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Documentaliste-Sciences de l'Information

2002/4 (Vol. 39)

  • Pages : 60
  • DOI : 10.3917/docsi.394.0215
  • Éditeur : A.D.B.S.

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DES ANALYSES COMPARATIVES de l’offre de logiciels de veille et de pratiques en entreprises composaient cette session illustrée ensuite de deux exemples.

L’offre de logiciels de veille : comparaison et évaluation

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Depuis plusieurs années, nous assistons à une prolifération de logiciels commercialisés et présentés comme des outils de veille concurrentielle. Un examen attentif de ces logiciels révèle une grande disparité de leurs fonctionnalités et surtout de leur capacité à créer de l’information à valeur ajoutée en vue d’une prise de décision, ce qui est en principe l’objectif de la veille. La présentation de résultats partiels d’une étude comparative de systèmes de veille, menée par France Bouthillier, professeur de sciences de l’information à l’Université McGill de Montréal, a notamment porté sur l’importance des critères d’évaluation utilisés lors de cette étude.

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Cette dernière poursuivait trois objectifs particuliers : rendre opérationnel le concept de veille afin d’en dégager les tâches spécifiques et, en particulier, les processus à valeur ajoutée ; préciser un nombre raisonnable de critères d’évaluation axés sur ces tâches ; et tester la validité de ces critères. La méthode adoptée a consisté en une revue de la littérature, un repérage et une définition des critères d’évaluation, puis une sélection de logiciels (trois ont été retenus pour cette intervention : Strategy, Knowledge Works, Wincite) suivie de leur analyse approfondie.

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À la lumière des trente-deux critères d’évaluation retenus, France Bouthillier a dégagé le constat suivant : les produits évalués font preuve de peu d’innovation en matière d’organisation, de structuration et de diffusion de l’information, fonctions qui restent élémentaires ; les processus à valeur ajoutée, qui devaient caractériser ces produits, sont très limités. En conclusion, la fonction de ces logiciels de veille reste vague. Trop pointus pour les néophytes, ils ne le sont pas suffisamment pour les professionnels de la veille.

Pratiques de veille et utilisation des outils

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L’objet de l’intervention de Laurence Favier était de mettre en perspective les pratiques de veille d’entreprises françaises à partir de l’usage qu’elles font des outils mis en œuvre. Ayant observé les pratiques de veille d’entreprises moyennes, de cellules de veille de grandes entreprises et de prestataires de veille, elle a pu comparer l’utilisation de solutions techniques intégrées ad hoc, telles qu’on en trouve sur le marché, celle d’un éventail d’outils variés répondant à un processus cyclique, celle de moyens spécifiques et systématiques ne reposant pas sur des techniques.

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Laurence Favier constate que, de part et d’autre de l’Atlantique, le processus de veille (ou d’intelligence économique) a été formalisé de manière assez comparable sous la forme d’un cycle de gestion de l’information décliné en huit étapes : définition/redéfinition des axes de surveillance et des finalités ; détermination des types d’information utiles ; identification et sélection des sources d’information ; collecte et sélection des informations ; analyse et organisation, traitement/analyse des données collectées ; synthèse et mise en perspective ; communication des résultats de la surveillance ; validation et réajustement. Mais ce cycle est associé à des besoins informationnels fort variés (anticipation à finalité prospective, résolution de problèmes, surveillance stricte, etc.).

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Dans le cas des entreprises ayant acquis des solutions intégrées de veille, il apparaît que, malgré la performance de ces outils, leur adoption est considérée comme un échec lié à leur difficulté d’utilisation, au temps important à consacrer au paramétrage et à la maintenance, au coût que représente une telle acquisition. L’utilisation d’outils non intégrés (utilisés individuellement à chaque étape du processus) n’apporte cependant pas plus de satisfaction, en raison notamment de l’absence d’interfaçage entre les outils. Il faut remarquer que ce type de solution convient mieux à des recherches complexes mais ponctuelles, alors que les solutions intégrées sont plus adaptées à des veilles récurrentes.

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En conclusion, il semble que les outils destinés à assister le processus de veille ne remplissent pas encore leur rôle en regard de la complexification croissante de la gestion de l’information « qualitative ». La simplicité des outils est recherchée plus que jamais par les usagers. Et, malgré les moyens informatiques existants, la dispersion, en interne, des fonctions de veille se traduit par une faible connexion des sources d’information stratégique dans l’entreprise.

Deux illustrations de systèmes de veille

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Une étude des besoins des diplomates en matière d’information, menée auprès des documentalistes et d’un panel de diplomates, a permis de définir les objectifs d’une veille adaptée au ministère des Affaires étrangères. Elle vise à mettre en valeur les ressources Internet pour : pallier le déficit d’information, en particulier sur les pays peu ou mal couverts par les médias classiques ; consulter la presse en ligne ; enrichir le corpus d’informations avec des sources informelles, en particulier dans les pays en crise ou soumis à la censure ; percevoir les réactions de la société civile ou de la communauté internationale ; avoir un aperçu comparatif des potentialités d’Internet comme nouveau média et mieux cerner les enjeux juridiques qui l’entourent.

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Depuis sa mise en œuvre en 1999, de nombreuses réalisations ont vu le jour : notes d’analyse sur des sujets d’actualité (évaluation critique des sites concernés par le sujet traité) ; lettre d’information électronique (hebdomadaire) qui présente systématiquement trois sites (l’un consacré à l’analyse de l’actualité, un autre plus spécifique au champ diplomatique, le troisième enfin plus méthodologique et pratique) ; base de données de sites structurée par thème et par zone géographique ; annuaire de sites personnalisés constitué à la demande ; expertise apportée aux autres services ; envoi de documents produits par des centres de recherche et traitant des relations internationales.

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Bien que de réels progrès aient été accomplis dans la gestion de la veille, de nombreux défis restent à relever, note Marie-Laure Charrier. En particulier, retrouver l’information la plus récente, une amélioration étant sensible grâce aux outils qui acquièrent une plus grande réactivité dans la mise à jour de leurs index ; retrouver l’information internationale (problèmes de référencement et de traduction) ; rendre l’usager plus autonome dans sa démarche de veille par le biais de plates-formes plus conviviales que les solutions actuelles.

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La cellule Environnement économique et concurrentiel, dont Fabien Pelous est le responsable, au sein de la compagnie aérienne Air France, assure les missions d’intelligence économique et de benchmarking sur l’activité passager et au niveau corporate. Elle s’appuie sur une organisation et un système d’information comprenant trois phases : capture, structuration et stockage de l’information externe (bases de sonnées, presse et publications du secteur, Internet, réseau humain, etc.) ; analyse concurrentielle et stratégique en réseau avec tous les acteurs concernés de l’entreprise ; diffusion et/ou mise à disposition d’un catalogue « productions » à travers un portail intranet.

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Ce catalogue comprend des études récurrentes (résultats financiers, perspectives macro-économiques), des indicateurs (approche chiffrée de la position concurrentielle sur les marchés) ; des fiches compagnies (analyse des concurrents et partenaires) ; des messages d’alerte (événements ayant un impact sur l’entreprise) ; des études ponctuelles réalisées à la demande des différents services ; une base documentaire (données qualitatives structurées) sur le transport aérien. Celle-ci regroupe des synthèses des différents éléments de presse structurés par thème et elle est à la disposition des analystes et de l’ensemble de la compagnie. Associée à un moteur de recherche intelligent, c’est un outil performant pour retrouver toute information sur une compagnie ou une problématique.

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Cette cellule de veille n’est pas la seule à analyser l’environnement et à apporter de l’information stratégique aux acteurs de l’entreprise. Différentes cellules spécialisées (veille produits, veille réglementaire, etc.) travaillent en collaboration, partageant informations et outils et créant ainsi un réseau interne, propice au développement de l’approche « intelligence économique ».

Résumé

Français

La veille automatisée est de plus en plus pratiquée dans les entreprises et les organisations, mais de façons extrêmement diverses. D’où l’intérêt de mettre en perspective différentes expériences menées dans des entreprises moyennes, dans de grandes entreprises et chez des prestataires de veille. D’autre part, l’offre des logiciels de veille se développe considérablement : il est donc nécessaire de dresser une typologie des fonctionnalités proposées et d’identifier les tendances de leur évolution. Des exemples concrets de mise en œuvre d’un processus de veille viennent illustrer ces considérations.

Plan de l'article

  1. L’offre de logiciels de veille : comparaison et évaluation
  2. Pratiques de veille et utilisation des outils
  3. Deux illustrations de systèmes de veille

Pour citer cet article

Ferchaud Bernadette, « IDT/NET 2002. La veille automatisée : évaluations et pratiques», Documentaliste-Sciences de l'Information 4/2002 (Vol. 39) , p. 215-216
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2002-4-page-215.htm.
DOI : 10.3917/docsi.394.0215.


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