• Hubert Carrier, Le labyrinthe de l’État. Essai sur le débat politique en France au temps de la Fronde (1648-1653), no 14, Paris, Honoré Champion, « Bibliothèque d’histoire moderne et contemporaine », 2004, 694 p.
• — la probante mise en lumière de l’archaïsme des conceptions de l’autorité royale qui sous-tendent les écrits de certains pamphlétaires condéens comme Marigny (p. 34) ; — la démonstration lumineuse de l’importance des écrits de Claude Joly, ou même de textes comme La conduite du Cardinal Mazarin, qui soulignent les dangers qu’un absolutisme sans mesure ferait courir à la monarchie (p. 44-45) ; — la réévaluation justifiée du rôle (pas toujours bien rempli) de Gaston d’Orléans comme médiateur entre le roi et ses sujets (p. 66-71) ; — l’exhibition surprenante, en arrière-plan de certaines mazarinades du camp des Princes, d’une sorte de fantôme de monarchie élective, agité pour suggérer une prolongation de la minorité royale (p. 101) ; — la démonstration, par le nombre et la qualité des citations invoquées, de la quasi omniprésence d’un discours loyaliste et monarchiste constamment mis en avant par la propagande frondeuse (p. 76 sq.) ; — la démonstration de la force des arguments dénonçant l’illégitimité du ministériat (p. 163) ; — la démonstration de la profondeur symbolique et idéologique de la notion de « mystère de l’État » dans la construction d’une sorte de mystique du pouvoir (p. 162) ; — la démonstration de l’importance d’une vision « évangélique » du pouvoir chez Claude Joly (p. 172) ; — la démonstration de l’écart existant entre la théorie de la monarchie de droit divin, soutenue par les dévots, et la théorie « étatiste » de la souveraineté fondée sur la « raison d’État » (p. 219) ; — la démonstration du rôle capital, chez les magistrats frondeurs, d’une conscience corporatiste, appelant à la défense de leurs prérogatives et se rebellant contre le noyautage des compagnies par le pouvoir et contre les usurpations engagées par les intendants et par les commis royaux (p. 336-339) ; — la démonstration de la prégnance, dans l’imaginaire collectif du temps, d’une sorte de fantasme : celui qui ferait des États généraux un ultime et salvateur recours (p. 343) ; — la démonstration, rarement aussi nettement faite, du rôle tenu dans l’opinion du temps par les problèmes extérieurs et par les débats sur la politique étrangère (p. 359-377) ; — la démonstration évidente, mais toujours utile à répéter, du rôle des sentiments de solidarité d’ordre ou de caste, dans la critique de la fiscalité royale, sous couvert d’un discours de lutte contre les injustices (p. 425-426) ; — la démonstration irréfutable de la solidarité patente des deux premiers ordres du royaume (clergé et noblesse), par-delà les antagonismes politiques et les clivages qui opposent, dans la Fronde, clergé régulier et clergé séculier, haut et bas clergé, noblesse légitimiste et noblesse frondeuse (p. 499, 500, 503).
• Jean-Marc Civardi, La Querelle du « Cid » (1637-1638). Édition critique intégrale, Paris, Honoré Champion, « Lumière classique », no 52, 2004, 1 116 p.
• La scène comme tableau, études réunies et présentées par Jean-Louis Haquette et Emmanuelle Hénin, travaux du groupe CLAM de l’Université de Jussieu-Paris VII, Poitiers, La Licorne, 2004, 124 p., 15,5 × 22,5 cm.