2009
XVIIe siècle
Avant-propos.
Une impossible rencontre
Michel Fichant
Université de Paris-Sorbonne.
Les études réunies par Fabien Chareix pour cette livraison de Dix-septième Siècle sont issues, à une exception près, d’une journée sur Galilée et Descartes organisée à son initiative, qui s’était tenue le 2 décembre 2006, dans le cadre des activités du Centre d’études cartésiennes de l’Université de Paris-Sorbonne (composante de l’EA 3552, « Métaphysique : histoires, transformations, actualité »).
Elles constituent en quelque sorte les actes d’une impossible rencontre.
Galilée (1564-1642) est né trente-deux ans avant Descartes. Si sa notoriété de mathématicien et de physicien était déjà largement acquise en 1610, c’est bien cette année-là qu’il est entré dans l’arène des polémiques les plus vives où s’est joué le destin de la science classique naissante, avec la publication de son Sidereus Nuncius. Il y rendait publiques les observations menées à l’aide de sa lunette, qui lui avaient permis de découvrir notamment les satellites de Jupiter et les phases de Vénus : l’explication de ces phénomènes tendait à conforter la validité de l’astronomie héliocentrique et à en assurer le succès décisif contre l’ancien système élaboré par Ptolémée d’Alexandrie.
En 1632, Galilée publie ses Dialogues sur les deux plus grands systèmes du monde, où il plaide en faveur de la vérité physique du système copernicien. Cela lui valut la condamnation prononcée le 22 juin 1633 par le Saint-Office romain.
De la retraite à laquelle il fut alors astreint, Galilée fit parvenir en Hollande l’ultime chef-d’œuvre où il exposait la synthèse de sa pensée sur la composition de la matière et les lois mathématiques du mouvement : les Discours et démonstrations mathématiques concernant deux nouvelles sciences furent publiés par les Elzevier en 1638.
Quand Galilée mourut, Descartes avait fait paraître cinq ans auparavant ses trois Essais – Géométrie, Dioptrique, Météores – précédés du Discours de la méthode, et, l’année précédente, la première édition des Meditationes de prima philosophia.
De ces dernières, Descartes avait confié à Mersenne qu’elles « contiennent tous les fondements de (sa) physique ». Il ajoutait : « Mais il ne le faut pas dire, s’il vous plaît ; car ceux qui favorisent Aristote feraient peut-être plus de difficulté de les approuver ; et j’espère que ceux qui les liront, s’accoutumeront insensiblement à mes principes, et en reconnaîtront la vérité avant que de s’apercevoir qu’ils détruisent ceux d’Aristote » (28 janvier 1641, AT, III, 298)
[1]. Détruire les fondements de la physique d’Aristote, pour faire champ libre à une nouvelle science de la nature, fut le projet constant de Descartes, et en un sens, c’est un projet dont la visée essentielle est la même que celle qui s’est réalisée dans l’
œuvre de Galilée. Cette nouvelle science sera « copernicienne » en ce qu’elle doit prendre en compte d’une manière ou d’une autre l’abandon du géocentrisme et le mouvement de la Terre. En 1641, Descartes n’est pas persuadé qu’il ne court pas ainsi le risque d’une même condamnation que celle qui a frappé le savant florentin : « Ceux qui ont fait condamner Galilée... feraient bien condamner aussi mes opinions, s’ils pouvaient, en même sorte » (31 mars, AT, III, 350). Et qui sont-ils ? Tout simplement « ceux qui mêlent Aristote avec la Bible, et veulent abuser de l’autorité de l’Église pour exercer leurs passions ». Or ce mélange abusif, Descartes avait voulu le dissiper dès les réflexions qui accompagnent l’élaboration de la première présentation de sa physique qu’il voulait donner dans son
Monde. Ainsi se souciait-il dès 1629 d’obtenir l’avis de Mersenne et d’autres experts sur certains points que son traité ne manquerait pas d’aborder, en expliquant : « ... ce que je désire principalement à cause de la théologie, laquelle on a tellement assujettie à Aristote, qu’il est presque impossible d’expliquer une autre philosophie, sans qu’elle semble d’abord contre la foi. Et à propos de ceci, je vous prie me mander s’il n’y a rien de déterminé en la religion, touchant l’étendue des choses créées, savoir si elle est finie ou plutôt infinie, et qu’en tous ces pays qu’on appelle les espaces imaginaires il y ait des corps créés et véritables ; car encore que je n’eusse pas envie de toucher cette question, je crois toutefois que je serai contraint de la prouver » (AT, I, 85-86).
Au moment où Le Monde sera presque achevé, ce n’est pas la question de l’étendue de ce monde, c’est-à-dire celle de sa possible infinité, qui viendra faire obstacle à l’accomplissement du projet de Descartes, mais celle du mouvement de la Terre, telle qu’elle se posait avec acuité dans le débat public après la condamnation de Galilée.
Descartes semble avoir entendu quelque chose du Dialogue sur les deux plus grands systèmes de la part de Mersenne, puisque c’est en répondant à une question de son correspondant sur « le calcul que fait Galilée de la vitesse des corps qui descendent », qu’il juge péremptoirement : « Il ne peut avoir atteint la vérité » (novembre ou décembre 1632, AT, I, 261). Il faudra toutefois qu’il ait souhaité en savoir davantage, puisque, à la fin du mois de novembre 1633, c’est en cherchant à se procurer le livre qu’il apprendra la condamnation (AT, I, 270-271). Il n’en connaît d’abord à peu près rien, sauf à s’étonner, d’autant qu’à ce qu’il en sait, Galilée était pourtant « bien voulu du pape », ce qui d’ailleurs n’était pas faux. Mais la conséquence immédiate en est la renonciation à l’achèvement et à la publication du Monde : le mouvement de la Terre est une proposition vraie, qui se déduit nécessairement des principes de la physique, de sorte que « s’il est faux, tous les fondements de ma philosophie le sont aussi, car il se démontre par eux évidemment. Et il est tellement lié avec toutes les parties de mon traité, que je ne l’en saurais détacher sans rendre le reste tout défectueux » (ibid.). Toute la suite de l’histoire de la formation du dispositif conceptuel de la physique de Descartes et de sa fondation finale sur des fondements assurés sera l’histoire de la manœuvre de contournement qui permettra de faire paraître, avec les Principia philosophiæ en 1644, le corps entier de la physique.
Rien ne serait plus faux que de conclure de l’abandon du Monde, au motif de son adhésion au mouvement de la Terre, que Descartes reconnaîtrait en cela une quelconque proximité de ses conceptions avec celles de Galilée, dont il continue pendant assez longtemps de savoir peu de choses. En avril 1634, et jugeant par ouï-dire, il rejette quelques-uns des arguments les plus caractéristiques par lesquels Galilée prouvait le mouvement (diurne) de la Terre (le jet d’une pierre depuis un véhicule en mouvement, la chute du boulet du haut d’une tour) : « Pour les expériences que vous me mandez de Galilée, je les nie toutes, et je ne juge pas pour cela que le mouvement de la Terre en soit moins probable » (AT, I, 287). Finalement, ce sera seulement en août 1634 que Descartes disposera pendant quelques heures du Dialogue, Beeckmann étant venu lui prêter son propre exemplaire (14 août, AT, I, 303-305). Les quatre remarques qu’il en tire à l’usage de Mersenne témoignent, c’est le moins qu’on puisse dire, d’une réticence dont la raison fondamentale reste « qu’il m’est impossible de résoudre absolument aucune question de physique qu’après avoir expliqué tous mes principes, ce qui m’est impossible que par le traité que je me suis résolu de supprimer » (ibid., 305).
S’agissant des Discours et démonstrations mathématiques de 1638, il en ira presque de même. Le livre étant paru en Hollande, il était moins difficile d’accès que le Dialogue, dont les exemplaires avaient peu circulés avant d’être retirés. Le 29 juin 1638, Descartes en connaît l’existence, mais ne l’a pas encore vu (AT, II, 194). Le 27 juillet, il l’a commandé, mais pas encore reçu (271). Le 23 août, le livre est arrivé, et Descartes a « employé deux heures à le feuilleter » (336) : inutile de l’envoyer à Mersenne, une « fort petite lettre » suffira à consigner les observations qu’il mérite.
La lettre du 11 octobre 1638 y sera pour l’essentiel consacrée. La pointe est portée d’emblée : Galilée pèche par défaut d’ordre et « sans avoir considéré les premières causes de la nature, il a seulement cherché les raisons de quelques effets particuliers, et ainsi il a bâti sans fondement » (AT, II, 380). Le reste, qu’on trouvera ici commenté dans l’article d’André Charrak, en découle : « C’est-à-dire, en un mot, qu’il a tout bâti en l’air » (388).
Si l’on suit les remarques de Descartes, la différence fondamentale de conception qui le séparait de Galilée quant aux conditions d’intelligibilité d’un phénomène naturel est manifeste. Pour Galilée, la formule mathématique exacte de la chute des corps est universellement vraie, précisément parce qu’elle est obtenue au terme de l’idéalisation qui révèle l’essence du phénomène en faisant abstraction de ses éléments adventices : en laissant de côté la question de la cause de la pesanteur et en opérant l’expérience de pensée qui pose le passage à la limite de la chute des corps dans le vide, Galilée apportait à la physique les conditions de réussite d’une mathématisation effective. Or pour Descartes, ces conditions seraient inversement ce qui ferait perdre à la physique tout rapport à la réalité de son phénomène : car celui-ci – son phénomène – est le monde dans son entier comme englobant, dans son étendue indéfinie, tous les phénomènes particuliers de la nature.
À l’origine de la rédaction de ce qu’il désignera comme « (son) Monde », Descartes lui avait donné pour programme : « Au lieu d’expliquer un phénomène seulement, je me suis résolu d’expliquer tous les phénomènes de la nature, c’est-à-dire toute la Physique » (AT, I, 70). Le sens originel du projet scientifique de Descartes imposait que l’ensemble des phénomènes de la nature fît globalement l’objet d’une explication unitaire, excluant toute découpe sectorielle. D’Alembert verra en cela un défaut dans la méthode de Descartes, car, dira-t-il, si l’on peut procéder géométriquement en physique, c’est seulement dans telle ou telle partie, et sans espérance de lier le tout
[2].
A contrario, pour Descartes, expliquer géométriquement les phénomènes de la nature, c’est précisément les lier ensemble dans l’unité de l’étendue, identifiée à la matière même des corps, dont les parties relatives ne sont diversifiées que par leur figure et leur état réciproque de mouvement.
C’est là la raison profonde de l’antigaliléisme de Descartes : l’argument essentiel qu’il oppose à la loi mathématique de la chute des corps pesants (et qui porte non sur la teneur de cette loi mais sur sa possibilité même) est que, dans le vide, il n’y a nulle pesanteur, et qu’une loi édictée sous de telles conditions n’a aucun sens physique (AT, II, 385). C’est que la pesanteur est pour lui un effet de pression exercée sur les corps, fragments d’étendue, par la matière, de l’étendue aussi, qui les environne. De même récuse-t-il en mécanique les définitions par lesquelles Galilée associait la vitesse à la force : or est-il qu’ « il est impossible de rien dire de bon et de solide touchant la vitesse sans avoir expliqué au vrai ce que c’est que la pesanteur, et ensemble tout le système du monde » (12 septembre 1638, AT, II, 355). Comme l’écrivait excellemment sur ce point Alexandre Koyré :
On ne peut pas isoler les phénomènes. On ne peut donc pas faire de physique « abstraite » comme celle de Galilée. L’abstraction qui néglige les cas concret, réel, est tout à fait légitime dans le monde de Galilée : un monde archimédien. Elle lui permet de dégager le cas simple, le cas idéal, à partir duquel il va étudier le cas concret et complexe. Mais Descartes ne peut faire qu’une physique concrète. L’abstraction galiléenne ne le mènerait pas au cas simple : elle le mènerait au cas impensable. [3]
L’identification, garantie par la métaphysique, du corps ou de la chose matérielle avec l’étendue trouve en cela son sens propre : il ne s’agit nullement de soumettre la nature au « vêtement d’idées » des idéalités mathématiques, selon la formule qu’utilisera dans la Krisis Husserl interprète de Galilée, mais bien plutôt d’intégrer tout fait particulier à une condition totale qui définit l’être même de la nature créée par Dieu. C’est une position ontologique qui suit d’une décision épistémologique préalable sur les conditions d’un savoir certain – d’une science – sur le monde tel qu’il est.
Il y a pourtant peut-être chez Descartes, d’une manière il est vrai très discrète et très indirecte, une sorte d’aveu de ce que son monde et celui de Galilée ne sont qu’un seul et même monde. En effet, au moment même où il exprimait son regret « que Galilée ait perdu la vue », il avait cru bon d’ajouter : « Encore que je ne le nomme point, je me persuade qu’il n’aurait pas méprisé ma Dioptrique » (1er mars 1638, AT, II, 30). S’il ne l’a pas cité, c’est parce que « Galilée même ne s’attribue pas l’invention des lunettes, et (il n’a) dû parler que de l’inventeur ». Mais si Galilée n’est pas l’inventeur de la lunette, il a bien été, quand il n’avait pas encore perdu la vue, l’inventeur de l’usage de la lunette comme instrument de découverte et comme révélateur de vérité du monde visible. Et Descartes le savait bien comme il savait ce que Galilée a vu, de par « ces merveilleuses lunettes qui, n’étant en usage que depuis peu, nous ont déjà découvert de nouveaux astres dans le ciel » (Dioptrique, Discours premier, AT, VI, 81). Ainsi Descartes assume-t-il, comme allant de soi, la légitimité de ce que Galilée avait dû défendre durement contre les contradicteurs qui faisaient de la lunette un outil de perversion de la vision. S’il le fait, c’est en raison d’un plan général de l’étendue visible, qui est décrit dans le Discours de la méthode comme fournissant le fil conducteur de ce que les lecteurs virtuels du Monde n’auront pas pu lire : le dessein du traité était bien pour Descartes « d’y comprendre tout ce (qu’il) pensait savoir, avant que de l’écrire, touchant la nature des choses matérielles ». Le choix du thème ordonnateur de la lumière permet au discours de se déployer pour englober son objet sous un point de vue privilégié : « J’entrepris seulement d’y exposer bien amplement ce que je concevais de la lumière ; puis, à son occasion, d’y ajouter quelque chose du Soleil et des étoiles fixes, à cause qu’elle en procède presque toute ; des cieux, à cause qu’ils la transmettent ; des planètes, des comètes, et de la terre, à cause qu’elles la font réfléchir ; et en particulier de tous les corps qui sont sur la terre, à cause qu’ils sont ou colorés, ou transparents, ou lumineux, et enfin de l’homme, à cause qu’il en est le spectateur » (AT, VI, 41-42). L’unité homogène de l’étendue permet au spectateur d’accéder partout, fût-ce au travers des lunettes d’observation, à la nature même des choses matérielles.
C’est peut-être en cela, par son exigence de globalité, qu’on peut encore dire de la physique de Descartes qu’elle est « une
œuvre philosophiquement réussie »
[4]. À son insu elle dit peut-être, de manière paradoxale, ce qui fait la vérité de la science galiléenne, et nourrit, sans qu’elle n’en sache rien elle non plus, son assurance assumée jusque dans l’adversité temporaire
[5].
Mais d’un insu à l’autre, la rencontre était, de fait, impossible. « Et... touchant Galilée, je vous dirai que je ne l’ai jamais vu, ni n’ai eu aucune communication avec lui, et que par conséquent je ne saurais en avoir emprunté aucune chose. Aussi ne vois-je rien en ses livres qui me fasse envie, ni presque rien que je voulusse avouer pour mien » (AT, II, 388-389). Il est aisé de supposer que Galilée, qui a dû ignorer jusqu’au nom de Descartes, en aurait dit autant s’il en avait su indirectement quelque chose. Descartes pouvait donc ajouter, avec cette sorte d’ironie dont il avait le secret : « Tout le meilleur est ce qu’il a de musique. » Reste à attendre des héritiers de Galilée qu’ils consentent à leur tour à adresser à Descartes un compliment encore plus ambigu : « Tout le meilleur est ce qu’il a de métaphysique. »
[1]
Cf. aussi : « Ce peu de métaphysique que je vous envoie, contient tous les principes de ma physique » (11 novembre 1640, AT, III, 233). Dans ce volume, AT désigne la dernière édition des
Œuvres de Descartes par C. Adam et P. Tannery (Paris, Vrin, 1974).
[2]
Encyclopédie, art. « Cartésianisme ».
[3]
Alexandre Koyré,
Études galiléennes, Paris, Hermann, 1939, II, p. 53. Je reprends ici quelques remarques déjà présentées dans mon étude « La “Fable du Monde” » et la signification métaphysique de la science cartésienne, parue dans
Science et métaphysique dans Descartes et Leibniz, Paris, PUF, 1998. – Curieusement, dans son
Galilée et la loi d’inertie, Koyré donnait, à l’encontre de la conception dominante de l’histoire des sciences, un argument exactement inverse en faveur de l’attribution à Descartes de la paternité du principe fondamental de la science classique. Dans ce contexte, ce serait le géométrisme cartésien qui, en traitant de « corps euclidiens » priverait ces corps de toute tendance ou qualité interne, telle que l’est encore la pesanteur pour Galilée : ainsi peut-il nier le privilège séculaire du mouvement circulaire, dont Galilée ne se serait pas départi, et affirmé la conservation de l’état de mouvement rectiligne, alors même que dans une physique du plein sa réalisation est impossible. Mais c’est là justement chez Descartes la suite de la réduction du réel au mathématique : « Galilée se demande : comment, en fait, procède la nature ? Descartes : comment elle
doit se constituer et agir. Galilée, physicien autant, sinon plus, que géomètre, s’arrête devant le fait, se plie devant le réel. Descartes, mathématicien avant tout, refuse de reconnaître le fait » (
Études galiléennes, Paris, Hermann, 1939, III, p. 169). Mais cette interprétation n’est plus guère en cours aujourd’hui : en accordant une importance primordiale à la conservation du mouvement telle que Galilée la formule dans le
Dialogue au bénéfice de la justification du mouvement diurne de la Terre, Koyré oblitère la signification des procédés d’abstraction par lesquels Galilée, dans la quatrième journée des
Discours et démonstrations mathématiques, met en évidence la conservation du mouvement rectiligne au sens où elle dégage l’une des composantes du mouvement parabolique des projectiles.
[4]
Selon la formule de Charles Renouvier, citée par Octave Hamelin,
Le système de Descartes, Paris, Alcan, 1911, p. 340.
[5]
C’est une interprétation de ce genre que suggère le traitement réservé par Heidegger, dans
Qu’est.ce qu’une chose ?, au Descartes des
Regulae ad directionem ingenii comme révélateur du sens de la mathématisation de la chose, telle que Galilée l’accomplit de fait.