tout le savoir médiéval qui est éliminé au profit d’allégories antiquisantes. Franc-Vouloir (la France) et Sûre-Alliance (la Bretagne), qu’on avait vus sur les tréteaux en 1486 lors du mariage de Charles VIII avec Anne de Bretagne, cèdent désormais le devant de la scène à Mars et Bellone, enchaînés par l’Amour. Le triomphe se laïcise et se romanise : Hercule et Jupiter prennent la place du roi David
[15].
L’entrée solennelle évolue également dans ses techniques : à partir de la Renaissance, ce ne sont plus des formes « populaires » (tableaux vivants) qui disent l’histoire du roi, mais des arts urbains comme la peinture. Les thèmes des arcs de triomphe sont commandés par des intellectuels au service du monarque ; à la place des artisans locaux, on fait appel à des artistes reconnus qui travaillent pour la ville. Si Marot et Ronsard participent aux entrées du XVI
e siècle, Noblet, architecte et maître d’
œuvre de la ville, et Meslin qui le seconde, prennent en charge le triomphe offert à Louis XIV. Ils s’assurent la collaboration des artistes les plus prestigieux du temps, Charles Le Brun, les frères Beaubrun, auxquels se joignent les peintres Person, Francar, Lhomme et Bacot. On trouve aussi dans la liste des exécutants les peintres Dorigny et Tortebat qui sont chargés de certains arcs de triomphe. Les inscriptions latines sont confiées aux sieurs Petré père et fils, « connus dans la France pour de véritables maîtres dans les nettes et parfaites écritures », selon une relation du temps
[16]. À ces artistes, il faut ajouter le jésuite Cossart, qui prend un rôle essentiel dans la préparation de l’entrée, puisqu’il lui donne en quelque sorte son unité intellectuelle. Il est de plus responsable des inscriptions latines et des devises en français qu’on peut lire sur les monuments
[17].
Les artistes urbains prennent donc la place des anciens notables dans les spectacles monarchiques, car ils sont vus comme des professionnels, tendance que renforcera sous Louis XIII et Louis XIV la création des Académies. Ils apportent avec eux le nouveau code de savoir – la romanité –, à travers lequel l’État définit et comprend son action. Lors de l’entrée royale, il s’agit de redonner une image du triomphe romain, telle qu’elle a été transmise à travers les fresques de Mantegna ou les Triomphes de Pétrarque. Cette tentative d’établir une filiation spectaculaire entre la Rome antique et la France de Louis XIV est particulièrement nette chez le père Ménestrier, Serviteur typique et grand théoricien des spectacles du XVII
e siècle. L’érudit jésuite lyonnais se plaît à souligner l’étroit parallélisme entre la marche des soldats romains victorieux et la coutume qu’ont les bourgeois français de défiler en armes ; pour lui, la marche des sacrificateurs conduisant les victimes au lieu de l’immolation a engendré la procession du clergé sous les bannières ; et c’est parce que les triomphateurs se rendaient au temple de Jupiter Capitolin pour y déposer les dépouilles des vaincus qu’aujourd’hui les monarques français s’arrêtent dans les églises et y font porter les drapeaux gagnés dans les batailles, qu’on attache aux voûtes « comme des dépouilles consacrées au Dieu des armées »
[18].
En dépit des intentions affichées par les théoriciens de l’entrée royale au XVII
e siècle, l’identification de celle-ci au triomphe romain nous pose aujourd’hui des problèmes. En effet, toute la charge négative que comportait le cérémonial antique est éradiquée par le Serviteur qui ne supporte pas l’expression de l’ambiguïté ni le mélange des genres. Par exemple, dans la Rome ancienne à la phase étatique, le vainqueur était tourné en dérision au même titre qu’il était honoré ; « noblesse » et « grossièreté » voisinaient dans les mêmes cérémonies. Que ce soit pendant le triomphe ou lors des funérailles, l’individu était à la fois honoré et ridiculisé, pleuré et moqué
[19]. Sous Louis XIV, tout l’aspect ambigu du triomphe romain est éliminé, ainsi que les éléments de la culture populaire qui subsistaient des entrées médiévales. Michel de Pure, autre théoricien bien connu, en énonce clairement le principe ; il conseille au poète chargé de l’élaboration d’un spectacle de « rejeter absolument toute sorte de sujets qui laissent ou qui conduisent à de sales idées ; de bannir de son esprit toute sorte de dessein ambigu, qui puisse souffrir quelque interprétation profane et licencieuse, et qui même force à penser ce que la bienséance a forcé de taire »
[20].
Cet « oubli » de l’ambiguïté du triomphe romain s’explique par la situation particulière du Serviteur, par son attachement à la ville. Il se définit en effet à la fois en opposition à la paysannerie et au milieu populaire d’où il est issu. À partir de sa situation présente, il invente une histoire romaine dans laquelle il aime se reconnaître et où il prétend prendre ses racines. L’ambiguïté ne permet pas l’identité qui est sa caractéristique psycho-sociale profonde.
La ville est le lieu des échanges, échanges de mots (les différents niveaux de langue se confrontent les uns aux autres), échanges des signes de culture, échanges de marchandises. Dans un tel contexte, il n’est pas étonnant que l’Entrée royale prenne l’apparence d’une exhibition de richesses, tant du côté des habitants qui rivalisent pour manifester leur avoir, que du côté de ceux qui défilent. Pour nous en tenir à ces derniers, prenons l’exemple du train de Mazarin, le plus imposant après celui du roi, et qu’on remarque dans le cortège du 26 août 1660. Une relation de l’époque nous apprend qu’il se composait ainsi :
Vingt-quatre mulets chargés de bagages, parés de housses rouges, avec les armes de Monsieur le Cardinal, relevées seulement de soie, précédés de quelques trompettes ; vingt-quatre autres marchaient en queue, parés de housses de haute lisse, relevées de fil d’or et de soie, avec les mêmes armes ; et vingt-quatre autres encore [...]. Ensuite marchaient vingt-quatre pages de Son Éminence, tous richement vêtus [...]. Après suivaient douze chevaux de main, conduits par des palfreniers, parés de housses de velours rouge, rehaussées de broderie d’or et d’argent ; et ensuite roulaient douze carrosses de Son Éminence, tirés par six chevaux, sa calèche dorée, attelée de huit chevaux marquetés de taches rouges sur leur poil blanc. La maison de Monsieur le Cardinal finissait par la compagnie de ses gardes, avec leurs officiers, tous à cheval et bien montés. [21]
Dans le train du Cardinal, les pages, les chevaux ou les objets d’art exposés aux yeux de la foule ne le sont pas en raison de leur valeur d’usage ; ils défilent comme signes des possessions de Mazarin, comme manifestation ostentatoire de sa puissance. Hommes ou bêtes n’ont plus alors de fonction spécifique, car ils sont équivalents. Entièrement réifiés, ils rendent visible une équivalence abstraite, celle de l’or que possède le premier ministre. Ils ont tous ce vernis spectaculaire, cet éclat où la pourpre cardinalice s’allie à l’or de la marchandise, qui les rend à proprement parler « inconsommables », c’est-à-dire sans valeur d’usage. Objets de luxe, chevaux ou humains s’équivalent abstraitement aux yeux de la raison marchande.
L’étalage des possessions du roi ou de son ministre n’est qu’une exhibition quantitative de leur pouvoir : si Mazarin fait défiler ses chevaux, ses mulets et ses larbins par groupes de vingt-quatre, le roi fait défiler les siens par groupes de trente. De plus, le monarque ajoute à son cortège sa conquête la plus précieuse, la reine, dont le vêtement couvert de pierreries et de diamants manifeste également la transformation en signe de la richesse du roi de France : en épousant l’infante Marie-Thérèse, Louis XIV annexe une partie de l’or espagnol.
Si la richesse ne fonde pas encore la hiérarchie sociale, du moins la donne-t-elle à voir : Louis XIV, premier personnage de l’État, est également celui qui exhibe le plus de signes de fortune, en se faisant précéder d’un équipage plus somptueux que celui de son ministre. Contrairement à Foucquet, Mazarin était un diplomate trop fin pour se permettre d’étaler davantage de signes de puissance que son jeune maître, même si la réalité du pouvoir reposait alors plus entre les mains du ministre que celles du roi.
L’ENTRÉE ROYALE ET LE PAYSAGE URBAIN
La cérémonie monarchique sert enfin de prétexte aux élites urbaines pour remodeler le paysage de la ville en fonction de leur conception particulière. Le Serviteur souhaite substituer à une ville dans laquelle sont inscrites des marques de féodalité une autre ville, qui manifeste la culture de la romanité. Ainsi, pour que le cortège monarchique ait plus facilement accès à la place Royale, un arrêté est pris le 15 mars 1660 par lequel on ordonne d’abattre les anciennes maisons de la rue Neuve-Sainte-Catherine (aujourd’hui rue des Francs-Bourgeois). Bien avant le baron Haussmann, la municipalité de Paris a remplacé les venelles tortueuses du Paris médiéval par des rues plus larges, mieux dessinées. Un arrêté du 18 août 1660 oblige aussi les habitants de la rue du Faubourg-Saint-Antoine à arroser le pas de leur porte et à jeter de l’eau dans la rue des 23, 24 et 25 août 1660
[22]. Par d’autres ordonnances, le prévôt des marchands Alexandre de Sève demande qu’on fasse disparaître toute trace « commune » sur le passage du cortège ; les commerçants reçoivent l’ordre d’ôter les enseignes des boutiques, les étaux des échoppes ; ils doivent abattre les auvents, particulièrement sur le pont Notre-Dame qui, ce jour-là, ne doit présenter que des signes de la culture supérieure.
Le défilé passe dans tous les lieux de Paris nouvellement reconstruits par la municipalité, de la place Royale à la place Dauphine, sans omettre celle de l’Hôtel de Ville. Comme la capitale ne peut pas être entièrement rebâtie pour cette occasion, les habitants sont invités à la couvrir d’
œuvres d’art répondant au décor éphémère installé par la Ville. Sur le passage du cortège, les fenêtres sont tapissées de part et d’autre de la rue, et les particuliers peuvent rivaliser d’ingéniosité dans la décoration de leur demeure, « soit avec des flambeaux, lanternes, lampes, peintures et tableaux, pour arrêter les yeux du peuple »
[23]. Il s’agit de réaliser au maximum cette ville géométrique que le Serviteur imagine dans son rêve d’absolutisme.
Ce qui est donné à voir ainsi que la manière de le voir se coupe définitivement de ce qu’on appellera plus tard « la culture populaire ». Il s’agit de créer deux mondes qui cohabitent sans se pénétrer, deux cultures dont l’une tend à conquérir l’espace urbain en rejetant l’autre dans les marges. Depuis la Renaissance, les bruyantes manifestations du peuple ne sont plus tolérées en ville ; on les associe à des émeutes et on les réprime comme telles. Les contre-processions parodiques sont interdites comme sacrilèges ; se moquer des gens en place ou de la personne royale relève du crime de lèse-majesté. Loin d’être une occasion de joie débridée, l’entrée devient la grande fête du sérieux et de la vérité officielle. L’aspect dissolvant du rire est désamorcé pour faire place à une joie contrôlée, raisonnable : « Quelque empressée qu’elle soit dans ses saillies, elle n’est jamais déréglée [...], écrit le père Ménestrier. Elle ne fait rien qui soit indigne de sa naissance, et aucune des passions n’approche plus de la raison que celle-ci, puisque le rire qu’elle exprime nous fait connaître raisonnable »
[24].
Le code de savoir à travers lequel le Serviteur comprend son action exclut désormais toute connaissance étrangère à celle de la raison. Les exclus de la culture sont dénigrés à la fois dans leur être et dans leur manière d’être. Lorsqu’ils sont en contact avec cette culture nouvelle, leur appropriation ne peut se faire que sur le mode parodique. Lors de l’entrée de Louis XIV, plusieurs feuilles volantes sont distribuées dans la capitale, qui relatent « la conférence de Janot et de Piarot Doucet, de Villenoze, et de Jacot Pacquet de Pantin, sur les grandes magnificences qu’on prépare à Paris pour l’entrée de la Reine »
[25]. Ces gazettes à la main contiennent des dialogues entre des paysans illettrés, rapportant dans leur village les merveilles de la grande ville, le jour de l’entrée royale. Mais ces textes ne sont pas destinés aux basses couches sociales ; ce sont des divertissements grâce auxquels le Serviteur prend la mesure de sa supériorité sur le paysan dont il se moque et dont il souligne le parler grossier et les manières rustaudes. Janot et Piarot Doucet n’ont rien compris à ce qu’ils ont vus ; tout ce qu’ils ont aperçu est interprété à contre sens ; les mots sont écorchés et la magnifique entrée du Prince est réduite dans leur bouche à une manifestation campagnarde. Les culs-terreux sont décidément indécrottables !
L’entrée royale au XVII
e siècle me paraît un spectacle dont la finalité première est la création d’une image unifiant le monarque à l’élite urbaine. Ils s’unissent autour d’un programme qui mêle le politique à l’économique, et le culturel au social. Si le roi reçoit en cette occasion la soumission de ses sujets, ceux-ci n’en attendent pas moins un bénéfice en retour. La paix des Pyrénées va permettre la reprise des échanges commerciaux entre la France et l’Espagne. Dans un tableau accroché au-dessus de la porte Saint-Antoine, on voit des bourgeois à genoux recevoir des fleurs qui sortent d’une corne d’abondance. L’allégorie est claire, qui est reprise dans un arc de triomphe consacré au commerce extérieur. L’entrée royale permet également une prise de conscience de la ville comme telle. Sous la diversité des couches sociales l’unité se fait, au niveau de la conscience, par la participation collective à cet événement préparé pendant un an. Elle constitue aussi un banc d’essai pour des réalisations architecturales « en dur » que la municipalité fera construire en souvenir de la fête. Michel de Pure avait souhaité « qu’on observât cette coutume des Romains d’ériger des arcs triomphaux solides et durables, pour y conserver contre les temps le souvenir des belles actions et du mérite des héros »
[26]. Répondant à son v
œu, le décor de bois et de toile de l’Entrée de Louis XIV est remplacé par la pierre ; dix ans après la cérémonie, le 10 août 1670, on pose la première pierre d’un arc de triomphe situé à l’emplacement du Haut-Dais où le roi avait reçu les hommages de la Ville
[27]. Enfin, dans la mesure où l’Entrée exprime les valeurs du Serviteur, son esthétique de la totalité, sa rationalité et son sens du spectacle, elle permet de passer d’une conception magique de la ville à une conception rationnelle et politique.
[1]
Cf. J.-M. Apostolidès, « L’ordre identitaire classique », dans
Ordre et contestation au temps des classiques, Biblio 17, 1997, t. I, p. 11-31.
[2]
La Bruyère,
Les Caractères, éd. Garnier, Paris, 1962, p. 218.
[3]
Ibid.., p. 218.
[4]
Le mail est un jeu qui s’apparente au croquet. Le même nom est utilisé pour désigner l’endroit où on y joue.
[5]
La Bruyère, éd. citée, p. 207.
[6]
Marcel Poète,
La promenade à Paris au XVII e siècle, A. Colin, Paris, 1913, p. 56-57.
[7]
La Bruyère,
Les Caractères, éd. citée, p. 206.
[8]
Marcel Poète,
op. cit., p. 66.
[9]
Le Marais possède alors sa cour des miracles, qui commence rue des Poulies.
[10]
Cité par Marcel Poète, p. 62.
[11]
Le Maire,
Paris ancien et nouveau, Paris, 1685, cité par Marcel Poète, p. 69.
[12]
Germain Brice,
Description de la ville de Paris, F. Fournier, Paris, 1713, 3 vol. Cf. t. I, p. 205.
[13]
Godefroy (Denis et Théodore),
Le cérémonial français, Paris, 1649, 2 vol. Cf. t. I, p. 184.
[14]
Chartrou (Josèphe),
Les entrées solennelles et triomphales à la Renaissance (1484-1551), Paris, PUF, 1928, p. 29.
[15]
Nous ne décrirons pas en détail l’entrée royale de Louis XIV, afin de ne pas faire double emploi avec un article que nous lui avons déjà consacré : « L’Entrée royale de Louis XIV », dans
L’Esprit créateur, vol. XXV, n
o 1, Spring 1985, p. 21-31.
[16]
Description de tous les tableaux, peintures, dorures [...] pour l’entrée triomphante de leurs majestés, Paris, J. B. Loyson, 1660, non paginé, BNF, LB37 3369.
[17]
Il a laissé de la cérémonie une description en vers burlesques. Cf. Cossart (Gabriel),
La magnifique entrée du roi et de la reine en leur bonne ville de Paris, Paris, 1660, BNF, Ye 2402.
[18]
Ménestrier (C.-F.),
Décorations faites dans la ville de Grenoble pour la réception de Mgr le duc de Bourgogne, Grenoble, 1701, p. 5.
[19]
Bakhtine (Mikhail),
L’œuvre de François Rabelais et la culture populaire au Moyen Âge et sous la Renaissance, Paris, Gallimard, 1970, p. 14, 79 (n. 1) et 108-109.
[20]
Pure (abbé Michel de),
Idée des spectacles anciens et nouveaux, Paris, 1668, p. 220.
[21]
Père Anselme,
Le Palais de l’Honneur et de la Gloire, Paris, 1663, p. 224-225.
[22]
Registres du Bureau de la Ville, Archives nationales, H-1815, ff. 223
sq.
[23]
Colletet (François),
Ordre général et particulier de la marche qui doit être observé pour l’entrée de Leurs Majestés, Paris, E. Loyson, 1660, non paginé, BNF, LB37 3364.
[24]
Ménestrier (C.-F.),
Avis nécessaire pour la conduite des feux d’artifice, Lyon, 1660, p. 4.
[25]
La conférence de Janot et de Piarot Doucet, de Villenoze, et de Jacot Pacquet de Pantin, sur les grandes magnificences qu’on prépare à Paris pour l’entrée de la Reine, Paris, 1660, BNF, LB37 3389.
[26]
M. de Pure,
Idée des spectacles, p. 206.
[27]
Germain Brice,
Description de la ville de Paris, édition de 1684, t. II, p. 90.