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Dix-septième siècle

2007/3 (n° 236)


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Lorsqu’à l’été 2003 je proposai au comité de Littératures classiques un projet de recueil et de retour – une « revue » donc – sur vingt-cinq ans de recherches rhétoriques, en une sorte de reprise, déjà nostalgique, du colloque de Cerisy consacré à Marc Fumaroli [1][1]  Le loisir lettré à l’âge classique, essais réunis..., tenu dix ans plus tôt, j’ignorai que Gilles Declercq et moi-même allions bientôt infliger aux auteurs que nous pressentirions, et certains sont des maîtres en rhétorique, un travail d’anagnôrisis – en les priant, naïvement, en mars 2004, de couler leur inventio dans le moule d’une topique qui, à défaut de l’élégance de l’inattendu, avait, nous le croyions, le mérite d’aider à « reconnaître », pour eux-mêmes et pour leurs lecteurs, le chemin parcouru par les études rhétoriques classiques :

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Voilà un quart de siècle paraissait L’Âge de l’éloquence de Marc Fumaroli (1980). Avec cet ouvrage, la rhétorique, parée des prestiges de l’érudition à la française, préparée par les travaux philologiques d’un Alain Michel, philosophiques d’un Paul Ricœur, juridiques d’un Chaïm Perelman, ou littéraires d’un Basil Munteano, devenait le point cardinal des études dix-septiémistes. Aux noms que nous venons de citer, ne quid nimis, deux autres viennent encore s’ajouter – Michel de Certeau et Louis Marin.

La rhétorique, conçue comme une méthode critique, une herméneutique de la culture littéraire et artistique, s’est ainsi imposée comme une force vivifiante. Mais dans le temps de la reconnaissance de son évidence historique et de sa fécondité heuristique, la rhétorique aborde un nouveau carrefour critique au seuil de ce siècle : sa double définition par l’axe historique des « études rhétoriques » et par l’axe formel de la « nouvelle rhétorique », la récente extension de la notion de « rhétoricité », et l’inévitable dilution sémantique de ses concepts en raison même de sa notoriété sont autant de défis lancés à son assise conceptuelle et disciplinaire qui justifient aujourd’hui de dresser un bilan des études accomplies, pour mieux dessiner le programme idéal des études à venir.

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Le prospectus se concluait sur ce double vœu, peut-être pieux mais dont la piété relève, on l’a reconnu, d’un « office » oratoire – instruire –, que « nous voulons mesurer l’état d’un savoir multiforme et offrir aux jeunes chercheurs un instrument ». Les contributions qui composent cette livraison de XVIIe siècle satisferont, c’est mon espoir, à l’une et l’autre tâches.

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Mais, avant d’en présenter les lignes de force, je voudrais évoquer un texte qui, pour ma part, inspira la conception initiale de ce retour, méditatif et critique, sur un chapitre littéralement « faste » des études dix-septiémistes.

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Il s’agit des Studies in Iconology d’Erwin Panofsky. L’ouvrage paraît en 1939 et lorsqu’en 1962 Panofsky plaide – afin de n’avoir pas à le réviser de fond en comble – qu’il est comme neuf puisqu’il est « quasiment oublié et complètement épuisé » [2][2]  Erwin Panofsky, Studies in Iconology. Humanistic Themes..., il ignore évidemment que la traduction française des Essais d’iconologie ne sortira qu’en 1967 [3][3]  Erwin Panofsky, Études d’iconologie. Les thèmes humanistes..., voilà quarante ans, au moment de la gestation, en France, des études rhétoriques.

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Pourquoi Panofsky ? Lorsque j’ouvre L’Âge de l’éloquence et que je relis sa « flamboyante » préface, comme le dit Roger Zuber, je vois l’ombre, heureuse, du maître de l’iconologie. L’interrogation, la certitude qui se forment aussitôt portent sur une sorte de filiation générique entre iconologie et rhétorique. Il suffit de reprendre l’introduction des Études, où Panofsky veut sauver l’histoire de l’art par une histoire des « valeurs symboliques » pour saisir à quel point son geste anticipe et informe le propos de Marc Fumaroli – sauver l’histoire littéraire. Les « études de rhétorique » reprennent à leur compte le projet des « études d’iconologie », celui d’une triple histoire des formes du langage littéraire au moment où la langue française se fixe, de même que Panofsky choisissait l’époque renaissante, quand se fixèrent vocabulaire et syntaxe de l’art moderne, pour étayer son analyse [4][4]  Les ponts et passages entre les études rhétoriques.... Cette fixation d’une langue permet à une culture – Panofsky dit Weltanschauung –, d’exprimer des valeurs symboliques, ici coulées dans la langue classique qui, à son tour, se moule dans les formes rhétoriques, telles des icônes persuasives.

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Triple histoire ? Il est frappant que les trois niveaux d’analyse tabulés, non sans ironie, par Panofsky, fournissent une grille de lecture pour l’interprétation des axes de recherche en rhétorique depuis presque trois décennies. Dans ce qu’il nomme « histoire de la tradition », Panofsky distingue trois choix de travail : l’histoire du style, l’histoire des types, l’histoire des symptômes culturels. L’histoire du style – comment des objets et des événements s’expriment par des formes – est celle d’un « univers de motifs », lignes, couleurs, volumes [5][5]  Panofsky, Studies, p. 9.. Transposé dans le champ rhétorique, ce travail impose de reconnaître ce qui se nomme, effectivement, le style – disposition, élocution, performance – tel que la rhétorique le conçoit, dans la matière même des objets littéraires. L’histoire des types, en quoi consiste l’analyse iconographique proprement dite, recense les « images, histoires et allégories » qu’elle assigne aux œuvres d’art [6][6]  Ibid., p. 11.. Une telle passion de l’attribution iconographique est au cœur des études rhétoriques sur l’invention. Quant à l’histoire des symptômes culturels, elle corrige le formalisme des précédentes en essayant de faire ressortir comment, pour un symptôme culturel donné, « les Humanités se rencontrent sur un terrain commun » [7][7]  Ibid., p. 16.. Cette entreprise requiert de la part du savant une « intuition synthétique ».

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Si l’option d’une rhétorique fondamentale, et non pas seulement instrumentale, bref la « rhétoricité » est maintenant en faveur [8][8]  Se reporter aux actes du colloque de la Sorbonne,..., ce récent développement des études rhétoriques tire lui aussi une partie de ses origines intellectuelles de l’idée de « terrain commun » posé par les études d’iconologie. Certes, ce terrain est désormais occupé, après avoir été approprié, il faut le reconnaître, par les études rhétoriques, mais les Anciens n’auraient pas été choqués par cette appropriation : la tradition aristotélicienne n’eut de cesse de souligner que la rhétorique n’a pas d’objet propre, sauf, me semble-t-il, une formidable capacité d’ « intuition synthétique ». Dans la péroraison de sa Leçon inaugurale au Collège de France, il y a vingt ans, Marc Fumaroli amplifiait la pensée et précisait la portée de l’héritage panofskyen, pour ceux qui ne l’avaient pas compris :

Faire l’histoire de la rhétorique, c’est retrouver à la fois les origines des préjugés nationaux en matière de forme, et le fonds originel et généreux que ces préjugés nous ont fait oublier, mais qui n’en explique pas moins l’unité essentielle de la civilisation littéraire de l’Europe [9][9]  Marc Fumaroli, Leçon inaugurale faite le mercredi....

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C’est ce « miracle de culture » qui explique comment les ressources intuitives, nécessairement érudites et réservées à un happy few, de L’Âge de l’éloquence ont pu donner aux historiens d’art L’école du silence et au grand public L’État culturel [10][10]  Marc Fumaroli, L’école du silence. Le sentiment des..., en outrepassant les limites, styles et types, de son objet – l’éloquence classique – pour viser plus loin, plus large, plus proche aussi de nous.

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Alain Génetiot et Delphine Denis, à qui nous devons d’avoir généreusement ressuscité ce projet, ont voulu conserver la division en triptyque envisagée naguère. La topique y prenait allure d’argumentation. C’est le plan de ce fascicule.

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Dans une première partie, Tensions fondatrices, trois auteurs qui ont illustré ce qu’on peut nommer, sans blesser leur urbanité, la « première génération », offrent une vive confrontation de points de vue sur la formation de la réflexion rhétorique, en tant qu’herméneutique, au voisinage, parfois hostile, d’investigations voisines qui la mirent ainsi « sous tension » (nouvelle critique, sémiotique, intertextualité). Roger Zuber ouvre le volume par une mise au point sur l’effet salvateur de la rhétorique pour les études littéraires en soulignant, au sujet de L’Âge de l’éloquence, combien « il est remarquable que, plus tard, ces amorces théoriques, dont on pouvait craindre qu’elles se limitent aux techniques oratoires, se soient révélées précieuses pour analyser la quasi-totalité de la production littéraire ». L’effet salutaire du retour à la rhétorique (nourri aux travaux du grand cicéronien Alain Michel) fut de nous convaincre « de jeter un regard amusé sur “la sincérité”, “la réalité”, “l’engagement”, “le discours” », de sorte que les études littéraires, par un inattendu, paradoxal et radical « renversement » des rôles critiques, restent désormais, malgré qu’elles en aient, redevables aux études rhétoriques de se trouver guéries « d’une longue paresse » intellectuelle. Georges Molinié aborde une deuxième tension, non plus critique mais herméneutique, sur les difficultés rencontrées, c’est-à-dire posées comme problème, concernant la pensée du signe verbal chez Aristote, et « la problématique des affects » : « Le symbolisme de l’écriture ne vient qu’ensuite, expressément présenté comme dépendant de l’ordre du sonore ». Les recherches sur l’actio, pour ne citer qu’elles, sont tributaires de ce souci, à la marge de la sémiotique issue du formalisme linguistique, de « penser la rhétorique comme une herméneutique immanente » où s’affirme donc « la modernité de la pensée lamyenne ». Sous la plume de Bernard Beugnot, une troisième tension est mise au jour, un champ de concurrence et donc de rencontre entre les recherches sur l’intertextualité et les recherches rhétoriques. Rappelant que le passage de la Renaissance à l’Âge classique se marqua par un déplacement, au sein de la rhétorique, d’ « une poétique de la memoria à une poétique de l’elocutio », il propose de prendre la juste mesure, rhétorique, des modes de « l’intertextualité » classique, de traiter celle-ci comme un « lieu de rencontre des consciences », propre à conduire les recherches rhétoriques sur la voie d’une « grammaire historique de l’invention ». Cette première partie livre ainsi une manière d’histoire intellectuelle du milieu épistémologique dans lequel, contre lequel, au-delà duquel les études rhétoriques voulurent, et réussirent avec succès à tenir un rang qui, simplement, n’était pas le leur auparavant.

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Dans une deuxième partie, Champs d’enquête, cinq auteurs, cinq autorités de la « deuxième génération », à qui les études rhétoriques doivent leur développement en direction ce que Panosfky nomme l’histoire des symptômes culturels, s’attachent à proposer des analyses précises, à la fois bilan historique et regard critique, concernant différentes valeurs de la rhétorique – politique, socialisation, culture, spectacle, poésie. Le propos n’était pas ici de recenser tout et tous [11][11]  Trois cas : on ne trouvera pas d’article sur la prédication..., d’entasser Pélion sur Ossa, bref de se livrer à une bibliographie raisonnée des styles et des types, mais de dégager des lignes de force, des objets et des méthodes sujets à controverse grâce auxquels s’articulent et se fixent les tendances essentielles de la culture rhétorique classique. Hélène Merlin ouvre cette deuxième partie en citant le verdict doux-amer de Roland Barthes, que la rhétorique « donne accès à ce qu’il faut bien appeler une surcivilisation », pour noter que cet objet « simplement historique » pour Barthes fut « promu au rang d’une valeur absolue par Marc Fumaroli contre l’absolu littéraire des Romantiques ». Dans l’impossible dialogue entre Louis Marin et Marc Fumaroli [12][12]  Voir mon essai « La manière Marin et le fétiche langage »,..., la langue, le politique, la rhétorique sont les trois termes liés de ce que je voudrais nommer « une Querelle du persuasif », et dont Hélène Merlin résume justement l’enjeu éthique : « Partenaire obligé de l’orateur, le peuple apparaît comme l’un des points aveugles de l’école française de rhétorique ». Delphine Denis aborde alors la relation, complexe, entre rhétorique et civilité, donc celle de l’institution du sujet social « dont les normes de comportement continuent d’emprunter à la catégorie centrale de l’aptum ses diverses prescriptions ». En choisissant de procéder à l’anatomie d’un échec, celui de Richesource, elle lève le voile sur la problématique, qu’en d’autres lieux on dirait proprement « sophistique » [13][13]  Dans le sens des travaux de Barbara Cassin (L’effet..., d’un « savoir-faire » rhétorique qui puisse « participer à sa manière – celle d’une “raison” méthodique édifiée contre l’arbitraire du jugement de goût – à la formation du public ». Dans son traitement plus large de la « culture », la paideia, Emmanuel Bury, prenant appui sur la Ratio studiorum, étudie la fonction qu’elle assigne à la « littérature », avant d’examiner l’influence qu’elle a pu avoir sur la réflexion critique d’un Bouhours. Il s’attache à montrer comment le rôle central de la rhétorique dans l’enseignement jésuite a eu des incidences directes sur la manière dont on a pensé et critiqué les pratiques « littéraires » de l’âge classique. Julia Gros de Gasquet, dans une riche revue de l’actio et de la pronuntiatio, digne des performance studies, dessine « la question de l’efficacité de ce “code” de jeu » et démonte le puzzle – déclamation, chant, récitation – de cette « matrice intellectuelle à partir de laquelle [on peut] penser le jeu de l’acteur au XVIIe siècle, au côté de l’orateur en chaire ou au barreau ». L’action oratoire traverse le champ social, politique, religieux, culturel et esthétique – système très efficace, peut-être, de reproduction, au sens de Bourdieu. Alain Génetiot referme cette enquête sur un examen des rapports entre les deux grandes « tendances » (pour reprendre un mot de Panofsky) du langage de création, la rhétorique et la poésie. Rappelant le constat habituel, « paresseux » écrirait Roger Zuber, d’une « crise du lyrisme », il le prend aussitôt à contre-pied en détaillant, objet par objet poétique, comment l’époque classique « entérine le rapprochement de la poésie avec la rhétorique dès lors que la poésie n’est plus une langue étrangère, mais au contraire la langue de la communication ». Pénétrés des devoirs oratoires, les poètes lyriques illustrent cette « musique sans instrumentation, la parole lyrique » qui « apparaît donc comme la quintessence et l’accomplissement de la rhétorique ».

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Il revient au romaniste allemand, Volker Kapp, d’apporter, en conclusion, une perspective étrangère, sur la réception « ailleurs » des recherches rhétoriques françaises [14][14]  Certes, pas de perspective anglaise, ni américaine,.... Le dialogue transrhénan sur les formes littéraires et culturelles est ancien, riche, soutenu, en dépit de l’Histoire, songeons simplement à Curtius [15][15]  Die französische Kultur. Eine Einführung, 1re éd.,.... C’est sur lui que Volker Kapp ouvre sa « revue systématique », érudite et passionnée, des recherches rhétoriques allemandes avant de montrer comment, sous « Lausberg et les partisans d’une science de la littérature », dans « la problématique du baroque » et dans les articles du « monumental Historisches Wörterbuch der Rhetorik » un certain « silence sur les travaux français » semble être de rigueur [16][16]  J’ai constaté une méconnaissance analogue, outre-Atlantique,..., silence ou incompréhension d’autant plus étonnants que l’auteur incarne, lui, la vigueur d’une écoute critique, et sympathique [17][17]  Deux simples tests de réception aux États-Unis, où....

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L’analyse de Volker Kapp sonne toutefois un avertissement, lancé à l’adresse des chercheurs de la « troisième génération » de l’école française de rhétorique : il faut peser les termes, sans nécessairement y souscrire, du nom que Marc Fumaroli avait choisi, à la surprise de beaucoup, pour sa chaire, « rhétorique et société en Europe ». Tout laisse à supposer qu’un autre retour sur nos études, conduit par d’autres, sera nécessaire, dans vingt ans, pour décrire comment nous aurons été à la mesure des fastes accomplis.

Notes

[1]

Le loisir lettré à l’âge classique, essais réunis par Marc Fumaroli, Philippe-Joseph Salazar et Emmanuel Bury, Genève, Droz, « Travaux du Grand Siècle » (4), 1996. Le colloque eut lieu en septembre 1993.

[2]

Erwin Panofsky, Studies in Iconology. Humanistic Themes in the Art of the Renaissance, New York, Icon, 1972, p. V. Je cite d’après ce texte, en traduisant.

[3]

Erwin Panofsky, Études d’iconologie. Les thèmes humanistes dans l’art de la Renaissance, traduit de l’anglais par Claude Berbette et Bernard Teyssèdre, Paris, Gallimard, « Bibliothèque des Sciences humaines », 1967.

[4]

Les ponts et passages entre les études rhétoriques et les études d’art sont désormais nombreux – pensons, pour notre sujet et à titre d’exemple, au travail de Colette Nativel (édition de Franciscus Junius, De Pictura Veterum, I, Genève, Droz, 1996) – mais il faut probablement remonter à André Chastel, à son Marsile Ficin et l’art (Genève, Droz, 1954, réimpr., 1975), pour en percevoir les premiers et durables attachements.

[5]

Panofsky, Studies, p. 9.

[6]

Ibid., p. 11.

[7]

Ibid., p. 16.

[8]

Se reporter aux actes du colloque de la Sorbonne, en juin 2006, organisé par Antoine Compagnon, Aron Kibédi-Varga et Georges Molinié, « La rhétorique et les autres », à paraître dans Littérature, automne 2007, colloque qui fit suite à celui de mars 2000.

[9]

Marc Fumaroli, Leçon inaugurale faite le mercredi 29 avril 1987, Chaire de rhétorique et société en Europe (XVIe-XVIIe siècles), Paris, Collège de France, no 103, 1987, p. 34.

[10]

Marc Fumaroli, L’école du silence. Le sentiment des images au XVIIe siècle, Paris, Flammarion, « Idées et Recherches », 1994 ; L’État culturel. Essai sur une religion moderne, Paris, De Fallois, 1991.

[11]

Trois cas : on ne trouvera pas d’article sur la prédication mais on dispose du riche numéro de Littératures classiques consacré au « Carême du Louvre » (46, 2002). Dans un projet plus large, il est certain que l’élocution philosophique (par exemple dans les travaux de Jean-Charles Darmon) et l’anthropologie littéraire – illustrée par Louis Van Delft et Patrick Dandrey – auraient pu fournir matière à des développements plus spécifiques.

[12]

Voir mon essai « La manière Marin et le fétiche langage », Littératures classiques. Les langages du XVIIe siècle, 50, 2004, p. 119-136.

[13]

Dans le sens des travaux de Barbara Cassin (L’effet sophistique, Paris, NRF-Gallimard, 1995).

[14]

Certes, pas de perspective anglaise, ni américaine, ni surtout italienne. Mais on lira dans l’Histoire de la rhétorique dans l’Europe moderne (sous la dir. de Marc Fumaroli, Paris, PUF, 1999) le chapitre signé par Peter France – sur les Lumières, il est vrai.

[15]

Die französische Kultur. Eine Einführung, 1re éd., 1931, Berne, Francke, 1975.

[16]

J’ai constaté une méconnaissance analogue, outre-Atlantique, en rapportant le débat de sourds-muets, en France, entre la rhétorique et la philosophie (« Rhetoric achieves nature. A view from Old Europe », Philosophy & Rhetoric, 40 (1), 2007, p. 71-88).

[17]

Deux simples tests de réception aux États-Unis, où les études rhétoriques sont pourtant largement intégrées au curriculum : le manuel soigneusement pensé de Thomas M. Conley, Rhetoric in the European Tradition (Chicago, The University of Chicago Press, 1990 et 1994) rend hommage à L’Âge de l’éloquence mais, en dépit de sections importantes sur la France, écrites avec l’érudition coutumière de l’auteur, on n’en retire pas le sentiment d’un véritable usage. L’Âge est certe mentionné dans les notes bibliographiques de l’Encyclopedia of Rhetoric (sous la dir. de Thomas O. Sloane, New York, Oxford University Press, 2001) mais inexplicablement pas dans celle de l’article sur la rhétorique de la Contre-Réforme – un seul auteur français a contribué à cette encyclopédie anglo-saxonne, et sur un sujet moderne.

Pour citer cet article

Salazar Philippe-Joseph, « Présentation. De l'éloquence à la rhétoricité, trente années fastes », Dix-septième siècle, 3/2007 (n° 236), p. 421-426.

URL : http://www.cairn.info/revue-dix-septieme-siecle-2007-3-page-421.htm
DOI : 10.3917/dss.073.0421


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