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Documentaliste-Sciences de l'Information

2002/6 (Vol. 39)

  • Pages : 60
  • DOI : 10.3917/docsi.396.0326
  • Éditeur : A.D.B.S.

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LA DIFFUSION D’INFORMATION PROFESSIONNELLE payante sur intranet, solution théoriquement idéale pour disposer de la bonne information au bon moment, n’en soulève pas moins des problèmes d’ordre pratique qui ne sont pas encore clairement résolus : mise en place de principes de tarification, précision des règles relatives au droit de copie, différenciation des offres, évolution des produits d’information numériques... Les acteurs concernés : éditeurs, producteurs d’information, gestionnaires d’intranets, etc., peuvent se sentir démunis face à un contexte en constante évolution. Cette journée, en présentant les principaux résultats de l’étude du cabinet Van Dijk, a permis de fournir certains points de repère essentiels au sujet de ce phénomène émergent.

Un phénomène en développement

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La mobilisation de sources d’information externes payantes sur les intranets est un phénomène récent mais qui devrait prendre de l’ampleur dans les prochaines années. Ce marché devrait représenter en 2005, d’après l’étude citée, 56 % du marché total de l’information électronique professionnelle (IEP) en Europe francophone.

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Quelles raisons peuvent amener une entreprise à effectuer ce choix ? D’abord lutter contre l’effet « emptynet », c’est-à-dire le défaut d’information pertinente dans son réseau (l’information interne n’étant pas forcément la plus facile à mobiliser) alors que des contenus éditoriaux riches rendent les intranets plus attractifs. En second lieu, rationaliser les achats d’information externe et mutualiser les consommations d’information au sein de l’organisation. Ensuite limiter sinon supprimer les coûts cachés du « vagabondage informationnel » sur le Web. Enfin – préoccupation encore balbutiante en Europe – développer un vrai marketing interne relatif au recours à l’information (consistant à stimuler et encourager de nouveaux usages). Un bon calibrage sur des besoins spécifiques permet en effet d’améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’information ainsi mise à disposition, dans le cadre d’un dispositif de veille par exemple.

Problématiques techniques et organisationnelles

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Les technologies web ont facilité la diffusion très large de l’information électronique avec comme effet pervers bien connu une surabondance et une complexité croissantes des flux d’information. Parallèlement aux intranets/portails/moteurs de recherche, des solutions métiers et des applications d’accès sont apparues, qui prennent en compte l’utilisation collective.

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Les modes d’accès à l’IEP présentent différentes caractéristiques. Il faut prendre soin toutefois de différencier les applications en fonction de trois aspects que l’on a tendance à confondre : l’application, l’infrastructure et les contenus :

  • application en mode ASP/extranet : l’application, l’infrastructure et les contenus sont hébergés à l’extérieur de l’entreprise sur le serveur du fournisseur ;

  • application en mode intranet avec contenus en extranet : l’application et l’infrastructure sont sur le site de l’entreprise et l’accès à l’information externe se fait par des liens contextuels à partir de l’intranet de l’entreprise ;

  • application en mode intranet : l’application, l’infrastructure et les contenus (externes) sont hébergés sur le serveur de l’entreprise.

Convention entre CFC et prestataires de panoramas de presse

Cinq des plus importants prestataires en panoramas de presse électroniques ont signé fin novembre une convention spécifique avec le Centre français d’exploitation du droit de copie (CFC), déjà mandaté par neuf éditeurs (dont les titres les plus importants de la presse quotidienne et de la presse économique nationale), les autorisant à réaliser pour le compte de tiers des revues de presse électroniques diffusées sur intranets [voir notre numéro 3-2002, page 109]. Sous la pression de l’accord conclu entre le CFC et ces éditeurs au sujet des panoramas de presse électroniques (et qui s’inspire du cadre légal de diffusion du même produit en version papier, ce que remettent en cause certains usagers), l’Argus de la Presse, Exactitude, Presse+, Press-Index, Secodip, Synthèse et Médias se sont ainsi mis en conformité avec le droit de la propriété intellectuelle.

Cependant, les neuf éditeurs sous contrat avec le CFC représentent environ 80 % des articles repris dans les revues de presse. Les 20 % restants, non concernés par cet accord, demeurent donc en dehors de la sécurité juridique prétendument assurée par le CFC.

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Avant de se lancer dans un tel projet, une identification des besoins et des ressources mobilisables est absolument nécessaire. À ne pas négliger non plus : les aspects économiques (budget, mutualisation et retour sur investissement) et organisationnels.

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Actuellement, les acteurs proposent différentes solutions :

  • fournisseurs de contenus avec applicatifs intranets, comme par exemple Dialog, Factiva, Lexis-Nexis. Ces solutions sont centrées sur les contenus propres des diffuseurs ;

  • fournisseurs d’infrastructures (portails ou moteurs de recherche). On peut citer Médiapps pour les portails, Verity ou Xerox Ask Once pour les moteurs de recherche ;

  • fournisseurs d’applications et solutions de gestion de contenus. Divine ou Qwam System proposent ce genre de solutions axées sur l’accès et la gestion des contenus.

Une bonne maîtrise du terrain technologique et organisationnel de l’entreprise est indispensable aux diffuseurs d’information, car ce terrain spécifique détermine pour une grande part les modèles d’accès à l’information à mettre en œuvre.

Le marché des contenus numériques

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L’étude du BVD relève que le marché des contenus pour les intranets repose toujours essentiellement sur la demande, les offres faisant preuve d’une plus ou moins grande maturité et demeurant très hétérogènes. D’autre part, la compétition se concrétisera autour de la page d’accueil de l’intranet qui, vraisemblablement, proposera quatre ou cinq sources maximum. L’étude met en évidence l’évolution de la fonction « achat d’information », assurée par un « acheteur de contenus » (orienté plus achat que contenu) au détriment du professionnel de formation documentaire.

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L’information média reste le fer de lance des contenus payants sur intranet, même si celle-ci met à jour d’une manière plus sensible la question du droit de copie. Le produit phare restant le panorama de presse, qui devrait évoluer vers une simple sélection de presse éventuellement accompagnée de résumés. Plus généralement, la préférence ira vers des fonds capables d’être utilisés immédiatement par les logiciels applicatifs équipant les stations de travail. Et qui prennent en compte les sources gratuites du Web, dont la surveillance est incontournable pour tout travail de veille.

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En ce qui concerne les grilles tarifaires, les devis sont actuellement difficilement comparables, pour une offre similaire, par les acheteurs de contenus. Le facteur « sélectivité », qui reflète l’enrichissement (donc la valeur ajoutée) apporté au contenu, devrait constituer un élément essentiel de différenciation entre les structures tarifaires ; cette notion est déjà adoptée par Factiva avec son principe de taxonomie. La distinction entre prix du document original et prix de la copie de ce document sera elle aussi significative pour la clarification des logiques de valeur.

La question des droits

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Les nouvelles offres des éditeurs opérant sur le marché français illustrent toutes ces problématiques. Évidemment, la question des droits d’auteur a été largement débattue en présence d’un représentant du Centre français d’exploitation du droit de copie [voir ci-dessus]. Le CFC, rappelons-le, est habilité à exercer sa fonction uniquement pour les copies papier. Pour les contenus électroniques, il peut intervenir seulement dans le cadre d’un mandat délivré par l’éditeur. Pour diffuser en toute légalité des panoramas de presse sur leurs intranets, le CFC propose donc aux entreprises et administrations un contrat type de reproduction et de représentation, moyennant une redevance révisable annuellement.

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B. F

Résumé

Français

Mobiliser des sources d’information externes sur intranet : quels enjeux, quels bénéfices, quelles offres ? C’était là le thème d’une journée d’étude organisée le 19 novembre 2002 à Paris par le Groupement français de l’industrie de l’information (GFII) à l’occasion de la parution d’une étude du Bureau Van Dijk sur l’offre et les marchés de l’information professionnelle payante pour les intranets dans le contexte de l’Europe francophone et à l’horizon 2005.

Plan de l'article

  1. Un phénomène en développement
  2. Problématiques techniques et organisationnelles
  3. Le marché des contenus numériques
  4. La question des droits

Pour citer cet article

Battisti Michèle, « Journée d'étude GFII. Mobiliser les sources d'information externes sur intranet », Documentaliste-Sciences de l'Information, 6/2002 (Vol. 39), p. 326-327.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2002-6-page-326.htm
DOI : 10.3917/docsi.396.0326


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