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Documentaliste-Sciences de l'Information

2002/4 (Vol. 39)

  • Pages : 60
  • DOI : 10.3917/docsi.394.0208
  • Éditeur : A.D.B.S.

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PLUSIEURS INTERVENTIONS faites lors de ce colloque ont présenté des réalisations et réflexions belges et néerlandaises sur lesquelles nous concentrerons délibérément ce compte rendu.

Une nouvelle maison d’édition belge

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Éditeur belge francophone et généraliste, Luc Pire publie une centaine de livres par an. Il a créé en février 2001 un département d’édition électronique pour « maîtriser la nouvelle chaîne éditoriale du livre ». Dans un premier temps, il a proposé un large éventail de publications numériques : des titres inédits et payants, des adaptations payantes de versions papier préexistantes, des titres inédits et gratuits, des extraits numériques gratuits de titres imprimés, des titres numériques gratuits déjà publiés sous forme papier, des séries hebdomadaires gratuites (pour fidéliser le public).

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Au terme de cette expérimentation, il constate que les lecteurs ne sont pas prêts à acheter les livres en ligne : les ventes payantes sont insignifiantes, mais la demande est forte pour les contenus gratuits. La communication auprès du public potentiel revêt une grande importance. La recherche d’une complémentarité entre versions papier et électronique d’un même titre semble une voie pertinente. Mais cette première expérience a permis un positionnement stratégique avec des effets extrêmement positifs, notamment l’intérêt manifesté par de nombreux partenaires pour de futures collaborations et des sollicitations par des auteurs potentiels.

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Parmi ses projets : développer son catalogue à raison de 40 titres par an en continuant à proposer du gratuit et du payant pour tester le marché, et concentrer ses efforts sur les titres gratuits (ouvrages épuisés en particulier) ; engager des partenariats (création d’un pôle d’éditeurs francophones) ; investir dans la technologie.

Le dépôt des publications électroniques néerlandaises

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Aux Pays-Bas, il n’y a pas loi imposant un « dépôt légal » : le dépôt est volontaire mais fonctionne très bien. La Bibliothèque royale en a la charge et assure l’édition de la bibliographie nationale, ainsi que la conservation et la consultation des documents imprimés, mais non des films ni des supports audio ou vidéo.

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Un dépôt électronique a été mis en place dans les années quatre-vingt-dix. Depuis 1995, les revues électroniques envoyées par Elsevier, Kluwer et SDU (l’éditeur des publications officielles des Pays-Bas) sont stockées. Pour la gestion de ces fonds numériques, tout est à construire, et en fonction des types de « documents » : les critères de sélection, les types d’archivage électronique, les droits, l’organisation, les formats, le mode de récupération, les supports, la sécurité, l’utilisation des métadonnées. Les différentes étapes de la création du dépôt des publications électroniques néerlandaises ont été présentées, ainsi que les différents systèmes utilisés. L’objectif est de réaliser en 2003 le « e-dépôt » avec « Archive Information System » développé par IBM.

Les interventions

La journée Publication électronique : enjeux et défis proposait les communications suivantes :

  • Luc Pire Électronique, une nouvelle maison d’édition pour une nouvelle façon de lire, par Luc Pire, Tournesol Conseils SA - Luc Pire Électronique

  • Le dépôt électronique : archivage numérique et création du dépôt des publications électroniques néerlandaises, par Trudi Noordermeer, Bibliothèque royale, La Haye

  • L’attitude professionnelle (le comportement) de l’intermédiaire en information, par Kees Westerkamp, Reekx bv et IDM, Groningen

  • L’Internet et les nouvelles possibilités de communication scientifique, par Raf Dekeyser, Bibliothèque universitaire de Louvain

  • Les publications scientifiques en ligne : un bilan intermédiaire, par Ghislaine Chartron, Urfist de Paris

  • La syndication du contenu pour la visibilité et le profit, par Thierry Mossé, NewsEdge, Suisse. Les actes de cette journée contiennent les textes des six communications, dont trois en flamand. Ils sont disponibles en format électronique pdf (au prix de 8 €) ou en format papier (10 € pour l’Europe, 15 € hors Europe). Renseignements : ABD, téléphone +32 2 675 58 62, www. abd-bvd. be

Le texte de la très riche contribution de Ghislaine Chartron figure également dans l’ouvrage Recherches récentes en sciences de l’information : convergences et dynamiques, publié par l’ADBS en mars dernier.

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Un certain nombre de questions de fond ont été soulevées au cours de cette communication : que perd-on en changeant de format, de support ? Comment garantir à long terme l’accessibilité aux documents ? L’absence de lois sur les droits d’auteur de l’édition électronique est un problème, il faut donc travailler en collaboration avec les éditeurs.

Les intermédiaires de l’information

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Cette présentation a mis l’accent sur la nécessité pour les professionnels de l’information de prendre en compte les besoins de leurs clients et de communiquer sur la valeur ajoutée aux activités de l’entreprise.

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L’Internet a modifié la position des intermédiaires de l’information : l’usager accède désormais directement à de grandes quantités d’information ; il est le gestionnaire de ses informations ; les étudiants sont de plus en plus formés aux techniques documentaires ; le documentaliste ou bibliothécaire n’est plus incontournable ; le développement de la numérisation engendre des besoins nouveaux face auxquels les professionnels de l’information ont un rôle à jouer.

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Il existe encore trop de distorsions entre ce que nous offrons et ce que souhaite le client. Il nous faut évoluer vers la gestion de service, les aspects techniques de la fourniture d’information et l’acquisition de nouvelles compétences (technologiques). Dans cette perspective, il serait nécessaire de réviser le portefeuille de produits et de services et de conduire des études de marché ; de communiquer avec le client, d’être attentif à ses réactions ; de prouver notre valeur ajoutée, de la traduire en valeur marchande, de la faire connaître ; d’agir sur les individus, sur l’équipe : d’introduire des experts, d’assurer la formation et la rotation du personnel…

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Il semble donc que (comme en France) les documentalistes et les bibliothécaires souffrent aux Pays-Bas d’un déficit d’image qui peut être amélioré par une meilleure communication.

Nouvelles formes de communication scientifique

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Une autre communication s’est penchée sur la situation actuelle de l’IST et son incidence sur les bibliothèques universitaires.

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L’évolution récente des revues de recherche est marquée par l’importance croissante de leur utilisation pour l’évaluation de la recherche et par l’augmentation de leurs prix. Il existe de nombreuses bases de données de pré-prints accessibles par le Web. La publication dans une revue papier (du moins dans certaines disciplines comme la physique) est juste un moyen d’évaluation. La bibliothèque devient alors le dépôt d’une matière « morte » : quand un article est imprimé, tous les lecteurs potentiels le connaissent déjà !

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Dans le même temps, on assiste au développement des revues électroniques avec leurs avantages spécifiques : recherche, liens, accessibilité. Les éditeurs entament la numérisation des années anciennes. Les prix des éditions numériques sont fonction des abonnements précédemment souscrits par les bibliothèques aux éditions imprimées.

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Quelques initiatives récentes ont été évoquées. Celle de SPARC (Scholarly Publishing and Academic Ressources Coalition), créée par l’association des bibliothèques de recherche des États-Unis, qui propose des alternatives pour les magazines scientifiques. Celle qui consiste à lancer des revues concurrentes aux revues coûteuses (avec le risque d’imposer aux bibliothèques deux abonnements : à l’ancienne revue, non détrônée, et à la nouvelle, qui s’est imposée !) Celle de lecteurs-chercheurs qui ont envoyé des pétitions et courriers individuels aux éditeurs des revues à coût excessif. Celle de l’Open Archives Initiative renforcée en février 2002 par l’initiative de Budapest.

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Les éditeurs sont inquiets du chaos actuel, mais ils en sont responsables. Un chaos temporaire est un moyen de passer à un nouveau système. Mais le modèle futur est encore incertain.

Résumé

Français

La journée d’étude annuelle Inforum, organisée par l’Association belge de documentation (ABD), avec cette année la collaboration du Service d’information scientifique et technique (SIST-SSTC) et de l’European Council of Information Associations (ECIA), a eu lieu le 14 mai 2002 à la Bibliothèque royale de Bruxelles. Six communications et deux débats ont permis d’évoquer les principaux aspects actuels de l’édition électronique, principalement en Belgique et aux Pays-Bas, et d’en envisager les perspectives, tant pour les éditeurs et les chercheurs que pour les professionnels de l’information.

Plan de l'article

  1. Une nouvelle maison d’édition belge
  2. Le dépôt des publications électroniques néerlandaises
  3. Les intermédiaires de l’information
  4. Nouvelles formes de communication scientifique

Pour citer cet article

Buffeteau-Hejblum Annie, « Inforum 2002. Publication électronique : enjeux et défis», Documentaliste-Sciences de l'Information 4/2002 (Vol. 39) , p. 208-209
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2002-4-page-208.htm.
DOI : 10.3917/docsi.394.0208.


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