2004
XVIIe siècle
La poésie italienne du début du XVIIe siècle, à l’aune du pétrarquisme : nouvelles valences d’une notion ‘marginale’
Jean-Luc Nardone
Université de Toulouse II.
La fin du XVIe siècle est largement dominée par la figure du Tasse (1544-1595), dont l’
œuvre marque encore les esprits et la littérature des premières décennies du XVII
e siècle italien. Pour comprendre et interpréter les courants qui fondent la poésie de ce début de siècle – le premier quart
grosso modo – la critique contemporaine
[1] s’est accordée jusqu’ici à estimer, d’une part, la poésie baroque de Giovan Battista Marino (1569-1625) et, de l’autre, le « classicisme »
[2] de l’un de ses aînés, Gabriello Chiabrera (1552-1628). Mais dans le même temps qu’elle propose cette lecture globalement binaire des approches poétiques, cette même critique, qui constate qu’il est difficile d’opposer radicalement la poésie lyrique de Marino et celle de Chiabrera, s’applique à moduler son analyse notamment en multipliant les exceptions ou en les réorganisant suivant des critères subalternes
[3].
Sans chercher à gommer leurs spécificités, on peut considérer que les deux poètes non seulement restent attachés à la production du Tasse mais, plus encore, à ce qu’il convient d’appeler le « goût » de leur temps, formant « un cadre unitaire, complexe et multiple »
[4]. Cela peut paraître
a posteriori une évidence, que la violence des polémiques
[5] entre ceux qu’il est coutume d’appeler « marinistes » et « antimarinistes » tendrait toutefois à masquer. Ainsi Chiabrera s’inscrit-il dans le mouvement du baroque par une série de choix stylistiques déjà bien identifiés par G. Getto
[6] : mondanité courtisane de salon, liberté d’invention lexicale, attrait insatiable pour l’expérimentation de formes métriques nouvelles, recherche de mètres, de vers et d’accents inhabituels, etc. C’est d’ailleurs dans cette perspective qu’il faut replacer l’intérêt de Chiabrera pour la poésie grecque en particulier – à travers le filtre de la
Pléiade –, où les poètes antiques offrent (et consacrent) une quantité extraordinaire d’innovations techniques dont les
canzonette, qui font la gloire de sa production, sont l’émanation. Dans le même temps, si le grand poème marinien s’impose comme le chef-d’
œuvre de la littérature baroque, la poésie lyrique de Marino, celle des
Rime, ne s’est pas affranchie de l’héritage non seulement du Tasse, mais encore de Pétrarque, voire des pétrarquistes napolitains. Tel est, en tout cas, l’avis
[7] tant de l’un de ses contemporains, Camillo Pellegrino, avis qu’il exprime dans son
Concetto poetico paru en 1598
[8], que celui de la critique, y compris la plus récente
[9]. On se souviendra d’ailleurs que les
Rime de Marino paraissent pour la première fois en 1602 puis sont republiées en 1614 sous le titre de
La Lira : l’abandon de la forme épurée et classique du titre de
Rime n’obère en rien la permanence d’une écriture bien souvent « classique », tant dans le choix des vers (l’hendécasyllabe et l’heptasyllabe) que dans l’homogénéité des formes – du sonnet pétrarquien notamment. Non pas que la poésie de Marino se résolve dans cette écriture traditionnelle, bien évidemment, mais la référence au modèle toscan ne fut en réalité en rien un obstacle à l’essor d’un style nouveau qui pût conduire jusqu’au baroque. Car si l’un des traits saillants du baroque est la profusion de figures de style riches, voire enrichies, on se souviendra qu’hyperbates, métaphores, hyperboles, paronomases, paradoxismes, antithèses, hypotyposes, périphrases et autres corrélations sont déjà présents dans le
Canzoniere de Pétrarque qui en fait, il est vrai, un usage élégant et bien à propos ; Marino et de nombreux marinistes s’attachent à en épuiser les prouesses.
De notre tentative de souligner l’impossible exclusion réciproque du baroque et du classicisme, plus que le simple rapprochement de ces deux courants, nous retenons avant tout l’abondance de poètes « intermédiaires » qui constituent d’innombrables nuances dans un large spectre poétique. Là encore, la position des critiques est inconfortable, qu’il s’agisse de rassembler sous une même étiquette – celle de « marinistes » notamment – une pléiade d’expériences qui se réclament plus ou moins (et parfois plus
puis moins) de Marino, ou qu’on essaie d’organiser, à la manière de G. Getto, « trois lignes »
[10] secondaires qui courraient de Marino à Chiabrera. De cette
variatio inextricable se dégage toutefois en filigrane une notion qui a pu paraître marginale, celle du pétrarquisme
[11] ; d’une marginalité, en fait, qui s’incarnerait dans le courant conduit par un Tommaso Stigliani (1573-1651), auquel on consacre bien peu d’espace en règle générale. Nos quelques pages introductives ont rappelé, si besoin était, qu’il n’est pas, en ce premier quart du XVII
e siècle, d’écriture autonome ou autarcique ; mais nous voulons nous attacher ici à reconsidérer la vision d’ensemble de cette période à travers le prisme d’un pétrarquisme qui apparaîtrait comme l’une des clés d’interprétation essentielles dans une perspective d’organisation de l’écriture lyrique, non pas
entre baroque et classicisme, mais
dans les systèmes esthétiques qui les sous-tendent.
Lors d’un colloque consacré à la poésie pétrarquiste en Europe, il nous a été permis d’esquisser une définition de la notion de pétrarquisme. Notre démonstration concluait que Bembo n’invite pas à « imiter » Pétrarque parce que l’imitation affirme l’infériorité de celui qui imite :
Bembo laisse largement ouverte la perspective d’une grande littérature en langue vulgaire, à la condition d’une régulation forte, contraignante, précise, en l’absence de laquelle – comme cela a été le cas au XVe siècle – on assiste à une prolifération d’imitateurs sans valeur. [...] Dans l’usage des mots, le choix des formes, l’invention des tournures, [Pétrarque] est une source inépuisable non pas d’imitation mais d’inspiration. [12]
D’une manière certaine, le génie du Tasse vient corroborer l’idée que Bembo n’a pas fermé l’espace – voire l’a préparé – susceptible d’accueillir un immense poète. C’est à partir de cette définition du pétrarquisme que l’on peut essayer, répondant à l’invite de B. Croce, il y a presque un siècle, d’organiser les expériences poétiques du début du XVIIe siècle, les unes par rapport aux autres, en trois grands groupes, simplement.
Par son rejet ostentatoire des pétrarquismes qui l’ont pourtant nourri – y compris Marino comme nous l’avons dit –, le premier groupe est celui des poètes dont la production s’inscrit dans un « antipétrarquisme baroque ». Depuis la fin du
Trecento, toute la littérature italienne est parsemée d’auteurs ou de courants antipétrarquistes. L’antipétrarquisme du début du XVII
e siècle est l’aboutissement d’un processus, déjà engagé dans l’
œuvre du Tasse, qui culmine dans celle de Marino. Il consiste essentiellement en une opposition formelle, un rejet, en quelque sorte d’un « goût » dépassé qu’il convient d’adapter au goût du jour, tel que le forge l’hégémonie indiscutable des cours au début du
Seicento. La vertu de Marino au premier chef, et de ses épigones, réside dès lors en cela que l’antipétrarquisme est porté à son plus haut degré d’excellence et d’inventivité. Ce rejet que nous disions sous-entend non seulement une connaissance approfondie du pétrarquisme renaissant mais aussi de l’
œuvre de Pétrarque même, figure désormais classique de la littérature européenne. Que l’écriture des
Rime s’inscrive dans une perspective antipétrarquiste nous paraît manifeste, suivant l’un des procédés les plus communs en la matière, à savoir la présence de formes thématiques, lexicales, prosodiques traditionnelles qui mettent en relief les innovations de l’auteur
[13] ; mais, plus encore, il nous semble que la poésie lyrique qu’il est d’usage d’appeler « mariniste » n’hésite pas à puiser dans la veine même des antipétrarquismes dont elle est, en quelque sorte, le paroxysme
[14].
Le deuxième groupe serait celui des « pétrarquistes baroques », guidé par un Chiabrera ; parce qu’il nous apparaît en effet que l’essentiel de ce qui distingue les poètes dits « baroques » des poètes
classicisti n’est justement pas le baroque. Car tous le sont. L’essentiel de leur différence nous semble résider en ceci qu’un Chiabrera veut poursuivre la tradition littéraire dont il est l’héritier, et cette tradition, d’une manière ou d’une autre, c’est encore le pétrarquisme. C’est contre le refus des règles prôné par Marino que se dresse Chiabrera, et non contre l’ « infusion » du goût baroque dans ces mêmes règles. De là, son extrême inventivité stylistique, métrique ou linguistique : qu’on songe à la forme de la
canzonetta qu’il reprend du Tasse mais qu’il retravaille admirablement, jusqu’à en faire l’une des compositions les plus prisées du XVII
e siècle et de l’Arcadie. Ainsi, dans la
canzonetta suivante, pourra-t-on tout à la fois mesurer aisément la fidélité, sans dérision ni détournement aucun, au lexique pétrarquiste (jusque dans la sobriété du titre) tandis que le traitement rythmique, les multiples échos phoniques
[15] et l’introduction subtile d’un refrain imprègnent le texte d’une musicalité baroque, à la simple lecture. La place du refrain (vers 4 et 8, c’est-à-dire au premier et deuxième tiers) reprend les impératifs du chant en canon à trois voix
[16] :
Le troisième et dernier groupe, enfin, serait celui des opposants aux antipétrarquistes baroques, c’est-à-dire celui de ces poètes qui ne se contentent pas de respecter les règles de la tradition littéraire comme le fait Chiabrera, mais veulent les maintenir et les préserver de la corruption baroque ; et l’on pourrait les définir comme des « pétrarquistes antibaroques »
[17]. Ainsi Tommaso Stigliani ne se borne-t-il pas à invoquer le pétrarquisme du
Cinquecento : c’est à l’exemple du modèle de Pétrarque même qu’il en appelle, comme garant d’un goût et d’une sobriété radicalement différents des aspirations de ses contemporains qu’il tourne ostensiblement en dérision
[18]. Ce courant résolument marginal en apparence contient cependant le germe d’une vraie dissolution du baroque, telle qu’elle s’exprime quelques décennies plus tard. Or, paradoxalement, c’est à Chiabrera que les poètes futurs, ceux de l’Arcadie, et leurs successeurs reconnaissent le mérite d’avoir su combattre l’exubérance baroque :
Il gusto del presente secolo [écrit Crescimbeni] [19] nella lirica volgare consiste tutto in una riforma in meglio in quanto si è fatto per lo passato, senza però uscir dalle regole fondamentali insegnateci dal Petrarca e dal Chiabrera. [Quant à la poésie en italien, le goût de ce siècle consiste tout entier en une amélioration de ce qui a été produit dans le passé sans se départir toutefois des règles fondamentales qui nous ont été enseignées par Pétrarque et par Chiabrera.] [20]
C’est que la poésie de Chiabrera, contrairement à celle de Stigliani, n’est pas réactionnaire. Loin s’en faut. D’une certaine manière, le pétrarquisme baroque de Chiabrera reprend les modalités structurelles de tous les pétrarquismes antérieurs pour en garantir la pérennité, à savoir ce qu’on pourrait nommer une « adaptabilité » du pétrarquisme. Ce concept, au cœur déjà de la notion bembienne, devient dès lors l’un des axes interprétatifs majeurs de la poésie du début du XVIIe siècle.
Ces modulations que nous proposons d’établir entre antipétrarquisme baroque, pétrarquisme baroque et pétrarquisme antibaroque assouplissent les notions plus radicales de baroque et de classicisme dont la critique a montré qu’elles devaient être sans cesse affinées ou réajustées ; et elles permettent aussi de mieux comprendre les glissements variés des poètes de cette période, d’un courant à l’autre. Elles soulignent par ailleurs l’articulation fondamentale entre baroque et classicisme que ces deux termes tendent à masquer, comme elles remettent en question l’organisation binaire entre marinistes et antimarinistes. Cette dernière approche réduit implicitement Marino – et le débat poétique – à l’œuvre majeure qu’est l’Adone, comptant du même coup au nombre des antimarinistes tant un Chiabrera qu’un Stigliani sans souligner leurs différences, essentielles pourtant à l’interprétation des décennies suivantes. De même, une telle bipartition ne souligne pas la proximité « baroque » tout à fait majeure dans les recherches esthétiques communes à Marino et à Chiabrera.
C’est à l’aune de notre nomenclature que nous souhaitons ici livrer une succincte analyse du recueil poétique inédit d’Oddo Savelli que nous avons par ailleurs eu l’occasion de décrire
[21]. Ce que nous permet d’affirmer le recueil, c’est que Savelli fut – comme Stigliani
[22] – l’un des proches de Pompeo Colonna, mais qu’il reconnaît en Pier Francesco Paoli
[23] un ami et un modèle. Or, on le sait, tant l’académie des Humoristes – dont Savelli fut élu prince, à l’instar de Marino – que Paoli soutiennent les options de Marino ; encore que dans cette académie romaine, on retrouve ce même Pompeo Colonna, auquel précisément Savelli dédie son recueil ; on y rencontre également l’illustre Antonio Bruni
[24] dans un échange épistolaire avec notre auteur, ou même Francesco Balducci
[25], rival déclaré de Stigliani dont B. Croce nous rappelle paradoxalement : «
Il Canzoniere
del signor cavaliere Fra’ Tommaso Stigliani [fu] dato in luce da Francesco Balducci »
[26]. Encore une fois, de Marino à Stigliani, les amitiés et les réseaux réunissent des hommes apparemment inconciliables et le recueil poétique d’Oddo Savelli est tout à fait représentatif de ce début de siècle bouillonnant.
Une première lecture macroscopique du recueil s’attache à sa composition : 106 sonnets (dont 22 lui sont adressés), 14
canzonette, 6 chansons, 5 idylles, un petit poème épique
[27], une églogue et trois odes, avec une simple bipartition (plus symbolique que réelle) qui introduit les
Rime sacre au folio 100 r
o. L’écrasante majorité des sonnets, même si on la retrouve dans
La Lira de Marino ou chez Paoli, peut aussi être un indice de l’attachement de Savelli à la tradition, que conforte la très rigide structure des pièces dont les rimes des quatrains suivent un schéma pétrarquien ABBA/ABBA ou ABAB/ABAB
[28], tandis que les tercets sont unanimement organisés en CDC/DCD. Dans le même temps, les
canzonette, souvent excellentes, assurent que Savelli est sensible à la forme de prédilection d’un Chiabrera. En d’autres termes, les
Rime du marquis romain semblent illustrer toute la complexité de son époque.
Le traitement des
topoi des
poesie amorose souligne la permanence du modèle pétrarquien dès les premières pièces : le premier sonnet d’amour est une variation sur les thèmes croisés de la chevelure d’or et du naufrage, la première
canzonetta met en scène le très classique chant du rossignol dans un décor naturel, etc. La mort de l’aimée (à laquelle sont consacrés trois textes aux folios 24 r
o - 28 v
o) est un autre trait de l’attachement du poète à la tradition la plus ancienne, de plus en plus rare au début du XVII
e siècle, d’une partition implicite entre
In vita et
In morte de la dame ; d’autant que le souvenir de sa dame domine, même après sa disparition, un panthéon amoureux où ne trouvent place que de très fugaces personnages féminins. La platitude des titres qu’il donne à ses compositions, enfin, conforte son appartenance vraisemblable aux courants pétrarquistes. Dans le même temps, l’influence de Marino s’applique tant dans le choix du personnage de Lilla
[29] que dans les échos récurrents aux
Rime marittime lorsque Savelli évoque ses séjours napolitains.
Il ne s’agit pas ici de démontrer combien Savelli ne saurait s’inscrire dans un antipétrarquisme baroque quel qu’il soit, mais plutôt, à la lumière des enjeux et des controverses du moment, de formuler une hypothèse sur le subit reniement qui ouvre le recueil. Le premier sonnet est en effet dédié à Pompeo Colonna, dans son titre, et dans le corps même du texte
[30]. Or cette dédicace est la surcharge manifeste d’une précédente destination, à Andrea Barbazza, y compris dans le texte
[31]. Cet ostensible revirement a pu nous paraître sinon mystérieux, du moins étonnant
[32], délicat en tout cas dans la perspective d’une édition critique. Mais à la lumière de l’étude des chemins tortueux que suivent souvent les poètes du début du XVII
e siècle, il faut peut-être chercher dans le jeu mouvant des amitiés romaines l’explication de ces dédicaces successives. Car tandis qu’Andrea Barbazza, prince lui aussi à son tour de l’académie des Humoristes, accueillait en sa demeure le Cavalier Marino jusqu’à le défendre âprement dans un ouvrage pamphlétaire contre Stigliani
[33], ce même Stigliani passait au service de Pompeo Colonna, le second destinataire de notre recueil. En d’autres termes, il semble que Savelli ait pu glisser d’un pétrarquisme baroque à un pétrarquisme antibaroque, et en somme radicaliser sa position, radicalisation discrète au demeurant, puisque le recueil ne contient pas de texte polémique
[34]. Cette attitude, toutefois, expliquerait, d’une part, qu’il n’y ait aucune allusion explicite à Marino dans son recueil et, d’autre part, que les premiers amis de Savelli, c’est-à-dire Paoli et Balducci, n’aient pas jugé opportun de faire mention de leurs relations dans leurs propres recueils. De ces éléments, deux conclusions peuvent être retenues : la première est que le revirement de Savelli en faveur de Pompeo Colonna (ou aux dépens d’Andrea Barbazza, si l’on préfère) est tardif, c’est-à-dire probablement après la mort de Marino, ce qui expliquerait qu’il n’évoque pas la disparition de l’auteur de l’
Adone, mais qu’il n’a pas, non plus, engagé de polémique contre lui ; la seconde est que la radicalisation d’un personnage comme Savelli, pourtant très en vue à Rome jusqu’à l’obtention du titre suprême de prince de l’une des plus puissantes académies, explique peut-être que son
œuvre n’ait été publiée ni de son vivant, ni après sa mort, et se soit égarée en Espagne, où nous l’avons retrouvée.
L’exemple du manuscrit d’Oddo Savelli pourrait sembler anecdotique s’il n’illustrait, de façon significative, le foisonnement intense des expériences poétiques du début du XVIIe siècle italien, et les nœuds souvent inextricables qu’il paraît produire. Si, comme nous l’avons dit, ne se distinguent que quelques rares figures qui semblent concentrer l’essentiel de la production poétique du moment – ou tout au moins l’attention répétée de la critique –, le véritable enjeu d’une analyse à la fois plus large et plus pointue réside certainement dans l’étude et l’interprétation de certains recueils, qu’on dirait volontiers « mineurs », comme le nôtre. L’étude de ces textes se heurte à la difficile analyse des réseaux de l’écriture qui régissent alors les systèmes de la composition poétique, a fortiori chez des auteurs perméables à la profusion des influences, des modèles, des goûts et des tendances, qui posent de manière aiguë la question de la réécriture. La tradition du pétrarquisme, considérée jusqu’ici comme un éclairage marginal pour le XVIIe siècle italien, devient alors avec le champ de ses déclinaisons, l’un de ces réseaux, une clé, en tout état de cause, qui ouvre la perspective d’une approche cohérente.
·
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Scotti Mario, « Luigi Tansillo tra Rinascimento e Barocco », Premarinismo e pregongorismo, atti del convegno internazionale di Roma, 19-20 aprile 1971, Roma, Accademia Nazionale dei Lincei, 1973, p. 125-150.
[1]
L’anthologie de référence du début du XX
e siècle est toujours celle de Benedetto Croce,
Lirici marinisti, 1910. Pour la seconde moitié du XX
e siècle, on retiendra les écrits critiques référencés dans la bibliographie finale.
[2]
Pour une étude du concept, voir Amedeo Quondam, « Note su imitazione e “plagio” nel Classicismo »,
Sondaggi sulla riscrittura del Cinquecento, 1998.
[3]
B. Croce déjà, dès les premières lignes de son commentaire, faisait montre d’une extrême prudence :
« Il nome di “marinisti” dati ai poeti raccolti in questo vol. non comporta (come, del resto, nessuna di siffatte denominazioni) un significato rigoroso. Esso serve a designare quei poeti che si mossero su per giù nella cerchia d’ispirazione tracciata dal Marino ; ed è stato esteso perciò anche a coloro che, come lo Stigliani, si professarono antimarinisti, ma effettivamente non uscirono dallo stato spirituale del marinismo. Tuttavia, se ad altri piacerà di cangiarlo con altro nome, non disputeremo » [Le nom de « marinistes » que l’on donne aux poètes réunis dans ce volume ne revêt pas (comme du reste aucune des dénominations de ce genre) de signification rigoureuse. Il sert à désigner ces poètes qui évoluèrent
grosso modo dans les cercles d’inspiration proche de Marino. Et il a même été étendu à ceux qui, comme Stigliani, se définirent anti-marinistes, mais n’échappèrent pas dans les faits à l’esprit du marinisme. Si toutefois on préfère quelque autre substantif, nous n’en prendrons pas ombrage] (
op. cit., p. 525). Le phénomène est encore accentué dans le cas d’ouvrages synthétiques comme
La società dell’antico regime (1993), où les auteurs Remo Cesarini et Lidia De Federicis, dans le paragraphe « Poeti marinisti e antimarinisti » offrent un exemple lumineux de casuistique. On ne manquera pas de rappeler ici d’autres solutions proposées pour répondre aux faiblesses des catégories habituelles, notamment celle prônée par M. Capucci et C. Jannaco de
« l’esplorazione della lirica marinista secondo una distinzione tematica » [l’exploration de la poésie mariniste suivant une distinction par thèmes] (
Il Seicento, dans
Storia letteraria d’Italia, 1966 (2), p. 177) qu’ils jugent d’autant plus
« legittima » qu’ils estiment insignifiantes les personnalités de la plupart des épigones de Marino. À cette distinction thématique se superpose une
« partizione cronologica [...] di primaria importanza » où
« gli scrittori dell’inizio del secolo ebbero una maggiore aderenza ai modi della tradizione » [partition chronologique [...] de prime importance [car] les écrivains du début du siècle adhérèrent davantage aux formes de la tradition] (
ibid., p. 197). Il nous semble enfin intéressant de nous arrêter sur l’article de Nullo Minissi, « La forma dell’immaginazione barocca. Per une nuova definizione di Classicismo, Manierismo e Barocco »,
La Parola del testo, n
o 1, 2003, qui complète le couple
« Barocco e Classicismo » d’une apparente troisième voie, celle du
« Manierismo » bientôt défini comme un moment du Baroque :
« possiamo dare un nome a questo barocco triviale : esso è il Manierismo » [nous pouvons donner un nom à ce baroque « trivial » : c’est le Maniérisme] (p. 153-154). N. Minissi rappelle les atermoiements et les incohérences de la critique sur la définition de ces périodes et estime, comme d’autres avant lui (voir note suivante), que
« il Barocco non è anticlassico [...] e nulla tralascia del patrimonio letterario [...] » [le
« Barocco » n’est pas anti-classique [...] et ne cède rien du patrimoine littéraire] dont il se nourrit. N. Minissi se distingue par la nuance entre un baroque qu’il dit
« proprio » (ou
« grande ») et un baroque « trivial », distinction fondée avant tout sur l’étude de la forme de l’imagination.
[4]
Voir A. Asor Rosa,
La lirica del Seicento, dans
Letteratura Italiana Laterza, 1979, p. 116 :
« Gli aspetti più interessanti [...] sono quelli che ci permettono oggi [...] di vedere Classicismo e Barocco non tanto in concorrenza fra loro [...] quanto intimamente intrecciati a formare il quadro unitario, complesso e molteplice di una intera civiltà letteraria » [Les aspects les plus intéressants [...] sont ceux qui nous permettent aujourd’hui [...] de voir que le Classicisme et le Baroque ne sont pas tant en concurrence entre eux [...] qu’intimement liés pour former le cadre unitaire, complexe et multiple de toute une civilisation littéraire]. A. Asor Rosa va jusqu’à définir une partie de l’
œuvre de Chiabrera comme relevant d’un
« barocchetto classicista » (
ibid., p. 135).
[5]
La matière est immense. Fameuse à cet égard est l’une des lettres de Marino datée de 1609 à Fortuniano Sanvitale, peintre et poète de ses amis, où il souligne qu’il a
« di molti nimici » [de nombreux ennemis], et d’ajouter :
« Il guardarsi da’nemici è un difendere la propria virtù, perché la lor persecuzione non nasce se non dalla invidia di essa, e la malizia in questo pessimo secolo opprime di molto l’innocenza » [Se garder de ses ennemis, c’est défendre sa vertu car leur persécution n’est que le fruit de leur jalousie, et la méchanceté, dans cet horrible siècle, opprime puissamment l’innocence] (cité par R. Cesarini et L. de Federicis,
op. cit., p. 989).
Lorsqu’il était à la cour de Savoie, Marino échappa en effet de justesse, le 1
er février 1609, à l’attentat de Gaspare Murtola, secrétaire de Charles-Emmanuel, et rival littéraire, après un échange acerbe de textes : à Murtola, auteur d’une
Marineide, répondait la
Murtoleide du Napolitain (voir G. B. Marino,
La Murtoleide fischiate del cavalier Marino. Con la Marineide risate del Murtola, 1626). Attentat peut-être perpétré sous l’impulsion de Tommaso Stigliani (sur cette question, voir Marziano Guglielminetti, « Il Marino di Coppini »,
Mélanges de poétique et d’histoire littéraire du XVIe siècle, 1994). Tommaso Stigliani, irréductible ennemi du goût baroque, publia contre Marino et le marinisme son
Mondo nuovo (1617, puis 1628), puis son pamphlet, paru après la mort du Cavalier Marino,
Dell’occhiale (1627). Prince de l’Académie parmesane des
Innominati, dont avaient été membres également le Tasse et Marino, Stigliani en fut exclu pour la véhémence de son propos contre le Cavalier Marino, qu’il accusait notamment d’avoir puisé chez d’autres une partie de son inspiration. Dans une lettre de 1664, par exemple, il encense l’
œuvre de Luigi Tansillo :
« miglior poeta lirico che non il Petrarca medesimo ; ed in questa credenza ho trovato [...] il Tasso ” [meilleur poète lyrique que Pétrarque même ; et j’ai trouvé le Tasse qui pense aussi cela], pour mieux accuser Marino :
« poi venne il Marini, e colla sua garbata ronchetta gli carpî tutti i suo’ migliori concerti. Non dico solo dalle prefate Rime impresse, ma da alcune canzoni, e capitoli non publicati, i quali esso Marini buscò in Nola manoscritti. Questi egli non si degnò di sfiorare, ma occupandogli intieri, gli resgistrò per suoi, e seminogli nelle sue opere tutte, ma più nel Primo, e Secondo Volume » [puis vint Marino qui, avec sa serpette bien polie faucha les meilleures de ses compositions. Je ne parle pas uniquement des
Rimes déjà parues, mais de quelques chansons et autres textes inédits qu’il trouva à l’état de manuscrits à Nola. Il ne se priva pas non seulement de les déflorer mais, s’en emparant tout à fait, il les considéra comme siens et en parsema toutes ses
œuvres, en particulier les premier et deuxième volumes] (Mario Scotti, « Luigi Tansillo tra Rinascimento e Barocco »,
Premarinismo e pregongorismo, 1973). De cette rivalité, Stigliani ne tira pas moins une immense notoriété auprès de tous ceux qui, pour une raison ou une autre, s’opposaient au courant mariniste.
[6]
Barocco in prosa e in poesia, 1969, p. 128.
[7]
Rapporté dans Hugo Friedrich,
Epochen der Italienischen Lyrik, 1964.
[8]
Publié dans Angelo Borzelli,
Il cavalier Giovan Battista Marino (1569-1625) : memoria premiata dall’Accademia Pontaniana, Napoli, 1898. C. Pellegrino (Capoue, 1527-1603) appartient à la génération des poètes contemporains du Tasse. Il soutint pour sa part que la
Jérusalem délivrée de ce dernier était supérieure au poème de l’Arioste. Il mourut en 1603, c’est-à-dire juste après la première édition des
Rime de Marino ; son jugement conforte l’idée d’une première production plus traditionnelle du poète napolitain.
[9]
Dans son introduction à
Giovan Battista Marino.
Rime boscherecce (1991), J. Hauser-Jakubowicz se plaît à rappeler (p. 12) que
« la maggior parte delle soluzioni rimiche seguono la lezione del Canzoniere : lo schema ABBA/ABBA per le quartine e CDC/DCd per le terzine vien ripetuto nei sonetti ben 61 volte [...], percentuale sensibilmente inferiore a quelle che si riscontrano nelle Marittime – 43 su 50 – e nelle Amorose – 70 su 81 » [la plupart des rimes suivent la leçon du
Chansonnier : le schéma ABBA/ABBA pour les quatrains et CDC/DCd pour les tercets est répété dans les sonnets à quelque 61 reprises [...], pourcentage sensiblement inférieur à celui qu’on trouve dans les
Rime marittime – 43 sur 50 –, et dans les
Rime amorose – 70 sur 81]. On trouvera aussi dans la longue introduction de V. Guercio aux
Rime lugubri de Marino l’affirmation d’un
« rapporto con Petrarca, la cui lingua poetica si dimostra, ancora, un ingrediente fondamentale, capillarmente ed assai vastamente diffuso anche in questo Marino “lugubre” » [rapport avec Pétrarque, dont la langue poétique apparaît encore comme un ingrédient fondamental, diffusé de façon capillaire mais assez large, même dans les
Rime lugubri de Marino] (1999, p. 19), et de la permanence des influences napolitaines, d’un Tasse certes, mais aussi d’un Rota, d’un Tansillo ou d’un Di Costanzo ; à ceux-là,
« fuori dal criterio di circoscrizione “regionale” dovranno ovviamente citarsi autori già assurti al modello su scala nazionale, e per primo [...] Pietro Bembo » [en dehors de tout critère « régionaliste », il convient naturellement d’ajouter des auteurs déjà élevés au rang de modèles à l’échelle du pays, et en premier lieu [...] Pietro Bembo] (
ibid., p. 32).
[10]
Barocco in prosa e in poesia, op. cit., p. 142 :
« La prima è rappresentata da un classicismo di maniera, dipendente dal punto di vista stilistico dalla lezione del Chiabrera pindarico e sentenzioso ma, più di quanto non avvenisse nel Chiabrera, intriso di succhi moralistici e religiosi. La seconda consiste nella ripresa pura e semplice del petrarchismo cinquecentesco, visto però polemicamente nella sua funzione restauratrice del “buon gusto antico”. La terza infine va individuata in quei tentativi, non organici ma riconoscibili perfettamente nella loro affinità, di sviluppare, da certe couches particolari della poesia rinascimentale, gli spunti melici e descrittivi che vi erano contenuti, con un’operazione per molti versi simile a quella del Marino, ma con una più diretta insistenza sulle qualità cantabili e descrittive della poesia lirica. Il quadro come si vede, non è semplice ; a complicarlo ulteriormente sta poi il fatto che le linee qui ipotizzate non solo s’intrecciano fra di loro (il motivo petrarchismo + classicismo è per esempio assai frequente), ma convergono anche con le inclinazioni propriamente barocche della cultura contemporanea : l’operazione petrarchesca spesso è difficilmente districabile da un certo qual gioco di argutezze e di fiori stilistici, come del resto era avvenuto nello stesso Marino, non dimentico neanche lui della lezione di Petrarca » [La première est représentée par un classicisme de manière, dépendant du point de vue stylistique de la leçon du Chiabrera pindarique et sentencieux mais, plus encore qu’on ne le trouve chez Chiabrera, pétri de morale et de religion. La deuxième consiste en une reprise pure et simple du pétrarquisme du XVI
e siècle, considéré cependant dans sa fonction polémique de restauration du « bon goût antique ». La troisième enfin se reconnaît par ces tentatives de développement, à partir de certaines « couches » particulières de la poésie renaissante, des aspects méliques et descriptifs qu’elle comportait, suivant un processus somme toute semblable à celui choisi par Marino, mais en insistant de façon plus significative sur les qualités offertes par la poésie lyrique en matière de chant et de description. Ce tableau, on le voit, n’est pas simple. Il se complique d’ailleurs ultérieurement du fait que les lignes ici proposées non seulement s’entrecroisent (ainsi le motif « pétrarquisme + classicisme » est-il très fréquent), mais convergent aussi suivant les inclinations spécifiquement baroques de la culture de l’époque : il est délicat de détacher l’orientation pétrarquesque d’un certain jeu d’arguties et du style fleuri, comme cela était du reste advenu chez Marino même, qui n’avait pas oublié non plus la leçon de Pétrarque].
[11]
Rappelons l’ouvrage de Marco Santagata sur ce concept :
Dal sonetto al Canzoniere. Ricerche sulla preistoria e la costituzione di un genere, 1989.
[12]
J.-L. Nardone, « Pétrarque imitateur et/ou modèle à imiter ? Lecture des traités italiens de la première moitié du XVI
e siècle vers une définition du “pétrarquisme” »,
Pétrarquisme et poésie en Europe, 2002, p. 214-215.
[13]
Par exemple, dans ce madrigal intitulé
« Pallore di bella donna » (
La Lira, rime del cavalier Marino, 1615).
Du madrigal, on retiendra la transparente présence d’échos non seulement pétrarquistes mais pétrarquiens : la répétition de l’adjectif
« dolce » (
Rerum Vulgarium Fragmenta, CCV, strophe 1 par exemple), l’association
« pallide vïole » (sur l’association adjectif/substantif – cf.
« pallentis violas », Virgile,
Églogues, II, 47 – voir
« amorosette et pallide viole », RVF, CLXII, v. 6,
« un pallor di viole », RVF, CCXXIV, v. 8), le spectre chromatique rendu par
« vermiglia », « colori », « porpora », « rosa », termes manifestement contrebalancés par l’obsédante répétition d’une pâleur d’amour antipétrarquiste qui s’égrène tout au long du texte, titre compris, jusqu’à la cinglante exclamation conclusive.
[14]
Voir par exemple ce sonnet tout à fait significatif de la tradition antipétrarquiste intitulé :
Al cagnolino della sua donna (La Lira, op. cit.).
Le poète détourne avec un humour délicieux un
topos non pas pétrarquien mais pétrarquiste, celui du rival – ici le chien de la dame. Au lexique traditionnel de la poésie lyrique (
« bel se », « candido », « vagheggi », répétition de l’adjectif
« dolce » du second quatrain,
« dispietata », « strali ha negli occhi », etc.), se mêle cette compassion disproportionnée, que traduit la force de l’impératif répété
« fuggi » jusqu’au verbe final. Ce détournement, en réalité, n’est guère original, si l’on se souvient de la dérision, presque un siècle plus tôt, d’un Francesco Berni célébrant la mort d’une chouette, du chien d’Agnolo Firenzuola, ou de la chatte d’un Beccuti, aux traits de Laure. Le texte de Marino mérite d’être comparé au traitement strictement pétrarquiste du même sujet dans un sonnet de Stigliani intitulé
Cagnolino accarezzato, cité dans G. Getto,
Marinisti, vol. II, 1954, p. 293.
[15]
Le jeu euphonique se fonde notamment sur les assonances rimiques
ore/-
ose/-
osi, cette dernière rime étant symétriquement reprise dans la rime en
iso. Le lexique serré se joue d’une combinatoire qui forge un sentiment de perfection (
« se ridete gioiose » / « se ridono gioiosi » ; « amorose » / « Amore » / « amor » ; « alcun nobil viso » / « il vostro sorriso » / « Nel vostro nobil viso », etc.). [« Quand vous riez, joyeuses » / « Quand rient, joyeux » ; « amoureuses » / « Amour » / « amour » ; « aucun noble visage » / « votre sourire » / « votre noble visage », etc.].
[16]
G. Chiabrera,
Canzonette, rime varie, dialoghi, 1952, p. 161.
[17]
Une section entière du
Canzoniere de T. Stigliani (1623) est justement placée sous le sceau de cette
« maniera poetastrica » qui fustige le genre baroque.
[18]
On citera ici deux métaphores d’un mauvais goût baroque dans un madrigal intitulé
Desiderio di luna [Désir de lune] où des nuages-matelas cachent une lune-omelette. On se souvient aussi d’un sonnet qui porte le titre dérisoire de
« Bidello di studio che chiede la mancia agli scolari » [Appariteur demandant une pièce aux élèves] et, plus explicitement, du
« Sonetto nello stile di moda. Parodia » [Sonnet dans le style à la mode. Parodie] (T. Stigliani,
ibid.).
[19]
Giovan Maria Crescimbeni (1663-1728), membre de l’illustre académie romaine des Humoristes contribua activement à la fondation de l’Arcadie qui visait alors à une réforme modérée d’aspiration pétrarquiste.
[20]
G. M. Crescimbeni,
Dell’istoria della volgar poesia, 1698. Dans ce volume, Crescimbeni cherche à concilier les deux tendances de la poésie arcadienne, celle des pétrarquistes que nous disons anti-baroques et celle des « chiabreristes ». À l’instar de nombreux arcadiens, ses modèles sont Pétrarque, les pétrarquistes du XVI
e siècle et Gabriello Chiabrera.
[21]
J.-L. Nardone, « Il Manoscritto originale delle Rime inedite di Galeotto Oddi, principe dell’accademia romana degli Umoristi : nuovi elementi biografici e presentazione del manoscritto »,
Studi Secenteschi, Firenze, 2004, p. 29-63. La récente découverte de la présence de plusieurs sonnets de ce recueil dans ce volume des
Veneri (1633) d’Antonio Bruni où ils sont attribués au marquis Oddo Savelli de Palombara nous conduit à reconsidérer ici l’attribution desdites « Rime di Galeotto Oddi ».
[22]
Après ses déboires avec l’académie parmesane, T. Stigliani partit à Rome, en 1621, où il se mit au service du cardinal Scipione Borghese, puis de Pompeo Colonna.
[23]
Pier Francesco Paoli (1585-1637 ou 1642),
Rime di Pier Francesco Paoli da Pesaro, 1622.
[24]
Antonio Bruni (1593-1635),
Le Veneri, 1633.
[25]
Francesco Balducci (1579-1642),
Rime del Signore Francesco Balducci, 1646.
[26]
[Le
Canzoniere du cavalier Frère Tommaso Stigliani [fut] livré pour Francesco Balducci], B. Croce,
op. cit., p. 526.
[27]
Une étude du poème est à paraître dans J.-L. Nardone, « Un petit poème chevaleresque inédit : l
a Rhodes d’Oddo Savelli »,
Le genre chevaleresque, 2004. On en retiendra ici qu’il s’agit avant tout d’une réécriture inspirée de certains vers de la
Jérusalem délivrée.
[28]
Respectivement 62 et 19 sonnets. Il n’y a qu’un seul sonnet de forme ABAB/BABA.
[29]
De l’avis de H. Friedrich, ce nom n’est pas traditionnel avant Marino (
op. cit., p. 169).
[30]
Avec un majestueux vocatif en majuscules, au vers 5.
[31]
Où brillait un non moins majestueux vocatif en lettres majuscules, au vers 5.
[32]
N’en demeure pas moins irrésolue la question de la plume de la réponse restée, elle, à l’identique.
[33]
Le strigliate a Tomaso Stigliano, 1629.
[34]
Le recueil ne contient qu’un échange polémique (folios 57 v
o - 58 r
o) avec un certain Carlo Armentieri dont le nom aurait fait l’objet d’une plaisanterie. Savelli se défend d’avoir voulu l’attaquer.