Dix-septième siècle
P.U.F.

I.S.B.N.2130548083
224 pages

p. 595 à 803
doi: 10.3917/dss.044.0593

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n° 225 2004/4

Je mourrai bien plus content du titre d’éditeur du grand Corneille, que de tous mes faibles ouvrages [1].
L’édition du théâtre de Corneille, sur laquelle on dispose d’une très abondante documentation [2] – des centaines de lettres, et aussi les comptes des imprimeurs –, est un exemple éclatant de la façon dont Voltaire maîtrise le livre, ses mécanismes économiques, ses potentialités et son impact. Réagissant aux circonstances – l’irruption dans sa vie d’une petite nièce de Corneille [3], le sentiment que le goût français est menacé –, il monte une opération de librairie qu’il mène jusqu’à son achèvement, occupant à la fois le rôle de l’éditeur technique, du publisher – dans la mesure où il conçoit le projet et en permet la réalisation – et celui de l’éditeur scientifique, l’editor.
S’inspirant de pratiques existantes – éditions commentées, souscriptions, etc. – tout en les dépassant, Voltaire transforme ce qui pouvait n’apparaître que comme un travail « académique » au sens propre du terme (puisque patronné par l’Académie) en une œuvre personnelle et militante.
 
VOLTAIRE PUBLISHER
 
 
Le premier titre auquel Voltaire intervient dans l’édition du Théâtre de Pierre Corneille avec des commentaires, etc., etc., etc. [4], est celui d’éditeur au sens de publisher, c’est-à-dire de maître d’œuvre d’une opération éditoriale, depuis sa conception jusqu’à sa réalisation. Voltaire élabore un concept et un plan pour le financer. Il en assure ensuite la mise en œuvre en procurant des souscriptions puis en dirigeant la fabrication et la distribution des volumes.
Le concept éditorial est en place dès la première lettre où il en est question [5] : l’édition sera officielle (la première d’une collection d’ « auteurs classiques » entreprise sous l’égide de l’Académie) ; elle comportera des « notes instructives », parce que critiques, « marquant les vices du langage [...] et même les fautes contre son art » ; ce sera une belle édition in-4o avec vignettes et estampes des « meilleurs graveurs de Paris », faite par un « habile compositeur » avec les caractères des « meilleurs fondeurs de Paris » sur le « meilleur papier de France » ; elle sera réalisée au profit exclusif « du seul homme qui porte aujourd’hui le nom de Corneille » et de sa fille [6].
Le projet est assorti, dès la même lettre, d’un plan de financement. L’édition ne sera disponible que par souscription : « Les Cramer [7] ne tireront que le nombre des exemplaires souscrits, et [...] ce livre restera un monument de la générosité des souscripteurs qui ne sera jamais vendu au public », précise Voltaire un peu plus tard [8]. La souscription consistera d’abord en un simple engagement sans paiement immédiat. La liste des souscripteurs sera publiée : une première, provisoire, avec le prospectus, la définitive en tête des volumes. Voltaire compte sur le ressort de la vanité, comme l’a bien compris d’Alembert : « Vous intéressez par là la vanité de bien des gens, et tel financier qui ne donnerait pas un écu pour sauver de la faim une pauvre famille souscrira pour plusieurs exemplaires, quand il sera sûr de n’être pas ignoré » [9]. Le prix sera raisonnable ; il est estimé le 1er mai 1761 à 50 livres : « Le prix est modique, mais il faut qu’il le soit : le bon marché fait le débit et la cherté éloigne » [10].
L’économie du livre a si peu de secrets pour Voltaire que le projet éditorial initial sera réalisé conformément à ce qui avait été prévu tout en dégageant des bénéfices supérieurs à ceux qui en étaient escomptés. Et ce malgré de nécessaires ajustements après devis, calculs, hésitations sur le format (in-8o pour finir), le nombre de volumes (12 au total), la présence ou non de planches et leur nombre (il y en aura 35, plus le frontispice). Avec un prix définitif à 2 louis (48 livres), soit environ la moitié du prix courant, l’opération permettra de verser à Marie Corneille et à son père 52 000 livres (sur des recettes de souscription d’environ 180 000 [11]).
Pour obtenir ce résultat, l’éditeur Voltaire aura consacré beaucoup d’énergie à la réalisation du projet en sollicitant des souscriptions, en veillant à l’équilibre financier, en dirigeant fabrication et distribution. Il lance d’abord une exceptionnelle campagne épistolaire pour recueillir des signatures. Manifestant avec éclat dans les innombrables lettres qu’il envoie à cette occasion son art exemplaire de l’adaptation et de la persuasion, il active ses réseaux afin d’obtenir les engagements de personnages influents, qui entraînent les autres : « Je veux que le roi souscrive, je veux que le président Hénault fasse souscrire la reine. Je me charge des princes d’Allemagne, et du parlement d’Angleterre... » [12]. La campagne s’achève avec la publication, le 30 janvier 1762, du prospectus, support obligé de toute souscription, à la fois échantillon et engagement contractuel :
Nous entreprenons de donner une édition complète des œuvres dramatiques de Pierre Corneille, avec des remarques historiques et critiques sur la langue et sur le goût, par un membre de l’Académie française [...].
Cet ouvrage contiendra dix à douze volumes ; l’on peut juger par cette annonce du format, du papier et des caractères de l’édition, qui sera corrigée avec le plus grand soin, et ornée de trente-trois estampes en taille-douce, la plupart dessinées par M. Gravelot, et gravées sous ses yeux par de bons maîtres. [...]
L’exemplaire ne coûtera aux souscripteurs que deux louis d’or neufs de vingt-quatre livres de France ; nous n’aurions pu livrer cet ouvrage à un prix si modique sans l’encouragement que plusieurs princes et des particuliers zélés pour l’honneur des lettres ont donné à cette entreprise, à l’exemple de SA MAJESTé LE ROI DE FRANCE qui, pour favoriser la famille du grand Corneille, a daigné souscrire le premier pour la valeur de deux cents exemplaires. [...]
On n’imprimera que deux mille cinq cents exemplaires, afin que tous les souscripteurs puissent avoir de bonnes épreuves des planches [...]. [13]
La campagne de souscription lancée par Voltaire, qui a réussi à en faire un signe d’appartenance à l’élite européenne éclairée, dépasse les espérances : la liste publiée dans les volumes compte 1 176 noms pour 4 009 exemplaires. C’est encore à l’éditeur d’assurer l’équilibre financier de l’opération en avançant des fonds, en sollicitant les gros contributeurs pour lancer l’opération, en s’efforçant d’obtenir malgré la conjoncture (la guerre de Sept ans) règlement des billets royaux [14].
Même s’il minimise pour ses correspondants prestigieux son rôle véritable, l’éditeur Voltaire dirige la fabrication des volumes : il veille à la qualité des caractères [15] et surtout aux délais, bousculant les Cramer, pestant contre les lenteurs de Gravelot l’illustrateur et tentant de le remplacer par un autre : « J’aurais fait imprimer le Corneille en six mois, si je m’étais mêlé de la presse » [16]. Une fois tout imprimé, c’est encore l’éditeur qui est aux premières lignes pour distribuer les volumes qui arrivent à Paris en mars 1764 : « Je me donne mille mouvements pour empêcher qu’on ne vende l’édition de Corneille à d’autres qu’aux souscripteurs, et pour empêcher les libraires d’imprimer les commentaires à part » [17]. Devant l’insuffisance des tirages par rapport au nombre d’exemplaires souscrits (il faudra attendre mars 1765 pour une seconde édition), Voltaire s’efforce de limiter les mécontentements en envoyant par exemple son exemplaire personnel à l’Académie qui n’a pas été servie [18]. Il s’assure aussi de la distribution de volumes gratuits aux gens de lettres « qui ne sont ni fermiers généraux ni rois » [19] en adressant à Damilaville, chargé de la distribution, un ballot de 24 exemplaires. Conclusion désabusée : « [Gabriel Cramer] aurait dû imprimer deux fois plus de Corneille commentés. Au reste, les fautes d’impression sont innombrables [...]. Tout va de travers dans ce monde » [20].
 
VOLTAIRE EDITOR
 
 
Voltaire n’est pas seulement le maître d’œuvre d’une entreprise de librairie, il est aussi l’auteur d’une édition savante, inspirée de la tradition humaniste. À ce titre, il met au point à la fois une méthode de travail adaptée aux circonstances et un protocole d’édition.
Aux pages de son exemplaire d’établissement, il ajoute de « petits papiers » [21] comportant le premier jet de ses commentaires. Une copie en est envoyée à l’Académie, du moins au début : « Je supplie M. le Secrétaire de marquer en marge tout ce qu’il faudra que je corrige, et je le corrigerai sur-le-champ. Je ne fatiguerai pas l’Académie de mes observations sur Pertharite, Agésilas, Suréna, Attila, Andromède, La Toison d’or, Pulchérie, en un mot sur les pièces qu’on ne joue jamais, et dont le commentaire sera très court » [22]. À la réception des observations de l’Académie, Voltaire « rectifie et renvoie le manuscrit en mettant des nota bene en marge aux endroits corrigés et aux nouveaux ». Puis il se « conforme avec soin à sa [de l’Académie] décision » et « polit le style » [23]. Le texte est alors composé par les frères Cramer, vers de Corneille en haut et notes en bas de la page, constamment sous l’œil de l’auteur :
il n’y a qu’à commencer tout à l’heure Pierre Corneille.
Monsieur Gabriel va redoubler d’activité, M. Philibert en aura, François V. [24] continuera à griffonner, il n’y aura qu’à mettre quelqu’un auprès du gros Suisse, qui lui dira, Suisse, à chaque vers de la pièce qui est commenté, mettez une lettre, en commençant par A, en finissant par Z, et puis en recommençant, et portez le commentaire au bas de la page avec la même lettre.
Plus, Suisse, ne mettez jamais de grandes lettres qu’aux noms propres. Plus, point de maudits fleurons. Plus, faites le moins de fautes que vous pourrez ; et Dieu vous ait en sa sainte garde. [25]
« [Sa] méthode étant de travailler toujours sur les épreuves des feuilles » [26], il corrige celles-ci, composant les volumes au fur et à mesure en fonction de la place tenue par le commentaire. Le premier tome devenant trop gros [27], il faut reléguer la Vie de Corneille de Fontenelle dans le dernier ; le septième, au contraire, ne sera pas assez épais avec seulement trois pièces comme le précédent : « Je pense qu’il en faudra quatre. Œdipe a peu de remarques, comme vous savez, la Toison d’or n’en a point, Sertorius n’en a pas un très grand nombre. Sophonisbe en a beaucoup moins, et n’en mérite guère... » [28].
Dans ce travail d’éditeur et de commentateur du texte de Corneille, Voltaire se réclame de la tradition savante. En « vrai Scaliger » [29], il déclare rédiger, comme son savant modèle, un « commentarium perpetuum tant soit peu pédantesque » [30] ; malgré l’atténuation, le terme est bien technique et désigne une annotation qui suit le texte phrase par phrase. Les principes de l’édition – plus ou moins bien respectés selon les pièces – sont les suivants : un discours introductif de l’éditeur ; un « commentaire perpétuel historique et critique » [31] sous forme de notes en bas de page « pour l’instruction des amateurs, des auteurs et des étrangers » [32], comportant des « remarques sur la langue et sur le goût » [33] constituant à la fois « une grammaire et une poétique » [34], ainsi que des « remarques historiques » [35] ; un dossier constitué, d’une part, de textes déjà publiés dans les éditions de Corneille (textes liminaires de l’auteur lui-même, textes liés à l’histoire des pièces et de leur représentation, textes sources où ont été puisés leurs arguments), d’autre part, de textes d’autres pièces sur les mêmes sujets, accompagnées elles aussi de commentaires de l’éditeur destinés à permettre la comparaison avec Corneille : « La Bérénice de Racine est à côté de celle de Corneille, avec des remarques ; l’Héraclius espagnol est au-devant de l’Héraclius français ; la conspiration de Brutus et de Cassius contre César, de ce fou de Shakespeare, est après le Cinna de Corneille, et traduite vers par vers et mot pour mot » [36].
Pour mener à bien ce savant programme, Voltaire agit en bon Scaliger : il entreprend des recherches historiques, à l’affût d’ « anecdotes curieuses » [37], demande des livres sur l’histoire du théâtre [38], traduit lui-même Shakespeare et Calderón pour que le lecteur en ait une idée plus juste et puisse mieux les comparer à Corneille, s’inquiète de son texte de base. Si, en pragmatique, il commence avec ce qu’il a sous la main, une petite édition in-12 de 1738 qui le rend aveugle, il emprunte ensuite à la Bibliothèque du roi [39] puis acquiert en septembre 1761 la grande édition in-4o de 1664 corrigée par Corneille. Attentif au choix du texte de base, il justifie de conserver le premier texte du Cid, celui de 1644 qui a été condamné, à cause de sa valeur historique [40].
Voltaire n’a toutefois pas la neutralité et la méthodique régularité des philologues. La singulière géométrie de son édition du théâtre de Corneille est le produit de la contradiction entre sa logique anthologique, celle du Temple du goût (pièces « qui sont restées au théâtre », « chefs-d’œuvre », « toutes les tragédies » [41] mais seulement les tragédies), et le goût du public, qui « veut avoir toutes les sottises des grands hommes » [42]. Si l’édition est bien pour finir complète et comprend les 32 pièces de Corneille, l’ordre des pièces et la répartition du commentaire établissent une hiérarchie. Alors que les tragédies, suivant l’ordre chronologique, occupent les dix premiers volumes, les comédies (à l’exception du Menteur et de sa Suite) sont reléguées à la fin [43]. Le commentaire, abondant pour les grandes pièces du début (Médée, Le Cid, Horace, Cinna), est très restreint pour les dernières. La présence de deux pièces de Thomas Corneille, insérées à la demande d’ « un grand nombre d’amateurs du théâtre » [44], même si elle est conforme à la tradition éditoriale (un des volumes de l’édition de 1738 du théâtre de Pierre que Voltaire a entre les mains contient des pièces de Thomas), vient rompre à son tour la cohérence « scientifique » de l’édition. Le commentaire de Voltaire introduit d’autre part des jugements, dénonce les « fautes », propose des corrections, déclare certaines pièces, comme « la Bérénice », « détestables » [45], en un mot se donne pour mission de dire la « vérité ». À d’Alembert qui lui reproche de faire le Zoïle, il répond : « Je ne me relâcherai en rien, parce que je suis sûr que j’ai raison. J’en suis sûr parce que j’ai cinquante ans d’expérience, parce que je me connais en théâtre, parce que je consulte toujours des gens qui s’y connaissent, et qui sont entièrement de mon avis » [46].
 
VOLTAIRE PHILOSOPHE ÉDITEUR
 
 
En assumant tous les rôles, en accomplissant la « rude et apesantissante besogne » d’être à la fois « commentateur et éditeur » [47] et en ne dépendant de personne – s’il réalise des livres français, souscrits par le roi, c’est hors du royaume et sans privilège –, Voltaire s’est mis dans la position de maîtriser tous les effets du livre pour le mettre au service des causes qu’il défend : celle de l’âge d’or de la littérature nationale, celle de la langue et du théâtre français, celle du goût contre la décadence et celle de la considération due aux gens de lettres.
L’édition de « Pierre » est pour Voltaire un « monument » qui regarde l’honneur et la gloire de la nation [48]. Elle est un « hommage public au père de la scène en Europe, et à celui qui a fait la gloire de la France » [49]. En publiant Corneille, en entourant son texte de commentaires, Voltaire établit sa place dans le futur panthéon du Grand Siècle français, donnant à son œuvre un statut comparable à celui dont jouissent les auteurs antiques. En soulignant d’autre part ses archaïsmes de langue et ses faiblesses dramaturgiques, Voltaire fait de Corneille un « inventeur » génial, qu’il faut à la fois suivre et dépasser. Le corriger, c’est l’actualiser, et favoriser ainsi dans le présent le rayonnement du théâtre et de la langue française, « la seule gloire qui nous reste » [50]. Voltaire veut par la diffusion de ses commentaires « prévenir (j’ai presque dit arrêter) la décadence de la langue et du goût » [51] et s’opposer ainsi aux « viles brochures et [aux] malheureux romans qui nous déshonorent » [52] : « J’ouvre une porte d’or, écrit-il, pour sortir du labyrinthe des colifichets où la foule se promène » [53].
Par son édition de Corneille, Voltaire milite aussi pour l’amélioration du statut des hommes de lettres et la reconnaissance de leurs droits. Il initie en France des pratiques qu’il a observées en Angleterre : en tirant de la misère la petite Corneille – comme les Anglais l’avaient fait pour la fille de Milton [54] –, il « honore le sang du grand homme ». Il assure à lui seul et en toute liberté – par sa propre activité d’auteur et d’éditeur – la dette contractée par la nation envers Corneille. Mieux, en faisant participer l’Académie à l’opération, en la faisant signer au contrat de mariage de la petite nièce [55], il donne à Corneille une véritable revanche contre l’injustice faite au Cid [56]. Renversant l’usage d’offrir ses productions aux grands, il fait – autre manifestation d’indépendance – « payer noblement » [57] aux princes et aux fermiers généraux les livres qu’il donne aux « pauvres connaisseurs » [58] : la redistribution en leur faveur est légitimée et leurs talents valorisés. Incluant les comédiens dans les bénéficiaires de ces volumes, il leur rend hommage et signale l’éminente dignité de leur art. Voltaire impose enfin, contre les libraires parisiens qui prétendent détenir le privilège des œuvres de Corneille, le droit moral de l’auteur, en la personne de sa descendante. En se proposant de demander un privilège au nom de Marie Corneille [59], il anticipe sur des mesures favorables au droit des auteurs, rétablissant notamment par exemple le privilège d’auteur, qui ne trouveront leur première forme légale qu’en 1777 [60].
L’édition de Corneille est un beau succès pour son promoteur : abondantes souscriptions, coûts et délais respectés, bénéfice supérieur aux espérances qui permet à la jeune Corneille un « très honnête mariage de province » [61]. Le commentateur n’a pas lieu d’être mécontent non plus : son travail est rapidement publié pour lui-même, séparément des pièces de Corneille ; la nouvelle édition du théâtre commenté en 1774 lui donne l’occasion d’être encore plus explicite et plus tranché dans ses jugements [62] ; la fortune de ses préfaces et de ses notes est telle qu’elles sont publiées avec les œuvres de Corneille jusqu’au XXe siècle.
Selon un processus souvent observé quand un écrivain en édite un autre, Voltaire s’est servi de Corneille autant qu’il l’a servi. Son théâtre est pour Voltaire en 1761 à la fois « un objet de commerce plus gros qu’on ne pense » [63] et l’occasion de plaider pour sa propre esthétique et sa propre œuvre, de s’instituer arbitre des destinées littéraires et défenseur des gens de lettres.
 
ANNEXE
 
 


Répartition des pièces de Corneille et d’autres dramaturges par volume de l’édition de 1764 [64]
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NOTES
 
[1] Lettre au duc de Nivernais, 27 mai 1761 (D 9794). Les numéros renvoient à l’édition établie par Theodore Besterman : Voltaire, Correspondence and Related Documents, Genève-Oxford, 1968-1977, t. 85-135 des Œuvres complètes de Voltaire, Oxford, Voltaire Foundation.
[2] Et d’une édition critique par David Williams, sous le titre de Commentaires sur Corneille dans les Œuvres complètes, op. cit., 1974-1975, t. 53-55.
[3] Elle arrive à Ferney le 22 décembre 1760.
[4] La page de titre du premier tome se présente ainsi : THEâTRE / DE / PIERRE CORNEILLE, / AVEC / DES COMMENTAIRES, / &c. &c. &c. / TOME PREMIER. / [ornement] / [double filet] / M.DCC.LXIV.
[5] À Charles Pinot-Duclos, secrétaire perpétuel de l’Académie, 1er mai 1761 (D 9762).
[6] C’est-à-dire Jean-François Corneille (fils de François Corneille, cousin germain, comme Fontenelle, de Pierre et de Thomas) et Marie-Françoise, sa fille.
[7] Les Genevois Gabriel et Philibert Cramer furent pendant vingt ans, jusqu’à la moitié des années 1770, les principaux imprimeurs de Voltaire.
[8] Au président Hénault, 25 juin 1761 (D 9852).
[9] À Voltaire, 19 mai 1761 (D 9781).
[10] À Gabriel Cramer, 12 juillet 1761 (D 9890).
[11] Selon les chiffres établis par André-Michel Rousseau cités dans Commentaires sur Corneille, op. cit.
[12] À l’abbé d’Olivet, 25 juin 1761 (D 9854).
[13] Signé des « frères Cramer », le prospectus est accompagné de 438 noms de souscripteurs pour 1 676 exemplaires. Texte cité dans Commentaires sur Corneille, op. cit., p. 1066-1067.
[14] Voir par exemple la lettre à M. de Montmartel, 27 août 1761 (D 10874).
[15] D 9890, déjà citée.
[16] Aux d’Argental, 14 octobre 1763 (D 11459).
[17] Aux mêmes, 3 mai 1764 (D 11856).
[18] À Damilaville, 25 janvier 1765 (D 12349).
[19] Lettre à d’Alembert, 15 septembre 1761 (D 10013) ; voir aussi D 9954 (à Charles Pinot-Duclos, 18 août 1761) et D 9959 (à l’abbé d’Olivet, 20 août 1761).
[20] À Damilaville, 24 juillet 1764 (D 12099).
[21] Lettre aux d’Argental, 28 juillet 1761 (D 9916).
[22] À l’abbé d’Olivet, 16 août 1761 (D 9953).
[23] Aux d’Argental, 3 octobre 1761 (D 10053).
[24] Voltaire lui-même.
[25] À Gabriel Cramer, janvier 1762 (D 10269).
[26] D 9762, déjà citée ; voir aussi D 10874, déjà citée.
[27] À Charles Pinot-Duclos, 21 avril 1762 (D 10425).
[28] À Gabriel Cramer, vers le 15 mars 1763 (D 11104).
[29] D 9916, déjà citée ; voir aussi D 9955 (à Mme du Deffand, 18 août 1761).
[30] Au président Hénault, 22 juillet 1762 (D 9910).
[31] À Jean Capperonier, 13 juillet 1761 (D 9892).
[32] À Fyot de La Marche, 20 mai 1761 (D 9783).
[33] À Schouvalov, 30 juin 1761 (D 9866).
[34] D 10013, déjà citée.
[35] D 9794 et D 9953, déjà citées, par exemple.
[36] Au président Hénault, 4 décembre 1763 (D 11529).
[37] À l’abbé d’Olivet, 20 août 1761 (D 9959).
[38] À Damilaville et Thiriot, 15 août 1761 (D 9946).
[39] D 9892, déjà citée.
[40] À Charles Pinot-Duclos, 25 décembre 1761 (D 10229).
[41] Respectivement D 9959 et D 9953 (déjà citées).
[42] À Algarotti, 13 août 1762 (D 10644).
[43] Voir l’annexe ci-dessous.
[44] Théâtre de Corneille, 1764, éd. citée, t. X, p. 109.
[45] À d’Alembert, 12 juillet 1762 (D 10581).
[46] Ibid.
[47] Aux d’Argental, 6 février 1762 (D 10311).
[48] Voir notamment D 9762 (déjà citée), D 9893 (à Charles Pinot-Duclos, 13 juillet 1761), D 9974 (à Montmartel, 27 août 1761) et D 9980 (à M. de Chennevières, 31 août 1761).
[49] D 9794, déjà citée.
[50] D 9974, déjà citée.
[51] À l’abbé d’Olivet, 10 avril 1761 (D 9734).
[52] D 9794, déjà citée.
[53] D 9852, déjà citée.
[54] À Fyot de La Marche, 26 juin 1761 (D 9855).
[55] 1er février 1763 (D 10976).
[56] D 9855, déjà citée.
[57] D 9959, déjà citée.
[58] À Mme du Deffand, 16 septembre 1761 (D 10022).
[59] À Gabriel Cramer, vers le 17 mai 1762 (D 10454) ; voir aussi D 10171 (aux d’Argental, 23 novembre 1761) et D 10450 (à Charles Pinot-Duclos, 17 mai 1762).
[60] Voir Véronique Sarrazin, « L’auteur éditeur de ses œuvres à la fin du XVIIIe : aspects légaux et économiques », Travaux de littérature, XIV, 2001, p. 335-360.
[61] Aux d’Argental, 20 décembre 1761 (D 10231).
[62] « J’ai dit enfin la vérité dans toute son étendue, comme elle doit toujours être dite » (lettre à d’Argental du 16 avril 1775, D 18309).
[63] Au banquier Jean-Robert Tronchin, 7 septembre 1761 (D 9993).
[64] Les dates entre parenthèses sont celles de la création, d’après Corneille, Œuvres complètes, Georges Couton éd., Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1980-1987, 3 vol.
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Lettre au duc de Nivernais, 27 mai 1761 (D 9794). Les numé...
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Au président Hénault, 25 juin 1761 (D 9852). Suite de la note...
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À Voltaire, 19 mai 1761 (D 9781). Suite de la note...
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À Gabriel Cramer, 12 juillet 1761 (D 9890). Suite de la note...
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À l’abbé d’Olivet, 25 juin 1761 (D 9854). Suite de la note...
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Aux d’Argental, 14 octobre 1763 (D 11459). Suite de la note...
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Aux mêmes, 3 mai 1764 (D 11856). Suite de la note...
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À Damilaville, 24 juillet 1764 (D 12099). Suite de la note...
[21]
Lettre aux d’Argental, 28 juillet 1761 (D 9916). Suite de la note...
[22]
À l’abbé d’Olivet, 16 août 1761 (D 9953). Suite de la note...
[23]
Aux d’Argental, 3 octobre 1761 (D 10053). Suite de la note...
[24]
Voltaire lui-même. Suite de la note...
[25]
À Gabriel Cramer, janvier 1762 (D 10269). Suite de la note...
[26]
D 9762, déjà citée ; voir aussi D 10874, déjà citée. Suite de la note...
[27]
À Charles Pinot-Duclos, 21 avril 1762 (D 10425). Suite de la note...
[28]
À Gabriel Cramer, vers le 15 mars 1763 (D 11104). Suite de la note...
[29]
D 9916, déjà citée ; voir aussi D 9955 (à Mme du Deffand, ...
[suite] Suite de la note...
[30]
Au président Hénault, 22 juillet 1762 (D 9910). Suite de la note...
[31]
À Jean Capperonier, 13 juillet 1761 (D 9892). Suite de la note...
[32]
À Fyot de La Marche, 20 mai 1761 (D 9783). Suite de la note...
[33]
À Schouvalov, 30 juin 1761 (D 9866). Suite de la note...
[34]
D 10013, déjà citée. Suite de la note...
[35]
D 9794 et D 9953, déjà citées, par exemple. Suite de la note...
[36]
Au président Hénault, 4 décembre 1763 (D 11529). Suite de la note...
[37]
À l’abbé d’Olivet, 20 août 1761 (D 9959). Suite de la note...
[38]
À Damilaville et Thiriot, 15 août 1761 (D 9946). Suite de la note...
[39]
D 9892, déjà citée. Suite de la note...
[40]
À Charles Pinot-Duclos, 25 décembre 1761 (D 10229). Suite de la note...
[41]
Respectivement D 9959 et D 9953 (déjà citées). Suite de la note...
[42]
À Algarotti, 13 août 1762 (D 10644). Suite de la note...
[43]
Voir l’annexe ci-dessous. Suite de la note...
[44]
Théâtre de Corneille, 1764, éd. citée, t. X, p. 109. Suite de la note...
[45]
À d’Alembert, 12 juillet 1762 (D 10581). Suite de la note...
[46]
Ibid. Suite de la note...
[47]
Aux d’Argental, 6 février 1762 (D 10311). Suite de la note...
[48]
Voir notamment D 9762 (déjà citée), D 9893 (à Charles Pino...
[suite] Suite de la note...
[49]
D 9794, déjà citée. Suite de la note...
[50]
D 9974, déjà citée. Suite de la note...
[51]
À l’abbé d’Olivet, 10 avril 1761 (D 9734). Suite de la note...
[52]
D 9794, déjà citée. Suite de la note...
[53]
D 9852, déjà citée. Suite de la note...
[54]
À Fyot de La Marche, 26 juin 1761 (D 9855). Suite de la note...
[55]
1er février 1763 (D 10976). Suite de la note...
[56]
D 9855, déjà citée. Suite de la note...
[57]
D 9959, déjà citée. Suite de la note...
[58]
À Mme du Deffand, 16 septembre 1761 (D 10022). Suite de la note...
[59]
À Gabriel Cramer, vers le 17 mai 1762 (D 10454) ; voir aus...
[suite] Suite de la note...
[60]
Voir Véronique Sarrazin, « L’auteur éditeur de ses ...
[suite] Suite de la note...
[61]
Aux d’Argental, 20 décembre 1761 (D 10231). Suite de la note...
[62]
« J’ai dit enfin la vérité dans toute son étendue, comme e...
[suite] Suite de la note...
[63]
Au banquier Jean-Robert Tronchin, 7 septembre 1761 (D 9993...
[suite] Suite de la note...
[64]
Les dates entre parenthèses sont celles de la création, d’...
[suite] Suite de la note...