Dix-septième siècle
P.U.F.

I.S.B.N.9782130518853
200 pages

p. 699 à 712
doi: 10.3917/dss.014.0699

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Varia

n° 213 2001/4

2001 XVIIe siècle Varia

Les Devises tirées de l’Écriture et La Passion de Mr Fouquet  [1], deux exercices de style des partisans du surintendant

Marie-Françoise Baverel-Croissant CNRS/UMR 5037.
« L’affaire Fouquet » fit naître nombre d’œuvres, de qualité très inégale, courtes pour la plupart – il faut, bien sûr, mettre à part la monumentale Innocence persécutée – mais non dépourvues d’esprit. En dépouillant des manuscrits de la Bibliothèque de l’Arsenal, dans le cadre de nos travaux sur L’Innocence persécutée [2], nous avons rencontré deux pièces intéressantes, anonymes et sans date, concernant le procès du surintendant : Les Devises tirées de l’Écriture [3], ensemble de trente-six versets en latin mis dans la bouche d’acteurs ou de victimes du procès du surintendant, et La Passion de Mr Fouquet [4], également constituée de versets, en français cette fois, dont certains ont été repris tels quels tandis que d’autres ont été adaptés au contexte. En dépit de leur originalité ces deux textes n’ont pas vraiment retenu l’attention de leurs lecteurs : U. V. Châtelain [5] et G. Mongrédien citent La Passion de Mr Fouquet [6] sans signaler qu’elle est composée de versets tirés ou adaptés de la Bible. Le premier n’en donne qu’un très bref résumé et G. Mongrédien, qui la mentionne, concentre toute son attention sur L’Innocence persécutée [7].
Les Devises tirées de l’Écriture font intervenir 36 personnes – dont 5 « corps » ou groupes –, 18 d’entre elles apparaissent également dans La Passion de Mr Fouquet dans laquelle, exception faite d’une variante – La Passion fait dire à Bernard le verset qui est donné à Derval dans Les Devises –, on leur attribue exactement les mêmes versets ; l’ordre d’intervention des personnes est presque identique. On peut donc supposer une origine commune aux deux textes et La Passion, plus courte et en français, a peut-être été rédigée à partir des Devises. Parmi d’autres différences plus importantes, notons, pour le moment, que, dans Les Devises, on fait parler le roi, qui est très durement traité puisqu’on lui prête rien moins qu’une phrase de Judas !
Les Devises tirées de l’Écriture
Le Parlement Regnum meum non est / de hoc mundo. [8]
La Chambre de justice Circuit quaerens quem / devoret. [9]
Mr. Le Prince Mitte gladiu[m] in Vagina[m]. [10]
Le Roy Quem osculatus fuero/ipse tenete eum. [11]
Le Card[inal] moura[n]t Accipite eum vos et / solum legem vestra[m] judicate. [12]
Mr. Fouquet Parce eis, nesciu[n]t quid faciu[n]t. [13]
Mad.e Fouquet O Vos o[mn]es qui transitis
per viam, attendite et videte,
Si é[st] dolor sicut dolor meus. [14]
Mr Le Tellier Voluit se Regem facere. [15]
Mr de Colbert Peccavi tradens sanguine[m] / justum. [16]
Mr Talon Expedit unu[m] homine[m] mori. [17]
Mr. Le P[remier] Preside[n]t Ego sum mundus / à sanguine justi. [18]
Mr Poncet Multi testimonium / dant adversus eum. [19]
(Fo 506) Mr. Bernard de Rezé Et o[mn]i conveniu[n]t testimonia. [20]
Mr Renard Non respondes ad / ea quae tibi objicunt. [21]
Mr Brillac Nullam invenio in / eo causam mortis. [22]
Mr de Nesmond Quid enim malè fecit. [23]
Mr. Derval Antequam gallus / cantet ter me negabis. [24]
Les Cons[eille]rs Provinciaux Tolle, tolle, / Crucifige eum. [25]
Mr Boucherat Beatus qui in/consilio Impiorum non cecidit. [26]
Mr Berrier Quid adhuc, non / desideram testes. [27]
Mr de Breteuil Equidem non novi ho[min]em. [28]
Mr Marin Tu quoq[ue] ex illis es. [29]
Mr de La Bazinière Nolite considere / in Principibus. [30]
Mr de Janin Sicut agnus innocens/ad victima[m] ductus. [31]
(Fo 507) Mr De Guenegault Si fieri p[otes]t transeat à / me calix iste. [32]
Mr de Boisléve Occultus p[a]ter metu / judaeorum ? [33]
Girardin Nisi Dominus aedificaverit / domum. [34]
Monnerot Si iniquitates observaveris / Domine quis sustinebitur. [35]
De Lorme Domine ne in furore / tuo arguas me. [36]
Bruan Mare vidit et fugit. [37]
Le Peuple A fructibus eorum / cognosces eos. [38]
Les gens briguans / les fermes Vigilate ne intratis / in tentationem. [39]
Acquereurs de domaine Reddite Caesari quae / sunt Caesaris. [40]
Jacquier Simulacra eorum / argentu[m] et auru[m]. [41]
(Fo 508) Mr de Lion[n]e Stabat autem qui / tradebat eum ipsis. [42]
Mr. Bernard Si male locutus si[m], testimoniu[m] perhibe / de malo ; si autem, bene, / quid me caedis. [43]
Plus courte – elle ne comporte que vingt-trois répliques – La Passion de Mr Fouquet, présentée comme une pièce de théâtre mais qui, comme les dialogues de L’Innocence persécutée, ne comporte pas de retour des personnages, exception faite de Fouquet, esquisse des portraits, parfois ironiques, de personnes qui ont tenu une place dans la vie du surintendant ou qui sont intervenues lors de son procès. Elle est aussi fortement structurée avec une première partie où s’expriment les politiques et les juges ; suit l’intervention de Mme du Plessis Bellière, sorte de transition avec une deuxième partie consacrée aux victimes, les deux interventions de Fouquet encadrant l’ensemble des financiers et Henri du Plessis Guénegaud.
La Passion de Mr Fouquet, incomplète dans le manuscrit (Ars., ms. 4171), a été publiée intégralement dans le Tableau de la vie et du gouvernement de Messieurs les Cardinaux Richelieu et Mazarin, et de M. Colbert, représenté en diverses Satyres et Poësies ingénieuses [44]... qui la donne comme « petite pièce en prose » faisant partie d’une série d’ « Épigrammes sur la vie et la mort de Monsieur Fouquet » [45]. On y retrouve les principaux protagonistes de ce procès politique : Mazarin, Colbert, Talon, Séguier et quelques-uns de ceux qui se laissèrent acheter par des promesses, mais aussi des amis de l’ancien surintendant, hommes de finance et parlementaires, qui furent inquiétés. C’est la première fois, à notre connaissance, que les financiers apparaissent dans une œuvre d’une certaine qualité ; ils représentent près d’un tiers des personnages, tous regroupés, avec Guénegaud, entre les deux interventions de Fouquet, comme si l’auteur n’avait pas voulu dissocier leur sort de celui du surintendant dont ils furent les serviteurs zélés et à qui le pouvoir dut de se maintenir grâce à leurs subsides. Ceux qui, comme les frères Monnerot, Girardin ou La Bazinière, tombèrent sous le coup des lourdes amendes auxquelles la Cour de justice les condamna, trouvent ici, bien que leur nom ne soit pas précédé de M. comme pour les autres personnages, une forme de réhabilitation car ils apparaissent après les ministres et les juges ; leur place dans ce qui est une sorte de « deuxième partie » de l’œuvre met en exergue la sanction de leur dévouement au surintendant.
Hostile à Fouquet lors de son arrestation à Nantes, le peuple comprit vite que la Chambre de justice ne ferait pas rendre gorge à tous les financiers et que son sort n’en serait pas changé. Dès que furent connues les irrégularités de procédure, voulues par Colbert, le peuple compatit au sort du malheureux prisonnier. Dès lors, et bien avant la fin du procès, Fouquet fut considéré comme une victime sur laquelle on s’acharnait. Si L’Innocence persécutée fut, vraisemblablement, un titre choisi pour sa relative modération qui ne pouvait que satisfaire le prisonnier de Pignerol [46], l’intitulé La Passion de Mr Fouquet est beaucoup plus fort et n’hésite pas à établir un parallèle hardi entre les souffrances de l’ancien surintendant et celles du Rédempteur.
La passion de / Mr Fouquet [47]
Le cardinal Maza/rin mourant [48] :
Celui que je baiserai, cest
lui meme, prenez le [49]
M. le Tellier
Il a voulu se faire Roy ! [50]
M. Colbert :
Il a peché en trahissant le
sang du Juste [51]
M. Seguier :
Prenez le, et le jugez selon
votre Loy [52]
Le premier president
Je suis innocent du sang du
Juste, et j’en lave les mains [53]
M. Benard
Je ne trouve pas de preuve
assez convaincante [54]
M. Boucherat
Bienheureux celuy qui ne se
trouve pas dans la compagnie
des mechans [55]
M. Renar [56] :
Vous ne repondez point aux
choses que l’on vous demande [57]
M. Brillac
Je ne trouve point de sujet de
le condamner ! [58]
M. pussort [59] (sic)
Si vous ne le condamnez
vous n’etes point ami de César ! [60]
M. Talon
Il faut qu’un homme meure
pour tout le peuple ! [61]
M. Berrier [62]
A quoy bon chercher d’autres
preuves [63]
Les provinciaux
prenez prenez le,
& le crucifiez [64]
Mad. du plessis (sic)
Je suis triste jusqua la mort [65]
M. Fouquet
Seigneur je leur pardonne
car ils ne savent ce quils font [66]
M. Bernard [67] :
Vous me renierez trois fois avant
que le cocq chante [68]
Mr de la Baziniere :
Ne vous assurez pas sur la fa-
veur des grands [69]
M. Jeannin
Je suis mené au supplice com-
me un agneau innocent. [70]
M. de Guenegaud
S il est possible que je ne boi-
ve point cette coupe [71]
Mr. Girardin [72] :
Si Dieu ne bâtit la maison, ceux qui travaillent, travaillent
en vain.
Mr. Monnerot : Commis de Mr. Fouquet :
Seigneur, si vous épluchiez nos fautes,
qui est celuy qui sera juste devant vous ? [73]
Mr. de Lorme :
Seigneur, ne me reprenez point dans vôtre colere [74]
Mr. Bruant :
Il a vû la mer, & s’en est fuy [75]
Mr Fouquet :
Seigneur, vous les connoitrés par leurs œuvres. [76]
FIN
La Passion de Mr Fouquet, tout comme Les Devises tirées de l’Écriture, se fonde sur une excellente connaissance de la Bible et de chacun des protagonistes de l’ « affaire » qu’un seul verset suffit à caractériser. La Passion de Mr Fouquet, plusieurs fois citée, n’a jamais vraiment retenu l’attention des commentateurs, malgré, ou peut-être à cause de, sa brièveté. Cependant, une lecture attentive montre que nous sommes en présence d’une composition de qualité tenant à sa tension dramatique, à la pertinence du choix des versets et à la forte dénonciation d’une parodie de justice ; permettrait-elle aussi de cerner les auteurs et une date de rédaction probables ?
Il est certain que ces deux pièces, intégralement constituées d’emprunts à la Bible, sont l’œuvre de lecteurs assidus des Écritures, point du tout indifférents aux réalités politiques – hostiles à Mazarin puis à Colbert, favorables à Fouquet, ils ont bien suivi le procès du surintendant et connaissent la personnalité des nombreux protagonistes de l’affaire – et, visiblement, ils ne sont pas hostiles aux gens de finances. La mention de Henri du Plessis-Guénegaud, qui fut lui-même lourdement taxé, et chez qui se réunissaient nombre des opposants à Colbert qui étaient aussi des sympathisants de Fouquet, achève de nous orienter vers un ou des auteurs familiers de l’Hôtel Guénegaud et la forme des deux œuvres nous fait pencher pour une composition ou une mise au point collective. On peut imaginer sans peine ce cercle de personnes fort cultivées rivalisant d’à-propos pour trouver dans la Bible le verset qui caractériserait le mieux le roi, Fouquet, les juges... Bel exercice de lettrés cherchant à exprimer avec force leur indignation et bénéficiant de la culture biblique des jansénistes. Mais nous ne pouvons nous empêcher de songer que Louis-Isaac Le Maistre de Saci, neveu du grand Arnauld, de Robert Arnauld d’Andilly et de la Mère Angélique, avait fait paraître sa traduction française des Psaumes en 1665, le Nouveau Testament en 1667 et qu’il commença sa traduction française de la Vulgate de 1666 à 1668, à la Bastille, et qu’il était fort capable d’avoir œuvré seul, et en peu de temps, à cet exercice. Il pouvait, à plus d’un titre, avoir envie d’exprimer sa douleur face à un pouvoir hostile aux jansénistes, et face à une parodie de justice dont son cousin germain, Simon Arnauld de Pomponne, dont il fut l’hôte, fut l’une des victimes, entraîné dans la disgrâce par la perte de Fouquet, dont il était très proche, qui lui avait confié un rôle dans son « Projet », et qui fréquentait les Guénegaud dont la propriété à la campagne était voisine du château de Pomponne. Pourtant, la place faite aux financiers nous retient de lui en attribuer l’entière paternité. Arnauld d’Andilly, oncle de Saci, atteint dans sa propre personne et à travers tous les siens retirés à Port-Royal, nous paraît mieux à même de l’assumer car le solitaire quittait parfois sa retraite pour fréquenter l’Hôtel de ses amis. Mais, pour prudence garder, il ne serait pas invraisemblable qu’un autre familier de l’Hôtel des Guénegaud, versé dans les Écritures, ait été le coordonnateur ou l’auteur de ces deux pièces.
La Passion a sans doute été rédigée, comme tant d’autres écrits favorables à Fouquet, soit pendant le procès soit peu de temps après ; l’éditeur de 1693 a cru devoir préciser la qualité de certaines personnes « en ce tems là » afin d’aider, une trentaine d’années après les événements, la mémoire du lecteur. La présence des financiers les plus lourdement condamnés pourrait suggérer, les financiers n’ayant connu leur sort qu’après la condamnation de Fouquet, une date postérieure au 24 décembre 1664. Quant à la très probable participation janséniste elle nous orienterait peut-être vers les années 1664-1668, paroxysme de la crise du Formulaire.
Si Les Devises tirées de l’Écriture ne resteront jamais qu’un document très intéressant sur l’atmosphère dans laquelle fut élaborée L’Innocence persécutée, La Passion de Mr Fouquet, plus ramassée, plus polémique, plus susceptible de frapper le lecteur et qui comporte une réelle tension dramatique, doit être reconnue comme une véritable œuvre littéraire.
 
NOTES
 
[1] Nous avons, pour la publication de ces textes, adopté la graphie du copiste et, évidemment, celle de la version imprimée là où le manuscrit est incomplet. Pour le texte latin, nous avons utilisé la Biblia sacra / Vulgatae Éditionis / recognita... / Parisiis, Apud Franciscum Coustelier / via Iacoboae, sub signo sancti Hilarii / Anno Dom. M.D.C.LXIV. Nous avons, pour plus de commodité, utilisé les abréviations des Bibles modernes mais, naturellement, conservé, pour les Psaumes, l’ancienne numérotation. Nous avons mis entre crochets les lettres abrégées par le copiste ainsi que les fins de mots manquantes.
[2] Édition à paraître.
[3] Ars., ms. 4171, fos 505-507.
[4] Ars., ms. Tralage 6541, t. 1, fos 432-438.
[5] Châtelain, qui donne la référence du Recueil de Pierre du Marteau, écrit : « La Passion de Mr Foucquet mettait en scène tous les acteurs du drame. “Il a voulu se faire roi”, disait Le Tellier. “Il a péché en trahissant le sang du juste”, ajoutait Colbert, et Séguier de conclure : “Prenez-le et jugez-le selon votre loi”. Fouquet répondait : “Seigneur, vous les connaîtrez par leurs œuvres. Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font” » (Chatelain, Le surintendant Foucquet, protecteur des arts et des lettres, p. 225).
[6] G. Mongrédien, L’Affaire Fouquet, Paris, 1962, p. 151. Ni Châtelain ni G. Mongrédien n’ont signalé à leurs lecteurs que cette pièce n’était constituée que de versets de la Bible.
[7] Ars., ms. 3148, fos 432-438 puisque ce manuscrit comporte une double pagination.
[8] Jn XVIII, 36 (p. 97), [Mon royaume n’est pas de ce monde]. Cette réponse de Jésus à Pilate pourrait s’entendre comme l’expression à peine voilée des revendications parlementaires face à l’absolutisme royal.
[9] [[Le Diable] rôde, cherchant que dévorer]. La Chambre de justice, créée par édit du 15 novembre 1661 « pour la recherche des abus et malversations commises dans les finances depuis 1635 », a été instituée, en fait, non seulement pour éliminer Fouquet mais aussi pour faire rentrer, par la condamnation et la ruine organisée des gens de finances amis du surintendant, le plus d’argent possible dans les caisses de l’État. Cette devise est tirée de la fin de I P 5, 8 (p. 211) : « Quia adversarius vester diabolus, tanquam leo rugiens circuit, quaerens quem devoret ».
[10] Jn XVIII, 11 (p. 97) : « Mitte gladium tuum in vaginam » [Mets ton épée dans le fourreau]. C’est le reproche du Christ à Pierre qui vient de couper une oreille au serviteur du grand prêtre. Prêtées au grand Condé, ces paroles sont pleines d’ironie : Condé, après avoir été le meneur de la Fronde des Princes, demanda asile aux Espagnols et se battit contre l’armée royale. Notons que Condé soutenait Fouquet (voir Ormesson, Journal, t. II, p. 105 et 120, et J. Lair, Nicolas Foucquet, t. I, p. 372).
[11] Mt XXVI, 48 (p. 27) ; Mc XIV, 44 (p. 45) : « Quemcumque osculatus fuero, ipse est, tenete eum » [Celui à qui je donnerai un baiser, c’est lui. Saisissez-le]. Cette devise est la plus subversive du texte puisque les paroles de Judas sont mises dans la bouche du Roi. Nul doute que l’auteur a voulu souligner la duplicité du souverain qui attendit, pour le faire arrêter, que son surintendant, grâce à son crédit, ait trouvé et versé les quatre millions de livres dont le Roi et Colbert avaient besoin pour la marine. Louis XIV avait même fait si bonne figure à Fouquet que celui-ci crut l’avoir emporté sur Colbert.
[12] Jn XVIII, 31 (p. 97) : « Accipite eum vos, & secundum legem vestram judicate eum » [Prenez-le et jugez-le selon votre loi]. Paroles de Pilate livrant Jésus aux Juifs. Mazarin, évitant également de se compromettre, avait organisé la perte de Fouquet en « donnant Colbert » au Roi avant de mourir. Une réplique différente, et beaucoup moins allusive, lui est prêtée dans La Passion de Mr Fouquet.
[13] [Pardonne-leur, ils ne savent ce qu’ils font] Lc XXIII, 34 (p. 76) : « Iesus autem dicebat : Pater, dimite [x]e illis : non enim sciunt quid fasciunt » (Il faut naturellement lire : « ex illis »). L’auteur met, audacieusement, les ultimes paroles de Jésus sur la croix dans la bouche de Fouquet pour renforcer la similitude des destins du Christ et de l’ancien surintendant. La Passion prête au surintendant des propos différents.
[14] Lm Jr I, 12 (p. 648) : « O vos omnes, qui transitis per viam, attendite, & videte si est dolor sicut dolor meus » [Vous tous qui passez / sur le chemin regardez et voyez / s’il est douleur comme ma douleur]. Marie Maupeou, épouse de François Fouquet et mère du surintendant, était connue pour sa grande piété. Elle vit dans l’arrestation de son fils une épreuve envoyée par Dieu pour assurer le salut de Nicolas. Elle prit, néanmoins, une part active à sa défense. Mme Fouquet devient ici, par l’intermédiaire de Jérémie, la Mater dolorosa.
[15] [Il a voulu se faire roi.] Cette phrase est un résumé des accusations des Juifs qui, dans Jn XIX, 12 (p. 98), disent à Pilate pour l’inciter à condamner Jésus : « Non es amicus Caesaris omnis enim qui se regem facit, contradicit Caesari ». C’est l’illustration, sous une forme frappante, du « crime de lèse-majesté » qui reposait sur le « Projet » dit de Saint-Mandé. On retrouve cette réplique dans La Passion. Le Tellier était secrétaire d’État à la guerre. Dans L’Innocence persécutée, il n’intervient pas en faveur de Fouquet car il ne veut pas ruiner son crédit et son unique souci est sa rivalité avec Colbert. D’Ormesson, dans son Journal (t. II, p. 74), le juge « très politique » et on peut lui trouver quelque ressemblance avec Pilate, bien convaincu de l’innocence de Jésus mais qui accepte de le livrer à la mort pour éviter des troubles civils qui nuiraient à sa carrière. L’auteur anonyme met dans la bouche de Le Tellier non les paroles de Pilate mais celles des Juifs qui accusent Jésus. Sur Le Tellier, voir R. et S. Pillorget, France baroque, France classique, Paris, R. Laffont, t. II, p. 652.
[16] On prête à Colbert les paroles de Judas, pris de remords, quand il reporte les trente deniers d’argent aux grands prêtres : Mt XXVII, 4 (p. 27) : « Peccavi, tradens sanguinem justum » [J’ai péché en livrant le sang innocent]. On notera la savoureuse particule ajoutée au nom de Colbert, dont on connaissait les prétentions à la noblesse, et l’ironie de la réplique car il ne semble pas que Colbert ait jamais eu du remords. Les mêmes mots lui sont attribués dans La Passion.
[17] Denis Talon était procureur général et Fouquet le considérait comme un de ses principaux ennemis. Son père, Omer, mort en disant à son fils, par trois fois, « Dieu te fasse homme de bien », avait-il la prémonition qu’il serait si complaisant au pouvoir ? (cité par R. et S. Pillorget, op. cit., t. II, p. 1141). Jn XVIII, 14 (p. 97) : « Quia Expedit unum hominem mori pro populo » [Il est utile qu’un seul homme meure pour le peuple.] L’amputation de pro populo souligne que la mort de Fouquet ne va rien apporter au peuple et qu’elle n’est qu’un règlement de comptes personnel. On sait l’hostilité de Talon envers l’ancien surintendant qui la dénonce longuement dans ses Défenses, t. III et IV. La même réplique lui est donnée dans La Passion.
[18] Guillaume de Lamoignon était premier président au Parlement de Paris. Cf. Mt XXVII, 24 (p. 28) : [Je suis innocent du sang du juste.] Quoiqu’il n’eût pas de sympathie particulière pour Fouquet, Lamoignon se récusa pour protester contre les pressions que Colbert exerçait sur lui. La phrase que Pilate prononça après s’être lavé les mains illustre la complaisance au pouvoir qui était attendue du premier président. Voir aussi son portrait dans Ars., ms. 4171 fo 401, Tableau du Parlement de Paris, fo 403.
[19] Voir note suivante.
[20] Bernard de Rezé ou, plus justement, Besnard de Rezé fut nommé à la Cour de justice à la demande de Lamoignon. Poncet était magistrat et Besnard de Rezé, membre du Parlement. Ils procédèrent, avec Lallemant, à l’inventaire de la maison de Saint-Mandé, propriété de Fouquet. Les répliques mises dans la bouche de Poncet et de Mr de Rezé sont des adaptations de Mc XIV, 56 (p. 45) dont le texte exact est : « Multi enim testimonium falsum dicebant adversus eum et convenientia testimonia non erant » [Car plusieurs déposaient faussement contre lui et leurs témoignages ne concordaient pas]. Les verbes mis au présent indiquent qu’il s’agit d’une adaptation du texte de l’Évangile de Marc au cas de Fouquet. Poncet et Rezé utilisent le même verset, Poncet en reprend le début, Rezé la fin, mais pour tous deux le texte est modifié intentionnellement. On connaît l’hostilité de Poncet à Fouquet. En outre, l’emploi du datif masculin ou neutre « omni » fait que la phrase par laquelle Rezé exprime ses scrupules peut aussi signifier : « Les témoignages s’accordent à tout », autrement dit « on en fait ce que l’on veut ». Se trouvent rappelés ainsi les conditions dans lesquelles fut fait l’inventaire des papiers de Fouquet, les papiers soustraits ou ajoutés, l’interprétation des pièces dont les noms étaient restés en blanc sur ordre de Mazarin, argument très souvent repris par Fouquet dans ses Défenses (t. I). Besnard de Rezé, au moment des opinions, suivit d’Ormesson qui avait seulement demandé le bannissement perpétuel et la confiscation des biens.
[21] Mc XIV, 60 (p. 45). Le texte de Marc est : « Non respondes quidquam ad ea quae, tibi objiciuntur ab his ? » [Tu ne réponds rien à ce qui t’est opposé par ceux-ci] alors que la phrase prêtée à Renard signifie : « Tu ne réponds rien aux témoignages qu’ils portent contre toi », ce qui exprime assez bien le cas de conscience auquel Renard fut confronté, l’obéissance à Colbert et au roi, d’une part, mais, d’autre part, ses scrupules vis-à-vis des irrégularités commises tant lors des inventaires auxquels il participa que lors du procès, dont il fut l’un des juges, ce qui lui donna pleinement connaissance des manœuvres de Séguier tout dévoué au ministre. Dans son opinion, il releva les irrégularités de l’instruction et demanda une relégation de cinq ans. La Passion lui donne les mêmes paroles.
[22] Brillac, ou Brilhac, était l’un des juges. Il ne cessa de répéter qu’il était très embarrassé pour prendre parti. Il conclut à l’amende honorable, au bannissement pour neuf ans et à une amende de 100 000 livres. Le texte utilisé est Jn XVIII, 38 (p. 98) où Pilate déclare : « Ego nullam invenio in eo causam » [Je ne vois aucune raison (de l’envoyer à la mort)]. La Passion lui fait tenir le même propos.
[23] Mt XXVII, 23 (p. 28) et Mc XV, 14 (p. 46) : Quid enim mali (sic) fecit [Quel mal a-t-il fait], demande Pilate aux Juifs. M. de Nesmond, jugé favorable à Fouquet, mourut subitement le 7 décembre 1664. Voir Conrart, Mémoires, p. 619-620, Ormesson, Journal, t. II, p. 260.
[24] [Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois] Mt XXVI, 34 (p. 26) : « ... Amen dico tibi, quia in hac nocte priusquam gallus cantet, ter me negabis ». La réplique indique qu’il s’agit d’un proche de Fouquet. Nous n’avons trouvé qu’un Jean-Louis Derval, seigneur d’Espinefort, conseiller en la cour de Parlement de Bretagne (D’Hozier, Armorial général de France, BNF, ms. 2346). Comme on sait les liens que Fouquet entretenait avec nombre de personnalités du Parlement de Bretagne et l’aide qu’il en attend dans son « Projet », on peut raisonnablement penser que Jean-Louis Derval faisait partie des familiers de l’ancien surintendant. Dans La Passion cette phrase est mise dans la bouche de Bernard.
[25] Ne sont concernés ici que les conseillers des parlements de province qui votèrent la mort : Le Cormier de Sainte-Héleine (de Normandie), Ayrault (de Rennes), Noguez (de Pau), Ferreol ou Ferriol (du Dauphiné). La citation est tirée de Jn XIX, 15 (p. 98) « Tolle, tolle, crucifige eum » [À mort ! à mort ! / Crucifie-le]. Cette réplique ne convient que pour ceux des conseillers de province qui se laissèrent acheter par le pouvoir et opinèrent à la mort de Fouquet. Les mêmes paroles se retrouvent dans La Passion.
[26] Boucherat, l’un des juges composant la Chambre de justice, était hostile à Fouquet. Le texte du Ps 1, 1 (p. 427) est : « Beatus vir qui non abiit in concilio Impiorum » [Heureux l’homme qui ne suit pas le conseil des impies]. Il faut noter que le remplacement de non abiit par cecidit renforce le sens de la phrase.
[27] Berrier ou, plus exactement, Berryer. Sur lui, voir F. Dornic, Une ascension sociale au XVIIe siècle. Louis Berryer, agent de Mazarin et de Colbert, Publications de l’Université de Caen, 1968. Les paroles qu’on lui prête sont inspirées de Mc XIV, 63 (p. 45) : « Quid adhuc desideramus testes » [Qu’avons-nous encore besoin de témoins] (mais desideram est un barbarisme). La Passion ne lui fait pas dire autre chose.
[28] [Certes, je n’ai pas connu l’homme.] C’est le reniement de Pierre qui donne à penser que Breteuil était très proche de Fouquet ; sa réplique mélange et, de ce fait, réécrit le texte latin des Évangiles de Mc XIV, 71 (p. 46) : « Quia nescio hominem istum quem dicitis », et Lc XXII, 57 (p. 74) : « At ille negavit illum, dicens : / mulier non novi illum ». Louis Le Tonnelier de Breteuil, contrôleur général des Finances avec Hervart et Le Tellier en 1657. Après la réorganisation du pouvoir en septembre 1661, Colbert devient intendant des Finances, Hervart et Le Tonnelier de Breteuil perdent tout pouvoir réel ; en 1665, Louis XIV supprime leur charge en la leur remboursant.
[29] La réponse de la servante qui a reconnu Pierre à son accent de Galilée est dans Mc XIV, 70 (p. 46) : « Vere ex illis es », et Lc XXII, 58 (p. 74) : « Et tu de illis es » [Tu es l’un d’eux]. Notons que le quoque n’est pas dans le texte mais qu’il doit y avoir une interférence, voulue, avec les mots de César à Brutus qui lui a donné le dernier coup de couteau : « Tu quoque, fili mi ».
[30] Massé II Bertrand de La Bazinière, trésorier de l’Épargne en 1643, conseiller d’État puis prévôt et maître de cérémonie des ordres du roi ; arrêté et victime de la Chambre de justice qui le ruine (6 000 000 de livres de taxe, saisie des biens). Pourtant sa femme avait été au service de Mazarin... Par ailleurs, lors d’une vérification dans les registres de l’Épargne, le 19 février 1664, on avait procédé à la suppression de billets qui avaient profité à Berryer. Pour cacher ce vol on avait mentionné une recherche, pour le montant des billets manquants, faite par La Bazinière mais Fouquet observa que « M. de La Bazinière » était absent ce jour-là. Les « Grands », ou plutôt les détenteurs du pouvoir à ce moment, Colbert et ses affidés, étaient capables de vilenies qui pouvaient être démasquées. Cf. Ps CXLV, 2 (p. 472) : « Nollite considere in princibus » [Ne vous asseyez pas parmi les Grands].
[31] Jeannin ou, plus complètement, Jeannin de Castille, trésorier de l’Épargne, était parent de Fouquet par la seconde épouse du surintendant, Marie-Madeleine de Castille. Jeannin fut l’une des principales victimes de la Chambre de justice qui lui infligea une amende de 8 000 000 livres ; celle-ci mit un terme à une « carrière facile et brillante » (D. Dessert). Fouquet expliqua qu’il fut le premier à demander à Jeannin de prêter de l’argent à l’État « par ordre de M. le Cardinal », Ars., ms. 7622, fo 106 vo - 107 ro. Sur l’amende infligée à Jeannin, cf. D. Dessert, Argent, pouvoir et société au Grand Siècle, Paris, Fayard, 1984, p. 611. [Comme l’agneau innocent conduit au sacrifice], Is 53, 7 (p. 593) donne : « ... sicut ovis ad occitionem ducetur, & quasi agnus coram tondente se obmutescet, & non aperiet os suum ». Jeannin de Castille n’a rien à se reprocher. La réplique laisse entendre qu’il n’est poursuivi qu’en raison de ses liens avec Fouquet. On lit ces mêmes paroles dans La Passion.
[32] Henri du Plessis-Guénegaud (dont l’Hôtel était le lieu de réunion des membres du salon hostiles à Colbert et sympathisants jansénistes), secrétaire d’État à la Maison du roi depuis 1643, il fut relativement épargné – « seulement » lourdement taxé – alors que son frère, Claude, trésorier de l’Épargne, était embastillé et méthodiquement ruiné (taxe de 5 000 000 de livres, vente de tous ses biens), ce qui justifie la crainte qu’on lui fait exprimer ici. Notons cependant qu’en 1669 il cède (700 000 livres tout de même) le secrétariat d’État dont il était titulaire à Colbert et qu’en 1670 il vendit son Hôtel à la princesse de Conti, nièce de Mazarin... Mt XXVI, 39 (p. 26) : « Pater mi, si possibile est, transeat à me calix iste » ; la Bible de Jérusalem donne : « Si fieri potest transeat a me calix iste » [Si c’est possible que cette coupe s’éloigne de moi]. C’est la demande de Jésus au Jardin des Oliviers. Notons que le « si fieri potest » chante dans la mémoire de M. de Guénegaud : c’est le texte d’une antienne harmonisée par Palestrina. Le texte de La Passion est conforme à celui des Devises.
[33] [Caché par crainte des Juifs.] Les Devises utilisent le verset de Jn XIX, 38 (p. 99) : « Eo quod esset discipulus Iesu, occultus autem propter metum Iudaeorum ». Joseph d’Arimathie, était disciple de Jésus, mais s’en cachait, par crainte des Juifs. Laude de Boylesve a acquis, en 1653, une nouvelle charge d’intendant des Finances derrière laquelle il a pu se livrer à des affaires financières qui ont fait de lui l’un des financiers les plus importants et il s’était associé, en 1661, à Monnerot, Jacquier et Gruyn, pour exploiter toutes les affaires qui seraient proposées à Fouquet. Boylesve utilisait aussi comme prête-nom son frère, Charles. La citation ne saurait être mieux choisie ! Sur Boylesve de la Guérinière, voir D’Hozier, BNF, Dossiers bleus nos 105 et 2551, et D. Dessert, Argent, pouvoir et société..., p. 548.
[34] Ps CXXVI, 1 (p. 476) : « Nisi Dominus aedificaverit domum, in vanum laboraverunt qui aedificant eam » [Si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain travaillent ceux qui la construisent]. Sur les poursuites de la Chambre de justice à l’endroit des frères Girardin, voir D. Dessert, Argent, pouvoir..., p. 591-592.
[35] [Si tu examines nos iniquités, Seigneur, qui subsistera ?] Les Devises utilisent Ps CXXIX, 3 (p. 477). Il y eut deux frères Monnerot, Nicolas (1615-1669) et Pierre (1613-1682), importants financiers qui avaient travaillé avec le surintendant. Ils furent lourdement taxés par la Chambre de justice (5 000 000 de livres chacun) mais, alors que Nicolas fut définitivement ruiné, Pierre bénéficia d’une relative clémence puisque ses biens lui furent, en partie, rendus et son amende allégée. BNF, D’Hozier, Dossiers bleus 454 et 12236 (pour Pierre) et (pour Nicolas) BNF, Dossiers bleus 139 et 3441. Sur les taxes qui les frappèrent, D. Dessert, Argent, pouvoir..., p. 651-653.
[36] Jacques Amproux de Lorme avait été temporairement commis de Fouquet. Il fut l’une des principales victimes de la Chambre de justice. D. Dessert précise que la Chambre de justice surestima ses liens avec Fouquet pour pouvoir le taxer plus lourdement. Le reste de sa vie ayant été très difficile explique la phrase qu’on lui prête : Ps VI, 2 (p. 418) et Ps XXXVII, 2 (p. 440) [Seigneur ne me reprends point dans ta fureur]. La Passion donne le même texte.
[37] [Deux traductions possibles : il vit la mer et s’enfuit ; ou : la mer le vit et s’enfuit]. Dans le premier cas, ironique allusion à la fuite de l’intéressé : Bruan, financier, associé à Gourville, fut commis de Fouquet puis conseiller d’État en 1659, maître ordinaire de la Chambre des comptes en 1660 et... fugitif en 1661 (il se mit à l’abri à Liège après l’arrestation de Fouquet) c’est l’interprétation que permet ce verset tiré de son contexte mais, en fait, le Ps CXIII, A, 3 (p. 470) commence ainsi : « Mare vidit & fugit : Iordanis conversus est retrosum... par conséquent c’est : « La mer vit et s’enfuit... ». C’est avec ce verset, entre autres, que l’on peut juger de l’habileté du ou des auteurs. Le même verset est utilisé dans La Passion. Bruant des Carrières, voir D’Hozier, Dossiers bleus 140, 356, et Jal, Dictionnaire biographique, et D. Dessert, Argent, pouvoir..., p. 549.
[38] [C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez]. Mt VII, 20 (p. 7) : « Igitur ex fructibus eorum cognoscetis eos ». Cette utilisation d’un verset de Matthieu peut avoir différents sens : soit le peuple attend le résultat de la Chambre de justice pour voir ceux qui, fautifs, ont été punis par les juges qui les ont reconnus à leur enrichissement extraordinairement rapide, soit le peuple discernera les juges qui ont osé résister aux pressions exercées par le pouvoir de ceux qui se sont laissés séduire.
[39] [Veillez pour ne pas entrer en tentation]. Mt XXVI, 41 (p. 26), et Mc XIV, 38 (p. 35) : « Vigilate, & orate ut non intretis in tentationem ». Quels rêves de richesse la possession des fermes permettait de satisfaire... mais de quels péchés l’âme allait-elle ensuite être chargée !
[40] [Rendez à César ce qui est à César]. Mt XXII, 21 (p. 12) ; Mc XII, 17 (p. 42), et Lc XX, 25 (p. 72) : « Reddite ergo quae sunt Caesaris, Caesari ». L’argent avec lequel ces acquéreurs se rendirent propriétaires de domaines fut, sans nul doute, bien mal acquis !
[41] [Leurs idoles sont l’argent et l’or.] Adaptation de Ps CXIII, B, 4 (p. 470) et CXXXIV, 15 (p. 478) : « Simulachra gentium argentum & aurum, opera manuum hominum ». Sur François Jacquier, D. Dessert, Argent, pouvoir..., p. 609.
[42] [Avec eux se tenait Judas qui le livrait]. Le texte complet de Jn XVIII, 5 (p. 97) est : « Stabat autem & Judas, qui tradebat eum, cum ipsis ». Hugues de Lyonne ou, plus justement, Lionne, lié à Fouquet, reçut néanmoins l’autorisation d’acheter la charge de secrétaire d’État des Affaires étrangères car Mazarin l’avait recommandé à Louis XIV (Pillorget, cf. supra, t. II, p. 666). Louis XIV n’a pas tenu rigueur à Lionne de ses relations avec Fouquet ; est-ce suffisant pour que les partisans de Fouquet le considèrent comme un traître ?
[43] [Si j’ai mal parlé, fournis la preuve du mal. Mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ?] Jn XVIII, 23 (p. 97) : « Si malè locutus sum, testimonium perhibe de malo : si autem bené, quid me caedis ? ». C’est la réponse de Jésus à un officier qui assiste à son interrogatoire par le grand prêtre Caïphe et qui frappe Jésus lui reprochant : « Est-ce ainsi que tu réponds au Grand Prêtre ? » Il s’agit sans doute du même Bernard qui apparaît dans La Passion. Dans Les Devises comme dans La Passion il est présenté comme une victime innocente.
[44] Le Tableau de la Vie et du gouvernement de Messieurs les Cardinaux Richelieu et Mazarin, et de Monsieur Colbert, représenté en diverses Satyres et Poësies ingenieuses ; avec un Recueil d’Épigrammes sur la vie et la mort de Monsieur Fouquet, et sur diverses Choses, qui se sont passées à Paris en ce temps-là. À Cologne, chez Pierre Marteau, 1693, in-12, p. 220-234. Mais La Passion de Mr Fouquet occupe les pages 132-133 (BNF La28-4).
[45] Ibid., p. 220-234.
[46] La Fontaine, Œuvres diverses, éd. P. Clarac, Paris, Gallimard, 1968, p. 532.
[47] Pour la Passion de M. Fouquet, nous donnons les références de la Bible traduite par M. de Saci, La sainte Bible / contenant / l’ancien et le nouveau / testament / traduite en françois / sur la Vulgate / par Monsieur Le Maistre de Saci / divisée en deux tomes / A Paris / chez Guillaume Desprez, Imprimeur & Libraire ordinaire du Roi, rüe saint Jacque, à saint Prosper & aux trois Vertus. / MDCCI. Avec approbation du roi. Var : La Passion de Monsieur Fouquet.
[48] Var : Cf. L’Innocence persécutée, « Instructions et Mémoires / que Nous soussigné cardinal / Mazarin ai donné à Colbert / pour gouverner après ma mort / et que je lui commande d’observer / dans son ministère », I.P., Dialogue de Mr Colbert, 1er entretien, v. 141-554.
[49] Var : « Celuy que je baiseray, c’est celuy même, prenez-le ! » L’auteur prête à Mazarin les paroles de Judas qui vient de trahir Jésus. Cf. Mt XXVI, 48 (t. II, p. 425) : « Celui que je baiserai, c’est celui là même que vous cherchez : Saisissez-vous de lui ». Dans Mc XIV, 44 (t. II, p. 451) : « Celui que je baiserai c’est celui que vous cherchez : Saisissez-vous de lui, & l’emmenez sûrement ».
[50] Var : « Il a voulu se faire Roy ! » Dans L’Innocence persécutée, Michel Le Tellier n’intervient pas en faveur de Fouquet de peur de ruiner son crédit. Son unique souci est sa rivalité avec Colbert. D’Ormesson, dans son Journal, t. II, p. 74, le juge « très politique » et on peut trouver quelque ressemblance avec Pilate, bien convaincu de l’innocence de Jésus mais qui accepte de le livrer à la mort pour éviter des troubles civils qui nuiraient à sa carrière. L’auteur anonyme de La Passion met dans la bouche de Le Tellier non les paroles de Pilate mais celles des Juifs qui accusent Jésus. Dans Mt XXVII, 11 (t. II, p. 427), Mc XV, 2 (t. II, p. 452), et Lc XXIII, 3 (t. II, p. 496), à la question de Pilate : « êtes-vous le roi des Juifs ? » Jésus répond : « Vous le dites : Je le suis ». Fouquet était accusé par le pouvoir d’avoir voulu se faire « roi de Belle-Île » à cause du célèbre « projet de Saint-Mandé ». Le Tellier porte ainsi la première accusation contre Fouquet alors que dans la réalité (et dans L’Innocence persécutée) il est seulement faible.
[51] Var : « Mr. Colbert. / Il a peché en trahissant le sang du juste ! » Colbert porte une seconde accusation aberrante puisque Matthieu met ces paroles dans la bouche de Judas. Cf. Mt XXVII, 4 (t. II, p. 426) : « J’ai peché en trahissant le sang innocent ». On reprochait à Fouquet une fortune acquise en détournant des fonds publics mais il n’a jamais été accusé d’avoir fait mourir quiconque. En revanche, cette attribution est ironique dans la mesure où Colbert, qui veut la perte de Fouquet, se place sur un plan moral alors même qu’étaient connus et son rôle, ainsi que celui de sa femme, dans les amours adultères du roi, et ce qui a été appelé « le lobby Colbert » (D. Dessert, « Le Lobby Colbert, un royaume ou une affaire de famille ? », Annales ESC, novembre-décembre 1975, no 6, p. 1303 à 1336).
[52] Var : « Mr. Seguier : Je suis innocent du sang du juste, et en lave mes mains ». Le texte imprimé met dans la bouche de Séguier le verset attribué au premier président dans le manuscrit. Cf. Jn XVIII, 31 (t. II, p. 529) : « Pilate leur dit : Prenez-le vous-même, & le jugez selon votre loi ».
[53] Le premier président ne figure pas dans le texte imprimé. « Pilate se fit apporter de l’eau & se lavant les mains devant le peuple, il leur dit : “Je suis innocent du sang de ce juste : ce sera à vous à en répondre” », (Mt XXII, 24 (t. II, p. 426)).
[54] Var : « Mr. Bernard, son juge : / Je ne trouve pas de preuve assez convainquante ». C’est une remarque de Pilate à l’attention des Juifs ; cf. Lc XXIII, 4 (t. II, p. 497) : « Je ne trouve rien de criminel en cet homme » ; Jn XIX, 6 (t. II, p. 530) : « Je ne trouve en lui aucun crime ».
[55] Var : « Mr. Boucherat, Conseiller au Parlement en ce tems là : / Bienheureux celuy qui ne se trouve pas en la compagnie des Mechans ». Cf. Prov. XXIV, 1 (t. I, p. 783) : « Ne portez point d’envie aux méchans, / & ne desirez point d’être avec eux ». En effet Boucherat fit une belle carrière et, à la date d’édition, était chancelier !
[56] Var : « Mr. Renard ». L’un des juges de la Chambre de justice. Il avait été chargé, avec Berryer, de poser les scellés à Saint-Mandé, mais il soupçonna Berryer d’avoir soustrait des papiers qui compromettaient Mazarin. Il conclut seulement à la relégation de l’accusé parce que, lors d’un procès de cette gravité, avait-il dit, il s’était trouvé de faux témoignages.
[57] On se rappelle que Fouquet déniait à la Chambre de justice le droit de le juger puisque son ancienneté dans la fonction de procureur général au Parlement le faisait relever de la seule juridiction de ses pairs. Pendant plusieurs séances, il refusa donc de répondre aux questions et le pouvoir décida de le faire juger comme un muet. Renard n’était pas plus hostile à Fouquet que Pilate à Jésus. Cf. Mt XXVII, 12-14 (t. II, p. 426) ; Mc XV, 4 (t. II, p. 452) ; Jn XIX, 9 (t. II, p. 530) : Pilate s’étonne que Jésus, qui risque la mort, ne réponde même pas à ses questions.
[58] Var : « Mr Brillac : / Je ne trouve point de sujet pour le condamner ! » Le ms Tralage 6541 ne comporte pas l’exclamation. Brillac, ou Brilhac, était l’un des juges. Il ne cessa de répéter qu’il était très embarrassé pour prendre parti. Il conclut à l’amende honorable, au bannissement pour neuf ans et à une amende de 100 000 livres. Cf. Lc XXIII, 4, 14 et 22 (t. II, p. 496-497) ; Jn XVIII, 38, et XIX, 6 (t. II, p. 530). Les deux évangélistes mettent ces paroles dans la bouche de Pilate. Voir aussi Ars., ms. 4171, « Tableau du Parlement de Paris », fo 415.
[59] Var : « Mr. Pussort ».
[60] Var : « Si vous ne le condamnez vous n’étes pas amis de César ! ». Cf. Jn XIX, 12 (t. II, p. 530). Les Juifs criaient à Pilate : « Si vous delivrez cet homme, vous n’êtes pas ami de César ». On se souvient que tous les contemporains s’accordent à dire que Pussort parlait avec emportement. Pussort, oncle de Colbert, qui lui avait obtenu une place au Conseil d’État, était, bien entendu, un juge tout acquis au service du ministre. Dans Le Tableau du Parlement de Paris on lit : « A de l’expérience des affaires, et sous une fausse probité cache beaucoup d’ambition, pour laquelle il s’entretient avec la cabale dévote, comme le moyen de parvenir à ses fins » (Ars., ms. 4171, fo 448). Sur son comportement lors du procès, voir Mme de Sévigné, Correspondance, Paris, Gallimard, 1972, t. I, p. 75. Pussort, qui avait parlé « quatre heures mais avec tant de véhémence, tant de chaleur, tant d’emportement, tant de rage, que plusieurs des juges en étaient scandalisés... » donnait plus l’impression d’être « la partie » de Fouquet que son juge. Le verset choisi montre sa servilité. Le pouvoir voulait la mort de Fouquet : Pussort vota pour la décapitation.
[61] Var : « Mr. Talon, procureur General de la Commission : / Il faut qu’un homme meure pour tout le peuple ! ». Cf. Jn XI, 50 (t. II, p. 520) ; XVIII, 14 (t. II, p. 529). L’auteur donne à Talon les paroles du grand prêtre Caïphe qui organise, en quelque sorte, la demande d’exécution de Jésus auprès de l’autorité romaine c’est-à-dire, dans notre contexte, la demande d’exécution de Fouquet auprès de Colbert et du roi.
[62] Var : « Mr. Berrier, Tresorier : / A quoy bon de chercher d’autres preuves ». Berryer fut chargé par Colbert de la confection de fausses pièces contre Fouquet. Sur Berryer, voir BNF, Dossiers bleus 83, fo 2083, fo 30.
[63] Rappelle le « Qu’avons-nous encore besoin de témoins » de Caïphe dans Mt XVI, 65 (t. II, p. 425) et Mc XIV, 63 (t. II, p. 452). Berryer, créature de Colbert, souhaitait, comme son maître, une condamnation rapide et, chargé de mettre les scellés sur les biens de Fouquet, il avait soustrait des papiers qui auraient constitué des preuves de l’innocence du surintendant.
[64] Var : « Les Provinciaux / Prenez. prenez le & le crucifiez ! ». Le terme « Les Provinciaux » désigne les membres de la Chambre de justice qui faisaient partie des parlements de province. Cf. Jn XIX, 6 (t. II, p. 530) : « Pilate leur dit : Prenez-le vous-même & le crucifiez ».
[65] Var : « Madame du Plessis / Je suis triste jusqu’à la mort ! ». Mme Du Plessis-Bellière, amie et confidente de Fouquet qui lui assignait un rôle dans son « projet ». Cf. Mt XXV, 26 (t. II, p. 424) et Mc XIV, 34 (t. II, p. 451). Les deux évangélistes mettent cette phrase dans la bouche de Jésus à Gethsémani, juste avant son arrestation quand, brièvement, il ressent « tristesse, angoisse, effroi ». On prête donc à l’amie de Fouquet les paroles de Jésus illustrant l’humaine difficulté d’accepter la volonté divine.
[66] Var : « Mr. Fouquet : / Seigneur, je leur pardonne, ils ne sçavent pas ce qu’ils font ». Cf. Lc XXIII, 34 (t. II, p. 497) : « Mon Père, pardonnez-leur : car ils ne savent ce qu’ils font », dit Jésus alors qu’il vient juste d’être crucifié. Ici, c’est Fouquet qui pardonne à ses bourreaux.
[67] Var : « Mr. Bernard / Vous me renierez trois fois avant que le coq chante ! ». Il s’agit sans doute de Charles Bernard, fidèle commis de Fouquet, qui sombra avec lui : emprisonné et taxé assez lourdement pour être « éliminé définitivement des milieux financiers » (D. Dessert, Argent, pouvoir..., p. 532), on peut comprendre que sa chute soudaine ait fait disparaître tous ses amis.
[68] Cf. Mt XXVI, 34 (t. II, p. 424) : « Je vous dis en vérité, qu’en cette même nuit, avant que le coq chante, vous me renoncerez trois fois » ; Mc XIV, 30 (t. II, p. 451) : « Je vous dis en vérité, que vous-même aujourd’hui, dès cette nuit, avant que le coq ait chanté deux fois, vous me renoncerez trois fois » ; Lc XXII, 34 (t. II, p. 495), et Jn XIII, 38 (t. II, p. 523). C’est la prédiction du reniement de Pierre. Dans les Bibles modernes, la traduction est différente de celle de Le Maistre de Saci puisque « renoncerez » a été remplacé par « renierez ».
[69] Var : « Mr. de la Baziniere : / Ne vous asseurez pas sur la faveur des Grands ». Cette réplique illustre le titre de Amos, VI, 1-7 : la Bible de Jérusalem le traduit par « Contre la fausse sécurité des grands », mais le titre est beaucoup plus long dans la version de Le Maistre de Saci : « Malheur aux riches, aux superbes, à ceux qui vivent dans les delices. Ils seront emmenés les premiers loin de leur païs. Il punira de mesme le reste du peuple d’Israël dont il déteste l’orgueil ».
[70] Var : « Mr Jeannin, Trêsorier : Je suis mené au supplice, comme un agneau innocent ». Cf. Jn X, 19 (t. II, p. 517) : « Moi j’étais comme un agneau docile mené à la boucherie », et Is LIII, 7 (t. II, p. 54) : « Maltraité, il s’humiliait, il n’ouvrait pas la bouche / comme l’agneau qui se laisse mener à l’abattoir... ».
[71] Var : « Mr. Guenegaud, secretaire d’État / S’il est possible, que je ne boive point cette coupe ». Cf. Mt XXVI, 39-42 (t. II, p. 424) ; Mc XIV, 36 (t. II, p. 452) ; Lc XXII, 42 (t. II, p. 495). Ce sont les paroles de Jésus avant son arrestation, émouvante réitération de la crainte exprimée à Gethsémani. Attribution ironique à Guénegaud !
[72] Sous le nom « Mr Girard » s’achève le manuscrit de l’Arsenal. G. Mongrédien a cru qu’il s’agissait de l’auteur (cf. L’Affaire Fouquet, p. 151) : « Un certain Girardin dans La Passion de M. Foucquet ». Mongrédien ajoute en note : Bib. Ars., ms. 6141, fo 438 ; Tableau du gouvernement de Richelieu et Mazarin, 1693, p. 346 ; le renvoi au Recueil n’explique pas cette erreur de lecture. Il ne peut s’agir de Pierre Girardin, homme d’affaires de Mazarin et important financier puisque, enlevé sur l’ordre de Condé, il meurt à Anvers, en 1657. Son frère, Claude, aurait très bien pu prononcer cette adaptation de Ps CXXVI, 1 (t. I, p. 749) : « Si le Seigneur ne bâtit une maison, c’est en vain que travaillent ceux qui la bâtissent » car, associé aux activités et à la fortune – aux deux sens du terme – de son frère, il voit la tragique et précoce fin de celui-ci avant de tomber lui-même, quatre ans plus tard, sous les coups de la Chambre de justice. Arrêté, très lourdement taxé et complètement ruiné, il est contraint à l’exil. Les réussites les plus fulgurantes, les ascensions sociales apparemment les plus solides peuvent être défaites en un instant... si Dieu le veut !
[73] BNF, D’Hozier, Dossiers bleus 139, 3441, 454, 12236, fos 1-3. Sur Pierre, BNF, D’Hozier, Dossiers bleus 454, 12236, fos 1-3, et D. Dessert, Argent, pouvoir..., p. 651-653. Cf. Ps CXXIX, 3 (t. I, p. 750) : « Si vous observez exactement, Seigneur nos iniquités ; Seigneur, qui subsistera devant vous ? ». Éloquent recours au « de profundis » !
[74] Cf. Ps VI, 1 (t. I, p. 659) : « Seigneur, ne me reprenez pas dans votre fureur, & ne me punissez pas dans votre colére ».
[75] Cf. Ps CXIII, A, 3 (t. I p. 73) : « La mer le vid, & s’enfuit ». L’auteur de La Passion, inverse, ironiquement, les termes du verset. Voir n. 37, p. 704.
[76] Adaptation de Prov. XXIV, 12 (t. I, p. 784), mais aussi de l’Épître aux Romains, II, 6 (t. II, p. 579) ou de Job, XXXIV, 11 (t. I, p. 649) : « Car il rendra à l’homme selon ses œuvres, & il traitera chacun selon les mérites de sa vie ».
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[1]
Nous avons, pour la publication de ces textes, adopté la g...
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[2]
Édition à paraître. Suite de la note...
[3]
Ars., ms. 4171, fos 505-507. Suite de la note...
[4]
Ars., ms. Tralage 6541, t. 1, fos 432-438. Suite de la note...
[5]
Châtelain, qui donne la référence du Recueil de Pierre du ...
[suite] Suite de la note...
[6]
G. Mongrédien, L’Affaire Fouquet, Paris, 1962, p. 151. Ni ...
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[7]
Ars., ms. 3148, fos 432-438 puisque ce manuscrit comporte ...
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[8]
Jn XVIII, 36 (p. 97), [Mon royaume n’est pas de ce monde]....
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[9]
[[Le Diable] rôde, cherchant que dévorer]. La Chambre de j...
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[10]
Jn XVIII, 11 (p. 97) : « Mitte gladium tuum in vaginam » [...
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[11]
Mt XXVI, 48 (p. 27) ; Mc XIV, 44 (p. 45) : « Quemcumque os...
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[12]
Jn XVIII, 31 (p. 97) : « Accipite eum vos, & secundum lege...
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[13]
[Pardonne-leur, ils ne savent ce qu’ils font] Lc XXIII, 34...
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[14]
Lm Jr I, 12 (p. 648) : « O vos omnes, qui transitis per vi...
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[15]
[Il a voulu se faire roi.] Cette phrase est un résumé des ...
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[16]
On prête à Colbert les paroles de Judas, pris de remords, ...
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[17]
Denis Talon était procureur général et Fouquet le considér...
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[18]
Guillaume de Lamoignon était premier président au Parlemen...
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[19]
Voir note suivante. Suite de la note...
[20]
Bernard de Rezé ou, plus justement, Besnard de Rezé fut no...
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[21]
Mc XIV, 60 (p. 45). Le texte de Marc est : « Non respondes...
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[22]
Brillac, ou Brilhac, était l’un des juges. Il ne cessa de ...
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[23]
Mt XXVII, 23 (p. 28) et Mc XV, 14 (p. 46) : Quid enim mali...
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[24]
[Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois] Mt XX...
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[25]
Ne sont concernés ici que les conseillers des parlements d...
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[26]
Boucherat, l’un des juges composant la Chambre de justice,...
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[27]
Berrier ou, plus exactement, Berryer. Sur lui, voir F. Dor...
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[28]
[Certes, je n’ai pas connu l’homme.] C’est le reniement de...
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[29]
La réponse de la servante qui a reconnu Pierre à son accen...
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[30]
Massé II Bertrand de La Bazinière, trésorier de l’Épargne ...
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[31]
Jeannin ou, plus complètement, Jeannin de Castille, trésor...
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[32]
Henri du Plessis-Guénegaud (dont l’Hôtel était le lieu de ...
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[33]
[Caché par crainte des Juifs.] Les Devises utilisent le ve...
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[34]
Ps CXXVI, 1 (p. 476) : « Nisi Dominus aedificaverit domum,...
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[35]
[Si tu examines nos iniquités, Seigneur, qui subsistera ?]...
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[36]
Jacques Amproux de Lorme avait été temporairement commis d...
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[37]
[Deux traductions possibles : il vit la mer et s’enfuit ; ...
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[38]
[C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez]. Mt VII, ...
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[39]
[Veillez pour ne pas entrer en tentation]. Mt XXVI, 41 (p....
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[40]
[Rendez à César ce qui est à César]. Mt XXII, 21 (p. 12) ;...
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[41]
[Leurs idoles sont l’argent et l’or.] Adaptation de Ps CXI...
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[42]
[Avec eux se tenait Judas qui le livrait]. Le texte comple...
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[43]
[Si j’ai mal parlé, fournis la preuve du mal. Mais si j’ai...
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[44]
Le Tableau de la Vie et du gouvernement de Messieurs les C...
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[45]
Ibid., p. 220-234. Suite de la note...
[46]
La Fontaine, Œuvres diverses, éd. P. Clarac...
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[47]
Pour la Passion de M. Fouquet, nous donnons les références...
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[48]
Var : Cf. L’Innocence persécutée, « Instructions et Mémoir...
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[49]
Var : « Celuy que je baiseray, c’est celuy même, prenez-le...
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[50]
Var : « Il a voulu se faire Roy ! » Dans L’Innocence persé...
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[51]
Var : « Mr. Colbert. / Il a peché en trahissant le sang du...
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[52]
Var : « Mr. Seguier : Je suis innocent du sang du juste, e...
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[53]
Le premier président ne figure pas dans le texte imprimé. ...
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[54]
Var : « Mr. Bernard, son juge : / Je ne trouve pas de preu...
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[55]
Var : « Mr. Boucherat, Conseiller au Parlement en ce tems ...
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[56]
Var : « Mr. Renard ». L’un des juges de la Chambre de just...
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[57]
On se rappelle que Fouquet déniait à la Chambre de justice...
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[58]
Var : « Mr Brillac : / Je ne trouve point de sujet pour le...
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[59]
Var : « Mr. Pussort ». Suite de la note...
[60]
Var : « Si vous ne le condamnez vous n’étes pas amis de Cé...
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[61]
Var : « Mr. Talon, procureur General de la Commission : / ...
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[62]
Var : « Mr. Berrier, Tresorier : / A quoy bon de chercher ...
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[63]
Rappelle le « Qu’avons-nous encore besoin de témoins » de ...
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[64]
Var : « Les Provinciaux / Prenez. prenez le & le crucifiez...
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[65]
Var : « Madame du Plessis / Je suis triste jusqu’à la mort...
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[66]
Var : « Mr. Fouquet : / Seigneur, je leur pardonne, ils ne...
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[67]
Var : « Mr. Bernard / Vous me renierez trois fois avant qu...
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[68]
Cf. Mt XXVI, 34 (t. II, p. 424) : « Je vous dis en vérité,...
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[69]
Var : « Mr. de la Baziniere : / Ne vous asseurez pas sur l...
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[70]
Var : « Mr Jeannin, Trêsorier : Je suis mené au supplice, ...
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[71]
Var : « Mr. Guenegaud, secretaire d’État / S’il est possib...
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[72]
Sous le nom « Mr Girard » s’achève le manuscrit de l’Arsen...
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[73]
BNF, D’Hozier, Dossiers bleus 139, 3441, 454, 12236, fos 1...
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[74]
Cf. Ps VI, 1 (t. I, p. 659) : « Seigneur, ne me reprenez p...
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[75]
Cf. Ps CXIII, A, 3 (t. I p. 73) : « La mer le vid, & s’enf...
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[76]
Adaptation de Prov. XXIV, 12 (t. I, p. 784), mais aussi de...
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