Dix-septième siècle
P.U.F.

I.S.B.N.9782130533566
192 pages

p. 695 à 701
doi: en cours

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n° 221 2003/4

2003 XVIIe siècle

Maintenon ou les eaux au miroir des aqueducs et des canaux  [1]

Pierre Ronzeaud Université de Provence.
Avant d’ébaucher quelques remarques sur les communications littéraires entendues en ce bel après-midi d’automne, à Maintenon, où les jeux de la lumière et de l’eau sur les bassins du parc dessiné par Le Nôtre prennent une douceur atemporelle, je voudrais remercier les organisateurs de cette journée de la Société d’études du XVIIe siècle de m’avoir confié la présidence de cette séance, en ce lieu où, pour moi, les enjeux du retour sur le passé sont aussi affectifs que scientifiques.
L’Eure qui coule le long de la belle orangerie où nous nous trouvons me fait en effet fugacement entrevoir, obombrée de nostalgie, l’image de l’enfant et de l’adolescent que je fus, qui s’y baignait l’été, ou qui jouait, l’hiver, dans la neige, sous l’aqueduc qui se dresse en arrière-plan, comme une frise délicate circonscrivant l’espace du château sans le clore.
Cet édifice, arachnéen de loin, plus bourru et moussu de près, me servira de fil conducteur pour introduire ma petite conclusion à notre travail collectif : simple dette vis-à-vis de Maintenon, où je suis né, non sur les eaux comme Moïse dont nous a parlé Guillaume Peureux, ni même dans une bergerie, comme Céladon évoquée par Jean-Brice Rolland, mais, ce que ne pouvait savoir Maria Susana Seguin, au milieu du déluge des bombardements de la Seconde Guerre mondiale qui prirent souvent pour cible ce parc – si paisible aujourd’hui – où se tenait l’un des plus importants dépôts de munitions allemands de la région parisienne.
Tous les bonheurs de ma vie qui ont suivi se sont pourtant retrouvés dans l’instant où j’ai renoué avec lui : cette ambivalence de l’aqueduc m’est alors apparue comme le symbole des ambiguïtés des images littéraires de l’eau analysées par nos jeunes collègues.
En effet, si les contributions des historiens nous ont montré, ce matin, toute la valeur de l’eau pour l’existence des hommes du XVIIe siècle, celles que nous venons d’entendre ouvrent sur un double visage de l’élément liquide, qui peut s’avérer lustral, nourricier, émerveillant ou, à l’inverse, maléfique, destructeur, engloutissant.
Et cet aqueduc, dont les multiples représentations graphiques ou picturales ornent les galeries du château dont il couronne la perspective, s’est métamorphosé, pour la circonstance, en Janus tutélaire me permettant d’organiser mon propos sur ce mode contrastif.
D’un côté nous avons ces estampes qui nous offrent le dessein harmonieux d’un projet grandiose de conduction de l’eau de l’Eure à Versailles, dont la partie réalisée, que nous avons sous les yeux, le fut, en 1683, sous la direction de maîtres bâtisseurs célèbres : Vauban et La Hire. De l’autre côté, nous avons, en 1688, l’abandon de ce rêve prométhéen, et l’image qu’en donne un témoin historique transformé – à son corps de duc et pair défendant – en écrivain par son génie « brut » : Saint-Simon.
On sait que le mémorialiste n’aimait guère la dame du lieu, on connaît ses griefs contre le commanditaire : Louis XIV. Mais un autre témoin moins enflammé par l’esprit de diatribe : l’auteur inconnu des apocryphes Mémoires de la Cour de France pour les années 1688-1689, faussement attribués à Mme de La Fayette, fait état du même désastre transformé en déroute : « La quantité de maladies que cause toujours le remuement des terres mettait les troupes qui étaient campées à Maintenon où était le fort du travail, hors d’état d’aucun service ». Ces épidémies furent d’une « si grande violence » que Louvois envoya l’ordre au Marquis d’Huxelles qui les commandait « de faire décamper toutes les troupes » [2].
Dans son « Tableau du règne de Louis XIV », placé, après la mort de celui-ci, à la date de 1715, Saint-Simon, d’un ton moins neutre, stigmatise cet hybris mortifère en recourant à une extraordinaire rhétorique du scandale :
« Qui pourra dire l’or et les hommes que la tentative obstinée en coûta pendant plusieurs années, jusque-là qu’il fut défendu, sur les plus grandes peines, dans le camp qu’on y avoit établi et qu’on y tint très logtemps, d’y parler des malades, surtout des morts, que le rude travail et plus encore l’exhalaison de tant de terres remuées tuoient ? Combien d’autres furent des années à se rétablir de cette contagion ! Combien n’en ont pu reprendre leur santé pendant le reste de leur vie ! »
Il rappelle que ces travaux assassins ont été interrompus en 1688 (le roi avait en fait besoin de récupérer les troupes valides pour les envoyer à l’est, devant Philipsbourg, ou à l’ouest, pour fortifier Cherbourg) et évalue dramatiquement leur résultat, dans une clausule à la Bossuet : « ... il n’en est resté que d’informes monuments, qui éterniseront cette cruelle folie » [3].
Ces « informes monuments » c’est l’aqueduc que nous avons à l’horizon de notre regard, doré par le soleil déclinant, festonné de lierre, se dédoublant magiquement entre le ciel et l’eau.
Saint-Simon, mû par le démon des eaux, enchaîne alors immédiatement sur un autre lieu : Marly, réceptacle d’un prodige aquatique autrement brillant, mais qu’il condamne également, pour les mêmes raisons politiques, comme source de dépenses pharaoniques : « On ne dira point trop sur Marly seul en comptant par milliards ». D’autant que cette fortune a été dépensée pour la ridicule construction d’un « repaire de serpents et de charognes, de crapauds et de grenouilles ».
Mais, malgré son hostilité au projet, transparaît dans son écriture une réelle admiration pour le travail des ingénieurs ayant édifié ces merveilles hydrauliques : les confrères de ceux dont nous ont parlé ce matin Patrick Fournier, pour la Provence, Yannis Suire, pour le Marais Poitevin, Mark Jenner pour Londres. Il évoque ainsi pour les dénoncer, mais non sans fascination, les opérations d’une véritable magie : les « vastes espaces de bois épais et d’allées obscures subitement changées en immenses pièces d’eau où on se promenoit en gondoles, puis remises en forêts à n’y pas voir le jour dès le moment qu’on les plantoit », les « bassins changés cent fois », les cascades « à figures successives et toujours différentes » muées en « séjours de carpes ornés de dorures et de peintures les plus exquises, à peine achevées rechangées et établies autrement par les mêmes maîtres, et cela une infinité de fois » [4], et surtout cette prodigieuse « machine » avec « ses immenses aqueducs, ses conduites et ses réservoirs monstrueux, uniquement consacrée à Marly, sans plus porter d’eau à Versailles... » [5].
Derrière la condamnation du démiurge commanditaire royal perce un hommage indirect aux magiciens des eaux créateurs de ces merveilles.
Ainsi, « D’un aqueduc l’autre », Saint-Simon nous a montré que l’eau pouvait être plus forte que les hommes, se défendre contre leur volonté dominatrice et les exterminer, mais qu’elle pouvait aussi obéir à leurs caprices, pour embellir et poétiser leur vie.
Cette double polarité a été inscrite en creux dans chacune des communications littéraires qui viennent de nous faire naviguer du roman à la poésie et à la philosophie, du début à la fin du XVIIe siècle, mais elle n’a pas été le seul élément fédérateur les unissant.
J’en désignerai d’emblée un autre : la mise en avant de la puissance révélatrice mystérieuse de l’eau.
Dans son reflet, nous avons en effet vu miroiter la connaissance que l’homme peut avoir de lui-même, grâce à la quête spéculaire engagée par les bergers de L’Astrée ; la conscience qu’un poète comme Saint-Amant peut prendre de sa destinée d’écrivain, quand il contemple ses aventures « hasardeuses » sur les fleuves, au miroir de répondants allégoriques comme Arion ou Moïse ; l’image que l’humanité peut se faire de sa condition à travers les avatars de ses représentations du déluge.
Et j’ajouterai que dans ce tryptique spontanément constitué, plus que prémédité, si j’en crois les organisateurs de notre journée, de nombreux éléments ont fait signe du côté de la construction parfaitement concertée de la matinée des historiens.
Jean-Brice Rolland a en effet montré une utilisation romanesque nouvelle de ces cartes hydrographiques que Patrick Fournier nous a fait découvrir. D’Urfé ne s’est-il pas attaché à produire, pour son lecteur, une illusion référentielle en utilisant des toponymes de ponts, de sources ou d’embouchures réels, en évoquant les variations saisonnières des fleuves qui préoccupaient tant les ingénieurs ? Le fleuve chez lui est ainsi devenu le centre de l’espace représenté en une chorographie mimétique de la réalité forézienne.
Mais là où le roman recourt à des indices actuels pour produire un effet de réel, la grande poésie encomiastique, épique ou héroïque d’un Saint-Amant privilégie une reconnaissance culturelle qui nous éloigne des modèles existants. Les naïades de la Vistule, le dauphin d’Arion ou le berceau biblique de Moïse n’habitent pas le Marais poitevin, mais Guillaume Peureux nous a fait redécouvrir, en arrière-plan d’eux, une Seine bien réelle où le Rouennais a connu les expériences de danger aquatique expérimentées par d’autres de ses contemporains, même si ces derniers n’y ont pas vu le signe orphique d’une naissance à la poésie.
Quant à la littérature sur le déluge, explorée par Maria Susana Seguin, qu’elle considère celui-ci comme un mystère sacré ou comme un mythe, elle a dû, à l’instar de la science hydrologique française ou anglaise, se créer un espace de représentation : soit en en donnant une figuration cosmographique sous forme de scénario global (comme Descartes, Burnett ou Milton), soit en privilégiant une hypothèse locale (comme La Peyrère ou Vossius), soit en inventant d’autres mondes abritant une hydrographie symbolique (comme Cyrano de Bergerac qui fait du déluge, dans les États et Empires du Soleil le fruit des quarante jours de suée de la coction terrestre [6], ou comme Foigny qui en réinvestit toute la puissance dans le Balf, le fruit magique de sa Terre australe connue [7]).
Mais pour passer d’un roman pastoral ou de l’autobiographie fictionnelle d’un poète à l’histoire cosmique de l’univers, ou, pour le dire autrement du Lignon, de la Loire, du Rhône, de la Seine, du Nil, de la Vistule au déluge recouvrant la terre entière, il y avait un abîme à franchir pour nous, auditeurs de ces trois communications littéraires. L’Arche de Noé, en sauvant l’humanité nous a permis de le vaincre : les lointains descendants de ses fils : philosophes, théologiens, libertins du XVIIe siècle, ne cherchant à retrouver, dans cet épisode originel en forme de catastrophe planétaire rédimée, qu’une image d’eux-mêmes, en tant que membres de la communauté humaine comme en tant qu’individus, comme le faisaient les bergers du Forez dans le miroir des rivières ou les prophètes/poètes de Saint-Amant dans le reflet des fleuves.
À chaque réponse donnée à l’énigme du déluge, et à l’interrogation sur la condition humaine qui en ressort, que l’on fasse de l’homme un descendant de Noé ou un héritier des préadamites épargnés par les flots, correspond une représentation symbolique particulière de son rapport à l’élément liquide engageant une connaissance suprême. Il en va de même pour d’Urfé chez qui l’eau se met en sympathie avec la mélancolie qui habite l’être humain : elle révèle, dans ses profondeurs obscures, ses fantasmes, elle image par son écoulement sa déréliction, elle devient la source d’une vertigineuse psychagogie où l’âme se découvre. Il en va de même pour Saint-Amant chez qui, non plus la contemplation mais la plongée dans les eaux, les noyades et suicides miraculeusement évités, deviennent des morts initiatiques, transformant « Arion », « Moyse » et le « Je », le sujet lyrique, en poètes, nantis par ces « aventures » aquatiques d’un savoir supérieur.
Dans tous les cas, l’élément liquide révèle, mystérieusement, ce que l’homme est réellement. Chacun des auteurs dont on nous a parlé cet après-midi affirme ainsi, sur un plan métaphysique et sur un plan esthétique, une essentialité de l’eau, dans la représentation théorique de l’humanité, aussi fondamentale que son essentialité vitale, dans l’existence pratique des hommes, affirmée par les travaux des ingénieurs dont on nous a parlé ce matin. Dans les jeux et les enjeux des eaux, principes spirituels et données matérielles se répondent en miroir.
Pour en apporter, en conclusion de cette hasardeuse synthèse, une confirmation personnelle, je voudrais, in fine, évoquer le cas d’un individu en qui se rejoignent les deux caractères des personnages que nos collègues nous ont si bien fait découvrir, en ce qu’il était ingénieur et écrivain : Denis Veiras d’Alais, ses œuvres [8] permettant de mettre en abyme notre journée entière.
Une anecdote ( ?) l’affirmera d’emblée : Alès, sa ville natale, l’honore en 1860 d’une « Rue Vayrasse », dont la plaque fait référence à ses travaux de grammairien et au projet (1696) de travaux hydrauliques devant permettre de rendre navigable le Gardon, sans aucune référence à sa grande utopie narrative, reconnue depuis comme la plus importante dans l’histoire de la création de ce genre littéraire [9].
Une preuve textuelle, donnée par le péritexte de son roman, le confirmera immédiatement : la dédicace « À Monsieur Riquet, Baron de Bonrepos », le créateur du canal de Midi (1604-1680), comporte en effet une profession de foi que ne renierait aucun des ingénieurs évoqués ce matin. Le génie du baron y est loué pour l’ampleur de son projet et pour l’étendue de ses réalisations qui font « qu’une nation entière s’occupe principalement à faire des canaux, à dessécher des marais, à rendre fertiles des terres stériles et sablonneuses, à percer des montagnes ». Ces travaux qui laisseront « en mille lieux, des marques publiques & comme éternelles de son industrie et de sa magnificence », sont en outre d’un immense intérêt pour le Languedoc et pour la France, puisqu’ils unissent « la nature libérale & l’art ingénieux » pour donner « une heureuse abondance des choses véritablement utiles & nécessaires à la vie, au commerce & à la société » [10].
Les hydrauliciens provençaux et poitevins auraient été ravis de lire ceci, et leurs confrères londoniens [11] auraient sûrement abondé dans le sens d’un autre projet de Riquet de Bonrepos qu’évoque plus loin Veiras : « ... vous avez conçu le dessein de répandre dans Paris une plus grande quantité d’eau, que n’en répandirent jamais, dans la maîtresse du monde, ces illustres Romains, qui prodiguaient si libéralement leurs trésors pour acquérir l’amour et l’estime de leurs citoyens, par les biens, les commodités & les plaisirs qu’ils leur procuraient. Vous ferez, MONSIEUR, pour Paris, ce qu’ils firent autrefois pour Rome, quand vous aurez achevé le canal que vous avez commencé pour y faire venir une grande abondance d’eau, & pour la distribuer dans tous les endroits de cette grande ville, ce qui soulagera beaucoup ses habitants : & outre les grandes utilités qu’ils pourront en tirer, les fontaines & les jets d’eau qu’on y verra de tous côtés, en feront sans doute un des plus agréables ornements » [12].
Cette dimension esthétique des travaux aquatiques nous ramène à Marly et, n’en déplaise à Saint-Simon, à Maintenon, mais aussi aux merveilleuses fontaines du Forez, aux élégants ponts enjambant la Vistule, aux rives ombragées du Nil, et même aux berges bucoliques de la Seine évoquées par Saint-Amant dans d’autres pièces lyriques. Comme si la coopération des hommes et des eaux ne pouvait rien créer d’utile sans produire en même temps de la beauté, grâce à la magie de l’élément cristallin.
Je vous en donnerai une dernière preuve en vous faisant visiter, avec Siden, le héros anagrammatique du prénom de son créateur, le territoire utopien austral remodelé par son tout aussi anagrammatique fondateur : Sévarias.
La capitale, Sévarinde nous est décrite avec une insistance particulière sur les jeux de l’eau qui la rendent merveilleuse à vivre et admirable à contempler. Au centre de chaque maison collective (osmasie), il y a un jardin, une fontaine et un jet d’eau couronnant celle-ci. L’ingénieur l’emporte alors sur l’écrivain, la fascination technologique prend le pas sur la peinture poétique : « Cette eau vient du haut du toit où on la fait monter d’ailleurs pour éteindre le feu en cas de nécessité, & de là on la distribue dans les bains, dans divers offices, dans tous les appartements, & enfin dans la fontaine du parterre par divers tuyaux qu’on a mis en plusieurs endroits pour cet usage » [13].
Les tuyaux ont remplacé les sources de d’Urfé et les naïades de Saint-Amant. Mais s’il y a là un remède humain contre le déluge comme contre le feu du ciel celui.ci s’inscrit dans le projet utopique de Veiras qui consiste, comme pour Foigny ou Tyssot de Patot évoqués par Maria Susana Seguin, à autonomiser l’homme par rapport à ce qui le transcende : la nature ou le divin. Ce projet n’exclut pourtant pas le souci de la beauté puisque dans cette ville on « voit partout de l’eau, de l’ombre, des fleurs & de la verdure ». L’Arcadie forézienne, l’Oasis égyptienne, la Terre promise aux descendants de Noé ont trouvé, dans ce pays de nulle part, comme en Provence, comme dans le Poitou ou dans la campagne londonienne, leurs doubles modestes, à l’échelle humaine.
Et Veiras étend ceci à tout son territoire imaginaire, puisque les Sévarambes ont bâti leur pays autour du fleuve Sévarinde, donné le nom de celui-ci à leur ville qui devient l’exacte antithèse de l’Amaurote de More et de son fleuve Anydre (sans eau), et creusé « divers canaux, à travers leurs plaines, pour arroser partout les lieux arides, & d’autres pour dessécher les terres marécageuses » [14].
Ainsi, des canaux évoqués ce matin à ceux-ci, un lien s’est tissé, grâce au fantasme démiurgique de Veiras, unissant lieux réels, lieux littéraires et culturels (pastoraux, mythologiques et bibliques) dans l’écriture de la légende des relations des hommes à l’eau. Que celles-ci soient tragiques (des abîmes du déluge aux gouffres engloutissant les bergers désespérés et les navigateurs noyés, aux marais mortifères de 1683) ou qu’elle soient idylliques (des baignades des nymphes aux errances miraculées d’Arion et de Moïse, aux triomphes des bâtisseurs provençaux, poitevins, londoniens, marlésiens, languedociens, sévarambes), elles sollicitent toujours le meilleur de l’imagination humaine, technologique ou poétique.
Ainsi, dans les reflets des eaux du parc du château où nous nous trouvons, où je me retrouve, m’est apparue la cohérence de notre journée, symbolisée, en un raccourci somptueux, par l’ombre tutélaire, imposante et dérisoire, mais pathétiquement belle, de l’aqueduc de Maintenon.
 
NOTES
 
[1] J’ai tenu à conserver dans cette version publiée l’aspect d’immédiateté de ma synthèse orale, malgré quelques ajouts de précisions, de compléments, de citations et de références nécessaires, pour rendre hommage à la convivialité de cette journée, et pour en remercier les organisateurs.
[2] Cette œuvre apocryphe, publiée à Amsterdam en 1723, a été éditée comme telle par Roger Duchêne, en annexe de son édition des Œuvres complètes de Madame de La Fayette, P., François Bourin, 1990. Ici p. 731, 734, 738.
[3] Saint-Simon, Mémoires, année 1715, éd. Boislile, P., Ramsay, 1978, t. XI, p. 492-493.
[4] Les décors peints par Blain de Fontenay étaient repeints tous les ans.
[5] Op. cit., p. 494.
[6] Dans Cyrano de Bergerac, Œuvres complètes, I, Romans, éd. de Madeleine Alcover, P., Champion 2001, p. 220-221.
[7] Cf. Pierre Ronzeaud, Introdution à Gabriel de Foigny, La Terre australe connue, P., STFM, 1990.
[8] Je citerai celles-ci dans la récente réeédition de L’Histoire des Sévarambes, par Aubrey Rosenberg, P., Champion, 2001.
[9] Cf. la note 22 de l’Introduction d’Aubrey Rosenberg, op. cit., p. 12.
[10] Ibid., p. 57-58.
[11] Veiras, protestant à l’origine, a longtemps vécu en Angleterre, à partir de 1660 jusque vers 1674, protégé par Buckingham dont il fut sans doute espion, puis par le ministre Arlington, ami de Locke et de Samuel Pepys. Auteur, en 1681, d’une Grammaire méthodique du français, traduite en anglais en 1683, il a publié en anglais en 1675 The History of Sevarites, première partie de notre Histoire des Sévarambes, publiée avec ses suites en 1677. Mais s’il s’est inspiré de réalisations technologiques anglaises, c’est de celles des ingénieurs du pays de Galles, dont il a visité les mines, qui lui ont servi de modèles pour les tunnels, les chariots et les ascenseurs qu’il évoque comme autant de moyens de franchissement initiatique sur le chemin qui permet (par le ciel et par l’enfer) d’atteindre le pays Sévarambe en traversant les montagnes, op. cit., p. 122.
[12] Ibid., p. 59. Veiras évoque un autre ingénieur, « Monsieur Demanse », chargé de prendre le relais de ce grandiose projet, tandis que Riquet de Bonrepos achèvera « ce grand ouvrage de jonction des deux mers » qu’il a déjà conduit près de sa fin (p. 59-60).
[13] Ibid., p. 144.
[14] Ibid., p. 145.
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J’ai tenu à conserver dans cette version publiée l’aspect ...
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Saint-Simon, Mémoires, année 1715, éd. Boislile, P., Ramsa...
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[4]
Les décors peints par Blain de Fontenay étaient repeints t...
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[5]
Op. cit., p. 494. Suite de la note...
[6]
Dans Cyrano de Bergerac, Œuvres complètes, ...
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[7]
Cf. Pierre Ronzeaud, Introdution à Gabriel de Foigny, La T...
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[8]
Je citerai celles-ci dans la récente réeédition de L’Histo...
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[9]
Cf. la note 22 de l’Introduction d’Aubrey Rosenberg, op. c...
[suite] Suite de la note...
[10]
Ibid., p. 57-58. Suite de la note...
[11]
Veiras, protestant à l’origine, a longtemps vécu en Anglet...
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[12]
Ibid., p. 59. Veiras évoque un autre ingénieur, « Monsieur...
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Ibid., p. 144. Suite de la note...
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Ibid., p. 145. Suite de la note...