2002
XVIIe siècle
Les Nyert, exemple d’une ascension sociale dans la Maison du Roi au XVIIe siècle
Mathieu Da Vinha
Université Paris IV - Sorbonne.
« Ce Nyert était un vieux singe plus malfaisant qu’aucun des plus malins et des plus méchants de ces animaux et qui faisait sa cour au feu roi [Louis XIV] aux dépens de tout le monde, avec le jugement toutefois d’un valet d’esprit et d’expérience : aussi ressemblait-il en plein à l’avarice, à l’envie, à la haine. »
[1]
Lorsqu’on évoque la proche domesticité commensale de Louis XIV, le nom d’Alexandre Bontemps revient immanquablement à l’esprit. Ce complice de toujours (il est reçu en survivance de son père dès le 14 avril 1652) s’impose jusqu’à sa mort, le 17 janvier 1701, comme le plus fidèle Valet de Chambre du Roi. Sa seule présence au mariage secret de Louis XIV et de la marquise de Maintenon suffit à le faire passer à la postérité comme l’unique représentant des Valets de Chambre du Roi-Soleil. Il est devenu le modèle des serviteurs louis-quatorziens et l’historiographie moderne semble n’avoir retenu que son nom. C’est trop vite oublier le fait qu’ils étaient quatre à se partager cette charge, chacun d’eux servant le monarque trois mois par an. La plupart des premiers Valets de Chambre de Louis XIV ont été étudiés individuellement
[2]. Oubliés, les Nyert ont pourtant connu une destinée enviable à plus d’un titre. Leur ascension spectaculaire s’est faite sur deux générations à peine, voire sur une seule. S’ils n’eurent pas autant d’intimité avec Louis XIV que certains de leurs collègues, celui-ci ne les oublia toutefois pas dans ses bonnes grâces. Véritable dynastie de Valets de Chambre, ils ont marqué les règnes de Louis XIII et de Louis XIV, mais aussi de Louis XV.
Le portrait si peu reluisant laissé par l’acerbe Saint-Simon de l’un des représentants de cette famille ne donne guère envie de s’intéresser aux Nyert. Fils d’un premier Valet de Chambre, « ce Nyert » eut pourtant une existence des plus étonnantes au regard de son époque : il appartenait à ce qu’on appelait la « privance » du Roi. Si le souverain était visible de tous, très peu étaient autorisés à lui adresser la parole : quel rôle pouvait donc jouer cet homme en mesure d’approcher si aisément l’intimité du plus grand roi qu’ait connu l’ancienne monarchie française ? Ce n’était ni un grand seigneur ni même un favori, mais bien un simple « valet » comme l’a écrit si justement le duc mémorialiste. François-Louis de Nyert fut l’un des quatre premiers Valets de Chambre du Roi et par conséquent « un Officier considérable de la Maison
[du Roy] »
[3] ; il restait toutefois un serviteur que l’altier duc ne pouvait que décrier.
Notre connaissance de ces Valets de Chambre reste assez limitée. L’étude de la vie des Nyert devrait nous permettre d’éclaircir le système complexe de l’étiquette et de pénétrer la vie quotidienne de la « société de cour » analysée jadis très finement par Norbert Elias, lorsqu’il notait : « Les hommes de cour n’ont pas l’habitude de parler beaucoup des innombrables bras qui les servent : les domestiques vivent pour ainsi dire derrière le décor devant lequel se joue la pièce »
[4].
Les Valets de Chambre avaient un rang intermédiaire : ils étaient domestiques du Roi ; à cet effet, ils côtoyaient à la fois les Officiers au service du monarque et les grands seigneurs. Ils nous offrent donc un regard nouveau sur cette société : une vision intérieure de la jeune cour nomade puis de la cour sédentaire de Versailles à travers ceux qui y vivaient et y travaillaient, et non plus celle de courtisans eux-mêmes. Ils n’en étaient pas moins des « courtisans » dans le sens où ils habitaient aussi la résidence royale. C’est cette qualité hybride d’hommes de Cour
[5] et de serviteurs qui permet de dépasser l’image d’une société figée dans le marbre.
Valets de Chambre, ils n’étaient cependant pas de simples domestiques ; ils devenaient également des confidents à qui le Roi n’hésitait pas à parler et à demander conseil lorsque Versailles et ses milliers d’habitants s’endormaient. William Thackeray n’a-t-il pas écrit qu’un grand homme n’en est pas un pour son Valet de Chambre ? Nous pouvons légitiment penser que Louis XIV laissait plus facilement choir le masque de la majesté royale avec ses Valets. Ces conseils précieux étaient d’ailleurs l’objet d’énormes gratifications que le Roi accordait à ses serviteurs les plus dévoués. Comment dès lors ne pas attiser et susciter la jalousie des nombreux courtisans qui, la plupart du temps bien plus puissants par leur rang, cherchaient continuellement à atteindre le Roi, alors que ses Valets de Chambre pouvaient l’entretenir journellement ? Il existait donc un décalage entre la perception avilissante, voire déshonorante qu’on avait du métier de Valet de Chambre, et le pouvoir officieux que détenait son possesseur.
La vie de Pierre de Nyert puis celle de son fils François-Louis peuvent surprendre. À travers leur destinée, nous nous proposons non pas d’observer une institution (les Valets de Chambre) mais plutôt l’histoire d’une ascension familiale au Grand Siècle.
LA MUSIQUE, MOTEUR DE L’ASCENSION FAMILIALE
Avant d’être promu premier Valet de Chambre, Pierre de Nyert a gravité de longues années dans l’entourage des grands seigneurs. Il appartenait probablement à une bonne noblesse de robe
[6]. Il est né en 1597
[7] à Bayonne où sa famille exerçait déjà quelques fonctions notables. Selon Tallemant des Réaux, Nyert affirmait que « son grand-pere estant maire, du temps de la Saint-Barthelemy, empescha qu’on ne fist le massacre dans Bayonne »
[8]. L’implantation dans le Labourd est réelle pour cette famille. Nous trouvons déjà, dans les provisions d’offices de la Cour des Monnaies le 3 décembre 1557
[9], un Pierre de Nyert garde de la Monnaie de Bayonne. S’agissait-il déjà du grand-père de notre Valet de Chambre ? Plus d’un siècle plus tard, en 1684, lors de l’inventaire après décès – en présence de François-Louis de Nyert – de Mlle Laurence de Nyert à Paris, le sieur Picot est nommé comme exécuteur testamentaire de la défunte pour les biens qu’elle possédait dans la capitale, tandis qu’un sieur de Nyert, chanoine à Bayonne, l’est pour les biens basques
[10]. Ce berceau familial labourdin est indéniable, pourtant Pierre de Nyert ne semble pas y être resté longtemps. Les seules sources à même de nous renseigner sur sa jeunesse sont des sources littéraires
a posteriori relevant des mémorialistes.
Tallemant des Réaux, qui lui a consacré une historiette, révèle son goût précoce pour la musique qu’il pratique en amateur. Ce don de celui qui « a tousjours chanté, de façon qu’on ne pouvoit pas dire qu’il fist le chanteur » n’échappe pas aux seigneurs locaux. Il s’adonne non seulement au chant mais il manie également avec grande habileté le luth. Le duc d’Epernon
[11], gouverneur de Guyenne, le remarque et ne tarde pas à l’amener à Paris comme musicien. Transporté de salon en salon, Nyert est entraîné rapidement dans la haute société parisienne qui se bouscule pour venir écouter le talentueux chanteur. Le marquis de Mortemart
[12] se l’attache le premier comme domestique, il le fait son Valet de Chambre
[13]. C’est réellement Gabriel de Rochechouart qui lui permit, en le prenant sous sa protection, de devenir un intime du roi Louis XIII puis de son fils Louis XIV.
Au cours de l’hiver 1628-1629, le Roi de France était engagé dans un petit conflit européen. Il avait décidé de venir en aide au nouveau duc de Mantoue contesté par le duc de Savoie et l’Espagne. À la mort de Vincent II de Gonzague, le 26 décembre 1627, la succession du duché – qui occupait une position stratégique – éveillait la convoitise des principales monarchies. Au mois de février 1629, la rudesse de l’hiver se faisait sentir et le roi s’ennuyait en campagne. Louis XIII était logé à l’écart avec « son plus nécessaire service » (Saint-Simon), c’est-à-dire ses principaux Officiers domestiques. Claude de Saint-Simon
[14], le premier Gentilhomme de sa Chambre en année, se rappela avoir entendu Pierre de Nyert chez son ami le marquis de Mortemart. Sa vie durant, le fils du Béarnais goûta passionnément la musique ; tant et si bien que le Grand Louvetier de France pensa l’adoucir lors de ces étapes de montagne. Il invita Gabriel de Rochechouart à lui envoyer son musicien pour qu’il divertisse le roi dans ses moments de solitude. Mortemart dépêcha en toute hâte Nyert dans les Alpes. Le choix du premier Gentilhomme de la Chambre s’avéra judicieux. La voix et le luth de Nyert charmèrent tant le mélancolique souverain que Saint-Simon ne tarda guère à demander à son maître s’il consentait à l’abandonner totalement à Louis XIII. Après la victoire du 6 mars 1629, le destin de Pierre de Nyert était scellé.
Très tôt, et peut-être même avant le marquis de Mortemart, Nyert fut aussi attaché au service du maréchal de Créqui
[15]. Ce dernier, passionné par les arts et les lettres, l’avait engagé le premier comme suivant pour son divertissement. Si le Roi avait remarqué et apprécié le musicien, Nyert n’abandonna pas pour autant ses premiers bienfaiteurs. C’est ainsi qu’en 1633 Créqui l’emmène avec lui à Rome à l’occasion de ses missions d’ambassadeur
[16]. Ce voyage est capital dans la carrière musicale de Nyert. Il demeure en Italie pendant près de deux ans, durant lesquels il assiste aux représentations prestigieuses d’opéras donnés par les Barberini sur leur nouveau théâtre des
Quattro Fontane et se lie d’amitié avec de grands musiciens ultramontains. Nyert écoute et sait qu’il a beaucoup à apprendre. Il prend ainsi ce que les Italiens ont de mieux dans leur manière de chanter (plus d’expressivité, de souplesse, de nuances) et le mêle à celle des Français.
Lors de son retour à Paris en 1635, il s’empresse de proposer une réforme de la technique vocale : « Cette réforme, appliquée sans rigueur – il s’agissait seulement “d’ajuster la méthode italienne à la française”
[17] – rallia les musiciens les plus hostiles à l’art ultramontain ; elle préconisait une prosodie plus naturelle, une déclamation plus nuancée, une virtuosité plus agile dans l’exécution des ornements et des diminutions (doubles) et insistait sur l’importance de la prononciation et d’une bonne respiration »
[18]. Cette réforme s’imposa d’autant plus vite que Pierre de Nyert s’appliquait très strictement ces principes à lui-même. Son influence sur l’art lyrique est incontestable et l’air de cour en est bouleversé. La plupart des chanteuses de son temps, telles que Anne de La Barre, Hilaire Dupuy, La Varenne et Raymon, ont suivi son enseignement. Il conseille aussi les musiciens Boesset, Chancy, Cambert (au départ, concurrent de Lully), Bacilly, Sicard ou encore Lambert
[19]. Si Nyert fut l’initiateur de cette nouvelle technique, Bénigne de Bacilly fut le théoricien de la méthode à travers ses
Remarques sur l’art de bien chanter
[20]. Cet ouvrage maintes fois réédité demeura le bréviaire des chanteurs français durant plus d’un siècle.
Le talent de Nyert (loué par La Fontaine, Mme de Sévigné ou encore Charles d’Assoucy) dépassait largement les frontières françaises. Lors de sa visite en France en 1646, le compositeur napolitain Luigi Rossi
[21] s’établit à Fontainebleau où il prit contact avec les musiciens français. Rossi multiplia les compliments et les louanges à l’attention des musiciens encore hostiles à l’art italien qui s’était imposé avec le ministère Mazarin. Il reconnaît sans ambages le talent musical de Boesset et le talent lyrique de Nyert. Saint-Évremond rappelle à cette occasion que « Luigi ne pouvoit souffrir que les Italiens chantassent ses airs après les avoir ouy chanter à M. Nyert, à Hilaire, à la petite La Varenne. À son retour en Italie, il se rendit tous les musiciens de sa nation ennemis,
disant hautement à Rome que pour rendre une musique agréable, il falloit des airs italiens dans la bouche des François... »
[22].
L’ENTRÉE DANS LA MAISON DU ROI
Pierre de Nyert évolue dans l’entourage de Louis XIII depuis 1629 mais n’obtient une charge dans la Maison du Roi qu’en 1638. En juillet 1637 décédait Martin Sopitre, premier Valet de Chambre du Roi. Selon la tradition (non officielle), le plus ancien premier Valet de Garde-robe devait « monter à la chambre » ; Vincent Roger remplace ainsi Martin Sopitre dans la charge. Louis XIII voit ici l’occasion de récompenser celui qui l’enchante depuis des années avec son luth : Nyert est nommé à la Garde-robe et apparaît pour la première fois sur la liste de la Cour des Aides
[23]. Toutes les nominations aux charges qui approchaient le plus près du souverain se faisaient avec l’accord du Roi voire, comme ici, à son initiative.
Avoir été distingué par le Roi ne suffisait pourtant pas, encore fallait-il s’acquitter du prix de la charge que Louis XIII faisait l’honneur de confier à Pierre de Nyert. La plupart des charges de la Maison du Roi étant vénales, il fallut payer à Vincent Roger non seulement la valeur de l’office mais aussi une récompense de douze mille livres pour, comme on disait alors, le « dédommager » de ses bons et loyaux services. Nyert, bien qu’il chantât déjà régulièrement pour le plaisir du Roi, avait continué à percevoir dans les années 1630 les mêmes appointements du duc de Créqui. Pourtant, au moment de sa nomination, selon Tallemant des Réaux, Nyert semble sans fortune. Cette difficulté fut vite oubliée. Louis XIII fut généreux dès lors qu’il avait décidé d’avoir le musicien auprès de sa personne. Nyert « n’avoit pas un sou ; mais, comme il estoit en bonne reputation et qu’on voyoit bien que le Roy l’affectionnoit, il trouva cent mille escus avant que de sortir de la chambre de Sa Majesté ». Escomptant sans doute une semblable libéralité, il alla trouver la reine Anne d’Autriche dans sa chambre pour lui faire part de cette bonté. Il ajouta cependant : « Je suis bien empesché, car il me faut trouver quatre mille escus ».
La Reine ne lui donna rien. Il rencontra toutefois celle qui devait devenir sa femme. Entrée dans la Maison d’Anne d’Autriche en 1633
[24] comme femme de chambre, Jeanne de Falguerolles était fille d’un ministre de Languedoc, jeune veuve convertie. Gasconne comme lui, cette même origine géographique joua certainement en faveur du musicien ; elle lui proposa sur-le-champ de lui prêter l’argent qui lui manquait tant. Ce geste gratuit charma Pierre de Nyert qui tomba aussitôt amoureux de la bienfaitrice. Cet amour naissant fut cependant vite contrarié ; Nyert ne souhaitait pas aller à l’encontre de son maître. Louis XIII, éprouvant le plus grand mépris pour sa femme, ne voulait pas qu’il y ait une quelconque correspondance entre ses gens et ceux de la Reine. Le roi n’approuvait nullement l’affection que son nouveau premier Valet de Garde-robe portait à l’une des femmes de Chambre de son épouse. Sans cet amour qui le gênait dans sa profession, Nyert eût sans doute été promu plus rapidement premier Valet de Chambre, charge qui l’aurait encore plus rapproché du monarque.
Louis XIII ne pouvait toutefois s’opposer à cet amour, il se contentait seulement de répéter régulièrement à son fidèle serviteur : « Vous n’attendez que ma mort pour vous marier ». Jusqu’au décès de ce roi, et bien au-delà même, Nyert resta donc premier Valet de Garde-robe, bien qu’une charge de premier Valet de Chambre se libérât en 1640. La faveur royale pouvait s’en aller tout aussi vite qu’elle était arrivée. L’humeur royale est versatile. Charles d’Esmé de La Chesnaye en fit la triste expérience. Il avait été nommé premier Valet de Chambre en septembre 1635 et était très proche du roi. Pourtant en 1640, Louis XIII était partagé entre son Premier ministre et son favori. Cinq-Mars ayant découvert l’espionnage que faisaient La Chesnaye et Du Perray pour le compte du cardinal de Richelieu, le roi ne put que sévir : « Et à la court, le 19
e de ce mois
[mars], La Chainée premier vallet de chambre du roy et fort en ses bonnes graces fut chassé avec le Péré, frere de M
r le president de Bailleul, et quelques autres de leur cabale »
[25]. À cette occasion, Nyert aurait pu devenir premier Valet de Chambre, mais Louis XIII lui préféra Pierre Forest
[26]. Il s’en était tenu à la tradition, le nouveau promu étant le plus ancien de la Garde-robe. Cependant, le 21 avril 1643, Jean-Baptiste Bontemps – premier chirurgien du Roi, et donc étranger à la Garde-robe – succédait à Vincent Roger. Le Roi n’oubliait sans doute pas l’amour que Nyert portait à celle qui appelait Anne d’Autriche « Siresse ».
Lors de sa dernière maladie, Louis XIII se rappelle cependant les raisons qui lui avaient fait engager Nyert. Durant les courts moments de rémission, Nyert est l’un des trois musiciens auxquels il fait régulièrement appel pour le divertir. Marie Du Bois, Valet de Chambre ordinaire, a laissé un émouvant témoignage de la mort du roi
[27]. Il rapporte ainsi, le 24 avril 1643, que le souverain « commanda à M. de Niert, premier valet de garde-robe, d’aller prendre son luth, et il chanta des louanges à Dieu, comme
Lauda anima mea Dominum... »
[28]. Le musicien accompagne son maître jusque dans la mort qui intervint le 14 mai suivant.
Les paroles prophétiques de Louis le Juste se vérifièrent, les deux amants ne se marièrent qu’en 1644
[29]. Nyert avait respecté la mémoire de Louis XIII. De cette union naquirent deux fils. François, né à Paris le 2 février 1647, fut baptisé le 22 février suivant à Saint-Germain-l’Auxerrois. Il eut pour parrain François Servien, conseiller du Roi et abbé de Jouin. Il était le frère du puissant diplomate et financier Abel Servien
[30]. Un autre fils, Étienne, né peu de temps après, fut baptisé le 22 décembre de la même année avec pour parrain Étienne Jehannot de Bartillat, trésorier général de la maison de la Reine, et Renée de La Tannerie, femme de Denis de Nyert, secrétaire de la chambre du Roi, en fut la marraine.
Au début des années 1650, Pierre de Nyert paraît à son apogée social : il sert le roi, le récent duc de Mortemart (premier Gentilhomme de la Chambre) est l’un de ses amis et non plus son maître, il est respecté des milieux artistiques. Il aurait pu s’en tenir là, mais cela serait oublier l’ambition dévorante qu’avait Jeanne de Falguerolles pour son mari. Elle, qui cherchait toujours à obtenir des grâces pour les siens, « a obligé parfois telles gens à luy donner qui n’en avoient nullement envie » (Tallemant des Réaux). Elle venait de perdre son fils cadet, aussi fit-elle de son mieux pour que son fils François obtînt rapidement en survivance la charge paternelle de premier Valet de Garde-robe. Elle n’eut de cesse que le roi lui accorde cette grâce. En 1652, le jeune Louis XIV eut la bonté de se mettre à genoux afin que François, âgé de cinq ans à peine, puisse lui donner la chemise pour entrer en possession de ladite charge.
Dès la mort de Louis XIII, des changements étaient intervenus dans la Chambre du Roi, la Régente avait rappelé ses anciens fidèles : Henri Jacquinot et surtout Pierre de La Porte. Ce dernier, portemanteau de la Reine depuis 1621, fut de toutes les intrigues de la Cour. Il gagna complètement l’affection de la reine au mois d’août 1637, au moment de la célèbre affaire du Val de Grâce. Pressé de révéler ce qu’il savait de la correspondance d’Anne d’Autriche avec son frère Philippe IV d’Espagne, il sut garder le silence malgré l’embastillement. À la mort de Louis XIII, Anne d’Autriche ignora la tradition et plaça tout bonnement ses créatures ; la Chambre échappait de nouveau à Nyert.
PIERRE NYERT, PREMIER VALET DE CHAMBRE
À toute époque, le Roi devait être entouré de domestiques pour le servir. Ce personnel, plus ou moins important au cours des âges, devait se tenir à la disposition du souverain et prévenir ses envies. Cet ensemble de personnes, vivant à la Cour au plus près du monarque, constituait la Maison du Roi. Celle-ci se subdivisait en une maison civile (ou domestique) et une maison militaire. « C’est un ensemble hétérogène, constitué progressivement par ajouts successifs de services nouveaux sans suppression brutale des plus anachroniques »
[31].
La Chambre, l’un des principaux services de la Maison civile, gérait les affaires domestiques royales quotidiennes. Elle disposait pour cela d’un large personnel, dont les Valets de Chambre. À sa tête se trouvait le Grand Chambellan, grand Officier de la Couronne. Simple titre honorifique, il commandait cependant aux quatre Gentilshommes de la Chambre – chefs d’Office – qui servaient par année et avaient le véritable contrôle de celle-ci. Ces derniers avaient sous leurs ordres les quatre premiers Valets de Chambre, les trente-deux Valets de Chambre ordinaires
[32] et nombre d’autres personnes qui n’ont de Valet que le nom (les Barbiers, les Tapissiers, etc.) qui servent tous « par quartier », c’est-à-dire par trimestre. À lire Antoine Furetière, l’origine de ce mot
valet semble se perdre dans le temps. Cependant l’étymologie apparaît toujours comme très honorable. Celle qui paraît la plus vraisemblable, note l’auteur du
Dictionnaire universel, reste celle donnée par Pitou qui dérive le mot de «
vassalitus, diminutif de
vassalus : ce qui a plus d’apparence, parce qu’en Saintonge on appelle encore un
valet, vassal, qu’on tient venir de
vas, vadis, caution »
[33]. Le valet serait donc, à l’origine, un vassal qui devait foi et hommage à son souverain, en récompense de quoi le Roi lui offrait sa protection. Ce lien de « vassalité », en rien avilissant pour les domestiques, rapprochait étroitement le maître et son valet.
La fonction de Valet de Chambre telle que nous la connaissons sous Louis XIV remonte fort loin. Pour le règne de Philippe III le Hardi est conservé un état des « Officiers domestiques de l’Hostel du Roy Philipes iii dit le hardy. Année m. cc.lxxiiii (Extraict d’un Rouleau en parchemin qui a pour tistre
Expensa hospicii dñi Regis de Termino Caudelosae anno dñi m cc lxx quarto) »
[34]. Au verso du folio 231, nous nous apercevons qu’exerçaient auprès du Roi une centaine de « Valets de robe et autres »
(Robae Valetorum et aliorum), mais qu’en revanche il existait déjà 12 Valets de Chambre propres
(Valleti de camera)
[35]. Il faut savoir qu’au temps de Charles VIII, seuls les plus intimes compagnons du Roi portaient ce titre
[36]. Piganiol de La Force précise
[37] même que la qualité de Valet ou de Va
rlet était autrefois celle des plus grands seigneurs et des simples gentilshommes pas encore chevaliers. Bien après Philippe III le Hardi, il fallait toujours être gentilhomme pour être Valet de Chambre. Ce n’est que sous le règne de François I
er que les roturiers furent autorisés à servir en cette qualité, alors qu’ils ne pouvaient être auparavant que Valets de Garde-robe. Le titre de Valets de Chambre se déprécia alors aux yeux des courtisans et de la noblesse de race.
Personne n’était à l’abri d’une disgrâce. Nommé en mai 1643, Pierre de La Porte eut à se démettre de sa charge dix plus tard. Convaincu de la protection d’Anne d’Autriche, il crut pouvoir tout se permettre à l’égard du cardinal Mazarin qu’il abhorrait. Il explique longuement sa disgrâce dans les
Mémoires
[38] qu’il a laissés. Il fut le premier à coucher dans la chambre de Louis XIV lorsque celui-ci eut atteint ses sept ans et que l’enfant-roi « passa aux hommes ». Il lui était très attaché. Il lui semblait donc naturel d’avertir la Régente sur ce qui concernait son auguste fils. Il osa ainsi l’informer, alors que les domestiques du Roi le déshabillaient à la Saint-Jean 1652, d’un « attentat manuel qu’on venoit de commettre sur sa personne »
[39]. Il en accusait bien évidemment Mazarin, ce que ne put supporter Anne d’Autriche. La sanction ne se fit point attendre, la Reine le fit avertir de ne pas se présenter à son quartier d’avril 1653 et lui annonça froidement, toujours par l’un de ses domestiques, sa disgrâce. La Porte eut beau se justifier, la décision était prise et son remplaçant pratiquement désigné. Nyert, comme le rapporte La Porte, se montrait de plus en plus pressant :
On me laissa ainsi pendant sept à huit mois, pendant lesquels je m’en allai à une maison que j’avois en Brie, où Nyert, premier valet de garde-robe, vint me voir, pour me dire que c’étoit à lui à monter à la chambre, étant le plus ancien de la garde-robe. Je lui dis que comme je n’avois point commis de crime, et que Leurs Majestés étoient très justes, je ne croyois pas qu’elles me forçassent à donner ma démission ; que j’étois résolu de ne la point donner, et qu’il ne pouvoit prétendre à ma charge jusqu’à ce que l’on m’eût commandé de donner ma démission. [40]
Le moment était venu pour Nyert de rejoindre la Chambre. Pour ne pas se lancer dans une bataille qu’il était sûr de perdre, La Porte accepte de présenter sa démission. Grâce au duc Claude de Saint-Simon
[41], Nyert est désigné pour lui succéder. Celui-ci rachète à son possesseur la charge 100 000 livres en septembre 1653, soit le prix qu’elle avait coûté dix plus tôt. Si la transaction était la même en monnaie de compte, la valeur réelle avait en fait baissé par rapport à 1643.
Après s’être fait enregistrer à la Cour des Aides sur le « rolle » des
États de la France, Nyert rejoignait Clair Gilbert d’Ornaison de Chamarande
[42], Jean-Baptiste Bontemps
[43] et Jérôme Blouin
[44]. Nommé le dernier à la Chambre
[45], ses compagnons avaient le pas sur lui et le devançaient pour chaque avantage, notamment sur le choix du quartier. Pourtant, il fut autorisé à devancer et à prendre rang d’ancienneté devant Jérôme Blouin, pourvu le 1
er septembre de la même année en lieu et place de Pierre Forest. Cette grâce lui fut octroyée au nom de son ancienneté dans la Maison du Roi : « Le Roy considerans les services de 15 années qu’a fidellement rendus au feu Roy et a Sa Majesté le S
r de Niert en la charge de son premier vallet de garderobbe et qu’il ne serait pas juste qu’au prejudice de son ancienneté il fut precede en celle de l’un de Ses Vallets de Chambre ordinaires couchans en sa Chambre et ayant les clefs de ses coffres par le Sieur Blouyn pour en avoir esté pourveu d’un semblable deux mois seulement ou environ avant luy [...] »
[46]. Avec ses trois collègues, il se partageait le service proche du Roi. Voyons plus précisément ce que nous dit
L’État de la France à propos du rôle qu’ils tenaient auprès du Roi :
Ils ont chacun ordinaire toute l’année qu’ils prennent en argent, & servent indifféremment en la place l’un de l’autre : tout est commun entre eux, mais le plus ancien choisit de quartier. Ils font plusieurs fonctions honorables dans la Chambre, côme de garder la porte du Conseil, & même en absence des Premiers Gentils-hômes de la Chambre, de dôner l’ordre aux Huissiers. Ils couchent au pied du lit du Roy, & gardent les clefs des Coffres. La qualité de Premier qui avoit été omise dans leurs Provisions, leur a depuis été confirmée par Brevet. [47]
Cette description, bien qu’elle date de 1683, est conforme au service qu’ils effectuaient en 1653. Il fallut cependant attendre 1675 pour qu’on leur reconnaisse la qualité de premier, dénomination qui avait déjà cours sous Louis XIII. Jusqu’au brevet de 1675, ils étaient appelés « Valets de Chambre ordinaires couchans en icelle et ayans les clefs des Coffres ». Leur rôle visible le plus important se faisait lors des cérémonials du lever et du coucher, tandis que leur rôle officieux était bien plus important que ces simples manifestations institutionnelles. Ils transmettaient les placets les plus secrets au Roi, jouaient les intermédiaires entre le souverain et sa haute aristocratie, espionnaient pour le compte de Louis XIV ; véritables hommes de confiance du souverain, ils étaient en tout point l’équivalent de secrétaires particuliers – le mot reprenant son sens étymologique avec la racine « secret ».
Le nouveau titulaire eut encore l’occasion d’apprécier les qualités ambitieuses de son épouse. Elle fit preuve d’un nouvel acharnement pour que le seul fils qui lui restait, François, soit reçu en survivance de cette nouvelle charge. Tallemant des Réaux s’est fait une fois encore le conteur amusé de cette envie tenace :
... depuis il [Pierre de Nyert] fut fait premier valet de chambre, et, l’année passée [48], comme sa femme poursuivoit chaudement la survivance, le Roy lui dit : « Qui te donneroit quatre doits de parchemin te feroit bien aise ? — En vérité, oüy, Sire », dit-elle. — « Eh bien ! » adjousta le Roy en riant, « ce sera dans douze ans ». Le Cardinal la trouva ensuitte à la messe, et luy dit : « Que demandes-tu encore à Dieu ? ta chienne est retrouvée et ton filz a la survivance ». Elle luy saute au cou tout devant la Reyne, en luy disant : « Madame, excusez, s’il vous plaist, mon transport ».
François de Nyert obtint donc très jeune la survivance de son père, soit à neuf ans. Cela n’était pas rare. Quoi qu’il en soit, il est attesté comme survivancier de son père dès 1658
[49]. Bien qu’il fût occupé auprès du Roi durant son service d’octobre, Pierre de Nyert fut loin d’abandonner la musique. Ce « dieu du chant à qui la France doit ce qu’elle a de fin et de touchant dans la belle manière de chanter »
[50] continuait d’apparaître dans les salons parisiens et plus particulièrement chez la Signora Anna
[51]. La musique italienne y était glorifiée en dépit de l’ascension croissante de celui qui n’était encore que Giambattista Lulli. En 1662, dans les concerts que donne la dame, on peut entendre le musicien Carlo Rossi que sont venus écouter le premier Valet de Chambre, mais aussi les ducs de Mortemart et de Gramont, Hugues de Lionne et d’illustres étrangers tels que l’artiste multiple Constantijn Huyghens.
Depuis la mort du cardinal Mazarin en mars 1661, la mode n’est pourtant plus à la musique italienne. Le 16 mai suivant, Louis XIV promut celui qui l’avait fait danser dès 1653 dans le
Ballet royal de la Nuit surintendant de la musique du Roi, avant que des lettres de naturalité de décembre fassent du musicien florentin le Français Jean-Baptiste Lully. Pour lors, ce dernier n’inquiétait pas les défenseurs de l’art ultramontain. Dans le contrat de mariage de Lully avec Madeleine Lambert (fille du compositeur) signé le 14 juillet 1662 à Saint-Germain
[52], on reconnaît les signatures de Louis XIV, d’Anne d’Autriche, de Marie-Thérèse, des ducs de Mortemart et de Rochechouart, de Colbert mais également du chanteur Pierre « De Nyert, premier valet de chambre du Roi ». Rapidement le tout-puissant compositeur du roi régna en maître sur la musique dramatique et son privilège de l’opéra qu’il obtint en 1672 lui permit l’entier contrôle de la musique en France. Les amateurs de la musique italienne, Nyert en tête, regrettaient amèrement la cantatrice Leonora Baroni et les
œuvres de Luigi Rossi – et plus particulièrement son
Orfeo
[53] où s’illustrait le sopraniste Atto Melani. En 1677, Jean de La Fontaine ne s’y trompait pas lorsqu’il adressait à Nyert une épître sur l’opéra :
Niert, qui pour charmer le plus juste des rois,
Inventa le bel art de conduire la voix,
Et dont le goût sublime à la grande justesse
Ajouta l’agrément et la délicatesse ;
Toi qui sais mieux qu’aucun le succès que jadis
Les pièces de musiques eurent dedans Paris,
Que dis-tu de l’ardeur dont la Cour échauffée
Frondait en ce temps-là les grands concerts d’Orphée
Les longs passages d’Atto et de Léonora,
Et du déchaînement qu’on a pour l’opéra ? [54]
Nous n’avons cité que la première strophe de cette longue épître où La Fontaine – aigri par sa collaboration avec Lully – s’étonne de l’engouement des Français pour l’opéra de Lully alors que cet art fut si vivement critiqué à son apparition en France. Il note également un profond changement où place est donnée à l’orchestre et non plus aux chanteurs.
Pierre de Nyert vieillissait et entretenait une correspondance suivie avec Huyghens
[55] dans laquelle ils évoquaient leurs souvenirs. Les deux artistes s’adressaient des airs de Luigi Rossi ou autres pièces de théorbe d’Angelo Michele Bartolotti. Nyert suivait pourtant encore la Cour lors de ses déplacements, notamment à Saint-Germain où il disposait, comme ses collègues Bontemps et Chamarande, d’un appartement de faveur dans le Château-Vieux. Ce logement était assez spartiate comme le suggère la description : au dernier étage (soit le quatrième), « entrant à main gauche de l’Escalier qui monte à la sale des Balets / M. Bontemps. 1 chambre et 3 cabinets. / M. de Chamarande. 1 chambre 2 cabinets. 1 petite entresole. 1 passage. (...) / La Plateforme. 1 ch
re et 1 cabinet. M. de Nyert »
[56]. Toutefois, il se faisait remplacer de temps à autre dans son quartier par son fils François-Louis
[57], comme le lui permettait la survivance. Celui-ci était autorisé à servir le monarque depuis qu’il avait dix-huit ans, c’est-à-dire depuis 1665
[58]. Il le suppléa jusqu’à sa mort, qui intervint le 12 février 1682 :
Monsr Pierre de Nyert, aagé de 86 ans, premier valet de chambre du Roy, décédé en sa maison rue du Chantier, porté de l’église, en carrosse, dans celle des Capucins noirs, porte de Richelieu, en présence de M. François-Louis de Nyert, gouuerneur de Limoges et premier valet de chambre du Roy, son fils, et de Messire, etc. (Signé) François de Nyert. [59]
Cet acte, issu des recherches d’Auguste Jal, se fonde sur le document original. Il est très précieux dans le sens où l’ouvrage de l’historien fut écrit avant les événements de la Commune qui virent brûler l’état civil de Paris. En tant qu’héritier et légataire universel
[60], François-Louis devenait le titulaire de l’Office paternel ; proche en âge de Louis XIV, il pouvait être bien plus intime avec le Roi que ne le fut son père. « Ayant l’oreille du Roi », il utilisa au mieux son intimité avec le prince pour obtenir d’immenses grâces.
La citation de Saint-Simon mise en épigraphe de cet article concernait directement François-Louis de Nyert. Le duc n’hésitait pas à mettre en avant la cupidité du premier Valet de Chambre qui, à l’en croire, ne ressemblait en rien à son père. Méfions-nous cependant des portraits de l’aigri Saint-Simon. Tout ce qui touchait au souvenir de son père, et donc de Louis XIII, était sacré. Au contraire, il ne supportait pas le pouvoir accru qu’avaient acquis les premiers Valets de Chambre de Louis XIV, ces hommes qu’il comparait aux puissants affranchis des empereurs romains. Le duc de Villars était plus mesuré dans ses propos et parlait du « sieur Niel, très homme d’honneur »
[61]. Il faut toutefois préciser que ces jugements étaient portés sur des services qu’avait pu ou non rendre le premier Valet de Chambre. Selon Saint-Simon, Nyert lui aurait rendu de mauvais offices, tandis que la remarque du maréchal de France se référait à la présentation d’un placet salvateur au roi.
En 1682, à la mort de son père, François-Louis était déjà dans tous les secrets de la cour. Les amours royales ne lui échappèrent pas ; comme chaque premier Valet de Chambre, il menait Louis XIV vers ses liaisons adultères. Leurs pères étant amis, il fut très bien avec la marquise de Montespan. Ce qu’il était, il le devait à son musicien de père. Il entrait pleinement en charge de Valet de Chambre au moment où Louis XIV choisit Versailles, palais en perpétuelle construction, comme principale résidence de la Cour et siège administratif du pouvoir central. Nyert bénéficia rapidement d’un très beau logement de faveur dans le corps central du château
[62]. Beaucoup de grands seigneurs se seraient damnés pour un tel logement dont la superficie dépassait de loin les « cellules » aménagées dans les combles pour les milliers de courtisans.
Tout comme ses confrères, Nyert connut les bienfaits du roi. Comme le souligne l’acte de décès de son père, il était déjà gouverneur de Limoges en 1682, ce gouvernement lui ayant été accordé en février 1679
[63]. Très bien dans l’esprit du souverain, François-Louis n’eut aucune difficulté à obtenir un brevet de retenue de 100 000 livres sur sa charge de premier Valet de Chambre
[64]. Ces brevets – aussi appelés brevets d’assurance – étaient, selon Furetière, des brevets que le Roi accordait à ses Officiers qui entraient en charge, pour la conserver après leur mort à leurs héritiers, ou une partie de son prix
[65]. En fait, ils n’étaient pas forcément délivrés à l’avènement en charge, mais souvent avant le mariage. Ces brevets étaient une sorte d’assurance (d’où leur seconde appellation) pour la famille, au cas où l’Officier viendrait à mourir en charge sans l’avoir résignée.
Nyert était en effet amoureux d’une jeune protestante. Elle était hollandaise et se nommait Charlotte Van Gangel. Épris d’elle depuis des années, il attendit cependant qu’elle se convertisse à la religion catholique apostolique et romaine pour pouvoir l’épouser. Cette conversion, un peu forcée certes, intervint après la révocation de l’édit de Nantes en octobre 1685. Il eut la chance d’avoir le roi comme témoin (ce que faisait Louis XIV pour chacun de ses premiers Valets de Chambre) :
Niert, premier valet de chambre du Roi, fit hier signer S.M. son contrat de mariage avec Mademoiselle De Vangangel ; il y a dix ans qu’il en est amoureux, et il lui avoit toujours offert de l’épouser, si elle vouloit se faire catholique ; elle a demeuré ferme dans sa religion durant tout ce temps-là, quoiqu’elle pût être tentée par un si bon mariage ; enfin elle s’est convertie, et d’abord Niert est allé la trouver et lui a fait les mêmes offres ; elle est beaucoup moins riche que lui, et il est ravi de lui avoir donné une si grande marque d’amour. [66]
Les nouveaux mariés eurent plusieurs enfants. Louis naquit le 20 septembre 1686 à Paris et baptisé le 19 mars suivant dans la chapelle royale du château de Versailles par François d’Harcourt de Beuvron, aumônier ordinaire du Roi. Il eut pour parrain Louis XIV et la Dauphine de Bavière en fut la marraine
[67]. Le 17 avril 1689 naissait une fille, ondoyée à Versailles le lendemain. Un autre fils – également prénommé Louis – naquit le 2 septembre 1687 et fut baptisé le 22 janvier 1690
[68] à Versailles.
Cette étude sur les Nyert va nous permettre de corriger, sinon des erreurs, du moins des inexactitudes. Si Nyert ne connut pas autant d’intimité qu’en a connue Bontemps ou Blouin par la suite, il n’en fut pas moins l’un des « amis » de Sa Majesté. Bien qu’ils émettent des doutes sur la date exacte du mariage, tous les mémorialistes s’accordent à dire qu’Alexandre Bontemps fut présent à la cérémonie secrète qui unit Louis XIV à la marquise de Maintenon
[69]. Il ne nous appartient pas de discuter de la date. La nuit du 9 au 10 octobre 1683 paraît la plus vraisemblable et celle retenue aujourd’hui par les historiens. Il s’agissait précisément du quartier de François-Louis de Nyert. Couchant au pied du lit royal, comme le prescrivait le règlement, nous ne pouvons imaginer qu’il ne fut pas mis dans le secret.
De même, trois ans plus tard, l’extrême confiance de Louis XIV envers son Valet de Chambre se manifesta à nouveau. Il s’agissait pour le Roi de subir la « grande opération ». Cette intervention célèbre sur la fistule royale était un véritable secret d’État. M. Le Roi en a fait une très bonne description
[70]. Il a montré tout le secret qui se fit autour de cet événement, où seulement quelques personnes proches du Roi telles que Monseigneur, Mme de Maintenon, Louvois, le Père de La Chaise (son confesseur), d’Aquin (son premier médecin) et bien évidemment Félix (son premier chirurgien) avaient été mises au courant. En revanche, les autres membres de la famille royale, pas plus que la Cour, n’avaient été mis dans le secret. L’opération eut lieu le 18 novembre 1686 avant le lever du Roi. Par la force des choses, Nyert ne put qu’être instruit de l’événement. Pouvons-nous parler de complicité dans ce cas précis ? Tout à fait. Le serviteur avait à garder un secret que personne, pas même la famille royale, ne connaissait. Le Roi lui avait fait confiance, et par conséquent avait fait de lui un complice.
Le goût de la musique ne semble pas être passé à François-Louis, qui s’occupa plutôt d’obtenir des charges pour s’affirmer socialement. En 1688, le Roi lui faisait don d’une charge de Gentilhomme ordinaire de la Chambre
[71] :
Le 27, le Roi donna la charge de gentilhomme ordinaire, vacante par la mort de Gombault, à M. Nyert, son premier valet de chambre, qui étoit alors en quartier. Cette charge ne sembloit pas lui être convenable, mais il avoit appris qu’il faut toujours demander aux rois, qu’il faut recevoir tout ce qu’ils nous donnent, et que, en cas de besoin, il vendroit cette charge cinquante mille livres. [72]
Nyert enleva en même temps la survivance de cette charge pour son fils cadet Louis. Pour celui-ci, il réussit aussi à obtenir la survivance de la charge de Capitaine du Château du Louvre que possédait René Séguin
[73]. Le 17 juin 1699, après la mort de cet enfant intervenue le 22 mai
[74], le roi accepta que la survivance de ces deux charges passât à son fils aîné Louis
[75]. Ce dernier eut aussi la survivance de la charge de Concierge du Louvre. Entre-temps, Nyert avait acquis une terre qui lui permettait de se qualifier de marquis, bien que le nombre requis de dix terriers ne fût pas atteint. Le 8 février 1690, il achetait en effet à Jean-Baptiste Vallot
[76] la terre et seigneurie de Neuville et la châtellenie de Gambais
[77]. La bâtisse a fière allure. Construit en 1560, le château de Neuville a conservé intacte son allure défensive. Il se compose de cinq corps de bâtiments qui forment un pentagone. Des fossés pleins d’ « eau vive » entourent la maison, située à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Versailles. Nyert devenait marquis de Neuville. En novembre de l’année suivante
[78], le nom fut commuté en celui de marquisat de Gambais, terre plus aristocratique que Neuville
[79]. Plusieurs fiefs et seigneuries relèvent « en plain fief de la chastellenie de Gambais, membre du comté de Montfort. Le fief et château d’Ollivet d’Adamville, le fief et la maison forte de Neufville, du Coudray, de Rescouyn, du Jarrier, du Breuil, du Bas Breuil, du Pinçon, Barillet, de Houet, des moynes de Grand Champ, du maire de Bourdonné et s
grie de Bourdonné et maison forte du Clos »
[80].
Ce nouveau titre l’autorisa sans doute à se faire admettre dans les rangs des chevaliers de l’Ordre de Saint-Lazare, où il fut nommé en février 1694
[81]. Dans
L’état de la France, il apparaît aussi depuis des années sous la titulature : François de Nyert, premier Valet de Chambre du Roi, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, Gouverneur de Limoges, Bailli du Bailliage d’Aumont au comté de Bourgogne en Franche-Comté ; nous ne savons quand il acquit ce dernier office. La multiplication de ces charges faisait de lui un homme riche
[82]. Comme premier Valet de Chambre, il touchait 700 livres de gages auxquelles s’ajoutaient des appointements qui montaient la somme totale à 6 000 livres. Le gouvernement de Limoges était très bien pourvu, puisqu’il lui rapportait dans les années 1690 pas moins de 16 000 livres par an
[83]. Sa charge de Gentilhomme ordinaire lui rapportait 2 000 livres tandis que, après la mort des titulaires, les charges du Louvre lui rapportaient respectivement 1 200 et 400 livres (uniquement en gages)
[84]. Nous n’avons en revanche aucune information quant à ses gages de Bailli. Par ailleurs, le domaine de Gambais devait rapporter quelque 3 000 livres
[85].
Cette position sociale importante lui permit de marier son fils encore mineur (il n’avait alors que dix-sept ans
[86]) à Mlle Marie-Anne (de) Marsollier, fille unique de Denis Marsollier – très riche conseiller du Roi au Grand Conseil. Le mariage eut lieu le 19 mars 1704
[87] à la paroisse de Saint-Germain-l’Auxerrois :
On parloit aussi du mariage du jeune Nyert avec la fille de Marsollier, conseiller au Grand Conseil, qui passoit pour être très riche, et l’on assuroit que le père Nyert, qui étoit de quartier auprès du Roi, lui avoit présenté le père et la fille dans son cabinet. [88]
La dynastie était assurée. Comme si les bienfaits du roi ne suffisaient pas, François-Louis de Nyert connut aussi la fortune du sort. À la mort de Denis Moreau
[89] en 1707, il fut choisi par le défunt comme légataire universel. Les biens laissés étaient immenses :
Le 7, Moreau mourut sur le midi, et à l’ouverture de son testament, on apprit qu’il avoit fait Nyert [90], premier valet de chambre du Roi, son légataire universel, ne laissant à ses héritiers que les propres qu’il avoit hérités de son père, qui étoient très médiocres, au lieu que le legs qu’il faisoit à Nyert valoit deux cent cinquante mille livres. [91]
Le marquis de Dangeau s’est lui aussi fait l’écho de cet important héritage :
Moreau, premier valet de chambre de monseigneur le duc de Bourgogne, mourut ici. Il a fait Niert, un des premiers valets de chambre du roi, son légataire universel. On croit qu’il lui laisse la valeur de 100 000 écus qui étoient des biens d’acquêt. Il laisse à ses parents les biens qu’il avoit eus de sa famille. Il avoit un fort bel appartement dans le château, qui touche à celui de M. de Niert et que le roi donne à Niert le fils, qui en avoit un qu’on donne aux capitaines des gardes de M. le duc d’Orléans (...). [92]
Bien plus que les biens matériels, Moreau laissait un superbe appartement contigu à celui de Nyert dans lequel étaient exposés de véritables chefs-d’
œuvre. La princesse Palatine, après une visite dans cet appartement en 1702
[93], avait décrit à la duchesse de Hanovre la magnificence de celui-ci où trônaient des Poussin, mais aussi un Carrache, un Mignard, un Van Dyck, un Bassan et nombre d’autres
œuvres d’art.
Sa fortune assurée, Nyert partageait son temps entre Versailles
[94], Paris et son domaine de Gambais. De service en janvier depuis la mort d’Alexandre Bontemps en 1701, il n’assista pas directement à la dernière maladie de Louis XIV qui mourut le 1
er septembre 1715. Le quartier de juillet était assuré par Louis Quentin de La Vienne, marquis de Champcenetz
[95]. Comme le prévoyaient les codes commensaux, les Officiers du Roi furent reconduits immédiatement dans leurs charges et passèrent au service de Louis XV. La Couronne ne souffrait pas de vacance. Contrairement à Louis Blouin
[96], l’un de ses compagnons qui était également Gouverneur de Versailles, François-Louis de Nyert assura son service jusqu’à sa mort au Louvre le 13 juin 1719, à l’âge de soixante-douze ans. Il fut enterré en présence de son « fils Louis, gouverneur du Louvre, de M. André Dacier, garde du cabinet des livres du Roi, cousin du deffunt, etc. » (Saint-Germain-l’Auxerrois).
Il laissait un fils, qui avait eu lui-même plusieurs enfants nés respectivement en 1706, 1710 et 1712. Cette nouvelle génération ne se distingua pas particulièrement. Louis de Nyert mourut à son tour le 27 mars 1736. Son fils aîné, Alexis, disparut le même jour. Les charges passèrent donc au fils cadet, Alexandre Denis de Nyert. Ce dernier fut également un dessinateur qui laissa un portrait de Louis Alexandre Bontemps
[97]. Il mourut en 1744. La dynastie de Valets de Chambre du Roi n’avait plus d’héritiers. Le château de Neuville à Gambais resta cependant dans la famille Nyert jusqu’en 1765. Endettée après de nombreux travaux entrepris en 1750, Marie-Agnès de Nyert
[98], veuve du magistrat au Parlement de Paris Charles François Henry de Revol, vendit alors pour 400 000 livres le domaine de 3 000 ha au contrôleur général des Finances de Louis XV – le marquis de Laverdy
[99]. À la mort du ministre, le château passa à son gendre le marquis de Labriffe, famille à laquelle appartient toujours le domaine.
[1]
Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon,
Mémoires, éd. Yves Coirault, Paris, Gallimard, « La Pléiade », 1983-1988, 8 vol., t. I, p. 984.
Additions au Journal du marquis de Dangeau, le 15 juin 1719.
[2]
En effet, les Blouin ont fait l’objet d’une étude très précise en 1949 dans Roger de Saint Genois de Grand Breucq (comte),
Hierosme et Louis Blouin Premiers Valets de Chambre de Louis XIV et Gouverneurs de Versailles. Manuscrit dactylographié conservé aux Archives départementales des Yvelines, 1949, 1 F 72. De même, Alexandre Bontemps est systématiquement cité par les historiens comme le principal Valet de Chambre de Louis XIV et a fait l’objet d’un article : Lucien Souchon, « Alexandre Bontemps, un grand serviteur d’un grand roi », dans
Vieux Marly, 1964, t. II, n
o 8, p. 3-12. Quant à François Quentin de La Vienne, son destin exceptionnel d’enfant abandonné devenu baigneur, barbier puis premier Valet de Chambre est connu sans qu’on ait pour autant d’autres plus amples sources sur lui.
[3]
Antoine Furetière,
Essai d’un dictionnaire universel, Paris, 1690, art.
Valet.
[4]
Norbert Elias,
La société de cour, Berlin, 1969, puis Paris, Calmann-Lévy, 1974, rééd. Roger Chartier, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 1985, p. 22.
[5]
Voir Jean-Marie Apostolidès,
Le roi-machine. Spectacle et politique au temps de Louis XIV, Paris, Minuit, 1981, p. 51. J.-M. Apostolidès remarque déjà la qualité hybride de l’homme de Cour : « La cour constitue donc une sorte de creuset où viennent se fondre les différences qui pourraient désunir l’ensemble des courtisans. L’alchimie royale y engendre un composé nouveau, l’homme de cour, type idéal dessiné à travers les multiples traités d’éducation et de politesse mondaine ».
[6]
Sa noblesse fut confirmée par lettres patentes le 4 mai 1667, registrées en la Cour des Aides le 20 mai 1668, voir Arch. nat. : Z
1A 564.
[7]
Ou 1596, selon les documents. Malgré des recherches entreprises aux Archives de Bayonne, l’acte de baptême de Pierre de Nyert n’a pas été retrouvé.
[8]
Voir Gédéon Tallemant des Réaux,
Historiettes, éd. Antoine Adam, Paris, Gallimard, « La Pléiade », 1960-1961, 2 vol., t. II, p. 521-523. Toutes les prochaines citations de Tallemant des Réaux sont tirées de cette historiette.
[9]
Voir Arch. nat. : Z
1B 549.
[10]
Voir Arch. nat. : MC, ét/XX/402 – 3 juillet 1684.
[11]
Jean-Louis Nogaret de La Valette (1554-1642), premier duc d’Épernon. « Le mécénat actif du duc d’Épernon attire autour de lui, peu ou prou, tous ceux qui pensent, écrivent, dessinent et composent en Guyenne » (Véronique Larcade, « Une leçon de ténèbres : Saint-Simon et le premier duc d’Épernon », dans
Cahiers Saint-Simon, n
o 27, année 1999, 2000, p. 63).
[12]
Gabriel de Rochechouart (1600-1675), marquis puis duc (1650) et pair (1663) de Mortemart. Il fut premier Gentilhomme de la Chambre (1630) puis gouverneur de Paris et d’Île-de-France (1669). Il est le père de Mme de Montespan.
[13]
Cette information est confirmée dans Louis-François de Bouschet, marquis de Sourches,
Mémoires sur le règne de Louis XIV, éd. G.-J. de Cosnac et A. Bertrand, Paris, 1882-1893, 13 vol., t. I, p. 346 – 20 décembre 1685.
[14]
Claude de Rouvroy (1607-1693), duc et pair (en 1635) de Saint-Simon. Favori de Louis XIII, il eut entre autres charges celles de Premier Écuyer, Grand Louvetier de France, de Gouverneur de Blaye et de Meulan, de Bailli et Gouverneur de Senlis, de premier Gentilhomme de la Chambre. Il est le père du mémorialiste.
[15]
Charles I
er de Blanchefort de Créqui (1578-1638), marquis de Canaples, puis duc de Lesdiguières, maréchal de France (1621). Il achète en 1632 à Claude de Saint-Simon la charge de premier Gentilhomme de la Chambre pour son petit-fils Charles III, marquis puis duc de Créqui (1624-1687).
[16]
À ce propos, voir Nicolas Chorier,
Histoire de la vie de Charles de Créquy de Blanchefort, duc de Lesdiguières, Pair & Maréchal de France, Grenoble, 1683, éd. 1695, 2
e livre, p. 33 : « Il
[Créqui] apprit ainsi, que le principal suiet de son voyage à Rome étoit l’Obedience filiale, que le Roy vouloit rendre au pape, comme fils aisné de l’Église ».
[17]
La phrase exacte était : « ajuster la méthode italienne avec la françoise ». Voir André Maugars,
Response faite à un curieux sur le sentiment de la musique de l’Italie, éd. Thoinan, Paris, 1865, p. 40.
[18]
Voir André Verchaly, art. « Pierre de Nyert », dans François Michel (sous la dir. de),
Encyclopédie de la musique, Paris, Fasquelle, 1961, t. III, p. 313-314. Voir également Henry Prunière,
L’opéra italien en France avant Lulli, Paris, 1913, rééd. Champion, 1975,
passim.
[19]
Michel Lambert (1610 ?-1696), compositeur. En mai 1661, tandis que Jean-Baptiste Lully – qui épouse sa fille l’année suivante – reçoit la charge de surintendant, Lambert reçoit celle de la musique de la Chambre du Roi. Il est chargé d’éduquer les pages de la Chambre et de diriger les répétitions. Nyert perfectionna avec lui sa technique vocale ; « Avant eux on ne sçavoit guères ce que c’estoit de prononcer bien les paroles » (Tallemant des Réaux). Nyert a aussi composé ; nous ne conservons aujourd’hui qu’une seule de ses
œuvres qui se trouve à la Bibliothèque nationale. Voir Bibl. nat. fr., Département de la Musique, Rés. Vm
1 206, fol. 27 v
o-28 dans Berthod (R.P. François),
Livre d’airs de dévotion à deux parties ou conversion de quelques-uns des plus beaux de ce temps en Airs spirituels, Paris, Robert Ballard, 1656. Le même air est conservé dans l’ouvrage de Robert Ballard coté Rés. Vma. ms. 854, p. 108. C’est B. de Bacilly qui, dans son
Recueil (1661, p. 471), indique « Air de Mr de Niert ».
[20]
En fait, ce livre connut plusieurs éditions et titres différents, nous pouvons citer Bénigne de Bacilly,
Remarques curieuses sur l’art de bien chanter..., Paris, chez Charles de Sercy, 1661, in-8
o.
[21]
Luigi Rossi dit aussi Aloysius de Rubeis (1598-1653). Compositeur italien. Il s’établit en 1620 à Rome comme chanteur, guitariste et claveciniste au service de Marc-Antoine Borghèse puis à celui du cardinal Barberini en 1641. À l’avènement d’Innocent X, il suivit à Paris les Barberini venus se mettre sous la protection de Mazarin (1644). Il revint à Paris en 1646 pour composer son
Orfeo, qu’il joua au carnaval de 1647.
[22]
Charles de Marguetel de Saint-Évremond,
Œuvres, Londres, 1711, t. III, p. 206. C’est nous qui soulignons.
[23]
Voir Arch. nat. : Z
1A 472, année 1638.
[24]
Voir Bibl. nat. fr. : ms. fr. 7856.
[25]
François, marquis et maréchal de Bassompierre,
Journal de ma vie. Journal du maréchal de Bassompierre, éd. du marquis de Chantérac, Paris, Renouard, coll. de la « Société de l’Histoire de France », 1870-1877, 4 vol., t. IV, p. 330.
[26]
Pierre Forest fut premier Valet de Chambre de 1640 à 1653.
[27]
Voir notre article « Chronique d’une mort royale », dans
Notre Histoire, septembre 2001, p. 39.42.
[28]
Marie Du Bois,
Mémoire fidèle des choses qui se sont passées à la mort de Louis XIII, roi de France et de Navarre (21 février - 14 mai 1643), Michaud et Poujoulat, Paris, 1838, 1
re série, t. XI, p. 523-531, p. 526.
[29]
Dans son
Dictionnaire critique de biographie et d’histoire, Paris, Plon, 1867, Auguste Jal prétend qu’ils se sont mariés en 1646. Or dans le manuscrit français 7856, Jeanne de Falguerolles est notée comme « Demoiselle de Niert en 1644 », ce qui nous pousse à pencher pour cette date.
[30]
Abel Servien, marquis de Sablé (1593-1659), fut successivement secrétaire d’État à la Guerre (décembre 1630), plénipotentiaire en Westphalie lors des traités de Munster (1648), ministre (1649), chancelier et gardes des sceaux des ordres du Roi (1651-1656). Le fait que François Servien tint sur les fonds baptismaux François-Louis de Nyert montre l’importance du réseau social et relationnel qu’avait su tisser son père.
[31]
Jean-François Solnon, art. « Maison du roi », dans Bluche (sous la dir. de François),
Dictionnaire du Grand Siècle, Paris, Fayard, 1989, p. 941.
[32]
Ce nombre a varié au cours des règnes.
[33]
Antoine Furetière,
op. cit., t. III, art. « Valet ».
[34]
Cf. Bibl. nat. fr. : ms. fr. 21451.
[36]
Voir Jean-François Solnon,
La Cour de France, Paris, Fayard, 1987, rééd. Hachette, coll. « Livre de Poche Référence », 1996, p. 45-46.
[37]
Jean-Aymar Piganiol de La Force,
Introduction à la Description de la France et au droit public de ce royaume, Tome premier qui comprend tout ce qui s’observe auprès du Roi, l’état de sa Maison, ses Titres, ses Prérogatives, son Cérémonial, ses Officiers, & ceux de la Couronne, Paris, 1752, 3
e éd., p. 293-294.
[38]
Voir Pierre de La Porte,
Mémoires de Pierre de La Porte, premier valet de chambre de Louis XIV, contenant plusieurs particularités des règnes de Louis XIII et de Louis XIV, Paris, Foucault, coll. des « Mémoires relatifs à l’histoire de France » par Petitot et Monmerqué, 2
e série, LIX, 1827, voir plus particulièrement p. 433 et s.
[39]
Pierre de La Porte,
op. cit., p. 445. Sur ces accusations, voir Voltaire,
Le siècle de Louis XIV, dans
Œuvres historiques, éd. René Pomeau, Paris, Gallimard, « La Pléiade », 1957, p. 1179 : « Il y a dans ses
Mémoires une anecdote sur l’enfance de Louis XIV qui rendrait la mémoire du cardinal Mazarin exécrable, s’il avait été coupable du crime honteux que La Porte semble lui imputer. Il paraît que La Porte fut trop scrupuleux et trop mauvais physicien ; il ne savait pas qu’il y a des tempéraments fort avancés. Il devait surtout se taire ; il se perdit pour avoir parlé, et pour avoir attribué à la débauche un accident fort naturel ».
[40]
Pierre de La Porte,
op. cit., p. 439. C’est nous qui soulignons.
[41]
Voir Saint-Simon (duc de),
Additions à Dangeau, dans
Mémoires, t. I, p. 983 : « Le Roi
[Louis XIII] le goûta fort et si bien que Saint-Simon, voyant jour, au retour de ce triomphant voyage
[du Pas-de-Suse], de le mettre auprès du Roi, en parla à M. de Mortemart, qui fut ravi de cette fortune, que Saint-Simon dans les suites poussa jusqu’à le faire premier valet de chambre ». Il conserva toutefois sa charge de premier Valet de Garde-robe du Roi jusqu’en 1655. Le contrat de vente de celle-ci stipule qu’il s’en sépara contre 68 000 livres ; voir Arch. nat. : MC, ét/XLV/197 – 19 avril 1655.
[42]
1621-1699. Valet de Chambre du 18 janvier 1649 à décembre 1679.
[43]
1659. Valet de Chambre du 21 avril 1643 à 1659.
[44]
Vers 1610-1665. Valet de Chambre du 1
er septembre 1653 au 18 mai 1665.
[45]
Ses lettres de retenue étaient datées du 29 octobre 1653. Voir Arch. nat. : O
1 19, fol. 62 v
o (
Brevet qui confirme aux quatre premiers valets de Chambre du Roy la qualité de premiers, 15 mars 1675).
[46]
Voir Arch. nat. : O
1 1, fol. 63.
[47]
L’État de la France, Paris, Augustin Besoigne, 1683, t. I, p. 94.
[48]
Probablement en 1656, si l’on considère que l’historiette a été écrite en 1657.
[49]
Voir Bibl. nat. fr. : ms. fr. 22713, fol. 42 v
o.
[50]
Michel Lambert dans la dédicace de son livre d’
Airs de 1666, cité dans Henry Prunières et Lionel de La Laurencie,
La jeunesse de Lully, SIM, mars-avril 1909, p. 351.
[51]
Anna Bergerotti. Romaine de naissance, la chanteuse arriva à Paris en 1655 et charma tout de suite le public. Après le triomphe définitif de Lully, elle regagna Rome, probablement en 1668, où elle épousa un marquis italien.
[52]
Arch. nat. : MC, ét/XLVI/185 – 14 juillet 1662 (réserve). Voir Henry Prunières et Lionel de La Laurencie,
op. cit., p. 349-352.
[53]
Ce fut le premier opéra joué à Paris (le 2 mars 1647 sur la scène du théâtre du Palais-Royal). Il eut un grand succès et le jeune Louis XIV le vit plusieurs fois.
[54]
Jean de La Fontaine,
Œuvres diverses, éd. Pierre Clarac, Paris, Gallimard, « La Pléiade », 1958, p. 617-620.
[55]
Voir Constantijn Huyghens,
Musique et musiciens au XVIIe siècle. Correspondance et œuvres musicales de Constantin Huyghens, éd. W. J. A. Jonckbloet et J. P. N. Land, Leyde, E. J. Brill, 1882,
passim.
[56]
Voir BNF : ms. fr. 22714, fol. 108-108 v
o.
[57]
Ce second prénom qui n’apparaît pas à la naissance de François de Nyert fut sans doute ajouté rapidement pour commémorer les bienfaits de Louis XIII puis de Louis XIV envers la famille.
[58]
On le trouve ainsi de service en 1668 à la place de son père, voir Marie Du Bois,
Mémoires de Marie Du Bois, sieur de Lestourmière et du Poirier, gentilhomme servant du roi, valet de chambre de Louis XIII et de Louis XIV 1647-1676, éd. de Louis de Grandmaison, Vendôme, Société archéologique, scientifique et littéraire du Vendômois, 1936, p. 453 : « Et, au soir, à son petit coucher, après que tout le monde fut sorty de sa chambre, n’y ayant plus que Monsieur de Nielle le filz, premier vallet de chambre (...) ».
[59]
Auguste Jal,
op. cit., p. 922. L’acte provient de la paroisse de Saint-Nicolas-des-Champs à Paris. Jal en cite un second (du registre des Petits-Pères ou Saints-Augustins) pour le transport du corps aux Augustins dans lequel est signalée la date du décès.
[60]
Voir le testament de Pierre de Nyert – daté du 30 mars 1680 – conservé aux Archives nationales : MC, ét/XLV/251 – 13 février 1682.
[61]
Claude Louis Hector, maréchal-duc de Villars,
Mémoires du maréchal de Villars, éd. marquis de Vogüé, Paris, Librairie Renouard, « Société de l’Histoire de France », 1886-1904, 6 vol., t. I, p. 163.
[62]
Voir William Ritchey Newton,
L’espace du Roi. La cour de France au château de Versailles. 1682-1789, Paris, Fayard, 2000, p. 183 et Arch. nat. : O
1 1795 (pièce 55),
État des Logements – rédigé probablement en 1722. Cet appartement était identifié par le n
o 67 et avait une pièce sans cheminée (n
o 14) dans la suite des caves « sous la Bouche de la Reyne et partie de l’aile du midi » complétée par cinq pièces – dont deux à cheminée et quatre entresols dont une à cheminée – dans l’attique au-dessus du Grand Appartement de la Reine. La vue magnifique donnait sur le parterre du Midi.
[63]
Voir ses lettres de nomination données le 19 et 20 février 1679, citées dans
Registres consulaires de la ville de Limoges, t. IV, 1889, p. 43-46.
[64]
Arch. nat. : O
1 29, fol. 536, 4 décembre 1685.
[65]
Voir Antoine Furetière,
op. cit., art.
Retenüe.
[66]
Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau,
Journal, publié par Soulié, Dussieux, Chennevières, Mantz et Montaiglon, Paris, 1854-1860, 19 vol., t. I, p. 270-271 – 28 décembre 1685. Ceci est confirmé dans Sourches (marquis de),
op. cit., t. I, p. 346 – 20 décembre 1685 : « On vit alors quelques mariages à la cour, qui ne furent pas de grande conséquence, comme celui de Nyert, premier valet de chambre du Roi, avec une Mlle Van Gangel, fille d’un banquier hollandois, nouvelle convertie, de laquelle il étoit amoureux depuis longtemps, [...] ». Le contrat fut signé à Paris, chez Jacques Plastrier (étude LVI), le 27 décembre 1685 (voir le répertoire). Malheureusement, l’acte a été perdu. Pour quelques détails, on peut cependant se reporter à l’acte d’insinuation, Arch. nat. : Y 250, fol. 70-71 v
o.
[67]
Voir Arch. dép. Yvelines : 5 Mi 148
bis, année 1687, fol. 12 (paroisse Notre-Dame).
[68]
Ibid., année 1690, t. 2, fol. 61 (paroisse Notre-Dame). Un troisième fils, également appelé Louis et né le 4 mars 1690, a été baptisé le 6 mars 1690 dans la même paroisse, voir fol. 85. Ce dernier est probablement mort très jeune car très vite les mémorialistes ne parlent que des deux fils aînés de Nyert.
[69]
Voir par exemple les témoignages de : François Timoléon, abbé de Choisy,
Mémoires pour servir à l’histoire de Louis XIV, éd. Georges Mongrédien, Paris, Mercure de France, coll. « Le Temps retrouvé », 1966, p. 173 ; Marthe Marguerite Le Valois de Vilette, comtesse de Caylus,
Souvenirs, éd. Bernard Noël, Paris, Mercure de France, coll. « Le Temps retrouvé », 1986, p. 91 ; Marie-Jeanne, demoiselle d’Aumale,
Souvenirs de Madame de Maintenon, Paris, Calmann-Lévy, s.d., 3 vol., t. II, p. 169-170 ; duc de Saint-Simon,
Mémoires, t. V, p. 547 et Voltaire,
Le siècle de Louis XIV, p. 932-933.
[70]
Joseph-Adrien Le Roi,
Curiosités historiques sur Louis XIII, Louis XIV, Mme de Maintenon, Mme de Pompadour, Mme du Barry, etc., Paris, H. Plon, 1864, p. 57. Voir Antoine Vallot, Antoine d’Aquin, Guy-Crescent Fagon
, Journal de la santé du roi de l’année 1647 à 1711, publ. par J.-A. Le Roi, Paris, 1862, p. 174-175.
[71]
Arch. nat. : O
1 32, fol. 325 et v
o – 28 novembre 1688.
[72]
Marquis de Sourches,
op. cit., t. II, p. 282. Voir aussi marquis de Dangeau,
op. cit., t. II, p. 217.
[73]
Arch. nat. : O
1 37, fol. 206-208 – 30 octobre 1693.
[74]
Voir marquis de Sourches,
op. cit., t. VI, p. 156 : « Le 22, on sut que des deux seuls enfants qu’avoit Nyert, premier valet de chambre du Roi, le cadet étoit mort d’une fièvre maligne, et l’aîné étoit à l’extrémité du même mal ; terrible état pour un père qui aimoit ses enfants avec extrême passion, et qui d’ailleurs pouvoit leur laisser à chacun trente mille livres de rente ». Le 29 mai, Sourches précisait que le fils aîné allait beaucoup mieux.
[75]
Arch. nat. : O
1 43, fol. 177 v° - 181 v
o.
[76]
Ancien Capitaine au régiment des Gardes françaises de Sa Majesté. Il était le fils d’Antoine Vallot, Premier Médecin de Louis XIV de 1647 jusqu’à sa mort en 1671.
[77]
Voir les confirmations d’érection du marquisat de Neuville en faveur de François-Louis de Nyert (Arch. nat. : O
1 34, fol. 57 et 274 v
o, février 1690).
[78]
Arch. nat. : O
1 35, fol. 292.
[79]
« Le motif de ce changement de nom fut que la Terre de Gambais est plus noble que celle de Neuville, qui en est éloignée d’un tiers de lieue Sud ; la première relevant nuement de la Couronne, la seconde étant dans la mouvance du comté de Montfort, qui fut cédé, en 1690
[en fait en 1692], au duc de Luynes, en échange du duché de Chevreuse », dans M. de La Chesnaye-Desbois et M. Badier,
Dictionnaire de la noblesse, Paris, Schlesinger frères, 3
e éd., 1863, 19 vol. Art. « Gambais ».
[80]
Arch. privées château de Gambais. Ce fonds n’est pas encore déposé aux Archives départementales des Yvelines, nous tenons donc à remercier leur directeur, M. Arnaud Ramière de Fortanier, qui nous a aimablement communiqué l’inventaire qu’il a dressé au château.
[81]
Voir
Gazette de France, 13 février 1694.
[82]
Voir notre note 74 où le marquis de Sourches précise que, à la mort de son fils cadet, Nyert pouvait laisser pas moins de 30 000 livres à chacun de ses fils, ce qui supposait un important capital !
[83]
Voir Arch. Nat. : G
7, 1800, « États généraux des dépenses nécessaires à l’entretien des officiers dans les garnisons du royaume » (1695-1699 et 1705-1712). Il faut savoir qu’un gouvernement de ville moyenne rapportait généralement 10 000 livres par an.
[84]
Ses charges appartenaient juridiquement à son fils, mais il semble bien que, jusqu’à sa mort, ce fut François-Louis de Nyert qui en toucha les gages et appointements. Au sujet de cette charge, Dangeau, le 27 octobre 1693, précisait : « Cette charge vaut 6 000 francs d’appointements et donne un beau logement dans le Louvre », t. II, p. 384-385.
[85]
Voir Arch. privées château de Gambais. Dans les terriers de 1672, le 12 février, se trouve une évaluation de la châtellenie de Gambais, fol. 112 v° « “somme totale de la recette et revenu annuel de lad. chastellenie de Gambais” : 2 789 livres 9 livres 12 solz 6 deniers ».
[86]
Il avait obtenu la survivance de premier Valet de Chambre le 1
er décembre 1701 ; voir marquis de Dangeau,
op. cit., t. VIII, p. 249 : « Le roi après sa messe alla courre le cerf. En montant dans sa calèche il appela Nyert, son premier valet de chambre en quartier, et lui dit : “Je veux vous faire aimer Marly, et pour cela je vous donne la survivance de votre charge pour votre fils”. Ce fils a quinze ans, et est bien fait et joli garçon ».
[87]
Le contrat fut signé le même jour chez le notaire parisien Jean-Baptiste Guyot. Voir Arch. nat. : MC, ét/LXXXV/297 – 19 mars 1704.
[88]
Marquis de Sourches,
op. cit., t. VIII, p. 307 – 3 mars 1704.
[89]
Il fut successivement premier Valet de Garde-robe du Roi puis premier Valet de Chambre du duc de Bourgogne.
[90]
« Ils avoient été de tout temps intimes amis comme leurs pères, mais il n’avoit pas besoin de cette succession, étant très riche et n’ayant qu’un fils unique » (note du marquis de Sourches).
[91]
Marquis de Sourches,
op. cit., t. X, p. 435 – 7 décembre 1707.
[92]
Marquis de Dangeau,
op. cit., t. XII, p. 25 – 7 décembre 1707.
[93]
Voir Élisabeth Charlotte, duchesse d’Orléans, princesse Palatine,
Lettres (1672-1722), éd. Olivier Amiel, Paris, Mercure de France, coll. « Le Temps retrouvé », 1981, p. 214-215.
[94]
Outre l’appartement au château que nous avons mentionné, François de Nyert disposait d’un hôtel dans la ville – vraisemblablement construit dans le dernier quart du XVII
e siècle. Il se trouvait entre la rue Saint-François, le jardin des Récollets et celui de l’Extraordinaire des guerres (au n
o 1 de l’actuelle rue de Fontenay). Plusieurs plans de cet hôtel sont conservés aux Archives nationales. Voir O
1 1850
4 (pièces 1 à 11).
[95]
1689-1757. Fils du premier Valet de Chambre François Quentin de La Vienne, il fut Valet de Chambre du 9 août 1710 à 1757.
[96]
1660-1729. Fils de Jérôme Blouin, il fut Valet de Chambre de 1665 à 1715. À la mort de Louis XIV, il ne voulut pas servir d’aussi près un nouveau souverain et démissionna en faveur de François-Gabriel Bachelier.
[97]
1669-1742. Fils d’Alexandre Bontemps, il fut Valet de Chambre du 17 janvier 1701 au 23 mars 1742.
[98]
Probablement une fille de Louis de Nyert. Elle fit démolir l’aile où se trouvait le pont-levis (corps du bâtiment face à l’avenue qui menait au château) et qui fermait le pentagone. Elle recula une des ailes et la fit reconstruire quatre mètres en arrière dans un style plus classique.
[99]
Voir Joël Felix,
Finances et politique au siècle des Lumières. Le ministère L’Averdy, 1763-1768, Paris, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, 1999, p. 483-485.