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Documentaliste-Sciences de l'Information

2002/3 (Vol. 39)

  • Pages : 60
  • DOI : 10.3917/docsi.393.0112
  • Éditeur : A.D.B.S.

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DEPUIS QUATRE DECENNIES, LES PAYS DE L’AFRIQUE DE L’OUEST cherchent en vain leur développement. Tous ces pays traversent aujourd’hui des difficultés économiques et sociales, perceptibles à travers la situation de l’agriculture que les spécialistes considèrent comme le moteur du développement durable parce que source de croissance et de sécurité alimentaire. Au moment où la croissance démographique s’accélère, où l’on tente difficilement de définir avec le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) une nouvelle forme d’intégration régionale, et où la mondialisation crée une compétition pernicieuse, cette agriculture, qui doit générer la nourriture, des devises et les intrants pour l’agro-industrie et la conquête des marchés, se voit confrontée à une grave crise ; celle-ci se manifeste par une baisse de la production et une dégradation des ressources naturelles comme de l’environnement.

2

Facteur fondamental de transformation, de relance et de dynamisions de cette agriculture, la recherche est elle aussi confrontée à plusieurs contraintes. Au-delà des pesanteurs d’ordre structurel, au-delà des problèmes d’orientation, de politique et de moyens, on s’accorde sur le fait qu’un des problèmes qui empêchent la recherche agricole d’être efficace, efficiente et compétitive en Afrique de l’Ouest est l’organisation de l’information. Dans cette sous-région, l’information a en effet un rôle important à jouer dans la conduite d’une recherche de qualité produisant et valorisant des résultats correspondant à une demande réelle. Le gestionnaire de la recherche a besoin d’informations pour programmer et suivre les activités de recherche. Le chercheur, quant à lui, a besoin de connaissances. Et il génère et il diffuse de l’information. Dans chacune de ses actions, il devrait avoir pour objectif ultime la valorisation de ses résultats dans une perspective de développement, au sens le plus large du terme. Cette valorisation consiste d’abord en la diffusion du résultat sous la forme d’informations simples ou de connaissances.

3

Des réflexions ont été menées et des ateliers organisés sur les relations entre la recherche et le développement, sur la vulgarisation en partie liée à la communication à la base, sur l’impact de la recherche agricole sur le développement dans un ou plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest. Mais aucune réflexion, aucune étude approfondie n’ont été conduites pour mesurer la dimension « information » en général et « information documentaire » en particulier liée à la valorisation, donc à la diffusion des résultats de la recherche agricole dans la sous-région.

4

L’étude que nous avons menée se justifie d’autant plus que les problèmes de valorisation des résultats de la recherche sont devenus aujourd’hui très importants en Afrique et très sérieux, du fait des innombrables échecs enregistrés dans le transfert des résultats ; et plus encore lorsqu’on évalue les fonds injectés dans la recherche agricole. En effet, de 1960 à 2001, plus de trente-cinq bailleurs de fonds ont financé cette recherche dans le cadre de l’aide au développement, en plus des ressources issues des budgets des États concernés et de la dotation du Groupe consultatif de la recherche agricole mondiale (CGIAR) [1][1] Le CGIAR a affecté à l’Afrique, en 1990, 45 % de son....

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La valorisation apparaît ainsi comme le principal baromètre qui permet de mesurer l’impact de la recherche sur le développement et de la qualifier. Si tout le monde s’accorde pour dire que c’est là un des maillons faibles du processus de recherche-développement, il reste qu’on n’a pas suffisamment cerné le problème. Avec des données recueillies auprès des chercheurs, des producteurs et d’autres acteurs du développement agricole de la sous-région, nous tenterons dans cet article de mesurer une des facettes de cette valorisation : l’information.

1 - Caractéristiques des recherches étudiées et méthode de collecte des données

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Notre étude a porté sur un échantillon de quatre-vingts recherches menées dans le secteur de l’agriculture. Nous avons étudié la problématique de l’information liée aux résultats des recherches en suivant le processus de conception de la recherche jusqu’à la diffusion de ses résultats, voire à leur adoption.

7

Ces recherches ont été sélectionnées dans quatorze des seize pays de la sous-région. Leur répartition par pays donne les pourcentages suivants : Bénin 7 %, Burkina Faso 7 %, Cap-Vert 6 %, Côte d’Ivoire 8 %, Gambie 3 %, Ghana 6 %, Guinée 7 %, Guinée Bissau 5 %, Mali 9 %, Mauritanie 6 %, Niger 7 %, Nigeria 11 %, Sénégal 10 %, Togo 8 %. Notre enquête n’a pas pu couvrir le Liberia ni la Sierra Leone parce que dans ces deux pays la sécurité n’était pas garantie pour faire des investigations sur le terrain.

8

La répartition par domaine des recherches étudiées se présente comme suit :

  • environnement - ressources naturelles : 16 % ;

  • productions animales : 14 % ;

  • productions forestières : 10 % ;

  • productions halieutiques : 3 % ;

  • productions végétales : 55 % ;

  • socio-économique : 2 %.

La majorité des résultats considérés (81 %) provient de recherches ayant duré de 1 à 5 ans ; 10 % ont nécessité environ 6 à 9 ans et 9 % de 10 à 15 ans de travaux.

9

Deux outils de collecte ont été utilisés pour recueillir des données. Le premier est un questionnaire comprenant en majorité des questions fermées et trois questions ouvertes. Il a été d’abord testé, pour mesurer la pertinence des questions et s’assurer que tous ceux qui ont été ciblés pour les remplir en ont eu la même compréhension. Il a été administré auprès d’un échantillon équilibré comprenant des chercheurs, des communicateurs à la base et des producteurs agricoles. Le deuxième outil d’investigation est une grille d’analyse affectée à chaque type de résultat de recherche.

10

Par souci d’équilibre et pour minimiser les biais possibles dans ce type de recherche ou d’enquête aléatoire, on a tenu à faire figurer dans l’étude tous les types de résultats, en ciblant aussi chaque pays suivant l’importance de sa recherche agricole. Ainsi, la répartition a tenu compte des caractéristiques des résultats énoncées ci-dessus.

11

Enfin, pour veiller à la fiabilité des données recueillies, les questionnaires ont, pour la plupart, été remplis devant nous. Il nous a aussi fallu descendre sur le terrain pour constater et mesurer la véracité de certaines informations et pour conduire, en cas de nécessité, des études de cas.

12

La production de tous ces résultats de recherches a nécessité l’octroi de financements. Comme le montre la figure 1, les bailleurs de fonds qui octroient l’aide au développement et les États (budgets publics) ont été les principaux pourvoyeurs de ressources financières pour la génération de ces résultats (à raison respectivement de 51 % et 37 %). Mais il est intéressant de noter que toutes les personnes interrogées estiment qu’aucun de ces bailleurs de fonds, ni même les institutions privées (industriels, commerçants, fondations, organisations non gouvernementales), n’avaient pensé qu’il faudrait évaluer la masse de connaissances ou d’informations capitalisées.

13

La production des résultats n’a pas toujours été le seul fait des institutions nationales de recherche spécialisées. Des collaborations ont été souvent nécessaires. On a constaté que, pour 34 % des recherches étudiées, un partenariat a été engagé entre un organisme national et des institutions internationales, des organisations non gouvernementales, des producteurs, des programmes et projets nationaux de vulgarisation, une société de développement rural, des sociétés industrielles privées ou des universités et grandes écoles (figure 2).

14

Parmi les principaux utilisateurs déclarés des résultats (tableau 1), les producteurs et les chercheurs occupent chacun une place privilégiée.

Tableau 1 - Principaux utilisateurs des résultats de la recherche agricole

Nombre

Pourcentage par rapport aux 80 résultats étudiés

Pourcentage par rapport au nombre total de réponses (256)

Agents de développement

15

19?%

6?%

Bailleurs de fonds

4

5?%

2?%

Chercheurs

39

49?%

15?%

Commerçants

12

15?%

5?%

Décideurs

8

10?%

3?%

Enseignants

33

41?%

13?%

Groupements /?Associations

32

40?%

12?%

Industriels

11

14?%

4?%

ONG

20

25?%

8?%

Planificateurs

5

6?%

2?%

Producteurs

67

84?%

26?%

Soignants (médecins)

10

13?%

4?%

2 - Analyse de la production, de la diffusion et de l’adoption des résultats de la recherche

15

On a longtemps pensé que la valorisation des résultats de la recherche concernait uniquement leur adoption par les utilisateurs potentiels. Mais un diagnostic même superficiel des causes d’échecs de la valorisation nous montre que celle-ci est un processus qui part de la conception de la recherche pour aboutir à l’adoption ou au rejet du résultat (voir les définitions de ces concepts page 117). Nous allons donc nous attacher, dans cette étude, à remonter le processus en étudiant successivement la place et la problématique de l’information dans :

  • les résultats de la recherche et la demande sociale ;

  • la validation des résultats et la protection juridique des résultats ;

  • l’accessibilité des résultats ;

  • le marketing des résultats ;

  • la diffusion des résultats (publication et transfert) ;

  • l’adoption et l’utilisation des résultats ;

  • le suivi de l’utilisation et la mise à jour des résultats ;

  • l’impact de la valorisation et les besoins en informations pour la valorisation des résultats de la recherche.

Les résultats et la demande sociale

16

La demande sociale, qui s’exprime sous la forme d’une information à capter, devrait piloter le choix des thèmes, activités et programmes de recherche à conduire. Souvent axée sur des problèmes précis à résoudre, elle provient naturellement des utilisateurs et, essentiellement, des producteurs qui sont, dans le cadre de la recherche agricole appliquée et adaptative de la sous-région, le groupe cible principal. La détermination de cette demande sociale suppose un dialogue, des mécanismes d’information informels et des systèmes d’information et de communication formels, un échange entre la recherche et ses clients, afin de leur faire exprimer leurs besoins, de les informer de ce qu’il est possible de produire, dans quels délais, avec quels moyens et, partant, de collecter auprès d’eux des informations et indicateurs socio-économiques sur le savoir et le savoir-faire populaire et les capitaliser.

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La connaissance de cette demande sociale a été considérée par la recherche agricole dans la sous-région comme un problème difficile à résoudre. Les méthodes pour connaître cette demande provenant des producteurs et y répondre ont beaucoup évolué. On a utilisé :

  • le système linéaire pur dans lequel la recherche transmet aux producteurs ses résultats par le biais des relais de vulgarisation ;

  • le système interactif entre deux pôles par lequel la recherche reçoit des informations provenant des producteurs et leur envoie en retour des résultats ;

  • le système triangulaire apparu dans la sous-région au cours des années soixante-dix, permettant une relation d’échange et de circulation de l’information entre les chercheurs, les producteurs et les développeurs. Ce système se distingue du premier par le fait que la recherche envoie des informations directement aux deux partenaires et en reçoit sans intermédiation.

On aura donc tenté, sans grand succès, plusieurs méthodes et stratégies.

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Malgré les efforts consentis çà et là pour appréhender la demande sociale, il y a encore des réticences à systématiser ces efforts. On n’a pas encore su systématiser ni privilégier partout et dans toutes les recherches les besoins des utilisateurs pour la génération de résultats destinés à la production. L’enquête a montré que 60 % des résultats acquis n’ont pas été suscités par la demande sociale.

La validation des résultats et leur protection juridique

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Les résultats sont utilisés par plusieurs groupes cibles qui n’ont pas souvent les mêmes préoccupations. Par exemple, l’enseignant a besoin surtout de connaissances, alors que le producteur demande généralement des technologies et des procédés. La validation du résultat de la recherche relève certes de la communauté scientifique, mais elle doit aussi relever des principaux utilisateurs. Enfin, elle doit être matérialisée par un document.

20

Quatre-vingt-cinq pour cent des résultats analysés sont déclarés par les chercheurs comme n’ayant pas été validés. Cependant, il est révélateur de constater que, parmi les résultats validés, seuls 26 % l’ont été par des utilisateurs.

21

En lisant le tableau 2, on constate que 7 % des résultats dits validés ne l’ont pas été par le biais des acteurs cités. Les entretiens ont permis de noter que la validation de certains résultats provient de l’obtention d’un prix et du fait d’avoir été breveté.

Tableau 2 - Acteurs de la validation des résultats de la recherche agricole

Nombre

Pourcentage par rapport aux 80 résultats etudiés

Pourcentage par rapport au nombre total de réponses (256)

La communauté scientifique internationale

16

1?%

10?%

La communauté scientifique nationale

43

1?%

26?%

Les utilisateurs

43

15?%

26?%

L’institution productrice

52

20?%

31?%

Néant (pas de réponses)

12

54?%

7?%

Réseau sous-régional

1

54?%

1?%

Formation

1

65?%

1?%

22

Une distribution des résultats selon qu’ils aient été ou non brevetés montre qu’une infime partie l’a effectivement été. On constate que 92,5 % ne sont pas brevetés et 7,5 % le sont. Il ressort de nos investigations et entretiens que le brevet – une forme très importante de validation au-delà de la protection, de la lisibilité, de la promotion qu’il assure – ne semble pas être une préoccupation majeure dans les institutions de recherche agricole de la sous-région. Certes, par leur nature, une bonne partie des résultats étudiés ne peuvent pas être brevetés (les connaissances, les méthodologies, les enquêtes et résultats provenant d’une recherche adaptative). Même en tenant compte de cette donnée, on se rend compte que la validation des résultats par le brevet est rare. Pour cette raison, une bonne partie des résultats acquis ne sont pas suffisamment « protégés ». Cette « protection juridique » est importante, surtout quant on veut mieux organiser la diffusion des informations scientifiques et techniques issues de la recherche.

Figure 1 - Répartition du financement des recherches qui ont abouti aux résultats étudiésFigure 1
Figure 2 - Collaborations de la conduite des recherches ayant abouti aux résultats étudiésFigure 2

L’accessibilité des résultats

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La majorité des résultats de la recherche agricole (94 %) sont accessibles à condition qu’ils soient portés à la connaissance des utilisateurs. Cette condition n’étant pas toujours remplie, beaucoup d’obstacles limitent l’accessibilité aux résultats de la recherche. Ce sont essentiellement, pour les utilisateurs, la modicité et souvent l’absence de moyens d’investigation, de moyens d’accès aux informations détenues par les institutions de recherche, de communication avec la recherche. Au niveau des institutions, certains résultats biaisés, incomplets ou non validés par l’expérimentation ne sont pas toujours accessibles. La cause principale de non-accessibilité demeure ainsi la méconnaissance de l’existence des résultats, des conditions requises pour les obtenir et des sources où l’on peut les obtenir. C’est par conséquent une question d’information, qu’un travail de marketing pourrait résoudre.

Le marketing des résultats de la recherche

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Parce que les institutions de recherche agricole ne fonctionnent pas comme des entreprises et qu’on ne se préoccupe pas de leur « compétitivité », la tendance est de laisser dormir dans des tiroirs, dans des laboratoires ou dans des bibliothèques la majorité des résultats acquis. Rares sont les institutions qui élaborent de véritables programmes mobilisateurs permettant de rendre visibles ces résultats. Dès lors, il n’est pas étonnant de constater que 77,5 % des résultats n’ont pas fait l’objet d’actions de marketing.

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Il existe pourtant plusieurs méthodes à la fois simples et bon marché pour ce faire : expositions, causeries, démonstrations, projections de diapositives, animations scientifiques (débats, conférences, ateliers), diffusion de cassettes audio et vidéo, d’affiches, de plaquettes, de notes d’information, de paquets technologiques, marketing via le Net (sites web, portails, forums, listes de diffusion), etc.

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La faiblesse des actions de marketing (22,5 %) a sans nul doute un effet négatif sur l’accès aux résultats et sur leur adoption. Aucune institution de recherche n’a encore éprouvé le besoin de systématiser le marketing et de se doter de services spécialisés dans ce domaine, voire de personnes ressources formées. Une des raisons en est, selon la plupart des personnes interrogées, que la recherche agricole se soucie uniquement de la production de résultats et non de leur utilisation.

La publication et le transfert des résultats de la recherche

27

La publication des résultats constitue souvent, avec le marketing, une activité de promotion. Son objectif est de rendre visibles les activités et d’informer. Elle occupe une place importante dans le monde de la recherche scientifique. La publication est un puissant moyen de communication et d’échange dans la communauté scientifique, qu’elle soit nationale, régionale ou internationale. Elle revêt plusieurs formes (écrites, audiovisuelles, électroniques).

28

Les chercheurs de la sous-région publient très peu [4]. Ils ne font pas suffisamment connaître leurs méthodes de travail, leurs démarches, le potentiel scientifique dont ils disposent et les résultats qu’ils génèrent, même si 74 % des chercheurs enquêtés soutiennent qu’ils publient leurs résultats.

29

Dans cette activité de publication, l’accent est mis sur les rapports d’activités accessibles surtout aux initiés, parce que rédigés dans un langage scientifique pur. Les publications destinées aux opérateurs à la base (producteurs, vulgarisateurs) ne sont pas bien considérées.

30

En effet, les faibles taux de publication des fiches techniques (16 %), des affiches (2 %) et de la diffusion d’émissions radiophoniques (2 %), représentant au total 20 %, confirment bien qu’en matière de publication on a privilégié la cible que représente la communauté scientifique (80 %). En effet, les articles de périodiques scientifiques représentent 12 %, les communications à des rencontres scientifiques 12 %, les rapports 35 %. D’autres publications, dont celles provenant du milieu universitaire, ne sont pas encore développées. Ce sont entre autres les thèses et mémoires (2 %), les synthèses de recherches (2 %), les ouvrages ou monographies (1 %).

31

Le fait de viser à 80 % la communauté scientifique ne signifie pas cependant une valorisation scientifique correcte. Une comparaison entre rapports et articles de périodiques révèle un écart trop grand (23 %) entre un type de publication où une rigueur scientifique s’impose souvent et des publications pour lesquelles, dans la sous-région, on n’est pas exigeant sur la forme et le contenu. En examinant des rapports d’activité de six institutions de recherche (Isra au Sénégal, Ier au Mali, Iita au Nigeria, Inran au Niger, Inida au Cap-vert, Idessa en Côte d’Ivoire), on constate que les trois quarts de ces rapports sont insuffisants : une bonne partie d’entre eux n’évalue pas les résultats ; ils sont en majorité mal écrits, et certains n’ont jamais été diffusés en dehors de l’institution où ils ont été produits.

32

Plusieurs raisons ont été avancées pour expliquer la faiblesse de la publication des résultats issus des institutions nationales. Ces freins sont, par ordre d’importance : la faiblesse de la capacité rédactionnelle des chercheurs, l’insuffisance de supports de publication comme les revues, le manque de temps ou une incapacité à bien gérer le temps, les difficultés financières, la non-validation de certains résultats dont on craint, en les diffusant, de créer des remous, le peu de crédit que les responsables de la recherche accordent aux publications de résultats de la recherche, l’absence de motivations ou de sanctions positives parce que l’évaluation des chercheurs n’a presque pas cours dans la majorité des institutions de recherche de la sous-région. Si quelques pays ont publié des répertoires d’acquis de la recherche agricole, aucun pays de la sous-région n’a encore publié un bilan des résultats de sa recherche agricole.

33

Le transfert des résultats est une action qui permet à la recherche, soit directement, soit par un intermédiaire, de remettre ses résultats aux utilisateurs réels. Ce transfert peut se faire oralement, sous forme de publications ou d’images, de technologies, de variétés de semences de produits agricoles, etc. Il existe très peu d’études fiables d’évaluation du transfert des résultats. L’importance de ceux-ci réside dans le fait qu’ils permettent de capitaliser des indicateurs, pour mesurer la pertinence des recherches et, partant, des dispositions à prendre pour assurer un bon transfert des résultats.

Définition des concepts utilisés

Les résultats de la recherche

Il s’agit, dans cette étude, des informations et des connaissances produites par le chercheur à la suite de la conduite d’une recherche. Quoique théorique au départ, cette information peut se matérialiser par la suite par un produit (qui peut être une technologie) ou par une connaissance, un outil se présentant sous la forme d’un document ou d’un corpus d’informations en texte intégral ou sous forme de métadonnées.

La validation d’un résultat

C’est la reconnaissance de la valeur scientifique et technique du résultat. Cette validation peut provenir d’une communauté scientifique ou des utilisateurs à la base. Diverses méthodes peuvent être utilisées pour ce faire.

Les publications

Ce sont des documents élaborés, réalisés à partir d’informations brutes, qui contribuent au transfert des résultats de recherches. Ces documents peuvent être des synthèses, des monographies, des ouvrages de référence, des articles de périodiques, des fiches techniques, des posters, etc. Ils peuvent se présenter sur support papier, audiovisuel, électronique ou multimédia, et être diffusés par divers canaux.

La valorisation

Il s’agit d’abord et surtout de diffusion des informations et connaissances issues des résultats de recherche, et ensuite de l’utilisation de ces résultats, avec comme perspective d’aboutir à d’autres résultats positifs.

L’accessibilité

C’est d’abord la possibilité de connaître de l’existence d’un résultat, c’est sa visibilité et l’ensemble des mécanismes permettant de le faire apprécier. Faire le marketing des résultats, c’est faire leur publicité, les « vendre ».

L’adoption d’un résultat

C’est la décision d’utiliser un résultat de recherche en étant suffisamment informé de sa teneur et en étant convaincu de sa pertinence, donc sans être forcé de le faire ou conditionné à le faire.

34

Pour mieux apprécier la fiabilité et la pertinence des données (informations) publiées par les institutions de recherche, en ce qui concerne les conditions et l’état du transfert des résultats de la recherche agricole dans la sous-région, nous avons conduit une étude sectorielle de transferts de résultats dans trois régions agro-écologiques choisies dans trois pays de la sous-région (le bassin arachidier au Sénégal, le Mali sud, le Yatenga au Burkina Faso). Pour le Sénégal, cent résultats ont été sélectionnés dans le rapport méthodologique de Djibril Sène (1987) intitulé Aperçu des techniques disponibles au Sénégal, dans un document traitant des acquis réalisés à l’Isra et dans des rapports d’activité de l’Isra. Pour le Mali et le Burkina Faso, les cent résultats choisis pour chacun de ces pays ont été puisés dans différents rapports d’activités. Le tableau 3 donne des indications sur le transfert de ces résultats.

35

Il apparaît que, dans les trois régions sélectionnées dans ces trois pays, 16 % de résultats ont été réellement transférés sur une période de vingt ans (entre 1970 et 1990). Le tableau 3 montre d’autre part que, pour ce qui concerne le transfert, il y a souvent un décalage entre les données recueillies dans les rapports d’activités et de recherche et la réalité que l’on peut constater sur le terrain. Des études spécifiques sont indiscutablement nécessaires pour avoir des informations précises sur cette question.

Tableau 3 - Transfert des résultats de la recherche agricole dans trois régions

Régions (pays)

Nombre de résultats étudiés

Résultats transférés

Résulats transférés (annoncés par les documents)

(vérifiables sur le terrain)

Bassin arachidier (Sénégal)

100

13

13?%

55

Mali sud (Mali)

100

16

16?%

62

Yatenga (Burkina Faso)

100

21

21?%

33

Total

300

50

16?%

150

L’adoption des résultats de la recherche

36

L’adoption des résultats, surtout celle des innovations technologiques, est en réalité un objectif majeur de la recherche. En effet, il ne sert à rien de capitaliser des résultats si ceux-ci ne sont pas adoptés par les utilisateurs visés. On ne peut pas évaluer l’impact de la recherche, comme cela est de plus en plus demandé et exigé par la société civile et les partenaires du développement, si on n’analyse pas le devenir de ses résultats.

37

Dans la sous-région, le taux d’adoption des résultats est faible. Plus de la moitié (51 %) des résultats des quatre-vingts recherches sur lesquelles porte notre étude ne dépassent pas un taux d’adoption de 16 % et 40 % (presque la moitié) n’ont pas du tout été adoptés. Le taux d’adoption moyen tourne autour de 24 % et le plus fort taux est de 80 %. Aucun des résultats étudiés n’a donc atteint le taux d’adoption plafond de 100 %.

38

Le fort taux de validation des résultats (85 %, cf. supra) ne semble pas avoir d’effets spéciaux sur l’adoption. Un entretien avec les producteurs (principal groupe cible) a révélé que beaucoup de résultats considérés comme fortement adoptés n’ont pas tous été validés par les utilisateurs. Cela veut dire que l’adoption de résultats n’a pas toujours été libre et que l’on y a contraint les utilisateurs.

Le suivi de l’utilisation des résultats et leur mise à jour

39

Dans la mesure où l’adoption des résultats n’est pas automatique et où l’environnement des utilisateurs de la recherche change, la demande en résultats évolue sans cesse. Les outils et les méthodes de recherche étant de plus en plus perfectionnés, une mise à jour des résultats s’impose. Celle-ci suppose un suivi et une évaluation de l’adoption et surtout de l’impact des résultats.

40

Pendant longtemps, on ne s’est pas beaucoup préoccupé de l’impact de la recherche. Ainsi les mises à jour des résultats consécutives au suivi de leur utilisation ont été négligées. 75 % des résultats acquis et quelquefois transférés n’ont pas fait l’objet de mises à jour. Devenant obsolètes, ces résultats sont soit abandonnés, soit modifiés par le savoir-faire des utilisateurs.

41

On possède très peu d’informations sur l’utilisation des résultats. 55 % des résultats transférés ont fait l’objet d’un suivi. Mais on constate que, dans trois quarts des cas, le suivi de ces résultats, n’ayant pas été sanctionné par un document, n’a donc pas laissé de trace, malgré l’importance de cette information pour la planification des programmes, la mise à jour des résultats, la connaissance de la demande sociale et la maîtrise de l’impact de la recherche.

L’impact de la valorisation des résultats et les besoins en informations

42

Pendant longtemps, c’est seulement dans quelques rapports d’activité qu’on faisait apparaître les démarches entreprises en direction du développement pour mesurer l’apport d’un résultat de recherche. Ensuite, quelques rares études d’impact ont été réalisées dans la sous-région avec le soutien des universités américaines [5]. En fait, il y a un véritable déficit en matière d’études d’impact des résultats valorisés. Une fois de plus on note un déficit d’informations concernant un des éléments pourtant essentiels du processus de valorisation de résultats.

43

En postulant que l’impact recherché doit être un critère de valorisation, on constate que les résultats qui ont été analysés ont plus contribué à l’augmentation des connaissances (32 %) et des revenus (19 %) qu’à l’augmentation de la production et à la protection des ressources naturelles (9 %). Pour arriver à ces impacts, les utilisateurs pensent que les résultats doivent en priorité répondre à leur demande, être simples, de qualité, et être bien diffusés et transférés s’il s’agit d’une information ou connaissance, ou bien transférés s’il s’agit d’une technologie. Négliger ces conditions freine, voire bloque la valorisation. Ces freins n’ont pas tous la même importance pour la recherche et ses partenaires, comme le montre la figure 3.

Figure 3 - Principaux freins à la valorisation des résultatsFigure 3
44

Presque tous les 39 responsables des institutions de recherche, les 145 chercheurs enquêtés (sur 2.269 chercheurs que compte la sous-région en l’an 2000) et plus de 300 utilisateurs interrogés pensent qu’une meilleure maîtrise de la valorisation passe impérativement par l’instauration de systèmes d’information axés sur le bilan des acquis, la validation des résultats, la demande sociale, la disponibilité et l’accessibilité des résultats, la publication des résultats, le suivi de leur adoption et de leur impact, et une identification permanente des problèmes rencontrés par les utilisateurs des résultats de la recherche agricole pour accéder à ces derniers et pour les utiliser afin de rechercher des solutions.

3 - Du constat de déficiences à la proposition de solutions

45

Il ressort de cette étude de la problématique de l’information liée à la valorisation et à l’impact des résultats de la recherche agricole en Afrique de l’Ouest un certain nombre de constats que l’on peut discuter, pour tirer des conclusions qui permettent d’identifier les faiblesses ou déficiences pour lesquelles il faut proposer des solutions idoines.

Les déficiences constatées

46

• La recherche agricole de la sous-région n’est pas encore réellement pilotée par la demande sociale de résultats provenant en priorité du développement et dont la prise en compte passe par des mécanismes d’information et de communication. La recherche ne collabore pas, donc ne communique pas suffisamment avec ses partenaires et clients du développement. Beaucoup d’institutions de recherche, de planificateurs de la recherche, de chercheurs, qui ne donnent pas de crédits à la structuration et à l’organisation de l’information, conçoivent leurs programmes et activités de recherche dans une attitude de repli sur eux-mêmes. Cette approche, certes facile, n’est évidemment pas valorisante pour la recherche.

47

• L’existence d’une bonne partie des résultats de la recherche agricole n’est pas connue des utilisateurs potentiels qui, insuffisamment informés, ne peuvent pas réellement y accéder. Il se pose là un double problème de transparence et de visibilité, donc d’accessibilité. Transparence par rapport aux partenaires du développement, aux populations (contribuables) qui, par le biais de l’État, investissent dans la recherche. Visibilité par rapport à la communauté scientifique nationale, régionale et internationale.

48

• Le déficit de publications de résultats destinées au développement d’une part, et le déficit de liaisons et de communications entre la recherche et les utilisateurs de ses résultats d’autre part, sont encore des problèmes à résoudre. À l’évidence, ces déficits réduisent les possibilités de transfert des résultats.

49

• L’on se préoccupe très peu du suivi de l’utilisation des résultats diffusés, publiés et prétendus transférés.

50

• Le taux d’adoption des résultats dits transférés est très faible dans la sous-région. On ne maîtrise pas correctement l’utilisation des résultats parce que les méthodes de transfert utilisées sont peu performantes ; elles ont trop souvent été du ressort de la vulgarisation, qui est un relais faible.

51

• Une fois les résultats acquis, une partie demeure dans les tiroirs et n’est pas diffusée. La portion qui reste, une fois diffusée, n’est pas entièrement adoptée, en raison, principalement, de l’inadéquation de ces résultats aux besoins et à l’environnement économique, social, culturel et même scientifique. L’utilisation durable des résultats, qui est un des facteurs de pérennisation de la recherche, ne semble pas être une préoccupation majeure : très peu de résultats, devenus obsolètes après une courte période, sont mis à jour.

52

• On ne connaît pas, donc on n’a pas d’informations complètes sur tous les acquis de la recherche, parce que l’information qui concerne les résultats n’est pas capitalisée ni rendue suffisamment visible. Cette situation résulte, dans une certaine mesure, du fait que la recherche agricole n’est pas évaluée et ne se sent pas liée par un devoir de rendre compte, d’informer le décideur et les partenaires.

53

• L’impact des résultats de la recherche agricole n’est pas suffisamment étudié ni documenté. Il n’existe aucune méthode standardisée ni aucun mécanisme développé et adapté pour observer et étudier en permanence l’impact des résultats transférés, dans leur ensemble ou dans une filière particulière.

Tableau 4 - Répartition des taux d’adoption des résultats de la recherche agricole

Taux d’adoption (%)

Nombre de recherches considérées

Pourcentage de recherches considérées

0-16

41

51?%

16-32

13

16?%

32-48

12

15?%

48-64

9

11?%

64-80

5

6?%

Les solutions proposées

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La valorisation est un impératif du processus de la recherche agricole. Malgré les faiblesses et les insuffisances des financements et des moyens logistiques et informationnels, on peut toujours conduire les recherches et générer des résultats. Mais, dans un pays ou dans une entreprise, une recherche qui n’ambitionne pas de valoriser ses résultats fait perdre du temps, de l’argent et de l’énergie. Quand beaucoup de spécialistes recommandent « une révolution verte » puis une « révolution doublement verte » en Afrique au sud du Sahara, voire à l’échelle mondiale, ils soulignent que cette révolution ne peut se faire sans une recherche agricole de qualité [8]. Or une telle recherche est celle qui produit des résultats appropriés et les valorise auprès des producteurs.

55

Au vu de toutes les déficiences que nous venons de constater, presque toutes liées à des problèmes d’organisation, d’information et de communication, il apparaît urgent de réajuster en profondeur la recherche agricole dans la sous-région. Nous proposons, pour corriger ces déficiences et renverser les tendances qui semblent persister et gêner la valorisation des résultats, de mettre en place un certain nombre de dispositifs.

56

• Des systèmes de concertation ou de communication entre acteurs, même à distance, des systèmes de repérage, de collecte et de capitalisation de la demande en résultats de recherche destinés à la production, que celle-ci soit paysanne ou agro-industrielle.

57

• Des systèmes de bases de connaissances, des structures de marketing aptes à informer sur l’existence des résultats et à les rendre accessibles. Même si l’accessibilité des résultats est quelquefois liée à des facteurs exogènes à la recherche, on doit amener les décideurs à créer les conditions requises pour lever les obstacles qui ne sont pas du ressort de la recherche.

58

• Un mécanisme d’impulsion à la réalisation, à la production et à la diffusion de publications relatives aux résultats et rendues accessibles aux acteurs du développement, leur référencement étant assuré sous forme de métadonnées visibles à travers des intranets et le Net. Il faudrait au préalable accorder le même crédit aux publications techniques qu’aux publications scientifiques, à celles qui sont produites dans les institutions spécialisées en matière de recherche agricole qu’à celles émanant des universités et grandes écoles qui font de la recherche agricole, même si cette dernière est surtout fondamentale.

59

• Des stratégies, des méthodes, des programmes d’information et de veille, un extranet favorisant la communication entre la recherche, ses partenaires et ses clients qui utilisent les outils de l’Internet, mais imposant aussi, par un système de verrouillage et de mots de passe, des conditions à remplir pour accéder à certains résultats.

60

• Un mécanisme de systématisation, dans les institutions de recherche agricole, du suivi de l’adoption et de l’utilisation des résultats diffusés. Pour ce faire, il faudrait créer un observatoire générant des indicateurs pour suivre le taux d’adoption des résultats, leur impact et leur mise à jour et, partant, définir des stratégies plus performantes.

61

• Un mécanisme permettant d’élever le taux d’adoption des résultats acquis pour le développement.

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• Un capital d’acquis structuré ou de résultats de la recherche agricole de la sous-région par zone écologique régionale (Sahel, zone humide, etc.) et au niveau national, par filière et zone agro-écologique nationale et par domaine de recherche. Ce capital serait une banque de connaissances gérées selon les méthodes les plus éprouvées de knowledge management. L’existence de ce capital et son accessibilité seraient connues et assurées par la création d’un portail (gateway) sur les résultats de la recherche agricole en Afrique de l’Ouest permettant un accès rapide aux sites des institutions de recherche agricole de la sous-région dont la création est à encourager.

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Tous ces mécanismes, bases et banques de données et de connaissances, sites web institutionnels, portails sur les résultats devraient être fédérés dans un système d’information intégré et un centre de ressources régional.

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Le résultat global attendu de ces changements à opérer et que l’on peut planifier dans les court, moyen et long termes sera, sans doute, l’avènement d’une recherche agricole tournée vers le développement, une recherche efficiente, performante. Une recherche compétitive dans un contexte de mondialisation où la sécurité alimentaire est une garantie d’indépendance et où la conquête des marchés agricoles et agro-industriels est une préoccupation stratégique majeure. Une recherche, enfin, ouverte aux mutations technologiques de la Société de l’information et qui ambitionne de rejoindre le maillon fort de la recherche mondiale.

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SEPTEMBRE 2001

66

Texte révisé en juin 2002


BIBLIOGRAPHIE

  • 1 –  Atelier sur les politiques de l’information dans les institutions de recherche agricole des pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, Bamako, Mali, 16-20 septembre 1996. Wageningen, Cta, 1998. 93 p.
  • 2 –  Atelier sur les réseaux de documentation agricole en Afrique : rapports des réseaux, Bujumbura (Burundi) 1- 4 février 1993. Wageningen, Cta, 1994. 115 p.
  • 3 –  AW Samba. Les activités de l’Ist à l’Isra : communication à l’atelier sur les politiques de gestion de l’information dans les instituts de recherche agricole des pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, Bamako, Mali, 16-20 septembre 1996.?Wageningen, Cta, 1996. 24 p.
  • 4 –  AW Samba. Les systèmes d’information intégrés pour une recherche agricole efficace en Afrique de l’Ouest : premiers éléments d’intégration régionale dans un contexte de mondialisation. Thèse de doctorat nouveau régime en science de l’information et de la communication soutenue à l’Université Lumière de Lyon II (France). 1999. 228 p.
  • 5 –  BEDINGAR Touba, MASTER William A. Impact de la recherche agricole : synthèse des résultats et implications pour les pays membres du Cilss. Bamako, Institut du Sahel, 1996. 30 p.
  • 6 –  BIGEN James, FAYE Jacques. La liaison recherche-développement en Afrique de l’Ouest francophone : l’expérience du Sénégal. Michigan, Michigan State University, 1987. 32 p.
  • 7 –  BOSC P.M., CALINS P., YUNG J.M. Développement et recherche agricole dans les pays sahéliens et soudanais d’Afrique : essai d’évaluation des acquis de la recherche agronomique au regard du développement. Montpellier, Cirad, 1990. 310 p.
  • 8 –  CONWAY Gordon. La Révolution doublement verte : communication au séminaire « Vers la Révolution doublement verte » organisé du 8 au 9 novembre 1995 à Poitiers. Montpellier, Cirad, Fondation perspective et innovation, 1996. P. 66-75
  • 9 –  FALL Moussa. Valorisation des résultats de la recherche agricole et leur impact sur le développement. Dakar, Isra, Coraf, Cta, 1996. 29 p.
  • 10 –  SENE Djibril. Le rôle de la recherche et de la formation dans la vulgarisation agricole : communication à l’Atelier international sur la vulgarisation agricole en Afrique tenu à Yaoundé (Cameroun) du 24 au 28 janvier 1994. Wageningen, Cta, 1995. P. 25-34

Notes

[1]

Le CGIAR a affecté à l’Afrique, en 1990, 45 % de son budget de 250 millions de dollars et notamment pour ses trois centres situés dans la sous-région ouest-africaine (Iita, Icrisat, Adrao). Le Programme triennal d’investissement public du Sénégal montre qu’en quatorze ans (1984-1999) un investissement tournant autour de 106,353 milliards de francs CFA a été consenti pour la recherche agricole. La France a octroyé à cette recherche agricole sénégalaise 100 milliards de francs CFA entre 1984 et 1994, soit environ 9 % de son aide au développement du Sénégal chiffrée à 11,3 milliards de francs français.

Résumé

Français

Cette étude, fondée sur des données d’enquête et des observations de terrain, examine la place et le rôle de l’information dans le processus de valorisation des résultats de la recherche agricole en Afrique de l’Ouest, dans une perspective de développement durable et un contexte de mondialisation. L’enquête, menée sur un échantillon de quatre-vingts résultats de recherches sélectionnés dans quatorze pays, ayant révélé que les principales causes d’échec de la valorisation de ces résultats étaient d’ordre informationnél, des propositions sont faites en conclusion pour corriger les déficiences constatées par la mise en place d’un véritable système d’information intégré et régional.

Plan de l'article

  1. 1 - Caractéristiques des recherches étudiées et méthode de collecte des données
  2. 2 - Analyse de la production, de la diffusion et de l’adoption des résultats de la recherche
    1. Les résultats et la demande sociale
    2. La validation des résultats et leur protection juridique
    3. L’accessibilité des résultats
    4. Le marketing des résultats de la recherche
    5. La publication et le transfert des résultats de la recherche
    6. L’adoption des résultats de la recherche
    7. Le suivi de l’utilisation des résultats et leur mise à jour
    8. L’impact de la valorisation des résultats et les besoins en informations
  3. 3 - Du constat de déficiences à la proposition de solutions
    1. Les déficiences constatées
    2. Les solutions proposées

Pour citer cet article

Aw Samba, « L'information et la valorisation des résultats de la recherche agricole en Afrique de l'Ouest », Documentaliste-Sciences de l'Information 3/2002 (Vol. 39) , p. 112-121
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2002-3-page-112.htm.
DOI : 10.3917/docsi.393.0112.


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